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 Prise de contact

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Makoto Usui
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| Stratège |



Jisei no Ôyashima
Eveils: Sankai
Surnom: Makoto
Clan: Ôsaki


MessageSujet: Prise de contact    Ven 13 Mar - 12:49




Si on en croit les discussions banales des passants, des touristes ou marchands venus du Sud, il ne fait jamais un temps clément à Shitsugen. Pour les natifs de la région de Kita, la définition du beau temps diffère seulement de celle des autres contrées et aujourd'hui il fait particulièrement beau. Le soleil la nargue alors qu'elle scrute l'horizon à la recherche d'un signe dont elle seule a connaissance. C'est aujourd'hui que commence l'éducation « véritablement Ôsakienne » des dernières reccrues arrivées il y a peu. Elle doit faire ce rituel avant, si toute fois elle trouve en elle assez de courage pour y retrouner. Son regard plissé et affûté ne daigne pas quitter la ligne lointaine jusqu'à ce qu'elle soupire finalement et se retranche dans la bâtisse allouée au stockage d'effets moindres et sans grands intérêts. Du linge en tout genre. Quiconque devrait décrire ce qu'il voit ne pourrait en dire plus et pourtant, là, sous un sac de toile où s'enchevêtre des bandages propres attendant d'être conditionnés pour leur usage, un passage discret dissimule sa salle de torture personnelle.

Les fondations de la bâtisse n'excèdent pas la taille d'une femme mais elle ne cherche en rien le confort. Debout sous le plancher, dans le timide carré de lumière filtrant par l'ouverture, elle tend la main dans les ténèbres et allume l'unique bougie posée au sol. L'ombre autour d'elle et de la flamme lui apparaît comme une masse vivante et ondulante sur elle même à la manière d'un serpent se lovant en cercle pour digérer. Son esprit vacille. Son cœur s'accélère et sa respiration maîtrisée par sa volonté ne retient en rien l'angoisse qui la saisit. Sa conscience se recroqueville quelque part dans les limbes de son être dérangé tandis que chaque fibre musculaire lui hurle de fuir. Si IRIS ne l'avait pas formée à dominer peu à peu sa terreur, comment aurait elle pu atteindre la place qui était la sienne ? Le clan Ôsaki personnifie la peur ultime. Il la détecte, la façonne, se joue de celle de ses ennemis en la sublimant jusqu'à ce qu'un homme qui craint la noyade ne meurt, effectivement étouffé mais à des lieux d'une flaque d'eau. Ni IRIS ni Ôsaki Heiichirô n'auraient fait l'erreur de nommer stratège un élément avec une peur aussi … invalidante. Evidemment , ces sessions d'entrainement à la maitrise ne la rendaient pas plus invinscible que les autres, elles ne faisaient que combler son handicap et avaient pour but personnel et inavoué, de se souvenir pour comprendre qui elle était.Forte de ce besoin, elle avance fébrilement au centre du sous sol, son pied poussant la flamme jusqu'à ce qu'elle estime être à bonne distance pour s'asseoir, le regard attiré par la flamme, seule tâche de couleur dans cette univers suffoquant où même l'air se teinte d'encre.

- " Approches. Je suis là. "

Son souffle la prive délibérément de la dernière flaque de lumière alors que ses mains empoignent la seule arme qui lui soit utile dans cet affrontement, un kunai. L'obscurité règne, assourdissante et silencieuse à la fois. Elle colle à sa peau, la poisse d'un enduit froid et épais comme de la mélasse. Elle le respire, le déglutit, se laisse envahir sachant par expérience que si elle lutte à ce niveau, la panique qu'elle réfrène, celle qui lui commande de hurler en fuyant, de s'arracher les ongles sur les lattes de bois au dessus en les grattant pour s'extirper de sa tombe, prendra le dessus et que rien ne pourra la sauver. Depuis ses sept ans, on lui apprend à gérer cette angoisse de mort imminente chaque fois que la lumière disparaît et même aujourd'hui, vingt ans plus tard, c'est un effort surhumain de rester là, à retenir les grelottements de son corps et les larmes de frayeur qui humidifient son regard.

Un bruissement se glisse sur sa gauche.

Elle sursaute. Sa gorge qui se contracte émet un gémissement qu'elle ravale aussitôt.

Les yeux clos en s'en fendre les paupière … ses lèvres retenues entre ses dents … c'est le calme avant la tempête. Bientôt, ils seront là, ces visages parfois poupins, ces monstres horrifiants, gémissants, psalmodiant … et comme chaque fois le but n'est pas de les vaincre mais de pouvoir sortir d'ici sans qu'ils aient réussi à marquer son corps. Si Makoto saigne, c'est qu'elle les craint encore suffisemment pour que l'outre tombe impalpable et inconsistante meurtrisse sa chair d'être bel et bien vivant.

Le bruissement devient rapeux et sonore … l'air se contracte sur lui même et lorsqu'elle ouvre les yeux, c'est une armée tout droit sorti de l'enfer. Makoto ne respire plus. Son souffle s'est tut dans sa poitrine. Ses yeux s'arrondissent de terreur alors qu'elle serrent ses armes comme un dernier espoir. Il faut qu'elle respire, que le choc et l'abomination de sa terreur lui laisse une seule bouffée d'air pour fuir mais ce ne seraitpas digne d'une stratège et ses poumons ne daignent lui délivrer l'air qu'une fois debout, en position d'attaque. Ils approchent, se referment sur elle et lorsque la chair putride de l'un deux lui touche la main, la folie s'empare de son instinct, la poussant à reboursser chemin en attaquant le vide où elle seule voit les damnés fondre sur elle. Si la stratège a choisi ce bâtiment c'est bien parce qu'il est le plus éloigné de tous car au cœur de son combat personnel, elle ne saurait dire si elle hurle ni même si ces scéances ne frôlent pas un état de transe où tout serait intérieur sans que son corps ne bouge ou lutte.

Pourtant, lorsqu'elle rampe au dehors de sa cache, le souffle court et le corps parcouru de spasmes, ses bras présentent des ecchymoses et des écorchures. Ce n'est rien comparé à sa cheville largement entaillée comme si une de ces créatures avait voulu la retenir en bas, dans sa boite de Pandore inconnue de tous.

- « ça ira. Pour cette fois, ça ira. »

Au moins savait elle qu'aucune de ses recrues ne serait capable de lui infliger pareil terreur. Elle pouvait se rendre aux logis de ces dernières sans avoir cette crainte, ce doute qui lui serrait parfois les entrailles. Que se passerait il si en plein entrainement à ces techniques basées sur la peur la plus pure, quelqu'un réussissait à l'enfermer dans un autre monde où la lumière n'aurait jamais de place ?

Un frisson parcouru sa nuque tandis qu'elle bandait rapidement sa cheville ne sentant plus depuis longtemps ses douleurs physiques de second ordre. Il lui fallait se dépêcher, il serait bientôt l'heure que les recrues redoutaient et attendaient à la fois :

Leur rencontre avec l'enseignement de la terreur.

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Kakuei Hasuki
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Jisei no Ôyashima
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MessageSujet: Re: Prise de contact    Ven 13 Mar - 15:47

Hasuki se réveilla sèchement et se mit debout presque aussitôt malgré les protestations de ses jambes. Elle s’était endormie dans la position du tailleur et l’inconfort croissant que subissaient ses membres avait du venir à bout de son sommeil. L’esprit un peu embrouillé, elle regardait rapidement autour d’elle et ne vit rien d’incongru dans le petit réduit où elle était logée (au moins elle l’occupait seule, pas une seconde l’orpheline n’avait la nostalgie du dortoir qu’elle avait partagé avec les aspirantes kunoichi). ce fut finalement en baissant les yeux qu’elle comprit pourquoi elle s’était endormie à même le sol et non pas sur son lit, qui prenait un peu plus d’un tiers de la taille de la pièce et qui ne servait qu’à ça. À ses pieds reposait un dispositif de thésaurisation au fond duquel reposait un substrat à la consistance quasi-boueuse. Encore à moitié endormie, ce ne fut qu’une fois penchée au dessus de la substance et qu’après en avoir inhalé la flagrance qu’elle identifia la mixture comme étant du camphre et se remémora, telle une Proust des temps féodaux, son projet d’hier soir.

