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 « Roulement de Tonnerre »

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Ôsaki Heiichirô
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Jisei no Ôyashima
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MessageSujet: « Roulement de Tonnerre »   Jeu 12 Mar - 23:14



Le pays tout entier était sous l'influence d'un processus de guerre. Tant de dieux du Panthéon Oyashimaïen affirmaient leur volonté d'observer à nouveau les rizières s'inonder du sang des innocents. C'était un tribut qu'un seul être s'était promis de rendre, non pas aux immortels, mais aux siens. Ainsi avide de revanche, au point que chaque bouffée d'air, chaque bouchée de nourriture, loin du but existentiel, était un supplice à supporter. Célébrité, Renommée, Honneur, tant de désirs qui n'attiraient à ses yeux que les luxueuses putes de la scène politique. Et, puisque tout acteur influant se devait de transmettre à la postérité, ce ne serait qu'horreurs, cauchemars et désolations.

Allégé par l'orage de la nuit, l'air avait une douceur délicieuse dans l'ouest du Shōten. Cet être, né des cris de l'âme, leva la tête, observant le ciel empourpré de Hariken avec des yeux vides. Là, où pourtant, tout individu se perdait dans des rêveries. Assis à même le sol, au cœur de ces majestueuses statues aux traits de visage tendus, la sérénité des lieux ne sut l'émouvoir, ni le dévier de l'obscure cause qu'il servait. Le courage du désespoir l'avait rendu redoutable, conscient de n'être qu'un objet de haine, voué à un destin tragique. Tout autour de lui, des moines, dont toutes les pensées s'étaient tournées vers le Ciel et ses promesses, s'avançaient pour présenter leur offrande au Divin-Raïjin. Vêtu d'un par-dessus noir léger ajusté à sa taille, encapuchonné, le Daïmyō aspira en cet instant à l'anonymat, au plus près de ses ennemis.

L'une de ses jambes repliée vers le haut maintenait son coude surélevé, l'autre, était étalée droit devant lui, pieds nus. En paix avec lui-même, en apparence. Il était là, assis, à observer tour après tour les dévots s'approcher de l'autel sacré pour y faire leur dépôt, tandis qu'un vent nouveau se levait. Vers d'autres contrées, dans son dos, l'orage mugissait toujours avec fureur, illuminant l'horizon de ses éclairs foudroyants. C'était une part de lui, qui s'en allait au loin. Une main chaleureuse, mais néanmoins ferme, lui tint l'épaule.

Moine Ryuzōji : « Étranger, cela fait des heures que tu contemples l'autel sacré de nôtre divinité,
Nous t'avons proposé un refuge contre l'orage, tu as refusé,
Nous t'avons proposé notre nourriture, tu as refusé,
Nous t'avons prêché la foi, tu as refusé ..

Tu gardes tes intentions secrètes,
Et nous ne pouvons désormais plus le tolérer ..

Déclines ton identité ! »

Réputés pour leur bravoure, disait-on d'eux. Il fallait bien s'en munir, pour ainsi poser avec sang-froid la main sur un être dont on ne connait ni les intentions, ni l'origine, ni la force de combat. La poitrine du Daïmyō se soulevait et s'affaissait sereinement, le temps s'écoulant ainsi dans l'attente d'une réponse décisive. Avec nonchalance, ce dernier leva dans les airs une bourse bien garnie, à la grande surprise de son interlocuteur, avant de la poser à terre, à ses côtés.

« Moine, n'as-tu pas été averti de mon arrivée ?
Tu le saurais si tu étais réellement à l'écoute des dieux .. »

À ces mots sonnant comme l'avertissement d'un grand malheur, l'un des religieux en retrait se mit à suffoquer, genoux à terre, saisi d'angoisse. Quelques-uns de ses frères regroupés autour de lui, comprirent rapidement qu'ils ne pouvaient lui être d'aucun secours. Le malheureux convulsait, bafouillait, prisonnier d'une dimension cauchemardesque.

Moine suffoquant : « De-, d-de, de l'eau-partout-Ghg'aidez-m'-j-je me NOIE ! »

D'instinct, le plus averti des dévots réagit, son regard alternant entre la victime et le Daïmyō :

Moine Ryuzōji : « Noyade-Kkh-? C'est sa plus grande peur-,
Tu es un ōsakien, Misérable Fourbe ! Martela-t-il, tout en lui ôtant la capuche.
Aussitôt, le regard médusé, titubant à reculons
: Sh-shiroï kami, akaï me-Kkh-Ôsaki Heiichirō-ka ?!
(Cheveux blancs, yeux rouges) »

« Anta wa tadashi, Sōryo ~
(Tu dis vrai, Moine) »

Moine Ryuzōji : « Q-Que signifie votre présence ici ?! »

« J'ai à m'entretenir avec ton Seigneur,
Vas donc me le chercher, Moine .. »

Moine Ryuzōji : « J-Je ne mettrais pas en péril la vie de notre Seign- »

« -Ma patience a ses limites !
Le caillou qu'il avait dans le creux de sa main, roula entre ses doigts fins,
Obéis !
Avant d'être fermement enserré. »

Se fera-t-il le porteur d'un funeste message pour les siens ? Ou, s'entêtera-t-il à lui opposer de la résistance, au risque de voir ses frères mourir, un à un ?
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MessageSujet: Re: « Roulement de Tonnerre »   Dim 15 Mar - 18:03

Kenshi avait posé la tête sur le bureau de bois où il était installé depuis une poignée d'heures, déjà. Dans sa main droite encore levée, il tenait un gros pinceau noir suant l'encre en gouttes modérées. Le papier de riz sur lequel s'alignait les caractères formels était imbibé de cette encre coûteuse, un vrai gâchis.

