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 Kakuei Hasuki

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Kakuei Hasuki
avatar
| Ninja |



Jisei no Ôyashima
Eveils: Seikai
Surnom:
Clan: Ôsaki


MessageSujet: Kakuei Hasuki    Dim 25 Jan - 0:18


Kakuei Hasuki

 
«   Être bon ? Mais c'est facile d'être bon quand on est riche, c'est équitable ça ? »

 
✗ Nom :Kakuei
✗ Prénom :Hasuki
✗ Âge :21 ans
✗ Titre :Ninja
✗ Clan :Ôsaki
✗Armes:Yawara, kunai, shuriken, Wakizashi, cordelette.
✗Plus grande peur:Les crabes

 
 
Mon Corps



Comparé à la moyenne des jeunes femmes de son âge, Hasuki présente la double particularité d’être plus grande et plus maigre que ses contemporaines. Elle atteint le mètre soixante-dix en même temps que la cinquantaine de kilo. La faute à une enfance qui ne lui a pas souvent rempli le ventre. Cette constitution fragile lui offre toutefois une grande agilité ainsi que des mouvements vifs, souvent précis. En temps normal, sa démarche est rapide, mais calme. Sa formation chez les kunoichi lui a également offert assez de muscle dans les bras pour avoir fait de l’escalade sa discipline majeure, et ce en dépit du fait qu’elle ait perdu, durant son enfant, l’annulaire de sa main droite ; amputé jusqu’en haut de sa métacarpe. Son moignon lui occasionne d’ailleurs des douleurs à chaque fois que la pression atmosphérique descend et que l’humidité se fait plus présente. Ce qui équivaut à dire, dans le district d’Ôsaki, qu’elle a souvent mal à ce membre fantôme. Elle triture alors son moignon, de façon machinale, sans y prêter attention.


À  moins d’un stimuli émotionnel important, son regard et ses expressions de visage resteront neutres, voir durs , presque monolithiques ; même s’il ne faut pas exagérer : elle cligne des yeux. De temps à autre.
Par ailleurs, si besoin est elle est parfaitement capable de simuler les émotions lorsqu'elle doit jouer la comédie. Son expression minérale n'étant présent que quand elle n'a pas de rôle particulier à jouer.


Ses yeux ainsi que sa chevelure restent irrémédiablement foncés. Pour ce qui est de sa chevelure, elle a très tôt décidé de s’en tenir à des cheveux courts. Bien plus facile à laver et permettant toujours à une perruque de se poser au dessus, des fois que le travail l’exigerait. À l’aide du maquillage adéquat, elle peut également se faire passer pour un garçon.


Dans le même ordre d’idée, à moins que son devoir ne l’oblige à se travestir, Hasuki préfère porter des tuniques légères de couleur sombre, conçues pour libérer le corps au maximum sans être frappées par les vents, tout en étant le plus léger possible.



 
Mon Esprit


S’il faut commencer par le contour général avant de s’attarder aux détails, alors commençons par dire qu’Hasuki a un penchant naturel pour la solitude. Son enfance difficile ainsi que sa formation de kunoichi a achevé d’en faire une silencieuse, un piquet dur et droit au regard d’acier laissant peu de lecture à ses sentiments intérieurs. Cela ne veut bien sûr pas dire qu’elle en est dépourvue, mais qu’il est extrêmement rare qu’elle les laisse transparaître.

Quand c'est toutefois le cas, c'est souvent un humour cynique qui s'échappe des lèvres (quand elle fait l'abstraction de parler, tout simplement) et elle a souvent tendance à avoir une vision décalé des choses. Elle relève des incohérences dans une situation qu'aucuns trouverait normal et peut être surprise par ce qui sera de la banalité pour d'autres. En revanche, c'est avec parcimonie qu'elle se laisse allez à ce genre de dialogue et elle fait toujours attention à qui est en sa présence avant de lâcher ses réflexions à chaud. La plupart du temps, elle débite ses phrases d'une froide suffisamment froide et mécanique pour que son interlocuteur ait la sensation de lire un rapport.

Elle garde un tempérament résolument professionnel quand elle interagit avec des personnes liées à son travail. Elle possède une grande capacité de concentration et peut vite assimiler des ordres ou des informations complexes. Pour ce qui est de ses relations personnelles… elle-même doit ignorer comment elle se comportera si d’aventure elle en obtenait. Hasuki vit pour et part son travail de kunoichi. Travaillant mieux en solitaire et appréciant faire usage de ses capacités, surtout si ces dernières sont liés à la furtivité. Ses moments favoris sont ceux où elle se déplace seule, sur les toits d’une citée endormie à la recherche de sa cible ou en train d’en filer une sans faire de bruit. Elle n’éprouve aussi aucun problème quand à faire le pied de grue devant une habitation pendant plusieurs heures. Elle est également très tolérante au froid et à la pluie, résistance née de son enfance particulièrement rude. Un vrai tempérament de prédateur, la concentration en plus et la bave aux lèvres en moins.


Elle est très détachée des possessions matérielles et n’éprouve qu’un vague, voir inexistant sentiment de loyauté envers son clan. La seule raison qui fait que ses supérieurs peuvent lui accorder une confiance aveugle est qu’elle n’est pas du genre à se laisser acheter et qu’elle est trop pragmatique pour trahir un supérieur direct. À  ses yeux, la seule chose qu’elle gagnerait serait un nouveau supérieur qui ne lui ferait pas confiance.


D’ailleurs, la seule chose que devrait faire un supérieur afin de gagner la sienne sera juste de faire preuve de professionnalisme. Les défauts, les péchés, ou les vertus n’entre pas en ligne de compte à ses yeux pour ce qui est de la valeur qu’elle donne aux gens. Elle apprécie grandement être sous la tutelle d’un chef compétant, qui se chargera de réfléchir au tableau d’ensemble à sa place et de lui laisser le champ libre d’exprimer ses capacités. Lesdites capacités servent à atteindre l’objectif que l’on lui a fixé, à la suite de quoi elle peut faire un rapport satisfaisant à son chef, et tout le monde est content.  