Hasuki avait lu dans un vieux rouleau de médecine - médecine ôsakienne s’entend, que l’huile de camphre, une fois mêlé au sang d’une personne, provoquait chez elle une crise d’épilepsie telle qu’une fois sur dix, elle en sortait hébété de telle sorte que sa franchise s’apparentait à celle d’une personne ayant ingurgité un sérum de vérité (et, neuf sur dix, la crise provoquait un allez simple au cimetière). Malheureusement, le processus de transformation des feuilles de camphrier à ce liquide précieux prenait du temps et la kunoichi s’était endormie lors de la phase la plus critique.

Désormais, elle se retrouvait avec du camphre tout ce qu’il y avait de plus banal. Hasuki pouvait, certes, tenter de purifier le substrat pour en récupérer l’huile mais celle-ci risquait d’être gâté et l’ôsakienne n’avait ni le matériel, ni le désir de tenter ce coup de go hasardeux. Et puis le camphre en tant que tel n’étais pas dénué d’utilité. C’était un bon antiseptique qui avait des vertus anaphrodisiaques (donc inutile pour Hasuki, dont l’allure de garçon manqué qu’elle conservait s’était révélée un puissant tue-l’amour) et était donc à classer comme un médicament. Et à Shitsugen on savait quoi faire des médicaments : on en multipliait les composants par dix ou vingt et on obtenait des substances qui étaient aux somnifères ce que les tigres étaient aux chats.

Hasuki se consola en se disant que la quantité qu’elle avait obtenue pouvait trépaner un malade et se mit à faire ses exercices de relaxations et d’étirements matinaux. Une habitude qu’elle avait prise afin de pouvoir encore toucher ses orteils du bout de ses doigts quelques dizaines d’hiver plus tard, si elle survivait jusque là.

Mais tous les exercices de relaxation du monde était inefficace pour calmer la sourde angoisse qui serrait le cœur d’Hasuki comme une chape. C’était aujourd’hui qu’elle, ainsi qu’une petite dizaine de cadettes allaient commencer la journée sous la tutelle de Makoto Usui, et si la moitié de ce qu’Hasuki avait entendu sur la Senkai était vrai, alors elle avait raison d’être tiraillée par l’appréhension. L’orpheline avait peut-être passé son enfance dans un petit village côtier hors des cartes, elle savait que la Vallée des peurs était un vivier à mauvais esprits, aux fantômes vengeurs et aux pires histoires qui faisaient dresser sur la nuque les poils des plus courageux des samurais. Hasuki avait peut-être passé  une enfance que d’aucun qualifierait de malheureuse mais au moins elle était capable de s’en rappeler.

Un coup d’œil à sa fenêtre lui apprit que l’heure du lièvre était effective depuis un petit moment déjà et elle finit ses exercices avant de se mettre en route. Usui attendaient les recrues dans une salle commune située un peu plus loin dans le bâtiment. Si la Senkai était dans un de ses bons jours, peut-être que les cadettes ne ressortiraient pas traumatisées de leur journée… trop longtemps.
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Makoto Usui
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Jisei no Ôyashima
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MessageSujet: Re: Prise de contact    Dim 15 Mar - 18:05

Pragmatique, elle faisait le compte de celles et ceux qui avaient survécus dans le dernier lot d'aspirants débarqués à Shitsugen. Plus que la fois d'avant mais toujours insuffisant. Evidemment, deux ans d'apprentissage et de test avant de rejoindre la cité suffisait à rendre compte de leur hardiesse, courage et abnégation mais pour ce qui dépendait de leur capacité à saisir la subtilité de ce qu'elle avait à leur enseigner ... certains semblait confondre peur et ce dont elle parlait vraiment.

Ce sentiment qui fait éclater votre coeur et se morceler votre esprit. Rien à voir avec le vague frisson qui vient chatouiller le dos et piqueter la peau d'une chair de poule bonne pour les lâches.

A l'approche du bâtiment des recrues, elle en vit certaines accroupies au dehors, s'exerçant entre elles aux combats à mains nues ou armées de leur outils de bases. Celles là se redressèrent tout à fait en voyant sa silhouette approcher, mais disparurent comme une volée de moineaux après avoir hésiter et trépigner.

- "Ma... Mako... Makoto sama..."
- "Senkai... Senkai arrive..."


Visiblement sa réputation - qu'elle ne trouvait pas si justifiée - l'avait une fois encore précédé. Peut être était-ce ses yeux verts perçant ou l'absence de sourire connu sur ses traits, ou bien encore son effroyable caractère exigeant et violent qui faisait rentrer bien vite les jeunes ninjas dans leur repères. Pourtant si ces dernières avaient peur de sa simple silhouette, il allait leur falloir démontrer qu'elles avaient plus de cran que ça sans quoi l'effet sur les nerfs de la stratège serait bien plus néfaste que prévu.

Elle affichait un air plus fermé et farouche que jamais quand elle se positionna face aux recrues.

- "Je suis Makoto Usui, la stratège en charge de votre groupe."

Le coin droit de sa bouche se tordit d'un pli amer.

- "Et pour commencer... que celles qui viennent de rentrer en évitant de me croiser avancent d'un pas."

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Kakuei Hasuki
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Jisei no Ôyashima
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MessageSujet: Re: Prise de contact    Lun 16 Mar - 23:30

Il ne fut pas difficile pour Hasuki de trouver la salle où les cadettes devaient attendre la Senkai. Toutes les discussions feutrées qu’elles avaient entres elles produisaient un murmure qui étaient aisé à situer, pour peu que l’on plissait les oreilles dans un premier temps. L’apprentie kunoichi avait à demi suspecté une vacherie au niveau de l’horaire de la part de la Stratège et était donc venue en avance. Chose qu’avait apparemment décidé aussi une bonne partie de la promotion. Ce qui faisait qu’Hasuki se retrouva vite dans une salle où l’appréhension se chargeait de doter l’atmosphère d’une tension assez forte pour faire griller n’importe quelle mouche qui aurait tenté d’y voler.

Pour autant le silence n’y régnait pas. Comme dit plus haut, c’était plutôt les discussions anxieuses qui se faisaient entendre. Comme de convenue, beaucoup des discussions avaient comme sujet le programme de la journée. Et à bien y tendre l’oreille, c’était à croire que toutes tentaient de prévoir le pire quand à ce que Makoto prévoyait de leur faire faire ; ou de leur faire subir.

De tels discussions, anxiogènes au possible, avaient le don d’irriter Hasuki autant qu’elles réveillaient ses propres peurs. Elle avait de siffler à toutes les commères qu’elles ne faisaient que s’effrayer encore plus à appréhender la venue de la Senkai de cette manière. Mais elle nen fit rien. Déjà parce qu’il y avait peu de chance qu’elles l’écoutent et parce qu’Hasuki soupçonnait qu’une telle intervention ne ferait que d’augmenter d’un cran le palier paranoïaque de la situation. Il était à noter qu’aucune des personnes présentes n’avaient adressé la parole à Hasuki, bien que cette dernière reconnaissait quelques têtes pour avoir été dans le même dortoir de certaines d’entres elles pendant leur deux ans de formation initiale. Celles là étaient les moins susceptibles à l’approcher pour commencer, la façon dont elle avait mis fin à sa rivalité avec Eiko était toujours dans les esprits. Quand à celles qui ne la connaissaient pas, Hasuki soupçonnait qu’elle n’avait pas un physique amène et que la propre tension qui l’habitait devait tendre son corps comme un arc, renforçant ainsi le sentiment qu’elle donnait de vouloir être seule. Car en effet, elle n‘éprouvait aucun désir de discutailler avec ses camarades, en tout cas pour le moment.