À première vue, c'était à se demander si il dormait ou réfléchissait sur la prochaine phrase à inscrire sur ces papiers ennuyeux à mourir. Par contre, si vous vous rapprochiez, vous vous rendriez compte que le Seigneur du clan Ryûzoji faisait la sieste.

D'ailleurs, ce fut encore plus visible lorsqu'un moine entra avec fracas dans son bureau, le faisant se redresser. Avec la moitié du visage recouvert de katakana.

- Keski ya ? Croassa le jeune homme.

Alors que le moine reprenait son souffle avec difficulté, le visage rougit par l'effort soudain, Kenshi s'agita, tentant de donner l'illusion qu'il remplissait la paperasse. Heureusement pour lui, d'une certaine manière, le moine était bien loin de ce genre de préoccupation et tentait de s'exprimer entre deux souffles.

- Dans... Dans le temple, un étranger... il a déjà tué l'un des nôtres ! Il demande à vous voir...

Se figeant à la mention de l'assassinat d'un des moines dévoués à son clan, Kenshi se releva, manquant de peu de renverser le bureau et son contenu.

- Comment un intrus a-t-il pu accéder aussi loin sur notre territoire ?

Évidemment, le moine n'avait pas de réponse. Mais Kenshi n'en avait cure et s'était déjà précipité en direction du lieu sacré, se moquant bien de bousculer des corps et de marcher sur des pieds. Il y avait plus urgent que des gens froissés. Et, évidemment, il ne put entendre le moine décliner l'identité de leur visiteur. Si ça avait été le cas, peut-être aurait-il prévenu d'autres personnes et tenter de le prendre en embuscade.

En tout cas, il n'y serait pas allé presque les mains dans les poches, avec ses sandales pour toute arme. Il surgit soudainement dans le temple et agita la tête en tout sens afin de trouver qui venait troubler son clan sur ses propres terres.

- Où est-il ?! Demanda-t-il aux religieux qui s'étaient regroupés.

Pas besoin de répondre, la silhouette inconnue et capée était suffisamment discernable parmi ces visages familiers.

Juste au moment où il se tournait dans sa direction, le moine qui avait servi de messager arriva à sa hauteur et put alors lui souffler l'identité de l'intrus. Ça changeait la donne, pour le coup.

- Il m'a été rapporté que vous souhaitiez me parler. Que cherchez-vous ?

Kenshi tentait de prendre une attitude plus caractéristique à un seigneur de clan, carrant les épaules et se plantant fermement sur ses jambes. Il serra les poings aussi, autant pour ne pas trembler que pour se ressaisir. En l'absence de Sesshû, il devait se montrer noble et sans défaut.

Dommage qu'il ignorait l'existence des phrases imprimées sur la moitié de son visage.
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Ôsaki Heiichirô
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Jisei no Ôyashima
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MessageSujet: Re: « Roulement de Tonnerre »   Dim 22 Mar - 2:01




Abnégation. Par le sacrifice volontaire de tout ce qu'il y avait de sensible et de mortel en lui. À l'adolescence, un enseignement l'avait marqué plus que tout : le renoncement total à toutes passions destructrices. Réprimer ses pulsions les plus irrésistibles était un commandement suprême dans la voie guerrière ōsakienne. Toutes ses passions avait été immolées, dans la pratique d'une abstinence complète, dans un vœu dont il ignorait tout le sens.

Résistance. À l'écrasement, aux humiliations infligées aux vaincus, portant fièrement les stigmates de nombreuses batailles psychologiques. Les vents mugissants dressèrent, sous ses yeux expressifs, de hautes flammes sur l'autel sacré, ravivant l'impérissable souvenir de ces atmosphères d'austérité. Le bénéfice qu'il avait pu tirer de cette éducation stricte n'avait jamais été proportionnel aux souffrances endurées, tristement. Et, même si tous plaisirs s'étaient mêlés d'amertume, elle l'avait armé du Hukushuushin : l'Esprit de Revanche.


-:Ryûzoji Kenshi:-
« Il m'a été rapporté que vous souhaitiez me parler. Que cherchez-vous ? »


Cruauté. Ô combien Féroce était-elle, mêlée de sadisme. Raffinée, étudiée. Impitoyable. Le visage du Daïmyō était marqué d'un profond mécontentement, tout son être déployant sur les lieux une obscure aura, chargée d'intentions meurtrières. Les dévots du Divin-Raïjin, sensibles aux forces invisibles qui s'exerçaient en continue tout autour d'eux, en haletèrent d'effroi, heurtés par tant de malveillance. C'était là toute la noirceur d'une âme qui avait choisie la damnation éternelle. Basculant légèrement la tête en arrière, le Daïmyō ébaucha un rictus qui s'apparentait d'avantage à une excitation irrationnelle, qu'à de la colère pure.

Démence. Puisqu'il était le porteur des maux de ce bas-monde, reflet de la société malade et déséquilibrée des hommes. Ce rire guttural et rauque dénotait à leurs oreilles une propension irrésistible à la folie, chacun partageant l'inquiétude de l'autre par des regards terrifiés. L’atmosphère en était saturée de cette énergie obscure, de cette volonté de nuire, de cette ambition insatiable. Inconscient était leur seigneur de le tenir ainsi en mésestime, en s'annonçant seul à lui.

