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 L'anneau de Gygès

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Kakuei Hasuki
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Jisei no Ôyashima
Eveils: Seikai
Surnom:
Clan: Ôsaki


MessageSujet: L'anneau de Gygès   Mar 17 Fév - 0:24

Hasuki s’éveilla alors qu’il faisait encore nuit. Il restait encore une heure au soleil avant de se laisser apparaître dans le ciel. Elle le savait avec exactitude car son corps s’était habitué au rythme imposé par ses formateurs lors des deux ans où elle avait été apprentie kunoichi. Ce réveil très matinal était l’occasion de commencer leur journée par une épreuve physique ? Là encore, Hasuki avait conservé cette habitude en consacrant tout le temps qu’il lui restait jusqu’au lever du soleil à des étirements et exercices de relaxation. Quoique ces derniers n’eurent pas beaucoup d’effet car elle se savait convoqué chez son aîné, Mitsurugi Kitaro afin de commencer à travailler sous ses ordres.

Elle avait les traits tirés de ceux qui se sont couché tard et n’avaient pas beaucoup dormi de la nuit et savait, sans avoir besoin de vérifier tactilement la chose, que d’imposants cernes gris se dessinaient sous ses yeux. Elle pourrait facilement les cacher grâce au maquillage présent dans son nécessaire à déguisement mais ce serait faire preuve d’une pudibonderie digne d’une écervelée tentant d’attirer le regard d’un garçon convoité. Préoccupations qui passaient largement au dessus de la tête d’Hasuki. Et aussi au-dessus de celle de Kitaro, mais c’était sans doute là une conséquence dans la vie de ceux qui avaient un visage pareil à une pierre qui serait exposée à de violents vents salés douze mois l’an.

Ce fut une fois qu’elle eut fini ses exercices et prit une légère collation qu’un serviteur vint la trouver afin de la conduire à sire Mitsurugi. Elle fut étonné d’une telle avance car elle pensait se présenter bientôt à lui et connaissait le chemin. Sans doute un dossier qui était arrivé cette nuit et qui échut à son service. Elle remarqua en chemin qu’une agitation assez troublante en cette heure matinale dans l’aile de travail des ninjas de Shitsugen. Visiblement, il s’était passé quelque chose de grave et de perturbant cette nuit. Hasuki captaient parfois des voix précipités ou colériques s’échapper des minces cloisons de bois séparant les bureaux des salles de réunions. Visiblement l’heure était encore plus grave que ce qu’elle pensait. Et ce fut avec une certaine appréhension qu’elle se présenta à Mitsurugi Kitaro à peine quelques minutes plus tard.

Elle s’agenouilla devant lui et lui fit les salutations polies qui seyaient à cette heure là de la journée par pure formalisme. Elle connaissait Kitaro de réputation et pour l’avoir quelque fois entraperçue dans le cadre de son travail et avait plus ou moins compris qu’il avait beaucoup de points communs avec une porte coulissante ; comme la bonne humeur ou l’humour. Mais en son for intérieur, Hasuki se réjouissait de travailler avec lui car il lui semblait être un ninja capable qui accomplissait les missions qu’on lui demandait d’effectuer avec une professionnalité et un pragmatisme à toute épreuve. Des choses que, cette fois, il partageait avec Hasuki.

Cette dernière gardait son front assez bas pour toucher la natte du sol en attendant que Kitaro prenne la parole. Peut-être obtiendrait t-elle ainsi des éclaircissements quand à la situation qui semblait affecter tous leurs collègues.
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Mitsurugi Kitaro
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Jisei no Ôyashima
Eveils: Seikai
Surnom: Yokai No Kodomo
Clan: Ôsaki


MessageSujet: Re: L'anneau de Gygès   Mar 24 Mar - 2:03

Chapitre 1 : Birdman

L'homme vivait dans le cagibi derrière le bar et, certaines nuits, vous pouviez l'entendre fabriquer des mangeoires pour les oiseaux. Il maniait le marteau et la scie dans sa chambre, pour façonner les bouts de pins et de cèdres. Ses phalanges étaient noueuses d'avoir été si souvent brisées et pourtant, sur le bois, ses mains travaillaient en rythme à poncer et à lisser. Une fois finies, les mangeoires semblaient aussi fragiles, entres ses grosses mains, que les œufs des petits oiseaux fantôme auxquels elles étaient destinées. Elles pendaient au plafond et s'entassaient sur son armoire cadenassées, parmi les souvenirs de guerre et des copains de son régiment.

L'aube le trouvait étendu sur son matelas, à fixer d'un œil vide ses volières empoussiérées qui le considéraient de l’œil unique et noir qu'il avait percé au centre de leur façade.

Au milieu de la matinée, on le retrouverait gisant, la barbe aussi pleine de sciure que le pelage de son vieux chient, somnolant près de lui et ne tarderait pas à le rejoindre dans l'autre monde, à en juger par son souffle rauque.