Finalement, Makoto entra, ce qui eut au moins le don de faire cesser silence tenante toutes les discussions en cours. Pour un peu, Hasuki en remercierait la stratège. Par un phénomène que l’on apparentera à un respect typiquement militariste, les apprenties n’eurent besoin de recevoir d’instructions d’aucune sorte pour toutes se mettrent en ligne devant Makoto. Après une rapide présentation cette dernière demanda à toutes celles qui l’avaient évité sur le chemin de s’avancer d’un cran. Hasuki se demanda si elle faisait effectivement partie de cette catégorie. Effectivement, le fait qu’elle soit venue en avance lui a permis de retarder au maximum sa rencontre avec la stratège, mais toutefois sa vision de la ponctualité avait un tout autre motif que d’échapper à la Senkai par peur de cette dernière, ce qui fait donc qu’Hasuki resta à sa place. Ce qui ne fut pas le cas d’un tiers des apprenties présentes dans la salle, qui s’avancèrent, l’expression partagée entre la honte et l’appréhension de ce qui allait leur arriver.

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Makoto Usui
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Jisei no Ôyashima
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MessageSujet: Re: Prise de contact    Mar 17 Mar - 22:27

Cette fois la gradée laissa son sourire vicieux et sadique s'afficher avec une joie malsaine.

- "C'est bien la première fois que je vois des lâches se porter volontaire pour servir de cobaye."


Les jeunes filles face à elle inspirèrent pour parler, peut être même protester mais toute idée d'ouvrir la bouche s'évapora lorsque l'une de leur formatrice, passant jusque là pour un tyran, fit entendre sa voix.

- "Makoto san..."


Cette dernière tourna uniquement le buste vers la femme ayant brisé le silence, la scrutant comme un rapace détail un animal plus petit en se demandant si cet être faible et nuisible pouvait lui servir de repas.

- "Un échange peut être ? Une d'elles contre toi ?"


La formatrice s'empourpra mais son regard posé sur les recrues aussi pâles que des cadavres exsangues luisait d'une peur visible, criante. Sa voix atone et blanche empli l'espace de la pièce sans que personne n'y réagisse.

- "... Non."

Visiblement satisfaite, et puisque ces filles étaient devenues de la chair à canon sans le moindre intérêt, elle les dépassa jusqu'à passer au milieu des autres recrues, ses mains jointes dans son dos lui donnant l'air d'un général passant en revue ses troupes. C'est au second rang qu'elle croisa le regard d'Hasuki, mais plus que ses yeux, son allure garçonne ou la tension de ses épaules, c'est belle et bien son doigt manquant qui lui fit froncer les yeux, et pousser un soupir excédé.

- "C'est quoi ça ?"


Elle avait attrapé le poignet de la jeune femme, relevant la main blessée sous son regard.

- "Vous me ramenez des lâches et une éclopée ? Le clan ÔSaki vous semble être un hospice de charité ou est ce pire encore et les nobles exigences de notre Seigneur vous passent elles au dessus de la tête ?"

Elle n'attendit aucune réponse et fixa Hasuki de son regard de squale, vide, incroyablement vide.

- "Je ne sais pas comment tu pensais réussir à rejoindre mes ninjas mais ta présence est une insulte à la force vive du clan. Rejoins les autres volontaires."
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Kakuei Hasuki
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Jisei no Ôyashima
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MessageSujet: Re: Prise de contact    Mer 18 Mar - 21:51

Tout le monde dans la salle (à l’exception de Makoto pour une évidente raison) se demandait le sort qui serait réservé à la ligne des filles qui s’étaient avancées. Bien que personne ne se doutait qu’elles allaient s’en tirer à bon compte, ni s’en tirer tout court par ailleurs.

« C'est bien la première fois que je vois des lâches se porter volontaire pour servir de cobaye. »
L’atmosphère de la salle se refroidit d’une bonne dizaine de degré après cette déclaration. La diction de Makoto avait été parfaite, à croire qu’elle avait fait ça toute sa vie. Une des anciennes formatrices des apprenties prit a parole et se fit remettre promptement à sa place par Makoto. Aux yeux des recrues dans la salle, c’était étrange de voir une de leur plus féroce figure d’autorité s’écraser devant une personne qui n’avait pas plus de la moitié de l’âge d’Hasuki. Leurs repères étaient chamboulés. Un peu comme si le nord était devenue le sud et que leur clan était dorénavant devenue le plus proche allié des Akamatsu.

Makoto passa ensuite… ses troupes en revue, il n’y avait pas vraiment d’autre façon de le dire. Naturellement, au vu de la personne effectuant l’inspection, chaque fille faisait en secret le vœu de ne pas attirer l’attention de la Senkai. Hasuki fut à peu près sûr en tout cas qu’elle n’était pas la seule à le faire.

Un ange passa et fit plusieurs allez retours. Le seul bruit audible fut, pour autant, le son des pas de la Senkai passant entre les apprenties. Quand soudain...

« C’est quoi ça ? »

On aurait remplacé le sang d’Hasuki par de la glace pillée que l’effet aurait été le même. Makoto tenait à hauteur des yeux son poignet d’où saillait le moignon de l’apprentie. L’orpheline avait le diffus sentiment qu’elle n’allait pas finir sa journée dans l’état qu’elle l’avait commencé. Bien que son doigt manquant ne la gênait pas pour effectuer n’importe quelle tache qu’elle avait à effectuer dans le cadre de sa fonction (bien au contraire, son petit bout de doigt se révélait parfois d’une aide primordiale pour aborder certaines prises lors de ses escalades nocturnes), elle sentait bien que cela n’avait aucune importance pour la Senkai.

Cette dernière l’ordonna de rejoindre le rang de celles qu’elle avait déjà fait avancé d’un cran. Devant l’injustice de la sanction, le premier réflexe d’Hasuki fut de croiser le regard avec celui de la Senkai. Elle avait l’impression d’avoir échangé un coup d’œil avec un requin. Elle savait que ces prédateurs occultaient leurs pupilles afin de protéger ces dernières. Elle savait également que les requins n’utilisaient cette capacité qu’au moment où ils attaquaient leur proie…

Durant un bref instant, Hasuki fut en proie à un trouble et ne savait pas quel comportement elle pouvait adopter afin de se tirer de ce mauvais pied. Elle ne savait même pas si un tel comportement existait, c’était dire... Faire appel à la pitié de la Senkai serait sans doute aussi utile que de tenter de tuer un cheval à coup de figue molle. Prendre une expression farouche et mettre au défi Makoto en clamant qu’elle n’était pas volontaire et n’irait jamais rejoindre le rang des lâches serait sans doute une forme acceptable de suicide. Elle pourrait faire valoir qu’elle avait la première de sa promotion à triompher du parquet du rossignol et à quitter le dortoir. Que la meilleure représentante de « la force vive du clan » parmi les apprenties de cette année était clouée à une chaise parce qu’elle avait déclarée qu’entre elle et Hasuki, une seule arriverait au terme des deux années de formation. Pareille plaidoirie serait en revanche de l’auto-suffisance ou serait perçue comme telle. Non seulement il n’était pas dans le caractère d’Hasuki de se comporter de la sorte mais elle avait aussi l’impression que de tels paroles n’auraient aucun effet sur Makoto.

De toute façon elle pouvait bien retourner la situation dans tous les sens qu’elle voulait, Hasuki était coincée. Elle lança sans le vouloir un regard de défi à la Senkai avant de s’avancer prendre place parmi les autres filles avancées devant dont certaines commençaient à trembler nerveusement. Hasuki, elle, avait le dos droit et les poings serrés par la colère. Elle comptait bien endurer ce que la Senkai avait prévu pour elles, quoi que cela puisse être. Elle était prête à tout pour prouver qu’elle avait sa place parmi les kunoichi. Elle savait qu’elle allait devoir payer de sa personne pour faire changer d’avis la Senkai par rapport à cette question mais de toute façon, depuis le début de sa vie c’était bien la seule devise qu’Hasuki ait jamais appris à utiliser.
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Makoto Usui
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Jisei no Ôyashima
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MessageSujet: Re: Prise de contact    Ven 20 Mar - 14:20

Loin d'être dupe, Makoto avait relevé l’œillade emplie de défi et de colère mais au lieu de s'en offusquer ou de corriger la jeune femme, elle sourit intérieurement. Rien à voir avec une mimique chargée de douceur ou de fierté dissimulée, non, Makoto souriait d'un air sadique qui en disait long sur ce qui lui trottait dans la tête.