Vengeance. Infiniment plus douloureuses que Celles qui tombaient du Ciel, car ses ennemis déclarés ne seront gratifiés d'aucune clémence. Le châtiment tomba. Leurs cris fusèrent de toutes parts, jaillissant de toutes les poitrines. Des corps recroquevillés, des visages tuméfiés, des regards figés dans l'horreur. Au bord de la folie, quelques-uns d'entre-eux, moines innocents, se labourèrent le visage, tandis que leur bourreau écrasait le peu de volonté qu'ils leur restaient, sans aucune idée de modération. Les corps suants se tordirent de douleur, encore.. encore.. toujours.. pour le plaisir personnel, pour l'affront.. encore.. se disait-il, tandis que ses yeux striés de sang s'étaient levés, haut.. haut, vers le sommet de l'ambition personnelle.. encore.. tandis que le sourire de ses lèvres carmines trahissait ses véritables sentiments.. jubilation, excitation, au-delà de tous plaisirs charnels, intellectuels, rien était aussi jouissif que le cri d'une âme en détresse.. joie éphémère, puisqu'ils atteignirent tous leurs limites. Entre rupture d'anévrisme cérébrale, infarctus, œdème de la gorge, chacun se libérait d'une façon ou d'une autre de cette étreinte invincible.

Fatalité. Au dessus des Hommes, au dessus des Dieux-même, tissant ses jours et ses années. Le silence régna à nouveau sur les lieux, les écrans de poussière se dissipant peu à peu. Remis de ses émotions jubilatoires, le Daïmyō constata d'un 'Mmh ?' insouciant que l'une de ses mains, celle qui tenait le caillou, ruisselait de sang. Il en eut du mal à desserrer le poing, tant la tension avait été conséquente. Conduire tous ces esprits à la folie dû exiger de lui une grande concentration. Le caillou relâché bondit sur la pierre, faisant le sinistre compte de tous ces corps inanimés qui jonchaient le sol. Levant à nouveau dans les airs cette bourse bien garnie :


« Je suis venu répandre les cendres de la Sagesse ..
Celle d'un livre intitulé « l’Art de la Guerre »,
Les cendres se déversèrent dans l'air, portées au loin par les vents nouveaux.
Mais, vous pensez bien que je n'ai pas parcouru tant de kilomètres,
Uniquement dans ce but .. »

Dos à l’ennemi, le Daïmyō s'aida de ses mains pour se lever du sol,
Lentement, trompant sur la redoutable vélocité dont il était capable.

« Intrépide, fougueux, têtu, et impulsif,
Un guerrier au tempérament sanguin, m'a-t-on dit de vous ~

Faisant volte-face, l'outrageux ōsakien descendit les escaliers,
Pour se rapprocher au plus près de l'ennemi.

Quand le réel nous désespère,
La rêverie constitue un facteur de protection, n'est-ce pas ?

Dans votre cas, elle se substituait à un réel insupportable ..

L'un des nombreux cadavres faisait obstacle à son chemin,
Ce fut donc sans le moindre égard pour ce dernier, qu'il le fit rouler du plat de son pieds,
Tel un vulgaire rondin de bois ..

Jusqu'à devenir une entrave à votre seigneuralisation. »

À chaque pas qu'il écrasait, à chaque bouffée d'air expirée,
« Enseveli dans cette couardise, vous vous êtes fait l'allié de ces Misérables Chiens d'Akamatsu ..
Cheveux et vêtements au vent, l'aspect sinistre,
Entrainant l'Illustre Samouraï Sō dans votre pitoyable chute ..
L'obscur Daïmyō s'approchait dangereusement de son homologue,
J'ai délibérément choisi la Damnation Éternelle,
Conscient que nulle autre voie que Celle-ci ne me permettrait d'être Maître de mon propre Destin ..
Jusqu'à être face-à-face, au plus près de ce dernier,
Oui, nous sommes si différents l'un de l'autre,
Je me sens .. à des milliers d'années supérieur à vous ~
Jusqu'à pénétrer son regard au plus profond,
Cantonnez-vous dans ce rôle de Pitre de la Cour du Roi Phoenix ~
Jusqu'à sentir son souffle se heurter sur son pâle visage ..
N'approchez pas Hayashi Masatō .. »
Un conseil avisé, un ordre.
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MessageSujet: Re: « Roulement de Tonnerre »   Jeu 26 Mar - 21:35

La guerre...

Figé dans cette attitude voulant être imposante, Kenshi crispa ses mains sur le tissu lourd de son kimono, le froissant. Mais il était bien loin d'une pensée aussi futile.

Des corps étaient affalés sur le sol dans des positions parfois grotesques, mais ce n'était ni le lieu ni le moment d'en rire. Il y avait là des gens qu'ils connaissaient, des religieux qui le connaissaient depuis qu'il savait balbutier des prières ou avaient grandi en même temps que d'autres.

C'était des membres assez importants du clan Ryûzoji.

Le sang battait sourdement à ses oreilles alors qu'il ne pouvait détourner son regard du cadavre le plus proche. C'était l'une des plus jeunes recrues du culte, à peine plus âgée que lui-même.

- Non, vraiment ? Vous n'êtes pas juste venu pour réduire le nombre de nos religieux ? C'est bien gentil... répondit-il d'un ton glacial, faisant fi de la prudence.

Ah, Kenshi et la réflexion... Il avait à ses pieds des membres de son clan qui avait perdu la vie et dont le meurtrier se tenait juste devant lui, un assassin qui possédait des pouvoirs particuliers, mais il ne pouvait s'empêcher de le provoquer.

Quel homme...

- Hayashi... Masatō... répéta-t-il lentement tout bas.

Il prit son menton dans la main, indifférent à cette promiscuité avec l'albinos.

- Ah oui... Celui qui a remplacé le précédent héritier, c'est cela ?

À ce moment-là, il se rendit compte que leurs souffles se mêlaient. La tension entre eux ne serait pas aussi forte, il aurait pu croire qu'il se faisait séduire. Sauf que là, il se faisait menacer, ce qui n'était pas vraiment sexy, pour le coup.

- Pourquoi t'obéirais-je ? Tu bafoues la plus élémentaire des politesses alors qu'on t'offre gîte et couverts, tu tues devant l'autel des divinités, tu insultes le chef de mes armées et tu oses me menacer sur mes propres terres, sous mon propre toit !