De par son pragmatisme et sa façon très terre-à-terre de voir les choses, elle apprécie également les situations simples et sans ambigüité ; exception faîtes des moments où elle doit jouer un rôle dans le cadre de son travail. Elle n’a alors aucun remord à multiplier les tromperies.


Les remords ne sont d’ailleurs pas partie des choses auquel elle pense. Son premier meurtre l’ayant immunisé à ce genre de conflit intérieur. Elle tue ou blesse dorénavant sans rien ressentir de particulier au niveau de sa conscience. La seule empathie qu’elle développe sans y faire attention est adressée aux enfants de rue qu’elle croise, s’identifiant facilement à eux.


Pour ce qui est de la religion, personne n’a tenté ni songer de donner à Hasuki de croyance particulière tant et si bien qu’elle n’a la foi en aucune divinité particulière.Elle serait donc à ranger du côté des paganistes. Elle croit aux esprits habitants les objets et évènements du quotidien. Elle est particulièrement impressionnée par les arbres, autant en tant qu’organisme vivant que symbole mystique, n’en ayant jamais vu la grande majorité de son enfance.  


 
Mon Bushido



Hazuki naquit dans le district d’Arashi, village côtier, maison de passe. Pendant une nuit strionnée par les crissements nocturnes des grillons, les hurlements de sa mère dont c’était la première grossesse arrivée à maturité et, finalement, relayant sa génitrice épuisée par l’effort, les vagissements d’Hazuki elle-même.



La grossesse de sa mère fut littéralement sans histoire. Pour la simple et bonne raison que, comme certaines femmes de toutes époques exerçant le plus vieux métier du monde, sa mère fit un déni de grossesse, d’un genre particulier. Victoire de l’esprit sur la matière, Hazuki foeta collée contre la colonne vertébrale de sa mère, appuyant contre son dos et, ce faisant, arrondit à peine son ventre. Se cachant aux yeux du monde avant même sa naissance.


Enfante de fille de joie, son existence était intrinsèquement non désirée. Par amour ou par déni, sa mère cacha ses nausées matinales à sa patronne, qui ne découvrit le pot aux roses qu’au terme de l’avant dernier mois de grossesse. Une semaine plus tard et Hazuki survit par miracle à sa première tentative d’empoisonnement. Un mois plus tard, elle naquit.



Considérant la classe sociale de sa mère et de la pauvre qualité de la médecine disponible dans leur petit village côtier, les autres filles de la maison pariaient entres elles du temps qu’allait mettre Hazuki avant de trépasser dans son coin. Privations, mauvais traitements, les raisons ne manqueraient pas. Da mère lui donna uniquement un prénom (Hazuki, un des mois les plus chaud d’été, l’une des rares périodes où les pluies d’Arashi laissaient assez de temps au soleil pour laisser craqueler la boue) mais elle se fit l’économie d’un nom. N’ayant pas de père identifié, aucune famille ni héritage à porter. Semi-patronyme donné à une semi-personne qui ne vivra de toute façon qu’une demi-vie. Promis morte avant ses dix ans.



______________________



Dix ans plus tard




Au grand dam des individus ayant parié contre la survie d’Hazuki (personnes malveillantes ou divinités curieuses, au choix), cette dernière survécut aux premières années de sa vie. Lesquelles pourraient sembler tristes aux premiers abords étant donné sa situation mais l’insouciance de la vie et de ses conditions est toujours l’apanage de ces années et la petite qu’était Hazuki n’avait nullement le recul pour développer un complexe d’infériorité.




Fuyant l’atmosphère enfumée et lourde du lieu de travail de sa mère, Hazuki passa la grosse majorité du temps à jouer dehors, le petit village dont elle était issue était prolixe en bande de gamin, organisées ou non faisant des étals ouverts leur cible de rapinage et les rares visiteurs traversant le village, des interlocuteurs avec qui il fallait être très aimable, des fois que des friandises ou de la menue monnaie dépasseraient de leurs poches.




Le marchand préféré d’Hazuki était le vieux Gemba. Gemba la Patte Folle comme l’appelait les enfants, en référence à la blessure que le bonhomme avait reçu pendant qu’il officiait dans la soldatesque de l’Alliance de l’Est. Son handicap en faisait une cible de choix pour la tire-laine amatrice qu’était Hazuki et elle connaissait par cœur toutes les injures dont le vieux abreuvait les gamins quand ils s’enfuyaient avec ses articles les plus légers, sucrées, de préférence. A défaut de pouvoir leur courir après, Gemba disposait d’un vocabulaire fleuri.




La course et les bagarres d’enfants se succédaient également dans son quotidien. L’un dans l’autre se faisait dans la boue qui crottait les rues du village, régulièrement arrosées par la pluie. Arashi n’était pas connu pour son climat ensoleillé, le village côtier d’où Kazuki était originaire subissait en outre les visites régulières de stratus (alto, nimbo ou simples la plupart du temps) gorgés d’eau. Poussés au dessus du village par un anti-cyclone plus au nord, des vents marins contrariants ou un effet Coriolis particulièrement accentué (ou alors les trois en même temps) ; ils faisaient la pluie et le mauvais temps. Donnant au village une entêtante odeur de chient mouillé et à sa terre une composition crotté où on s’enfonçait facilement dans les creux entre deux habitations.




Par temps clair, on pouvait deviner la présence d’une île au large, si on plissait les yeux. N’ayant jamais vu de carte, Hasuki ignorait qu’il s’agissait là de la petite sœur d’une plus grande île serpentant les côtes d’Arashi. Certains enfants, plus âgés qu’elle, disaient que la vie y étais meilleure là bas et que pour la mériter, il fallait rejoindre l’île à la nage. Esbroufe enfantin pour beaucoup, rêve pour un autre qui affronta un jour la houle avant de disparaître au loin à coup de crawl. Les enfants, les plus courageux, ceux qui avaient veillé toute la nuit sur la plage, ne le vire jamais revenir.