- « Je veux vous voir toutes dehors dans une heure. Les déchets à droite. Les recrues à gauche. »

Bien qu'elle n'eut plus rien à ajouter, que le silence se faisait pesant, aucune âme qui vive ne bougea.

- « sortez d'ici ! »

Comme si le temps s'était retrouvé embourbé dans un empois qui rompait soudain sous la pression de l'urgence, les jeunes filles disparurent dans un nuage rapide et discipliné. Ne restait dans la pièce que la formatrice qui avait prit la parole et Makoto. Immobile, silencieuse, elle ne détachait cependant pas son regard de la porte à présent close.

- « Usui... »
- « Je suis stratège maintenant. Makoto san est plus approprié.»

L’aînée soupira discrètement avant de reprendre la parole.

- « Très bien Stratège. Tu.. Vous n'allez pas rejeter un tiers de ces filles ? Elles ont passé le test. Elles sont... »
- « lâches. »


Elle avait insisté sur la lenteur de sa prononciation pour bien appuyer autant sur le dégoût que sur la sanction semblant injuste à cette femme qui avait prit deux ans de sa vie à sélectionner ce groupe. Elle se décida enfin à se désintéresser de la porte pour poser son regard mort sur l'autre humain de la pièce.

- « à moins que ... » son visage se tordit dans une moue dédaigneuse mais seule sa bouche exprimait quelque chose. Il n'y avait ni joie ni mépris dansant derrière sa pupille. - « … tu ne sois plus apte à sélectionner ce que je te demande. Peut être ton groupe reflète t'il tes défauts ? Qu'en dis tu ? Cette mission de recrutement devrait elle être la dernière ? »

Les paupières ouvertes à leur maximum sans pour autant arrondir ses yeux fortement bridés, la formatrice inspira avec peine.

- « Tu n'oserais pas... »

Elle n'avait pas eu le temps de terminer sa phrase que la gifle de la stratège avait cueillie sa joue, y imprimant une balafre fine et rouge.

- « Ne présume pas de mes actes vieille femme. »

Blessée dans son orgueil et outrée que celle qu'elle avait vu grandir ose aujourd'hi lever la main sur elle, elle cracha ses mots plus qu'elle ne réussit à les livrer avec calme et froideur.

- « Vous avez conduis la meilleure de nos recrues à un sort pitoyable. Ne lisez vous pas les rapports que je vous envoie ?! »
- « L'éclopée ? Faut il donc tout t'expliquer ? Je veux voir jusqu'où se déploie son aisance naturelle dans nos arts. »


Elle tendit la main vers son ainée et passa son index sur la blessure sans que l'autre ne tréssaille.

- « Si elle est si … prometteuse que tu le dis … elle devrait s'en sortir, sans quoi, tu te seras trompée et je serais obligée de t'offrir une retraite … très … reposante. »

Si près du visage de Makoto son ainé dû se rendre à l'évidence. S'il avait existé une once d'humanité dans l'enfant rescapé, vingt ans plus tard, c'était un monstre aux allures humaines qui en avait prit le contrôle.

- « elle s'app... »
- « je n'aurais besoin de connaître son nom qui si elle survit. »


C'est sur ces mots qu'elle abandonna la pièce et sa victime pour rejoindre cet espace qu'elle avait nommé comme point de ralliement. Là bas, elle sonderait les peurs des « déchets », et pour commencer, celle de la fameuse Kakuei Hasuki, car oui, elle connaissait parfaitement son identité.
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Kakuei Hasuki
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Jisei no Ôyashima
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MessageSujet: Re: Prise de contact    Ven 20 Mar - 18:33

Hasuki s’attendait à ce que la sentence auquel Makoto les avait souscrite s’abatte maintenant. Manifestement il n’en fut rien et ce fut presque une déception quand la Senkai les bouta hors de la salle. L’orpheline craignait à juste titre que son courage ne commence à sérieusement s’estomper au bout de l’heure prescrite par la stratège.

Une fois dehors, le schisme demandée fut opérée en un éclair. Hasuki soupçonna que, même si Makoto se serait abstenu de le demander, les apprenties auraient tout de même veillées à séparer le bon grain de l’ivraie. Celles qui étaient sauves n’avaient rien à gagner à celles qui étaient « condamnées », au contraire même, on ne savait jamais.

Toujours sous l’ombre de la stratège, toutes les recrues s’étaient réparties en deux ligne aux deux côtés demandé par Makoto. Bien qu’elle leur avait donné un délai pour s’exécuter, les apprenties s’étaient regroupées instinctivement de cette façon. Déjà par peur que la Senkai n’attende pas soixante minutes mais bien soixante secondes avant de venir les rejoindre ; et également par le fait que leur première rencontre avec la stratège les avaient toutes perturbés au point qu’aucune d’entres elles ne se voyaient se relaxer ou à fortiori se disperser.

Au contraire, maintenant on avait l’impression que chacune jouait à qui se ferait le plus peur en racontant la pire histoire qu’elles avaient entendue à propos de Makoto. C’était exactement la même situation qu’elles avaient vécu dans la salle commune juste avant que la Senkai ne fasse son entrée. Hasuki trouvait tout cela ridicule, déjà parce que les recrues ne pouvaient que s’impressionner avec des histoires pareilles et qu’elles s’entamaient toute seule leur volonté à faire leur preuve devant Makoto sans que cette dernière n’ait aucun effort d’intimidation à fournir ; et également parce que lesdites histoires étaient bien trop exagérées pour êtres véridictes. Bon certes, il suffisait d’un seul regard jeté à Makoto pour comprendre que la stratège avait, un jour ou l’autre de son existence, été maudite par un mauvais esprit qui passait par là mais les racontars comme quoi elle passait certaines de ses nuits à affronter des yokais dans une salle entièrement plongée dans le noir aménagée dans sa propriété était du pur délire et ne reposait sur rien de concret. Hasuki leur serait reconnaissante si elles pouvaient toute la boucler, car leur bavardage gâtait sa concentration.

Depuis qu’elles avaient toutes étés congédiées dehors, voir même avant, Hasuki tentait de rassembler un maximum d’énergie intérieure et spirituelle afin de faire face à ce qui l’attendait. C’était un procédé analogue à ses habituelles exercices de relaxation matinales ou les temps d’attente qu’elle s’accordait parfois avant de faire une manœuvre d’importance alors qu’elle était en pleine escalade. Toutefois le fait d’ignorer ce que la stratège leur réservait l’empêchait de rassembler efficacement tout le courage dont elle pourrait avoir besoin.

« Et toi Hasuki, tu en penses quoi ? »

Ce fut à ce moment là qu’Hasuki remarqua qu’elle avait fermé les yeux et aussi qu’elle n’avait strictement rien écouté de ce à quoi faisait référence sa voisine. Elle nota avec satisfaction qu’elle s’améliorait à ce genre de relaxation mentale. Quand à répondre à son interlocutrice, il n’y avait pas besoin de savoir lire dans les esprits pour deviner de quoi elle avait bien pu lui parler.

- Je pense que si tu crois dur comme fer ne serait-ce qu’à la moitié de ce qu’on raconte sur elle, tu pars perdante. Elle aura une emprise sur toi telle que tu ne t’en débarrassera jamais.

Hasuki avait répondu sèchement, en serrant les dents. Conseiller à des gens des faits qu’elle avait elle même compris instantanément lui donnait toujours l’impression de mordre dans une prune acide.

« Mais tout de même, elle ne te terrifie pas, toi ? » lui demanda la recrue, repartant à la charge avec l’obstination que possédait uniquement les gens capable de ne développer qu’une idée à la fois. Hasuki avait déjà envie de l’étrangler.