Se redressant -il s'était un peu tassé sur lui-même sans s'en rendre compte, il le toisa de toute sa hauteur.

- Et vous croyez peut-être que je vais vous laisser vous en tirer ? Vous ne voudriez pas non plus un cheval blanc et un panier-repas ?!

Se crispant de toute sa rage froide, il serrait les dents, semblant prêt à défendre son honneur et celui de son clan. Par trois fois, cet énergumène avait insulté le clan et ses membres. Mais il ne pouvait décemment pas lui déclarer cette guerre qui semblait lui faire tant envie.

Comment allait-il donc pouvoir sortir de ce pétrin sans que la moindre vie supplémentaire ne soit fauchée ?
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Sô Sesshû
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Jisei no Ôyashima
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MessageSujet: Re: « Roulement de Tonnerre »   Sam 28 Mar - 1:59

La lune était masquée par les sombres nuages apportant la foudre et le tonnerre, mais les intempéries ne semblaient point s’être limitées au monde extérieur. Une vision du passé, du présent et du futur hantait l’esprit du sage héron. Le sommeil de celui-ci en cette heure tardive était tout sauf paisible et cela était facilement visible alors qu’il roulait d’un côté et de l’autre, le front de celui-ci se plissait à chaque image cauchemardesques qui venait frayer un chemin jusqu’à ses rêves. Son front, devenu humide, quelques goûtes de la sueur venait transformer en un miroir le visage de cet homme habituellement si paisible. Quel tourment pouvait habiter l’esprit de cet homme afin de lui causer une telle douleur ? Des souvenirs du passé si sombre ? Il s’agissait certes de fantôme qui le hantait régulièrement, mais jamais cela avait eu une telle réaction. Une vision du présent ? Était-ce là tout simplement le fruit de son imagination, une réalité alternative suivant les événements anciens ? Qu’en est-il alors de cette vision du futur ? Celle-ci ressemble trop à l’histoire déjà bien connue, est-ce là une prophétie annonçant que l’histoire se doit d’être répétée? Il pouvait ressentir la chaleur des flammes infernales de la guerre, entendre l'écho de l'agonie et les hurlements des innocents, le parfum de la mort parvenait à ses narines même en rêve... là où il lui était possible de revoir le monde tel qu'il l'avait connu lors de la grande guerre. Là sont les dernier souvenir avant son sacrifice, sa dernière vision du monde.


Tournant d'un côté et puis de l'autres, il était dans l'impossibilité pour le vieux héron de trouver un sommeil paisible, celui-ci se redressa soudainement dans sa chambre. Le front recouvert de cette sueur froide de son cauchemar. Son cœur battait à double temps, sa respiration était accélérée. Il était maintenant éveillé, mais avait-il véritablement quitté le cauchemar ? Son rêve, était-ce une réalité à venir ou simplement un souvenir du passé qui refaisait surface ? Sous un visage calme et zen, le vieux héron n'avait jamais cessé de songer aux tragédies du passés et à la guerre. Celui-ci avait tout simplement appris à faire la paix avec lui-même puisqu'il ne pouvait rien changer à ce qui fut, il ne pouvait que vivre ce qui est et tâcher de ne pas trop se faire du souci pour ce qui sera.


Alors qu'il tentait de reprendre son souffle et de retrouver son calme, une voix familière interpella le vieux héron. Il s'agissait d'Asami, elle qui n'avait pas l'habitude de venir visiter le maître de la maison par une heure si tardive... quel était la raison de sa visite ?


''Sô-Sama?'' Questionna-t-elle.

La douce voix d'Asami laissait transparaitre un ton d'inquiétude qui fut un peu plus dominant alors qu'elle répétât une autre fois
''Sô-sama
-Hai... Asami-chan...
Tout vas-bien... j'ai cru entendre du bruit provenant de vos quartier...''


Avait-il hurlé dans son sommeil ? Est-ce que la voix dans son cauchemar avait su prendre forme réel ? Cela ne lui était pas arrivé depuis de nombreuses années. Toutefois en cette soirée, un parfum malsain pouvait être ressenti dans l'air. Un parfum que trop familier. Aux paroles d'Asami, le héron aveugle répliqua :

''Oui... tout va bien....
-Vous avez encore fait ce rêve ?
Hai...''

Elle connaissait trop bien le maître de la maison! Il était parfois possible de croire qu'elle connaissait mieux le samouraï qu'il se connaissait lui-même. Elle le connaissait depuis toujours, elle était née dans cette maison, cette demeure était pour aussi bien tout autant la sienne.


Le silence s'établis alors, toutefois avant qu'un de deux personnages présent, discutant à travers l'intimité que procurait le shôji, une voix masculine se fit entendre au loin.

''Sô-sama?! Sô-Sama?!''


Notre protagoniste porta attention à la voix et se leva afin de se vêtir. Une telle visite nocturne n'était pas coutume, surtout pas dans un tel état d'esprit! Le samurai se redressa et se dirigea vers l'entrée de ses quartiers tandis qu'Asami alla immédiatement voir le nouvel arrivant qui hurlait le nom du maître de la demeure. Quel était la source d’un tel affolement ? Le maitre de la maison fit quelques pas en dehors de sa chambre avant d’être rejoint à nouveau par Asami et l’être demandant audience avec celui-ci. Dans son souffle il était possible d’y entendre le rythme de la terreur.


‘’Sô-sama! C-c-c’est Ryûzoji-dono… il y a un intrus’’


Le vieux héron fronça les sourcils et tenta de demeurer calme malgré la situation qui pouvait possiblement tourner pour le pire. Toutefois, le flagrant manque d’information ne lui permettait pas d’évaluer le tout.