Ce fut aussi la période où la mère d’Hasuki décéda d’une infection virulente. Sans que personne ne sache si cette dernière lui avait été transmise par un client ou si ce fut dans la pauvreté de son logis qu’une des mille et une coupures que l’on se fait dans la vie lui fit attraper le microbe mortel.
La douleur de la perte dut malheureusement vite laissé sa place à l’appréhension du futur. Jeune, sans emploi ni ressource ni famille, Hasuki fut forcé de quitter le cabanon de sa mère par l’extension d’une autre famille pauvre dont l’effectif ne cessait de grandir. Une fois à la rue, elle rejoint une bande d’orphelin composé d’une demi-douzaine de personne pour qui la nouvelle situation de la fille était une habitude chez eux. Ils s’étaient réfugié dans les ruines d’une étable calcinée par un incendie et dont personne n’avait repris la gouvernance ni payé pour sa restauration. 




Les mois passèrent, les finances du petit groupe s’équilibraient grâce aux rapines des uns et grâce au petit travail des autres ; apportant leur bras lors des grands jours de marché ou des retours des bateaux de pêches. Très vite, Hasuki remarqua qu’entre vendre ou éviscérer des poissons, elle préférait surtout les voler. Jouant souvent d’adresse, de ruse et de vitesse afin de ne pas mourir de faim.



Des années passèrent, Hasuki courrait vers sa 13ème année sans le savoir et le groupe commença à s’effilocher. Des garçons étaient partit pour Shitsugen, comptant tricher sur leur âge afin de rejoindre l’armée. D’autres s’étaient mis à genoux devant des artisans afin de quémander une place d’apprenti. Ceux qui étaient resté ne voyaient pas d’un bon œil la présence d’Hasuki au sein de leur bande. Enfin, plus précisément, ils avaient quelque chose contre le fait qu’elle volait pour le groupe le jour mais n’entreprenait rien pour eux la nuit. À force de pression de leur part et d’anticipation de la sienne, Hasuki quitta le groupe et tenta de survivre en solitaire. Elle pu se réfugier de la pluie nocturne en séjournant sous un appentis où les vieux propriétaires de la cabane avoisinante, par pitié ou alors par cécité pur et dur, l’y laissèrent sans faire d’esclandre.




Une période de sa vie qui ne durait heureusement qu’une semaine mais qui s’acheva sur une note brutale. À force de voir ses étals se vider au fil des jours sans que sa jambe blessée ne pu y faire grand-chose, le vieux Gemba avait payé des garçons de rue afin que ces derniers infligent une sévère correction aux passants qui auraient les mains baladeuses. Le sort tomba sur Hasuki un jour où la faim la poussa à se servir chez la Patte Folle, comme à son habitude, sans payer en monnaie du singe (sans payer du tout, d'ailleurs).




Elle fut prit en chasse par quatre garçons plus grands, plus forts et plus rapides qu’elle. L’orpheline tenta de les semer par une course folle qui s’acheva hors du village, entre deux gros rochers braqués vers le rivage. Ce fut là qu’elle reçut la correction de sa vie. Frappée au foie, à la poitrine, au visage. Des coups la firent vomir, d’autres la firent saigner et tous, une fois passé un certain stade, la firent pleurer. L’esprit embrasé par une dernière étincelle, sans qu’elle puisse dire si elle provenait d’un sentiment de rébellion ou de survie, Hasuki happa avec ses dents la main d’un de ses tortionnaires, réussit à isoler un doigt entre ses dents durant la tumulte qui s’ensuivit. Elle mordit le plus fort qu’elle put. Le garçon hurla, sa peau résista mais l’os péta sous la pression des canines. La tête de la fille fut dégagée à force de plusieurs coups sur la tempe, l’assommant à moitié et c’est fugitivement qu’elle aperçut le doigt rescapé et tordu. La peau rougit de sang et la base de l’os sortant prendre l’air marin. 




Hasuki se réveilla plus tard, la tête dans ses remugles sans souvenir d’avoir perdu conscience. Le corps, sur le ventre, comme clouté contre le sable. Engourdie des oreilles aux orteils. Le corps matelassé par la raclée qu’elle avait prise. Seuls deux sensations se faisaient connaître dans tout son système nerveux : les battements sourds de son cœur ainsi, en cadence avec la rythmique de son palpitant, une pulsation sourde venant de sa main droite. Elle amorça un mouvement de la nuque afin d’y jeter un coup d’œil et, mille ans plus tard, vu et comprit dans le même temps que la loi du talion n’était pas étranger à ses agresseurs : au bout de la base de son annulaire, une flaque rouge, alimentée à chaque coup de pompe de son organe vital, était absorbée peu à peu par le sable. Au-delà, un grand rien, un vide fascinant à regarder. Hasuki était incapable de détourner le regard. À côté de la flaque gisait une pierre grosse comme un sabot de cheval, au bout pointu et rougi. Le sable crevé aux alentours. Plus loin, elle vit un crabe emporter le bout de son doigt arraché. La douleur survint juste après.




Hasuki ne savait pas combien de temps elle était restée prostrée sur le sable. Elle crut se rappeler perdre connaissance par intermittence. Voyant sa conscience ressurgir sporadiquement, le temps de voir que tout ceci n’était pas un mauvais rêve avant de sombrer à nouveau. 



À sa grande surprise, elle finit par se réveiller dans un lit. Lavée, pansée, elle promena son regard autant que sa nuque endolorie le lui permettait et nota qu’elle se trouva dans une habitation de taille modeste, aux étagères remplies de figurines en bois. Dans le coin, à la lisière de son champ de vision, brûlait un feu dans l’âtre. Feu en partie caché par une silhouette s’en occupant, ou faisant brûler quelque chose dessus. Après un court instant, la silhouette se redressa et avança vers elle, un couteau rougeoyant dans la main.



« Désolé fillette, mais il va falloir s’y mettre, dit le personnage, un grand homme barbu au visage usé mais ayant une lueur de compassion dans le regard. Il défit avec attention le bandage qu’Hasuki avait à sa main droite et appliqua le plat du couteau sur son moignon.