-Elle me terrifie.

Mais moi au moins c’est pour des bonnes raisons, pensa l’orpheline. Jusqu’à ce jour les seuls êtres capable de lui renvoyer le genre de regard qu’elle avait vu chez la Senkai étaient tous décédés. Et la stratège était bien vivante, au moins dans le sens clinique du terme. Hasuki jeta un coup d’œil à la porte d’où elles étaient sorties, se demandant quand la Senkai allait refaire son apparition.
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MessageSujet: Re: Prise de contact    Sam 21 Mar - 9:54

Elle avait vu large et sa confrontation avec la formatrice avait été plus courte que prévue, si bien qu'elle rejoignit les recrues après seulement une bonne demi heure. Elle ne fut pas surprise de les trouver en avance et parfaitement rangées. Les murmures qui s'élevaient de la bouche de certaines plus bavardes ou anxieuses que les autres, se tarirent à mesure qu'elle s'avançait jusqu'à elles pour se stopper à deux belles enjambées de la première ligne du groupe. Comme toujours face à des subordonnées, elle maintint le silence une poignées de minutes, laissant la tension qui les étreignait grandir encore un peu. Elles avaient peur – à des degrés différents pour chacune – et Makoto se délectait de leur frayeur. Quand elle prit enfin la parole, les poumons oppressés des recrues lâchèrent un soupir discret visible au relâchement de leurs épaules.

- « Ce que vous avez appris ou renforcé depuis deux ans n'est qu'un début à la portée d'un enfant. Vous êtes rapides ? souples ? discrètes ? N'importe quel ninja de n'importe quel clan peut en dire autant. Certaines d'entre vous sont manipulatrices et vicieuses ? Ce sont deux qualités pour les ombres du clan. Laissez la droiture et l'honneur aux samouraïs, vous n'en n'aurez pas besoin. »

Elle fit une pause et s'avança de nouveau dans la masse des élèves, s'attardant près de certaines en les scrutant de son regard semblant ailleurs. Ce n'était pas tout à fait vrai. Elle usait de son expérience, de son « pouvoir », pour voir, sentir, ressentir la terreur qui habitait chaque humain. Ce n'était rien de parlant pour qui ne s'était pas entraîné à l' éveil de ce sens et même lorsqu'elles apparaissaient les premières fois, les auras plus ou moins colorées qui enrobaient les êtres, étaient indéchiffrables. Il ui avait fallu des années de travail acharné pour ne serait ce que réussir à faire émerger ces auras et encore bien des sacrifices pour en tirer le maximum de sens.

- « Intéressant. » soufflait elle parfois avant de venir reprendre sa place initiale non sans « scanner » Hasuki. Makoto fronça les sourcils. La peur des crabes ? Elle avait rencontré de nombreuses frayeur semblables chez les gens de toute caste sociale. Guerriers, samouraïs, ninja, seigneur, gens du peuple... Beaucoup avait peur de la douleur, de la mort, de perdre un enfant ou l'esprit mais la peur des crabes ? Hasuki devait être la première sur laquelle Makoto se penchait et ça n'allait pas alléger son malheur.

- « Le clan Ôsaki a basé sa force et sa férocité sur l'utilisation parfaite et absolue d'un ennemi que chaque humain combat. Nos ennemis mais vous aussi. La peur. Je ne vous parle pas là de la peur de l'échec ou d'avoir faim demain. Je vous parle de ce qui se glisse dans vos cauchemars et vous fait penser que la mort serait plus douce. »

Chacune des recrues la regardait avec un regard différent. Parfois du défi, parfois de la férocité, de la détermination, de la peur contenue, mais aucune de cilla.

- « Notre peuple est un peuple dur. Nous ne fuyions pas nos peurs, nous les domptons et j'espère pour les déchets que c'est bien le cas. Toi là. »

Elle montra Hasuki du doigt.

- « Approches et vous autres, formez un cercle autour de l'éclopée et moi. »


Automatiquement les autres parias furent laissées dans le cercle, collées à celles encore dans les bonnes grâces de la stratège. Cette dernière avait le visage fermé comme à son habitude mais cette fois quelque chose luisait dans son regard, quelque chose qui rendait ses yeux émeraude dérangeants et hypnotiques. Makoto ne quittait pas des yeux Hasuki. Elle sentait sa terreur, voyait danser l'aura de sa peur et à l'instant crucial elle fit se répandre sur elle ce magma poisseux qui le recouvrait elle lorsqu'elle s'infligeait les descentes dans le noir
.
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MessageSujet: Re: Prise de contact    Dim 22 Mar - 3:26

Personne parmi les apprenties ne fut étonné de voir Makoto arrivée dans la cour avant l’heure qu’elle avait annoncée. Bien que certaines fussent plus craintives ou superstitieuses que la moyenne, on n’atteignait pas les deux premières années de formation kunoichi sans imagination ou un brin de sournoiserie.

Elles eurent ensuite droit à un discours. Il y avait à l’intérieur les éléments habituels, la dépréciation de l’éducation qu’avait reçue les apprenties avant, une petite pique sur les samurais et autres guerriers d’honneurs. Hasuki avait déjà entendue par deux fois ce genre de soliloque, à chaque début de printemps, leurs formatrices dans les arts ninja leur en avaient gratifié d’un que l’orpheline soupçonnait d’être recyclé à l’attention de chaque promotion. Quoiqu’il en soit ces deux fois lui avaient été suffisante pour repérer les constantes de ce type de discours. Hasuki pariait en son for intérieur que Makoto allait passer aux chapitres de « les autres clans c’est nul et nous notre force c’est… »

La suite lui donna raison à 50%. La Senkai parla surtout du leitmotiv des forces spéciales d’Ôsaki, la spécialité locale du clan, ce qui dépoussière l’enveloppe extérieure d’un homme pour permettre à tous de découvrir ce qu’il y a en dessous :

« La peur. Je ne vous parle pas là de la peur de l'échec ou d'avoir faim demain. Je vous parle de ce qui se glisse dans vos cauchemars et vous fait penser que la mort serait plus douce. »

Pour avoir expérimenté les deux types, Hasuki comprenait parfaitement de quoi parlait leur Senkai. La peur d’un danger immédiat ou proche pouvait toujours être vaincu à coup de volonté ou alors il était toujours possible d’attendre que ledit danger ne se transforme qu’en souvenir. L’autre type de peur, elle, était plus insidieuse que ça. Elle n’était pas événementielle et pouvait frapper à n’importe quel moment sans préavis même si elle privilégiait les coups en traître, mais le pire avec elle c’était qu’elle touchait un point si reculé de l’esprit qu’elle en était indélogeable et causait d’énormes dommages avant de se retirer.

À la simple évocation de ce type de peur, Hasuki sentit son doigt manquant la faire souffrir. Comme s’il était encore là mais qu’en plus il était chauffé au rouge. Son cœur fit naturellement un bond quand Makoto la pointa du doigt et manqua même un ou deux battements quand elle comprit ce que la Senkai disait. Le temps que son cerveau assimile les paroles de la stratège, toutes les apprenties avaient déjà fait cercle autours d’elles.

Hasuki n’avait pas besoin de l’avertissement envoyé par la brûlure de son moignon pour deviner que ça allait très mal se passer pour elle dans un futur extrêmement proche. Visiblement Makoto avait décidé de commencer son écrémage de recrue par elle, Hasuki la soupçonnait curieuse de comprendre comment l’orpheline et son moignon avait pu arriver jusqu’ici. À moins que ledit moignon ne soit juste une excuse ou un hasard qui fit que la Senkai avait décidé qu’elle serait un exemple à exécuter bruyamment et salement à dessein d’intimider tout le reste de la promotion. Hasuki espérait que sa première hypothèse était la bonne car c’était la seule qui lui faisait entrevoir une porte de sortie. La seule chose qu’elle avait à faire était de se montrer digne et compétente (c’était naturellement plus facile à dire qu’à faire) dans l’épreuve qu’allait lui infliger la Senkai, quelle qu’elle soit. Allaient t-elles se battrent en duel au milieu du cercle ? Non ça ne collait pas. Makoto avait clairement laissé entendre que c’était sur ses peurs que tout allait se jouer. Mais comment allait t-elle faire pour…

Ce fut comme si une chape de plomb s’était abattu sur l’esprit d’Hasuki. Comme quand on lui avait annoncé le décès de la mort de sa mère et que le choc de la nouvelle y avait fractionné son univers en deux parties distinctes : un avant et un après. Un frisson électrique à faire secouer les nuages plus tard et elle était de retour sur la plage. Elle venait de se réveiller ventre au sable. La tête sur son sang et ses résurgences gastriques ainsi la centaine de minute précédent  son évanouissement l’avait plongé dans une transe horrifique. Totalement perdu, déboussolée. La première information qu’elle avait gravé dans son esprit à ce moment là, c’était qu’il manquait la moitié de son annulaire droit.