‘’Que s’est-il passé ?
-L’intrus… il a massacré des moines et demandé audience avec Ryûzoji-dono’’


Quel genre de monstre avait-il osé massacrer des moines ? Sur son visage, il était possible d’y lire la surprise, puis la crainte. Il craignait pour la vie du jeune seigneur, car si un homme était capable de tel acte, qu’allait-il faire du jeune seigneur ? Que lui voulait-il ?


‘’Asami-chan…. Apportez moi Ama-no-Murakumo-no-Tsurugi et Heikou no tan'tou…
-Hai…’’


Cette chère Asami savait que trop bien ce que cela pouvait possiblement signifier. Elle savait que si samouraï aveugle devait combattre un ennemie, qu’il n’allait pas reculer malgré son incontestable handicape.


‘’Guidez moi jusqu’au seigneur…’’ ordonna le vieux héron à l’homme alors qu’Asami revenait avec les armes.


*****

La route paru plus longue qu’à son habitude alors qu’il chevauchait jusqu’à leur destination. Il n’y avait pas de temps à perdre, chaque second allait s’avérer crucial dans une telle situation, chaque seconde pouvait déterminer la vie ou la mort d’un innocent aux mains d’un sadique personnage sans scrupule. Le vieux héron pouvait difficilement cacher son inquiétude alors qu’il traversait les rues de la cité le plus rapidement possible. L’accueil de celui-ci à son arrivé ne fut point des plus chaleureuse, sa seule escorte fut l’homme qui avait eu la brillance de le prévenir de la situation.

Il progressait d’un pas rapide à travers les lieux qu’il connaissait comme le revers de sa main, mais portait tout de même une attention particulière aux pas de son guide afin de s’assurer qu’il allait prendre la bonne direction. Le pas pressé, le vieux héron entra et apporta avec lui la tempête sous son aile. La vigueur de jours anciens de l’avait pas tout à fait quitté, même avec cet âge un peu plus avancé, il demeurait une figure tout aussi imposante.

‘’Ryûzoji-dono!’’ Dit-il à haute voix.

La puissante voix du héron raisonna, puis, le silence retomba alors qu’il tenta de bien cerner et identifier l’intrus. Quel ignoble personnage était présent ? Quel était le chien mouillé qu’il pouvait sentir ainsi ? Il était difficile de renier pour le vieux héron que la colère montait en lui. Le sage homme, tentait malgré lui de demeurer dans un état d’esprit des plus zen. L’expérience, certes, jouait un rôle important dans la maîtrise de son être en ce moment, mais face au danger imminent qui se présentait, l’inquiétude de Sô en ce qui concernait la sécurité du jeune seigneur paraissait. Le visage habituellement si doux de celui-ci était devenu en ce moment sévère. Où était le Raiju en cette heure tardive ? Où étaient-ils alors qu’un envahisseur avait débarqué ici apportant la mort et le chaos ? Certes, le héron n’avait eu aucune réponse après avoir interpellé haut et fort le nom de son seigneur, le jeune homme même n’avait rien dit… mais qu’en était-il de l’inconnu ? Il aurait tant aimé en ce moment regagner le don de la vue afin de poser son regard sur le visage de l’ennemie… qui avait l’audace d’offenser ainsi le clan ? Il ne s’agissait point d’un assassin… non leur méthodes étaient habituellement moins dramatiques que celle-ci… l’être qui était présent était ici afin de livrer un message… mais lequel ? Celui-ci d’une nouvelle ère de guerre ?

L’homme ayant accompagné le vieux héron pointa alors dans la direction de l’envahisseur tout en balbutiant

‘’Il-… Il… est là’’

Bien sûr, ainsi dit, il était difficile pour le héron de clairement identifier l’endroit où se trouvait l’inconnu… heureusement qu’il eut l’ajout :

‘’Droit devant…’’

Évidemment, sans le moindre bruit de l’étrange, le vieux samouraï n’allait point être en mesure de percevoir la présence de l’homme. Il remarquant tout fois le terme singulier… démontrant qu’il s’agissait d’un homme, agissant en apparence seul. Brave ? Ou peut-être tout simplement dément… mais possédant sans l’ombre du doute un certain talent afin d’avoir été en mesure de se rendre jusqu’ici. Il fit alors un pas en avant tout en une oreille attentive aux mouvements d’autrui dans la pièce. Toutefois, la voix qui se fit entendre par la suite ne fut pas celle de l’étranger, mais celle de Kato Akio, un vétéran au sein du Raiju. Le simple fait qu’il n’avait pas pris à lui seul d’assaut l’inconnu démontrait clairement qu’il ne s’agissait d’un intrus plutôt atypique.

‘’Le seigneur va bien Sô-sama… il s’agit d’Ôsaki Heichiiro… c’est lui qui…‘’
Il était un peu plus loin, sans doute aux côtés du seigneur, du moins c’est ce qu’espérait le héron.

Que faisait le seigneur du clan Ôsaki ici ? Quel était la raison derrière une telle intrusion, derrière de telles actions ? Souhaitait-il ouvertement déclarer la guerre au clan Ryûzoji ? Certes, les deux clans n’étaient pas toujours d’accords et même en ce temps de paix, il y existait une certaine tension… mais pour qu’il s’aventure ici, quel fut la voix qui avait murmuré dans l’oreille les bonnes paroles afin de rendre le seigneur Ôsaki plus déraisonnable qu’à son habituel? La réputation de l’Ôsaki avait su trouver son chemin jusqu’aux oreilles de Sô et celle-ci n’avait point peint le portrait d’un homme sage. Bien au contraire…

‘’Quel est la raison pour ceci seigneur Ôsaki ? Pourquoi ce massacre?’’