- Montrons-leur une dernière fois ce qu'on vaux, murmura-t-il.

Il s'était revêtit de sa vieille armure rouge et noire, avec son plastron usé et fendu qu'il avait conservé depuis toutes ses années et sur lequel subsistaient encore quelques une de ces plumes qui lui avaient valus son surnom d'Homme-Oiseau. Ensuite, il passa sa dernière nuit à narrer l'histoire d'un homme né pour la guerre et que la paix avait rendu inutile et amère. Dès lors, il n'était guère qu'un monument aux morts.

- Je pèse lourd. Des tonnes. Alliage écrasant de lard et de regrets oubliés, je bute sur chaque pierre du chemin. Je tombe et me relève, et tombe encore. Je pèse lourd, ancré au sol, écrasé de pesanteur. Je traîne le monde derrière moi. Je pèse lourd. Pire qu'un cheval de trait. Pire qu'un char d'assaut.

Comme un acteur dont le rôle l'aurait dépassé, son visage buriné ne lui permettait plus d'incarner un autre personnage. Aujourd'hui, il n'était plus à la mode. L'Homme-Oiseau avait eu son heure de gloire et maintenant, il était ringard.

Le Repoussant médita sur sa propre obsolescence. L’Homme-Oiseau était une anomalie, presque une erreur et, cynique, Kitaro songea qu'il serait mort avant de ne plus pouvoir servir le Clan. Oui, son assassinat pourrait même être la consécration d'une vie d'efforts. Le récit du vétéran ne lui avait donné qu'un espoir, celui de ne pas connaître le même sort. Dans ses veines, son sang bouillonnait d'une ferveur nouvelle. Le Samouraï, sur ses derniers mots, attarda son regard sur chacun des hommes qui l'écoutaient encore. Dans leurs regards à tous, il lu la pitié telle qu'il en avait eu lui-même à l'égard de son chien. Puis, il sentit celui de Kitaro, lourd et tranchant comme un couperet, brillants d'une lueur de défis. Seulement, comment pouvait-il avoir des yeux plus sombres et usés que les siens ? Il repensa à ses mangeoires dont parfois s'échappaient quelques gazouillis ou plumes colorées de ses ténèbres, mais il était sûr que rien de tel ne pouvait se produire dans ses yeux-là. D'une chiquenaude, il dégagea une plume qui s'envola avec une gracieuse paresse, dans un balais hypnotique avant de finir sa chute aux pieds du Ninja. Il s'en saisit, entre le pouce et l'index et releva pour l'observer à la lumière fébrile de l'auberge.

Entre temps, le soldat avait disparu, sa dernière représentation achevée, il retourna en coulisse alors que les spectateurs s'en allaient sans un mot. Esseulé, Kitaro fixa sa coupe et son reflet dans le liquide malté. Nul autre ne lui ne saurait dire ce qu'il y voyait et quoi que ce fut, Kitaro l'englouti et cela disparu. Le saké glissa entre ses lèvres, dans son gosier et jusqu'à son estomac, laissant dans son sillon une brûlure caractéristique qui avait trouvé grâce au palais insensible de Kitaro pour qui tout avait goût de charbon. Peu à peu, la chaleur s'estompa jusqu'à ne devenir qu'un souvenir. Quand il ne trouvait le sommeil, Kitaro sirotait consciencieusement une bouteille, sa bouche ne s'ouvrant guère que pour accueillir l'alcool, poison paresseux qui le conduisait lentement vers d'autres rivages.

Ce soir-là, il avait à peine bu. Aussi, quand la silhouette d'un agent du Clan apparue, Kitaro soupira malgré-lui en abandonnant la bouteille. Cette apparition n'avait rien d'une visite de courtoisie, elle ne pouvait signifier qu'une chose : son art était nécessité. Celui qu'il reconnu comme étant Kitone n'avait jamais eu besoin d'un mot pour se faire comprendre - si bien qu'il n'avait jamais entendu le son de sa voix - et ils traversèrent le quartier comme deux fantômes jusqu'à atteindre une demeure du Clan où Kitaro s'était déjà rendu à plusieurs reprises. Kitone l'abandonna à la porte et Le Repoussant n'eut aucun mal à retrouver la pièce principale où deux hommes l'attendaient déjà. La mine grave, ils étaient vêtus sobrement mais leur visage trahissaient de hautes responsabilités et des années de choix difficiles qui barraient à chaque fois d'une nouvelle ride leur front dégarni.

Cette nuit, quelqu'un était parvenu à déjouer les systèmes de sécurité du clan et à s'emparer de documents concernant les agents infiltrés. Une menace des plus sérieuses qui avait naturellement mis les Osaki en état d'alerte. Dans les eaux troubles des relations entre les clans, Kitaro aurait la mission de nager sans faire de remous jusqu'à mettre la main sur le voleur. Sans aucune forme de restriction, sinon celle d'agir avec la plus grande discrétion et sans provoquer la colère d'un clan allié. Une mission qui, lui firent-ils miroiter, pourrait le conduire à de nouvelles responsabilité...