__________________




Il s’appelait Kakuei et il était artisan du bois.
C’était les premières informations qu’elle avait pu avoir à propos de son sauveur. Ce dernier la gardait chez elle tout le temps de sa convalescence, et même au-delà. Quand il prit conscience de son statut d’orpheline, il lui proposa de rester autant de temps qu’elle le souhaiterait. Hasuki soupçonna au départ que la demande de l’artisan était motivée par une grande solitude de sa part et elle eut en partie raison mais ce n’est que des longs mois plus tard qu’elle apprit qu’il avait autrefois eu une fille de son âge. Aujourd’hui décédée sans qu'il ne lui en livre jamais la raison.




L'arrivée d'Hasuki dans la vie de Kakuei fut un grand bouleversement pour les deux individus. La première avait trouvé un père qu'elle n'avait jamais eu et le second, une fille qu'il avait perdu. Cela ne s'est naturellement pas orchestré en un jour mais la fille comme l'artisan avait tous les deux mené une vie suffisamment recluse pour ne pas gâcher cette occasion de se rattraper. Les semaines et les mois aidant, ils étaient de plus en plus proche l'un de l'autre jusqu'à finir par devenir inséparable. Hasuki appréciait le caractère têtu et bougon, mais toujours bienveillant de l'ébéniste. Quand à celui-ci, c'était juste la présence d'une nouvelle personne dans sa maison qui lui redonnait le sourire. Leur jeu préféré fut, pendant de nombreuses années, quand Hasuki rentrait chez eux d’entrer furtivement dans la maison et de surprendre le vieil homme.


Kakuei tenta pendant longtemps de lui enseigner son art, du simple placage de feuille de bois aux fabuleux dessins réalisés sur le meuble à l'aide de marquetage ou d'intarse. dans l'immédiat, Hasuki était plus fasciné par les différents types de bois et les arbres qui les portaient. Il fallait comprendre que, la région aux alentours du village, fréquemment battu par les vents marins, sellaient la terre et tuaient les jeunes arbrisseaux. La jeune fille n'ayant jamais voyagé, l'évocation même des arbres était pour elle source d'exotisme. L'artisan se fournissant en bois et bambou grâce aux périodiques passages des marchants ambulants.




Toutefois, et au grand dam de Kakuei, Hasuki ne manifestait qu'un ennui poli devant les subtilités, entre autre, du tenon mortaise ; et ce fut avec un certain vague à l'âme qu'il abandonna le projet de faire de sa fille d'adoption, une ébéniste. Toutefois, l'artisan ne baissa pas les bras et fabriqua avec tout le soin dont il était capable une nōkan en bambou parfaitement équilibré. Malheureusement, Hasuki se révéla d'une indiscutable médiocrité avec l'instrument à vent. En plus du fait que son moignon l'handicapait sévèrement dans l'apprentissage de la flûte, elle était sans doute la seule personne au monde capable de délivrer des octaves justes en soufflant dedans alors que la spécialité de l'appareil était justement de n'en produire aucun. Et puis travailler dans le théâtre, fut-il Nô, ne l'intéressait pas.




Le problème étant justement que rien ne l'intéressait suffisamment pour qu'elle envisage sérieusement d'en faire son métier. Les années avaient coulés et elle se trouvait maintenant au milieu de l'adolescence. Âge où l'on était irritable au possible et terriblement indécis quand aux questions de grandes importances. Loin d'en avoir des disputes avec son père adoptif, le sujet restait source de discorde entres eux. Hasuki n'était pas tentée pas une vie de marchande, et n'était naturellement pas enthousiaste à l'idée d'aller tapiner dans la rue.



Finalement, après mûres réflexions de sa part, la jeune fille conclut que les seules compétences dont elle se savait disposer et, point important, qu'elle exerçait avec plaisir étaient celles qu'elle avait eu l'occasion de développer durant toute son enfance. Le vol à la tire, l'escamotage, la filature, faire le guet. Sans oublier la douce adrénaline qui la frappait quand, en des rares occasions, elle s'était infiltré avec ses amis dans une habitation vide de ses occupants dans un audacieux cambriolage (audacieux pour des enfants, s'entend).




Il n'y avait pas une multitude de voie demandant de posséder et d'exercer pareils compétences. Plus elle y réfléchissait et plus elle était sûre qu'elle aurait sa place dans le monde en tant que kunoichi. Elle ne se faisait pas d'illusion et savait que la voie du ninja serait extrêmement dure mais elle ne voyait plus d'autres voies pour elle. Sans être habitée par des fantasmes d'adolescente, l'idée d'avoir une place, même extrêmement minime dans l'univers exotérique du ninjutsu et les coulisses du clan Ôsaki lui procurait un certain réconfort. C'était le milieu dont son esprit était calibré pour s'y mouvoir, elle en était certaine. 




En revanche, elle appréhendait le moment où elle parlerait de sa résolution à Kakuei. Le vieil homme ayant l'esprit droit et honnête, à la joie de voir sa fille adoptive trouvée sa voie risquait de se disputer la désapprobation devant une activité qui bafouait avec désinvolture la morale la plus élémentaire. Toutefois, la réaction de l'ébéniste fut mille fois pire que ce qu'Hasuki aurait pu imaginer. Kakuei entra dans une rage noire à l'évocation des kunoichi et il tenta de faire prêter serment à sa fille adoptive de ne plus jamais aborder le sujet. Vexée par son refus aussi immédiat et à la violence inexplicable de sa réaction, Hasuki lui donna le change à tel point qu'ils durent à eux deux réveiller tous leurs voisins. S'ils en restèrent là pour le moment, il ne fallut que quelques jours à Hasuki pour trouver une caravane partant à Shitsugen à l'orée de la semaine prochaine. Elle informa Kakuei de la date de départ de l'expédition ainsi que de sa volonté d'en faire partie. Encore une fois ils se crièrent dessus, quoique moins violemment que la dernière fois. Ce fut toutefois dans un silence de mort que chacun se coucha de son côté. 




Mais si Kakuei n'avait pas cédé devant sa fille adoptive, ce ne fut qu'en apparence car lorsque, tôt le matin alors qu'Hasuki prenait son baluchon contenant ses maigres effets personnels, elle trouva posé dessus une lettre avec toute la liquidité dont elle aurait besoin lors de son voyage, et plus encore. Accompagnée d'une lettre dont la simple présence était plus porteur de message que tous les mots d'amour et d'encouragement qui s'y trouvaient à l'intérieur.