La voix du vieux héron avait retrouvé une certaine calme, cependant elle demeurait fortement autoritaire. Les paroles du vieux samouraï possédaient leur poids… sans doute plus lourd que toute parole qu’aurait pu prononcer le seigneur même, les Dieux eux-mêmes auraient portés une oreille à une telle voix. Il souhaitait obtenir des réponses et il n’accepterait point qu’on lui retire ce droit. Le seigneur Ôsaki lui devait une explication, aussi folle qu’elle puisse être…. Rien ne justifiait une telle action, mais ne pouvait s’en prendre à lui immédiatement en lui apporterait point les réponses qu’il désirait. Il savait qu’après un tel assaut, qu’il ne pouvait se permettre de le laisser repartir sans sanction et toute sanction allait être jeté ne ferait que causer un conflit encore plus grands…

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MessageSujet: Re: « Roulement de Tonnerre »   Dim 16 Juil - 1:10

Vers d'autres contrées, aux abords du Hariken, l'orage mugissait toujours avec fureur, illuminant l'horizon de ses éclairs éblouissants. Les vents nouveaux annonçaient l'inévitable arrivée de cette inquiétante menace, ici-même. Les dévots ayant survécus à l'assaut inexpliquée du Daïmyō Ôsakien tinrent des yeux médusés, rivés vers le déchainement des éléments. Cela semblait être une confrontation directe entre les froides ténèbres du Kami Susanoo et le roulement de tonnerre du Kami Raijin. Un orage inouï.

La voix retentissante d'un être s'était levée, haut, si haut dans les cieux, que le tonnerre s'en était tu, l'espace d'un instant. Il était un héros légendaire, dont l'existence était destinée aux causes les plus nobles. Aveugle, et pourtant auréolé de lumière. Le Vieux Héron, Sô Sesshû.

À cet instant, tous se retirèrent, craintifs, emplissant l'air de leurs balbutiements. Ce fut également le cas du Daïmyō Ryûzoji Kenshi, silencieux, froid vis-à-vis de son homologue provocateur. Un acte dicté par l'honneur, certes, mais exécuté avec amertume. Oui, le Vieux Héron, clairvoyant, lui en avait fait le souhait. Le souhait d'être, face à une menace aussi inouïe, le seul et unique rempart. Aujourd'hui, la menace n'était constituée que d'un seul individu. La voie de l'honneur exigeait un face à face.
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MessageSujet: Re: « Roulement de Tonnerre »   Mer 26 Juil - 21:55





Au fur et à mesure, que les nuages menaçants s'épaississaient dans leur grondement, le regard du Daïmyō ôsakien s'enténébrait, atteignant une noirceur inquiétante. À l'apparition d'un tel personnage historique, l'instant ne pouvait être que fatidique et l'issue, déterminante. Il lui fallait mettre de l'ordre dans ce flot d'émotions tumultueuses qui l'avait envahi, oublier les éloges, les récits légendaires, pour mieux mettre en lumière cet intriguant personnage, de façon objective. Il n'était qu'un être humain, après tout. Aveugle, de surcroît. Vieilli par les sacrifices volontaires et les guerres insensées. Sage, certes, mais nulle sagesse ne saurait lire dans un avenir aussi incertain.

Une proie facile, face à laquelle l’impitoyable seigneur ôsakien devait avoir l’ascendant psychologique. Ce sourire carnassier dont il avait le secret aurait dû depuis bien longtemps fendre son pâle visage. Et, pourtant. Il se murait dans le silence, au profit du tonnerre assourdissant, l'esprit en proie au doute. Il s'interrogeait sur le comment d'une telle quiétude, d'une telle paix intérieure chez l'ennemi. Ces poings fermés, l'instant d'avant prêts à exécuter de noirs desseins, se desserrèrent.

Il scruta alors d'un regard mélancolique, le creux de ses mains, comme si ces dernières cachées dans leurs lignes abimées, les explications d'un tel désenchantement. Ainsi, ses doigts se caressèrent les unes aux autres, remuant, par le sens du toucher, des souvenirs lointains. Il vit, à travers des bribes fugaces et désordonnées, toute une horde de jeunes garçons, dont il était le plus taciturne. Issus de tous les clans, ces garçons émerveillés, symboles d'unification, préservés des affres de la guerre, déambulaient dans une salle dédiée au panthéon des plus grandes personnalités de l'Histoire. Ici, des colonnes titanesques, taillées à même la roche du Shôten, semblaient s’élever sans fin à leurs yeux ébahis. Le sol, quant à lui, était fait d'un marbre jaspé fabuleux, extrait des carrières de Kazan, secteur favorisé pour la pureté de son calcaire. Il y avait là une rigueur absolue dans les distances, les mesures et les proportions. L'architecture asahienne, qui avait mis la lumière au cœur de son sujet, offrait l'aspect émouvant d'une géométrie vivante. Et, cela, n'était qu'un fragment du pouvoir de la Cité Impériale : Tengôku.

L'enfant, s'approcha de l'une des nombreuses stèles, effleurant innocemment du bout des doigts l'une d'entre-elles, peut-être, sous l'appel du destin. Ce léger contact lui fit sentir toute la fragilité et le caractère précieux du granit. Les caractères, finement gravés dans la pierre grenue, renfermait les mémoires d'un illustre guerrier, originaire du clan ryûzoji. Qui était-il, pour avoir un tel hommage de son vivant ? Il leva la tête, à la recherche d'indice l'indiquant. Ce dernier sourit, à la lecture de ces incroyables faits d'armes, puis se ravisa au passage .. d'un honorable sacrifice : arracher ses propres yeux, pour préserver la paix. L'émotion, vive, noua la gorge de l’enfant précoce shitsugenien. Ce dernier étala ses mains et son front sur ces émouvantes gravures, donnant dans le secret libre cours à des larmes désespérées. À l'âge de l’insouciance, le futur seigneur de la Cité Shitsugen ployait déjà sous un lourd fardeau. Cette force d'âme, cette abnégation prodigieuse, ce pacifisme héroïque, l'inspiraient et le frustraient à la fois. À cet instant, l'enfant, se jura à lui-même, pour le salut de son clan, de servir les mêmes causes et d'œuvrer dans la même voie. Mais, l'enfant était un enfant, et ce vœu, ..