Et la seconde information, que c’était un crabe qui repartait avec. Avec ses minuscules dents qui sortaient de sa bouche pour grignoter la peau sous l’ongle. Cela n’avait pas été une vision fugitive, le décapode avait mis une dizaine de seconde à quitter son champ de vision, ce qui avait laisser tout le temps au cerveau d’Hasuki de trier, d’analyser et de comprendre ce qu’elle venait de voir. Elle en ressortait avec un souvenir assez marquant pour durer toute une vie et assez fou pour prendre toujours plus d’ampleur lors des cauchemars à venir. Très vite, le crabe n’avait pas qu’un doigt entre ses pinces. Très vite, il n’était plus seul à traverser la plage avec son sinistre trophée. Et avec le temps vint le pire ajout onirique : un des crabes se trouvant les pinces vides se dit qu’il pourrait bien emporter un ou deux bouts sur ce visage immobile allongé sur le sable. Hasuki s’était toujours réveillée avant qu’il ne commence à piocher au niveau de ses yeux.

Aujourd’hui ne fut pas une exception. Alors que la pince emplissait tout son orbite, Hasuki se tira à moitié de son cauchemar éveillé, au milieu du cercle d’apprenties. Un genou à terre, de la salive vomi entre les deux jambes. Son corps était parcouru de frissons spasmodiques. Au niveau de son regard, la ligne des jambes de toutes les recrues autour d’elle. Elle croyait les voir assemblées par paire de 5. Décapodes. L’orpheline avait l’impression d’être entourée d’arthropodes. Devant derrière et sur les côtés. Un panier à crabe d’où il était impossible de s’échapper comme le disait le dicton.

La jambe branlante, Hasuki se remit debout. Elle chancela à moitié en tentant de croiser le regard avec la Senkai. Ses yeux brûlants l’avertirent qu’elle avait pleuré. Elle remarqua également qu’elle avait une main collé contre sa tempe. S’était t’elle tenu la tête à deux mains pendant qu’elle sanglotait ? Elle espérait que ce ne fut pas le cas bien que tout laissait le penser. Elle éprouvait le même sentiment de vertige qu’un pauvre diable réchappant à sa crise d’épilepsie.

Alertée par son pas encore incertain, une des apprenties quitta le cercle poussée par une bouffé d’empathie telle qu’elle en ignorait les conséquences qu’allait lui admonester la Senkai pour ce geste. Devant la main que l’apprentie tendit vers elle, Hasuki eut une vision fugitive d’une pince emplissant son orbite, occultant tout ce que son unique œil ouvert pouvait voir. L’orpheline fit un pas en enfonça son coude entre les deux yeux de la fille qui s’avança vers elle. Hasuki ressentit le choc jusqu’à son coude. Le nez de l’attaquée se retrouva au niveau de la ligne de ses deux yeux, l’os nasal péta sous le choc et très rapidement un liquide carmin s’ échappa du visage de la recrue. cette dernière tomba à terre, les deux mains sur son visage en gémissant de douleur.

Hasuki resta quelques temps le coude encore levé. Elle respirait bruyamment et espérait que l’expression de son visage ne trahissait pas qu’elle avait agi par pur frayeur suite à ce que la Senkai lui avait infligé (car l’enfer qu’elle venait de traverser était un de ses tours, Hasuki n’avait aucun doute à ce sujet). Encore tremblante sous le choc, elle attendait le verdict de la stratège. Il n’y avait besoin de nul tour de magie ni d’hypnose pour l’effrayer quand elle tentait de s’imaginer ce que Makoto pouvait penser de sa prestation et qu’est-ce qu’elle ferait de « l’éclopée » en conséquence.
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MessageSujet: Re: Prise de contact    Dim 22 Mar - 10:56

S'extraire d'une illusion ne voulait pas dire qu'elle avait prit fin et c'est bien cette réponse incongrue qui combla la stratège. On lui avait fait un rapport quasi journalier sur cette fille, cette Hasuki Kakuei. Elle y avait lu son répondant vicieux à la tâche forcée, sa curiosité pour les poisons et autres drogues et sa capacité à dépasser les obstacles, quand bien même il lui avait fallu tuer l'homme qui avait assuré son éducation. Le réseau de renseignement des ninjas d'Ôsaki n'avait rien laissé au hasard sur son dossier aussi Makoto savait très bien qu'elle n'était pas la fille de sang de cet homme, en cela peut être était ce encore pire. Il avait choisi de recueillir cette fille. Il n'en avait pas eu la charge forcée par un mariage donnant le fruit d'une union obligatoire.

Et aujourd'hui cette fille qu'il avait préparé à suivre ce chemin, se retrouvait debout, instable sur ses jambes encore hésitantes, le regard hagard et difficilement posé sur un point fixe. L'illusion courait encore en filigrane autour d'elle mais sa volonté et son cerveau se battaient avec brio pour repousser l'invasion dosée de Makoto. Il fallait pourtant mettre fin à ce spectacle déroutant pour les recrues, non pas pour les épargner, loin de là, mais parce qu'à mesure que le temps passait Hasuki risquait e développer de sévères séquelles psychologiques.

Normalement, en combat du moins, l'illusion n'avait que deux fins possibles. L'épuisement de son créateur ou sa mort, ce qui en soit se rejoignait. Or la stratège n'avait pas eu à forcer pour envahir l'esprit sans défense réelle de la jeune femme. D'ailleurs, elle était assez curieuse de savoir quel botte secrète, quelle soupape de sécurité propre à Hasuki avait pu la tirer de l'illusion complète.  Sans la moindre retenue guidée par une volonté de ne pas l'effrayer d'avantage ou de ne pas lui faire mal, la supérieure la rejoint d'un pas décidé, l'obligeant à lui faire face et à soutenir son regard féroce. les deux mains englobant les tempes de l'éclopée, Makoto la sentit se débattre comme un poisson fatigué au bout de la ligne d'un pêcheur chevronné. Elle avait lutté et bien lutté, jusqu'à trouver le moyen de se défendre physiquement à ce que son esprit avait prit pour une attaque de sa terreur primale mais à présent l'épuisement de ses ressources commençaient à se faire sentir.

La pression des mains sur son crâne l'obligea à restée en contact avec la stratège défaisant son emprise. Les traits de la jeune femme se détendirent mais pour autant l'implacable Makoto n'en resta pas là.

- " Ton nom."

L'odeur de bile et nourriture digérée lui agressait les narines par le souffle de la recrue. Elle détestait ces marques de faiblesse et de défaite. Voir son visage encore humide des larmes qu'elle avait versé ...l'odeur âcre de la peur et de ce qu'elle avait répandu autour d'elle. Au moins Hasuki n'avait ni hurlé, ni supplié et encore moins fait dans ses vêtements. L'espace d'un instant elle aurait presque eu envie de la féliciter.
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MessageSujet: Re: Prise de contact    Dim 22 Mar - 17:00

Des points noires dansaient devant les yeux d’Hasuki, elle avait le sentiment que le gros de l’illusion était partie mais qu’il en restait quelques sédiments et que c’étaient ces derniers qui épuisaient les dernières forces de l’apprentie. Un peu comme le fait que c’était les dernières traces d’un poison qui étaient le plus dur à retirer pour l’organisme. L’estomac d’Hasuki tressautait et elle croyait qu’elle allait encore vomir mais peu avant que ses jambes ne la lâchent définitivement, Makoto lui attrapa la tête et lui soutint son regard. Le contact humain plus que le support physique fit qu’Hasuki parvint à rester debout, sans compter qu’elle avait le sentiment que la Senkai avait levé l’illusion.