__________________


1 an plus tard

Hasuki avait la tête engourdie et le corps plaqué contre le sable. Elle était incapable de faire le moindre mouvement. Non loin d’elle, un crabe s’éloignait en direction de l’océan, un appendice humain entre les pinces. Bientôt, émergeant du sable, ce fut une cohorte d’arthropodes, chacun transportant un fragment de chair humaine au niveau de sa bouche cliquetante, qui se fit voir. Ils portaient tout ce que le corps humain comptait comme petit et facilement arrachable. Hasuki les voyait porter des dents, des oreilles et l'un d'entre eux portait même un œil. Un seul s'approcha d'elle, les pince libres et s'approcha de son visage en zigzaguant jusqu'au moment où


Elle se réveilla en ce qui ressemblait à un spasme musculaire au beau milieu d'un dortoir remplie de filles de son âge, allongées sur des paillasses rectilignes. Elle vérifia autour d'elle qu'elle n'avait réveillé personne mais leur concert de ronflement sporadique ourdissait jusqu'aux sons que faisait les insectes dehors. Depuis qu'elle avait rejoint la formattion des kunoichi, elle cauchemardait à chaque fois que la pression se faisait trop forte. Et ces derniers temps, la fréquence des cauchemars se faisait bien trop élevée. Et quelque chose lui disait que, loin de retomber, la pression n'allait que s'accentuer.


Elle était parvenue au terme d'un bon mois de recherche à trouver la trace de la responsable des apprenties kunoichi. La difficulté vint autant du fait qu'elle ne connaissait personne à Shitsugen que du manque de transparence et de sociabilité de cette caste de soldat. Elle avait prit une chambre dans une auberge au centre de la ville et avait mené ses recherches au hasard commerçant, artisan et officier en patrouille dans la rue. L'argent que lui avait fourni Kakuei lui fut d'une précieuse aide en quelques occasions où la politesse et les sourires ne suffirent pas à obtenir des informations ; en revanche, aucune piste dont elle eu connaissance ne menèrent à rien. Toutefois si ce ne fut pas Hasuki qui les trouva mais bien eux qui la trouvèrent. Deux enseignantes de la formation qu'elle cherchait la prire par surprise en s'infiltrant dans sa chambre une nuit et en lui proposant de rejoindre les autres apprenties.


Au départ, Hasuki avait trouvé bizarre le fait qu'elle n'eut besoin ni de présenter des recommandations ni de faire ses preuves d'une manière ou d'une autre mais elle comprit vite qu'au vu de la difficulté de la formation, parvenir à y rester valait toute la bonne foi du monde.


Chaque matin, les filles commençaient la journée par une épreuve particulière : une heure avant le lever du soleil, les filles devaient courir à flanc de colline rejoindre une source d'eau claire à une heure de l'école. Une fois la source rejointe, elle devait remplir de liquide un sac de toile épais spécialement taillé pour l'occasion qui laissait échapper continuellement un mince filet d'eau. Elles devaient ensuite rentrer à toute vitesse la descente fortement accidenté avant que le sac ne fut suffisamment vidé pour remplir un bol tendu par leurs professeurs. Si une élève n'arrivaient pas à remplir son bol du premier coup, elle se trouvait dans l'obligation de tout recommencer. Cette épreuve les gardait épuisées toute la journée et se révéla terrible à effectuer en hiver. Une fois, en pleine tempête de neige, une fille dut se faire amputer deux orteils au retour de son troisième allez-retour. Elle fut renvoyée de la formation dans la journée.


Cette épreuve était la seule constante de leur journée, le contenu de cette dernière changeait chaque jour, au gré des envies de leurs formatrices. La première année, les filles recevaient une éducation diptyque, dont une partie était allouée aux performances physiques et l'autre à leur culture générale.


Elles recevaient sur le tatami un enseignement varié quoique ciblé sur deux principes, celui de l'auto-défense et des prises permettant à un être de peu de force de venir à bout d'une personne plus imposante. Pour ce qui était des cours plus "traditionnelles", les filles avaient droit à une éducation touche-à-tout, les initiant à beaucoup de compétences traditionnelles allant des cours de la géographie à l'ikebana en passant par l'économie d'un domaine. Le but de ces cours polyphones était qu’il convenait à toute kunoichi de pouvoir interpréter un rôle que leur devoir (ou, plus prosaïquement, leur supérieur directe) leur demanderait de jouer ; loin de maitriser les arcanes des arts étudiés, les filles devaient surtout êtres capable de donner le change face à des profanes.


Le rythme et l'exigence d'apprentissage étant très élevé et leurs professeurs tout sauf patiente, les châtiments corporels se faisaient délivrer avec une fréquence et une promptitude anxiogène. La pression était forte et difficile à supporter, surtout que toutes savaient pertinnament que tout le monde ne pourrait pas être enrôlé. Beaucoup de filles subissaient mille traitements de la part des professeurs et d’autres élèves voulant assurer leur position.


Grâce à sa capacité de concentration et sa recherche perpétuelle de l’efficacité, Hasuki se mit avec toute l’énergie dont elle était capable dans toutes les activités que la formation lui soumettait. Tant et si bien qu’au bout de quelque mois, elle fit partie des élèves se prenant le moins de soufflante de la part des professeurs ; autrement dit, elle faisait partie de la tête de classe. Toutefois, ce n’était pas pour autant qu’elle était loin de tout tracas. Einko, une élève aux capacités brillantes élevée à Shitsugen, l’avait prise en grippe. Prenant l’ascension scolaire de l’orpheline ou ses origines modestes comme une menace envers sa personne, autant par vanité que par inquiétude quand à sa place dans la classe.


A force de passer une partie de son temps à monter une partie de la promotion et de mettre des bâtons, parfois épineux dans les pieds d’Hasuki, cette dernière c’est vite mise à détester Einko avec une antipathie réciproque et délétère.


Leur rivalité dura de nombreux mois et monta d’un cran le jour où Hasuki prit l’initiative de frapper fort, littéralement.