« Un sursaut d'héroïsme puéril- »
Un murmure inaudible, presque intérieur,
Concluant le souvenir d'une enfance pleine d'espoir en l'avenir.

Avenir, dans lequel ce dernier se tenait, acteur principal face à cette figure emblématique de l’héroïsme, l'idole de son enfance refoulée. Il le ressentit peu après dans un pic de douleur, cette troublante vision avait fait de ses mains relâchées, des poings ruisselants de sang chaud.

-:Sô Sesshû:-
« Quel est la raison pour ceci seigneur Ôsaki ? Pourquoi ce massacre ? »

Ces mêmes questions insolubles qui demeuraient en suspens. Il ne put réprimer cette grimace de dégoût, face à tant de naïveté, retrouvant un peu de lui-même. Pourquoi. Pourquoi servir une paix si honteuse, bâtie sur tant de cadavres dont les noms furent oubliés, et qui, surtout, a été détournée pour servir les intérêts des tyrans ? Orienté face au grand autel dédié aux pratiques cultuelles, l'air méditatif.

« Dans une autre vie, sûrement,
Dans un autre contexte, que celui-ci,
Je vous aurais dignement salué,
Pour vos services rendues à cette Nation,
Pour votre sens de l'Honneur et de l'Abnégation ..

Le temps sembla se figer en cet instant, avant de reprendre son cours.

Vous êtes sans nulle doute ébranlé par la situation,
Plissant légèrement un regard acéré,
Mais, vos alliés ne vous ont-ils pas averti, du sort réservé aux vaincus ?
L'humeur âpre, placée entre sarcasme et austérité.
Vous étiez peut-être trop jeune, à cette lointaine époque.
L'archétype du guerrier, assoiffé d'honneur et de gloire.
Aveugle, avant l'heure du sacrifice qui a fait toute votre légende,
Ô Vétéran de la Grande Guerre !
Le ciel d'ardoise se zébra, la foudre s'abattant avec fracas sur un géant peuplier,
Élevant aussitôt des flammes, excitées par l'arrivée de l'orage.

Au-delà de vos contrées verdoyantes,
Où le Tonnerre n'ose plus retentir,
Où la Lumière n'ose plus pénétrer,

Hommes, femmes, enfants,
Humiliés,
Déshonorés,
Avilis-

S'immolent aux portes de ma cité,
Fomentent des coups d'état pour me destituer,

D'une voix étouffée,
Et, que je-
Par des larmes de rage, brûlantes, tant bien que mal retenues.
J'ai dû massacrer pour l'exemple !

Nous partageons pourtant tous le même but,
Porteurs de l'Esprit de Revanche envers l'éternel ennemi,
Mais, Ils estiment être capable de me remplacer ..

Pauvres âmes damnées-
Déployant ses bras, levés vers des cieux mitigés,
Les yeux encore humectés de larmes ..
Oublient-elles ce dont Je suis capable ?
 Que Nôtre Vengeance,
Ne peut être Infiniment plus douloureuse que Celles qui tombent des Cieux,
Que de MA MAIN SEULE !

Cet héritage-
Poitrine soulevée, prête à déchirer les cieux d'un hurlement courroucé.
Cet héritage est le mien de DROIT DIVIN !! »

L'écho se prolongea, dans le silence des protagonistes, leur offrant une dimension théâtrale. Disciplinant ses émotions, l'ennemi de cette paix jugée honteuse fit tomber son regard, du ciel à la terre, sur le protecteur de ces lieux. Il s'était fait l'Ombre menaçante planant au-dessus des terres pourtant protégées par la Divine-Amaterasu, inondées de Sa Sainte Lumière. Nulle autre âme complotiste de Shitsugen n'aurait pu prétendre aller aussi loin, dans cette quête de vengeance. Il asseyait, à chacune de ses apparitions, sa légitimité.

Les premières gouttes de pluie mouchetèrent les plaques de pierre chaudes sur lesquelles ses pieds nus et fuselés se tenaient. Cette sérénité en ces lieux, qui ne sut ni l'émouvoir, ni le dévier de l'obscure cause qu'il servait, s'en vit aussitôt brisée.
Le visage bas, d'une voix calme, changée. Inquiétante. Il reprit.

«  Vous vous êtes fait l'allié de mon ennemi, Héros Sô,
Et, pour cela, je vous fait la Promesse Solennelle,
Que vous souffrirez indéfiniment- »

Désormais en osmose avec lui-même, tout son être déploya sur les lieux une obscure aura, destinée à avertir l'aveugle guerrier de la noirceur de son âme. Fatalement, le ciel empourpré, en paix, s'obscurcit, par d'épaisses nappes grisâtres, semblant se charger des intentions meurtrières de l’irréductible ôsakien.