Ce n’était pas pour autant qu’elle en ressentait de la gratitude envers la stratège, au contraire même. Avec faiblesse, elle débattit inconsciemment  de la tête dans une vaine tentative pour se libérer de son étreinte car au fond de son cerveau, elle était consciente que la propriétaire de ses mains était aussi celle qui était responsable de son calvaire.  Consciente qu’elle ne pourrait pas s’échapper et que la seule façon pour elle de s’en sortir était de suivre les quatre volontés de Makoto, Hasuki tenta de reprendre ses esprits pour faire face à la suite.

« Ton nom. »

Bien qu’il fut audible pour toutes que Makoto n’avait pas sertie sa phrase d’un point interrogation finale, tout le monde devina qu’il était là.

Bien qu’elle se sentait de plus en plus maîtresse de ses capacités, Hasuki eut un temps d’absence avant de répondre, déjà parce qu’elle se demanda brièvement quoi répondre comme quand on posait à n’importe qui une question simple lors d’un moment critique. Elle avait également quelques glaires dans la bouche et s’en serait bien débarrassé avant de répondre seulement son corps était trop ébranlé pour avaler quoi que ce soit  et vu comment Makoto lui tenait la tête, si Hasuki tentait de cracher quelque chose, ce quelque chose irait frapper entre les deux yeux de la Senkai.

À éviter donc…

« Hasuki.. fille de Kakuei, charpentier. »

Si on avertissait Hasuki à l’instant que la Senkai était au courant pour sa mère, cela ne l’aurait pas étonnée outre mesure. Après tout, ils avaient bien retrouvé la trace de Kakuei. Mais si Hasuki avait omis de présenter sa génitrice, c’était parce que ses jeunes souvenirs d’enfance étaient trop contradictoires ou flous et elle ignorait le nom de sa mère. L’inclure dans la liste, elle et sa profession, ne l’aurait pas gêné au vu de la situation. Après ce qu’Hasuki venait de subir, elle n’en était plus à ça près.
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Makoto Usui
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MessageSujet: Re: Prise de contact    Sam 28 Mar - 23:51

Comme toujours dans ces instants où il lui fallait réunir toute sorte d'informations piochées ça et là dans ses souvenirs, vécus ou bâtis à force de lecture, il lui sembla que la dernière pulsion de son coeur se maintint inlassablement.

Kakuei, le charpentier.

Il avait une fille, oui, mais cette dernière était morte lors du rite de passage, lorsqu'elle s'était insurgée contre cette mission impossible pour elle d'abattre son propre père. Les ninjas du clan n'avaient fait que leur travail, aussi elle avait eu vent de cette affaire dans les rapports compilés qu'elle lisait depuis qu'elle savait déchiffrer les caractères de sa langue. Seul le nom de Kakuei l'avait marqué, et uniquement parce qu'il avait été un concepteur génial.

- "Kakuei ? Ce vieux fou faisant chanter le bois sous les pieds des recrues les plus légères."

Makoto se tut, déportant son corps sur la gauche pour rejoindre un petit groupe de trois filles qui restaient penchées sur celle ayant reçu le coup de coude entre les yeux. Cette dernière avait le nez dans un axe incertain et du sang ne cessait d'en couler, salissant sa bouche et son menton. Pour autant la stratège n'en avait strictement rien à faire. Debout face à elle, elle se retourna, sourcils froncés, vers une Hasuki plutôt bien remise.

- "Sa fille est morte et le rapport ne relève aucune anormalité physique... Tu ne peux donc même pas être le fruit d'une quelque magie noire venue réclamer vengeance. Donc non, tu n'es pas la fille de Kakuei le charpentier."

Son air triomphant ne s'afficha pas face à l'apprentie au doigt manquant mais bien à sa victime la détaillant avec stupeur. Elle avait perdu. Elle n'avait donc aucun droit au respect de sa supérieure qui se limita à lui attraper les cheveux au sommet du crâne pour la traîner dans la poussière jusqu'à la déposer à deux pas d'Hasuki.

- "Mais peu importe le nom que tu te donne, tu as visiblement vu en cette fille une part de ta frayeur. Tu l'as combattu et vaincu. Il te reste à l'achever."

D'un geste sec, elle repoussa la tête de la blessée qui bascula aux pieds de celle qui devait devenir son bourreau pour finaliser la leçon.
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MessageSujet: Re: Prise de contact    Dim 29 Mar - 1:15

Sur le coup, Hasuki ne s’était pas douté que révélé le nom de son père adoptif trouverait un écho chez sa supérieure. Seulement si elle avait réfléchie quelques instants, elle aurait pu en conclure que le nom de celui qui avait conçu le parquet du rossignol utilisé pour la formation des kunoichi soit connu de celles qui s’occupaient desdites apprenties kunochi… ou qui en avait été une.

Mais Hasuki était encore perturbée par la précédente épreuve de la Senkai et n’avait pas prêté d’attention a cette donnée. Du coup elle craignait que Makoto, un jour ou l’autre, finisse par se douter de la façon qu’eu Hasuki de vaincre le parquet  avant toutes les autres apprenties.

"Sa fille est morte et le rapport ne relève aucune anormalité physique... Tu ne peux donc même pas être le fruit d'une quelque magie noire venue réclamer vengeance. Donc non, tu n'es pas la fille de Kakuei le charpentier."

Hasuki accusa le coup. Elle s’attendait à une réponse de ce genre. Le lien qu’elle se donnait avec Kakuei pouvait sembler présomptueux selon certains regards mais pour celui d’une fille n’ayant jamais connu son véritable père, il était complètement justifié. Toutefois elle se doutait qu’il était inutile de protester auprès de Makoto et te tenter d’arguer que Kakuei avait été comme un père pour elle. Autant tenter d’allez à la nage jusqu’au Continent.

La Senkai se tenait juste au dessus de l’apprentie qui avait été blessé en tentant de venir en aide à Hasuki. Cette dernière s’attendait à ce que Makoto lui tranche la gorge d’une seconde à l’autre ou alors elle allait d’un coup de talon dans la trachée pour ne pas avoir à se baisser. Mais à la place la Senkai attrapa la gémissante par les cheveux et la traîna jusqu’à Hasuki en expliquant qu’il revenait à elle de la tuer, étant donné que c’était également elle qui l’avait blessé.

Hasuki haussa les épaules presque imperceptiblement. On l’avait déjà envoyé assassiner son père adoptif, et si cela avait été la chose la plus difficile qu’elle ait eu à accomplir de son existence, au moins l’objectif de l’exercice avait été remplie : l’orpheline n’était plus rebutée à l’idée d’accomplir ce genre de tache. Fut-ce un abattage injuste d’une personne ne méritant pas ce sort. L’apprentie avait tenté d’aider Hasuki malgré l’interdiction implicite de la Senkai de perturber l’exercice. Pourtant, cela n’empêcha pas cette dernière de s’agenouiller vers l’apprentie blessée et de sortir son poignard. Heureusement  que les apprenties avaient le droit d’en porter un depuis qu’elles avaient terminé leurs deux premières années de formation sinon Hasuki aurait été contrainte de l’étouffer avec son genou. Là, elle portait sa lame accrochée au niveau de sa cheville et n’eut aucun mal à la sortir de son fourreau de fortune et de trancher la gorge de l’apprentie. Elle aurait pu faire ces deux actions lors du même mouvement mais elle préféra ne pas prendre de risque et s’appliqua à bien trancher les veines principales du premier coup. Elle sentit même la lame riper contre le haut de la colonne vertébrale.