Un matin, lors de l’épreuve coutumière où les filles devaient remplir leur sac à la source, Hasuki fit le choix de remplir le sien avec deux pierres grosses comme le poing et de s’embusquer quelque part sur le chemin du retour. Quand elle vit arriver Einko, fatiguée par sa course, elle lui sauta dessus avec son fléau improvisé et lui envoya ce dernier en plein sur le fois, coupant les jambes de la citadine. Quand Hasuki revint vers les professeurs avec un sac remplit d’eau, sans une seule goutte de sueur visible sur le visage, elles ne firent aucun commentaire.


Quand cette histoire fit le tour du dortoir et qu’il fut évident pour toute que, loin d’être un accident, ce qui était arrivé était révélateur du véritable but de l’exercice matinal qu’elles subissaient chaque matin. Depuis ce jour, les filles devaient rivaliser de dextérité et d’ingéniosité contre celles qui choisissaient de les attendre sur le chemin du retour. Pendant ce temps, les rapports entre Hasuki et Einko ne faisait que se détériorer. Ce serait à qui fera la pire crasse à l’autre, l’escalade de la violence, avec pour clé la récompense de ne plus avoir à subir la terrible formation tout en surveillant constamment ses arrières.


Ainsi passa la première année d’Hasuki parmi les apprenties kunoichi, au terme duquel plus de la moitié de sa promotion fut écartée, par blessure, par abandon ou tout simplement pour cause de mauvais résultats. Aussi dur qu’a été cette année, ce ne fut qu’une aimable introduction à côté de ce que leurs professeurs leur réservaient pour la seconde. Plus difficiles, plus exigeantes, les activités qui la composaient étaient attaché plus directement aux tâches que les filles auraient à effectuer si elles entraient dans la caste des kunoichi.


Premièrement, on leur présenta, dans petite salle tout en longueur, le meilleur ami du seigneur au sommeil léger, et le pire ennemi de son assassin : un parquet du rossignol. C’était un plancher aux propriétés quasi-mystiques. Quand un poids était apposé sur une de ses planches, il en échappait un son stridulent pouvant faire penser aux chants des oiseaux. Le parquet était extrèmement sensible, un chat particulièrement maigre le faisait chanter. Les filles étaient invité, l’une après l’autre, à traverser la salle et tenter de battre le parquet ; à raison d’un essai par soirée. De par son expérience d’ancienne apprentie ébéniste, Hasuki savait que, loin d’être magique, un parquet du rossignol était composé de plusieurs planches de cèdre dont les lames étaient faîtes en métal de façon à provoquer un grincement chantant parfaitement audible. Toutefois malgré, cette connaissance, elle fut tout aussi incapable que les autres à vaincre le parquet.


Elles furent aussi entraîné au maniement des armes, notamment celles pouvant se manier d’une main même si l’accent fut bien évidemment mis sur celles pouvant être dissimulées dans des manches. Hasuki se révéla douée avec les armes de jet et le washizashi, mais elle fit du yawara son arme de prédilection ; particulièrement le modèle avec les deux pointes de bois sur le côté. Toujours sur le plan physique, elles apprirent l’art de l’escalade, autant montagneux qu’urbain, ainsi que le saut en longueur. Le but avoué de ces entrainements étant de permettre aux apprenties de se déplacer en pleine ville, à la fois en toute discretion et loin des regards. Hasuki adorait ces exercices. Elle affectionnait être entre ciel et terre, avec seulement les étoiles comme témoin de ses talents de yamakasi. En outre, elle était particulièrement douée en ce qui concernait l’escalade. Malgré son doigt manquant, elle coulait sur les murs comme une goutte d’eau attirée par la lune.


Pour ce qui était des cours plus “traditionnelles”, on leur enseigna au premier abord la longue maîtrise de l’alchimie et de la concoction de poison ou cataplasme. Tout en leur rappellant sans cesse que tout ce qu’elles pourraient apprendre lors de cette année ne serait qu’une goutte d’eau dans l’océan de cet art, et on les encouragea chaudement à continuer leurs expérimentations de leur côté si jamais elle entraient dans les rangs des kunoichi.  on leur enseignait également l’art du mensonge, de l’improvisation et de la séduction, même si les conseils dispensés restaient plus théoriques qu’autre chose et que la vraie maîtrise viendrait avec l’expérience. De part son enfance rude et son absence d’expérience en la matière, Hasuki se révela particulièrement médiocre à cette dernière discipline, ce que ne manqua pas de relever Einko.


La rivalité de ces deux là prit fin vers la fin de la seconde (et dernière) année de formation, faute de rival à détester. L’histoire commença une nuit où, à la place d’enjoigner les filles se reposer, leurs formatrices les envoyèrent des cibles choisies au hasard à Shitsugen, chacun le sien. Comme à son habitude, Hasuki fila la sienne en passant de toit en toit, préférant mille fois cette méthode à celle qui consistait à le suivre dans les ruelles. Dans sa promotion, le fait était connu de toutes qu’Hasuki accomplissait, sauf ordre contraire, ce genre de filature cinq mètres au dessus du sol.


En plein milieu de sa filature, alors que l’apprentie kunoichi était penchée sur le rebord du toit sur lequel elle se trouvait, elle fut surprise par un bruit derrière elle. Elle eut juste le temps de se retourner pour voir Einko la pousser violemment dans le vide. Hasuki chuta comme une pierre et dut sa vie à un appentis arrêtant sa course avant que la force d’inertie la projeta sur le pavé. Elle retint de cet accident une cheville gauche pointant dans un sens incongru et une fêlure le long de son fibula, à la même jambe.


Alors qu’elle s’attendait à se faire renvoyer de la formation pour cause de blessure invalidante, ses professeurs l’autorisèrent à rester tout le temps de sa convalescence. Avantage qu’elle imagina obtenu par ses résultats réguliers au cours de ces deux dernières années, les formatrices n’avaient peut=être pas envie de perdre si vite une apprentie aux capacités prometteuses.