- Les légendaires Osaki ne failliront pas aujourd'hui !

Les deux hommes se levèrent et quittèrent la grande pièce sans un mot, abandonnant Kitaro à ses pensés. Sur le point de partir, il fut retenu par l'apparition d'une jeune femme qu'on lui avait présenté comme étant Kakuei Hasukie et qui était à son entière disposition le temps de la mission. Les détails devaient rester confidentiels, et Kakuei n'aurait de compte à rendre qu'à Kitaro en personne. Un bon test d'aptitude, jugea ce dernier en l'observant, muré dans une expression faciale qui n'appartenait qu'à lui. En quelques secondes, il résuma la situation telle qu'il pouvait la présenter.  
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Kakuei Hasuki
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Jisei no Ôyashima
Eveils: Seikai
Surnom:
Clan: Ôsaki


MessageSujet: Re: L'anneau de Gygès   Dim 29 Mar - 15:59

Comme Hasuki l’avait craint et espéré à la fois, sa tache avec Mitsurugi aurait un lien avec les bruits de couloirs que l’apprentie avait ouie ce matin. Son supérieur lui avait décrit la situation d’entrée de jeu, sans s’embarrasser par des salutations traînant en longueur ou des politesses de pure forme. Ce qui n’étonna pas la kunoichi étant donné ce qu’elle savait du personnage.

Le problème était le suivant : une ou plusieurs personnes étaient parvenus à s’introduire dans la forteresse de Shitsugen et en étaient ressortis sans se faire repérer avec un rouleau d’une extrême importance. Leur discrétion avait été telle que l’effraction n’avait pu être certifié que par l’absence desdits rouleaux. Ce dernier contenait ni plus ni moins la liste des identités et emplacements des agents doubles que le clan Ôsaki avait fait introduire dans le clan Hayashi bien que les deux soient alliés. Ce type d’espion était toujours présent quels que soient les liens unissant deux clans pour peu qu’ils y en aient, des liens. Seulement il était politiquement sensible de voir ses agents double se faire attraper par son allié de toujours et c’était ça qui inquiétait les huiles du clan Ôsaki. Le contenu du document était, en l’état, une bombe diplomatique qui ne demandait qu’à exploser à la face de tous.

Heureusement, le document était codés par un éminent cryptologue ôsakien de manière à ce que, sans la formule permettant d’y voir clair, le rouleau était intraduisible et présentait une suite de caractère sans aucune logique. D’une certaine manière, l’identité des agents étaient encore sauf, mais pour combien de temps ? Chaque jour qui passait pouvait être celui où la clé de l’algorithme serait identifiée. Mitsurigi et Hasuki étaient donc déployé à plein temps pour retrouver le ou les coupables et surtout, le rouleau. De par la nature sensible de son contenue, il était risqué de mettre plus de ressources sur cette enquête et de toute façon, les ninjas ôsakien n’étaient pas réputé pour leur esprit d’équipe. Heureusement, toutes les routes de la région ont vu leur surveillance accru et toute personne entrant ou sortant de Shitsugen était systématiquement fouillé. Un tel dispositif de sécurité ayant été engagé seulement quelques heures après le vol, le fait que le ou les voleurs se cachaient en ville et attendaient la fin ou le relâchement de la sécurité était plus que probable. Mitsurigi et Hasuki devaient donc les traquer pendant ce temps là, avant qu’ils ne puissent mettre les voiles.

Quand son supérieur eut fini de parler, Hasuki ne savait pas quoi répondre. Elle n’avait pas assez d’expérience pour savoir si la tâche qu’il leur était chu allait être extrêmement simple ou, au contraire, terriblement complexe. Ce qui serait clair, c’était qu’elle devrait obéir en tout temps à Mitsurigi. Chez les samurais, pareil collaboration aurait commencé par la répétition d’un serment de loyauté établissant de façon clair les relations entre les membres du duo mais entre ninja, on n’aimait pas parler pour ne rien dire et Hasuki ne se faisait pas d’illusion quand à qui avait le droit de donner des ordres à l’autre entre elle et Kitaro. C’est pour cela qu’après avoir prit un temps pour réfléchir à la mission qui leur était confié, elle répondait de la même manière que Kitaro l’avait accueilli : de manière professionnelle et sans épanchement.

« Avons-nous déjà une piste ou bien devrions nous commencer à rassembler les indices que nous pourrions trouver ? »

La première option serait de loin la meilleure. Il valait toujours mieux avoir quelque chose à se mettre sous la dent plutôt que de chercher au petit bonheur la chance ou de tenter de relier des points que peut-être aucune constellation n’unissait. Hasuki se surprit à attendre avec appréhension la réponse de son supérieur.

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