«  Survivrez-vous au poids de la Culpabilité,
Le Jour où la Cité Hariken ne sera plus qu'une terre ravagée ? »

Décollant les coudes du tronc, prêt à toutes éventualités, l’obscur Daïmyō permit aux vents parfois hurlants d'agiter pleinement ses vêtements noirs, constitués d'un tissu léger, maintenus par une épaisse ceinture : Kuro-obi. Loin des tenues fastueuses destinées à marquer le rang seigneurial, celle-ci, optimisée pour le combat, mais élimée, déchirée aux extrémités, usée, appartenait à Feu son Père. Traditionnellement attachés à sa taille, son habituel wakizashi, finement décoré des arts de son clan, ainsi qu'un mystérieux katana dont le manche avait été sciemment bandé. Comme, pour en cacher l'identité.
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MessageSujet: Re: « Roulement de Tonnerre »   Mer 2 Aoû - 3:57

L’orage rugissait au loin, tout comme si dans les cieux les divins se livraient la même bataille que nos humbles mortels. Puis, tout comme si le chant du héron dans la nuit avait su apaiser les cieux, la tempête semblait se calmer, laissant place à un lourd silence. Les paroles de Sô, bien qu’il en avait dit si peu, avait su offrir un moment de lumière en cette sombre nuit. À quelques pas de sa personne se trouvait le Daïmyo Ôsaki, dont l’entrée dans la cité fut des plus sanglantes et brutale. Nul besoin d’avoir le sens aiguisé d’un aveugle afin de flairer la présence du sang sur sa personne. Le parfum de la vie, l’odeur de la mort, le vieux guerrier la connaissait trop bien. Afin de déterminer où l’homme se trouvait, le héron n’aurait qu’à suivre son odorat. Toutefois, un parfum d’une telle intensité ne démontre pas seulement les intentions devenu que trop claire, mais aussi les capacités de celui qui le porte. Certes, il est bien facile d’abattre un moine sans défense, le puissant tigre n’aura aucune résistance lorsque ses dents rencontrerons la chaire d’une carpe, mais il ne faut point juger le prédateur par le choix de sa proie.

Le vieux héron demanda de connaitre les intentions de Daïmyo, et bien qu’il ne fasse point toutes les courbettes habituelles lorsqu’une personne s’adresse à un être possédant un tel statut sous les cieux, il ne manqua point de respect envers ce dernier. Le héron n’allait certainement pas s’incliner devant le tigre alors que celui-ci avait su empiété sur le sol d’Hariken tel un envahisseur. Une telle agression n’était en aucun cas la bienvenue, toutefois bien que le vieux héron avait pour devoir de lui faire face, il ne pouvait en aucun cas ignorer les sombres scénarios potentiels.

Il écouta donc attentivement, retrouvant le silence, laissant place à nouveau à l’orage. . Aucune parole aurait été nécessaire entre les deux hommes afin qu’il puisse se comprendre. Autant ils étaient différent l’un de l’autre, autant ils étaient à leur façon complémentaire tout comme les deux cotés d’une même pièce. La voix d’Ôsaki fut d’abord presqu’inaudible, ses paroles imperceptible et cela même pour le héron. Sô n’entendait pas ici la voix du tigre, néanmoins il lui était tout de même possible de ressentir son profond rugissement, puis l’orage se fit entendre haut et fort ! Les mots d’Ôsaki avait su remplir la pièce, raisonnant telle la foudre dans le vaste hall. La voix possédait une puissante reflétant son aura, l’eau de l’étang où se trouvait le héron répondait à l’image de la mer se fracassant contre le rivage. Face à une telle tempête l’oiseau devait garder les pattes ferment dans son étang, car le tout était pour l’instant qu’une lutte contre l’idée de la tempête.

Alors que le discours se poursuivait, le calme passager qui s’était établis se dissipa, l’orage était à nouveau présent. Le héron aveugle écoutait patiemment les rugissements du tigre, les cieux ce déchainaient et le puissant tonnerre su presque perturber Sô. À chaque fois que celui-ci frappait, la position d’Ôsaki devenait moins claire dans l’esprit du samouraï aveugle. Cependant, il tentait toujours d’écouter avec toute son attention les paroles de l’intrus. Il écoutait les mots, les tons, les émotions… dans son esprit le héron arrivaient à peindre le portrait de Daïmyo. Certes, il ne s’agissait pas ici d’un portrait physique, celui-ci était purement spirituel. Un portrait de plus en plus complet se dessina, une image d’un être sombre et tourmenté… telle était le visage d’Ôsaki Heiichiro. Un homme dont l’arme principale n’est point la lame qu’il tient entre ses mains, mais son esprit et son talent à affecter celui d’autrui. Jouant sur la seule véritable peur de Sô, Ôsaki tentait certainement de dominer le vétéran, gagner la bataille avant même qu’elle débute. À cet éloquent discours, le héron répliqua sereinement.

‘’Aucun héritage divin devrait exister au dépends du peuple sur terre… le lourd et éternel poids qui vient avec la guerre... et aussi avec la perte, toute âme ayant connu la longue guerre le porte. Il a suffi que je perdre la vue afin de voir plus clairement le monde non pour ce qu’il est, mais pour ce qu’il peut être.’’

Le héron tournant légèrement le menton vers la gauche tout en baissant la tête afin de porter une oreille un peu plus attentive à son interlocuteur.

‘’Les âmes n’oublierons jamais le mal, mais celle errant dans la vengeance finiront toutefois par oublier pourquoi elles ont si mal…’’

Ne démontrant aucun signe d’agressivité envers Ôsaki, mais demeurant tout de même sur ses gardes et prudent, Sô tentait d’apaiser la tempête.

‘’Toutefois vos désir et réclamation à un droit divin ne justifie point le massacre d’innocent. Je n’ai aucun regret à avoir fait face à votre père, faire face à un tel adversaire est un grand honneur… m’allié à vos ennemies ne fut aucunement mon choix, mais si cela aurait été le cas, le choix aurait été le même… car aucun être massacrant des innocents possède le droit de s’élever au même rang que les divins…’’

Les dernières paroles allaient certainement provoquer la tempête, mais les ailes du hérons étaient prête à se déployer si le tigre choisissait de bondir.

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