Elle eut même droit à des cours en chimie pendant que les autres filles étaient dehors ou sur le tatami. Lui offrant (elle pensa plus tard que c’était à dessein) un avantage sur Einko qu’elle empressa d’utiliser quand elle fut certaine qu’elle était en oeuvre de le faire sans se faire attraper. Les professeurs n’avaient rien contre le fait que leurs élèves s’écharpaient du moment qu’elles le faisaient comme il le sied à une adepte du ninjutsu : en coulisse, et sans déranger les autres.


Le jour venu, alors que les autres élèves échangeaient des coups dans le dojo, Hasuki prépara un puissant anesthésiant qu’elle mélangea à un dissolvant chimique, sensé retardé ses effets plusieurs heures après absorption. Elle se glissa ensuite furtivement dans les cuisines où elle laissa couler sa décoction dans la casserole commune, faisant presque déborder la soupe déjà contenue dedans. À la suite de quoi elle se faufila également dans l’armurerie et escamota un kunai.


Une fois la nuit venue, toutes les apprenties dormaient d’un sommeil de plomp, et même plus que ça. Hasuki se leva après s’être assurée que oui, elles étaient toutes plus qu’endormie, elle coula vers la couche d’Einko et lui trancha les deux talons d’achille. La drogue fut assez puissante, comme convenue, pour ne pas réveiller l’apprentie, mais également pour l’empêcher de se vider de son sang, son organisme étant trop comateux pour développer une importante hémorragie externe.


Einko se réveilla la paillasse tout de même couverte de sang, handicapée à vie. Elle fut virée le jour même. Bien que personne n’eut la preuve que ce fut là l’œuvre d’Hasuki, personne ne fut dupe. Toutefois, plus aucune élève ne chercha à la contrarier depuis cette date et tout le monde fut d’accord pour lui octroyer une paix royale.


Le reste de l’année  fut une succession d’entrainements toujours plus âpres et plus exigents ainsi que de multiples tentatives avortées de traverser sans un bruit le parquet du rossignol.


________________



Un jour, Hasuki reçut une lettre, de celle qu’attendent impatiemment toutes les apprenties kunoichi. La convocation du maître de leur formation leur demandant d’allez le voir afin de recevoir une mission. LA mission qui, si elle était correctement exécutée et achevée, était le passe afin d’entrer officiellement dans les rangs des kunoichi d’Ôsaka. Hasuki était honorée d’êtrela première de sa promotion à l’avoir reçu. Toutefois un obstacle s’opposait encore à sa nomination. En plus de la mission proprement dite, Hasuki devait être capable de traverser le parquet du rossignol dès aujourd’hui. La lettre indiquait que le maître l’attendrait, dos au parquet, et lui soumettra son examen final si elle parvient, du premier coup, à le rejoindre sans qu’il ne puisse entendre son approche. Dans le cas contraire, il lui faudra attendre qu’il daigne la recontacter. Peut-être le lendemain, peut-être la semaine prochaine, peut-être jamais.


Hasuki, comme toutes les autres filles, avait passé l’année à tenter chaque soir la traversée du parquet, sans succès jusqu’à maintenant. Même si la jeune femme était déjà parvenue à traverser le plancher jusqu’à sa moitié, il n’y avait aucune chance qu’elle double son record sur commande. Mais elle n’avait pas le choix, elle devait y allez. Elle devrait le faire, et elle le ferais. Consciente en son cœur que c’était l’hésitation qui faisait chanter le parquet en premier lieu. Face au plancher, elle parvenait à voir le maître de dos, agenouillé à plus d’une dizaine de mètre de distance de là. Connaissant la première partie du parcours, Hasuki traversa presque machinalement la moitié de la distance qui les séparait. Et elle resta là. Il lui avait fallu un an d’essai afin de découvrir, petit à petit, ce chemin. Et il lui faudrait une autre année, si ce n’est plus, afin de trouver comment traverser le reste du chemin. Le maître se trouvait à cinq petits mètres d’elle mais il aurait tout aussi bien pu se trouver sur la Lune que cela n’aurait fait aucune différence. Elle regarda de nouveau le dos du maître, il était aussi loin que… aussi loin que


Kakuei, son père adoptif, quand elle rentra à la maison et qu’il travaillait, penché sur son établi. Soucieuse de le surprendre, par jeu, elle avait appris à force d’essai et d’erreur comment rejoindre le vieil ébéniste sans un bruit. Ils étaient, lui dans ses moments là, et le maître dans ce moment précis, aussi loin qu’était Hasuki d’eux. Elle baissa les yeux et reconnut les tâches sur le bois. Elle connaissait ses marques par cœur. Hasuki ferma les yeux et s’avança.


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« Cette dernière tâche, lui avait dit son maître, marquera l’étape la plus importante de ton existence. Une fois que tu l’auras effectué, tu seras libéré des entraves de ton ancienne vie, purifié des liens qui te retiennent et qui te ralentissent ; tu entreras corps et âme les forces de l’ombre du clan Ôsaki. Une des armes cachés dans la manche de notre Seigneur Heiichirô. Est-ce cela que tu souhaites ? » Gravement, agenouillée devant lui, elle avait hoché la tête.
« Le choix est tien, comme il le sera lorsque que tu accompliras ta mission, il lui tendit une lettre, rend toi à cette destination et tue la personne dont le nom est marqué. Tu as tout le temps que tu désires pour le faire. Que Susanoo guide ton bras.»


Sur ce, il quitta la salle, laissant Hasuki ouvrir l’enveloppe. À l’intérieur se trouvait une carte du district d’Ôsaki. Un pinceau avait entouré l’emplacement du village natal de la fille. Au verso était inscrit le nom de Kakuei






Sans un bruit, Hasuki entra dans son ancienne maison et traversa le parquet du rossignol qui faisait tout le plancher de l’habitation. Les lames de métal avaient été enlevé il y a des années de cela. Ces dernières ne supprimaient pas les grincements du plancher, elles les amplifiaient juste. Les dimensions de la maison faisait exactement la moitié de la grande salle où était installé le parquet du clan Ôsaki. Tel un fantôme, la jeune femme atteignit la couche de son père adoptif et s’agenouilla à côté. La main sur son kunai. Elle avait une douleur de tout les diables au doigt, celui qu’elle n’avait plus. Elle avait fait tout le trajet à pied, dans un état second. Elle n’avait croisé personne sur la route ; et si des bandits s’étaient embusqués autour du chemin, elle avait du les faire fuir avec l’aura de mort qu’elle traînait derrière elle depuis qu’elle avait ouvert l’enveloppe.


Elle hésita, sa vie déchirée en deux. Bien qu’elle tenta de maîtriser son corps, un sanglot lui comprima la poitrine. Alerté, son père adoptif se retourna vers elle.


« Hazuki… il lui prit la main, celle qui était libre, tu es là. »


Qu’est-ce qu’il avait vieilli ! Il la tenait avec une main décharnée et son visage était usé, comme creuser par des sillons qu’aurait laissé du sel sur un vieux parchemin. Sa voix était faible, fatiguée. Elle n’était partit que deux ans pourtant !


« Père… elle n’osa allez plus loin, un autre spasme lui déchira le cœur et le ventre.
-C’est moi qui leur a construit leur parquet… il y a des années de cela… ça t’as aidé, hein ? Ça t’as aidé n’est-ce pas ?
-Oui père, ça m’a aidé… merci,
nouveau sanglot, plus retenu cette fois. Les larmes coulaient, abondantes. Merci pour tout… pour tout ce que tu as fait pour moi. Depuis la plage jusqu’à… jusqu’à… le mot « maintenant » bloquait sa gorge. Manquant d’air, elle inspira à fond et éclata en sanglot. la tête posé contre le ventre de Kakuei. Le corps entièrement douloureux, comme si c’était elle qu’on tuait, encore et encore.


« Ils ont tué ma fille, commença le vieil homme, elle voulait devenir kunoichi, comme toi… quand elle a reçu la lettre, elle a refusé de m’assassiner et elle les a attaqué. Ils l’ont tué… J’ai recrée le parquet chez moi… je cherchais une fille comme toi. Une survivante… qui pourrait porter sa mémoire… faire ce qu’elle a toujours rêvé de faire. »
-Père je… je ne pourrais jamais te…
-Tu dois le faire, tu m’entends ?
Il lui serra le poignet jusqu’à lui faire mal, une énergie nouvelle dans le regard, sois réaliste, je suis vieux, je suis fatigué, une de mes filles est morte et je suis le seul obstacle empêchant l’autre d’accomplir sa vie.


Quelque soit les arguments présentées, ce ne fut pas par raison qu’Hasuki leva son arme au dessus de la nuque de son père adoptif. Elle avait comprit que seule l’insensibilité lui permettrait d’accomplir cette dernière épreuve. Fait qui était aussi compris par Kakuei, qui lui dit :


“Tu en ressortiras forte Hasuki, je suis... je suis fière de toi.”


Ce furent ces derniers mots, tout de suite après, Hasuki planta son arme dans le creux de son cou, tranchant net sa moelle épinière, coupant toute réaction, toute sensation et toute vie. Pendant toute l’opération, elle n’avait pas cessé de répéter qu’elle était désolée, affreusement désolée, comme un mantra qui l’absoudrait de ses fautes.


Aucune larme ne sortit de ses yeux après que le coeur du vieil homme fut définitivement arrêté. Ses conduits lacrymaux restèrent secs les nombreuses semaines où elle fit son deuil. Ce fut la première fois de sa vie qu’elle ôta la vie de quelqu’un et ce fut aussi la plus dure des actions qu’elle eut à faire. C’était le but de l’exercice : quelques soient l’horreur des tâches qu’elle aurait à accomplir, elle pourra y faire face.


Ce fut comme cela qu’Hasuki intégra le rang des kunoichi d’Ôsaki. Depuis ce jour, elle accomplit sans remord et sans déplaisir les tâches de filature, d’espionnage, d’assassinat et autres acabit. Sans se poser de question tout en se laissant vivre. Cherchant toujours à améliorer ses compétances. Ses émotions loin derrière elle, dans un petit village côtier dont elle avait oublié le nom.




 
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Qu'en pensez vous ? J'a-do-re le design ! Le background est également très fouillé, c'était un plaisir de le parcourir ^^
Pepsi ou Cola? Rien ne vaut le goût sucré du jus d’ananas chimique.
Fréquence de présence ? Pour la fréquence, je devrais pouvoir me connecter tous les jours, mais pour ce qui sera de mes temps de réponse, je risque d'avoir des difficultés à être aussi régulier, je crains d'avoir pas mal de travail en ce moment ^^'

         

 


Dernière édition par Kakuei Hasuki le Dim 25 Jan - 20:29, édité 2 fois
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MessageSujet: Re: Kakuei Hasuki    Dim 25 Jan - 9:36

Bienvenu sur le rp.....même si ta pas choisis mon clan xD
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Kakuei Hasuki
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MessageSujet: Re: Kakuei Hasuki    Dim 25 Jan - 13:22

Merci pour l'accueil Nobuyoshi ^^ Et désolé pour le choix du clan mais vous les Daîdoji êtes trop courageux, braves et soudés pour que je me sente à l'aise chez vous :p
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MessageSujet: Re: Kakuei Hasuki    Lun 26 Jan - 3:03

Bienvenue Kakuei Hasuki,

Je dois dire qu'à la différence de ce que recherche ton personnage, ta présentation ne passe pas inaperçu, de par sa longueur... Mais je ne me suis pas découragé, et je l'ai lu et relu même, avec attention. Je dois dire que je me suis laissé entrainer par ta plume. Tu as le souci du détail. Pas le détail futile, mais plutôt celui qui permet d'approfondir d'avantage l'univers de ton personnage, le rendant plus "réel" et plus attachant.

J'ai passé outre les quelques fautes d'inattention (notamment les accords), tant la construction de l'intrigue était bien menée.

Je ne pouvais te faire meilleur honneur en te validant ta présentation à une heure aussi tardive de la nuit, à l'abri de tous les regards Wink

Puisse Susanoo dissimuler toujours tes traces et tes actes sur les terres d'Ôyashima...

_______________________________

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MessageSujet: Re: Kakuei Hasuki    

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Kakuei Hasuki

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