Hasuki se releva après avoir essuyé sa lame contre sa propre tenue avant de la ranger. Elle nota que les yeux de l’apprentie étaient toujours ouverts malgré son décès mais n’esquiva pas un geste pour les refermer. Une fois debout, elle tacha d’adopter une expression corporelle signifiant un blasé « je pourrais faire ça toute la journée ». Ce qui était vraie. Hasuki avait un noyau dur au fond d’elle même qui lui insufflait cette certitude. C’est en prêtant attention à ce noyau qu’elle était parvenue à survivre aux vicissitudes de son enfance quand elle vivait dans la rue. C’était en écoutant cette voix qu’elle parvenait à faire des choix et accomplir des actes qu’auraient répudié des gens plus vertueux qu’elle.

Ignorant les mauvais regards que lui lançaient ses camarades (haineux pour les amies de la trépassée et craintif pour les autres), Hasuki attendait les prochaines instructions de la Senkai si tant est que cette dernière prévoyait encore de tester l’orpheline. Elle se permettait en tout cas de la regarder dans les yeux. Sans une once de défi en revanche, Hasuki portait plutôt le regard inoculer par l’obéissance aveugle qu’elle pensait affectionnée par les supérieurs, quels qu’ils soient. Tout dans sa posture laissait penser qu’elle avait déjà oublié l’existence de la personne à qui elle venait de trancher la gorge.

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MessageSujet: Re: Prise de contact    Dim 29 Mar - 19:43

Un long moment, Makoto se contenta de restée statique, aussi immobile qu'une pierre. Son corps n'avait visiblement plus l'once d'un souffle de vie mais son regard détaillant gravement Hasuki trahissait volontairement la danse complexe que les rouages de sa pensée exécutaient au sujet de l'estropiée. Il n'y avait plus que le son des pieds impatients frottant sur les cailloux et la terre sableuse pour distraire les oreilles trop habituées à ne serait qu'entendre le bruit du vent. Puis lentement, comme s'il pouvait lui coûter un effort surhumain, la stratège esquissa un sourire presque débonnaire.

- " Belle réalisation du geste. Sûr et propre. On voit parfaitement que tu as choisi de décomposer ton acte. Dégainer. Trancher. Plus de précision mais moins de rapidité. J'imagines qu'ici, aucune d'entre nous n'est pressée ... tant que je ne le suis pas. "

Elle approcha du cadavre et s'accroupi à la hauteur du buste mollement affalé. Son index se posa sur la plaie, suivant la coupure comme si elle testait le fil d'une arme ou cherchait à faire chanter le cristal, à ceci près que le son de la chair encore humide d'un sang poisseux ne produit pas le même son cristallin.

- " Ton arme est visiblement entretenue ..." Elle haussa la tête vers le groupe muet et immobile "... et j'ose espérer que c'est le cas pour vous toutes sans quoi je ferais tester vos kunaï sur vos voisines de paillasse avant de vous montrer comment j'use des miens sur chacune d'entre vous."

Parlant plus bas pour Hasuki et elle, la stratège l'invita à s'accroupir à son niveau.

- " Cette odeur... c'est du camphre ? Tu enduit tes lames ?"

Loin de lui déplaire cette idée lui plaisait véritablement, à la condition que le produit utilisé soit judicieux, évidemment, mais pour le moment ce n'était pas sa préoccupation principale.

- " Regarde autour de toi Kakuei Hasuki... observe. Ne vois tu rien qui t'enseignes quelle proie pourrait être ton mannequin d'entrainement ? Choisis vite mais fais le bien. "

Il y avait dans le lot d'apprenties, deux filles dont la terreur ondulait à ses yeux comme un radar surpuissant. Ces deux là avaient soit la terreur d'avoir la gorge tranchée, soit elle avait peur d'Hasuki, dans les deux cas, pour enseigner le contrôle mental à cette dernière, l'une comme l'autre serait un atout.
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MessageSujet: Re: Prise de contact    Dim 29 Mar - 22:32

Après avoir achevé sa besogne, il s’écoula un temps relativement long où Hasuki eut le déplaisir de se faire dévisager par la Senkai d’une manière qui ne lui plaisait pas du tout. L’orpheline avait l’impression d’être un insecte examiné via la loupe d’un entomologiste. Elle craignait avoir fait une erreur quelque part. Qu’il lui aurait fallu lire entre les lignes de ce que lui avait dit Makoto pour découvrir la véritable action qu’elle aurait du faire. Elle savait que la stratège avait été très clair mais elle ne pouvait s’empêcher d’appréhender les remarques qu’elle allait faire. Bien qu’elle pensait avoir agit comme elle le devait, l’attente lui mettait les nerfs à fleur de peau.

Finalement, ce fut d’un ton presque appréciateur que Makoto commenta la réalisation de l’exercice ; « presque » car pour chaque compliment que la stratège faisait à Hasuki, elle le transformait en menace pour les autres apprenties. Ce qui était presque gênant car la Senkai savait comment s’y prendre pour menacer les gens. Si n’importe qui avait encore un doute quand au fait que Makoto n’hésiterais pas à mutiler ou tuer toute la promotion si aucune apprentie ne trouvait grâce à ses yeux, dorénavant plus personne ne tenait à vérifier ses doutes.

L’invitant à s’agenouiller près d’elle et de parler à voix basse, la stratège l’interrogea sur l’odeur de camphre qu’elle sentait. Consciente qu’elle tenait là une occasion de se démarquer positivement du reste de la promotion, Hasuki tenta d’être rapide et concise :

« Non, l’odeur est résiduelle et vient d’une expérience ratée que j’ai tenté cette nuit. En l’état le camphre est certes un poison mais il n’est pas assez dense pour être utilisée sur une lame. Étant donné qu’il est incolore et inodore, j’ai dans l’idée de le conserver pour une utilisation. » termina t-elle en faisait bien évidemment référence à l’empoissonnement du verre d’une éventuelle future cible.

« Habituellement j’enduis ma lame de solution d’if ou d’aconit mais aujourd’hui je craignais que vous ne nous exerciez à quelques techniques au kunai et je voulais éviter de tuer mon acolyte à la première maladresse. »

Le raisonnement se tenait pour Hasuki mais elle se demandait si une personne aussi froide que Makoto trouverait à redire face à son soucis de tuer accidentellement une de ses camarades. La stratège l’enjoigna ensuite à repérer qui parmi les apprenties seraient la plus à même de servir d’aide involontaire pour Hasuki. Bien que cette dernière ignorait à quel exercice Makoto pensait en lui demandant cela, elle avait une petite idée sur le genre de profil qu’elle devait rechercher.

En deux œillades, Hasuki regarda autours d’elle le cercle d’apprentie au centre duquel elle et Makoto se tenaient et apporta rapidement sa réponse à la Senkai :

« Aucune d’entre elle n’a voulu croiser mon regard mais je n’en ai repérer qu’une seule qui a tressailli en se détournant. Celle avec le nez en trompette derrière moi, indiqua Hasuki tout en faisant un signe de tête dans la direction de l’intéressée. Qu’importe ce que vous comptiez que je lui fasse, ma tâche ne pourra qu’en être facilité si elle me craint avant même que je ne commence, je me trompe ? »

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Makoto Usui
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Jisei no Ôyashima
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Surnom: Makoto
Clan: Ôsaki


MessageSujet: Re: Prise de contact    Jeu 9 Avr - 23:09

Si elle se trompait ?

La question, presque déplacée, surprit la stratège qui recommença à détailler Hasuki comme s'il s'agissait d'un nouvel objet donc elle ne comprenait pas encore l'utilité.

- "Tu viens d'où l'estropiée ?"

Pour être honnête, évidemment, elle connaissez la provenance géographique de toutes ses recrues, du moins dans les grandes lignes. Ce qui la rendait aussi curieuse à ses yeux c'est que là où les autres filles piétinaient parfois d'impatience pour connaître "la magie des Osaki", cette garçonne atypique semblait contourner le sujet ou même plus hallucinant, l'ignorer. Elle inspira, prête à la noyer sous les reproches et les questions humiliantes quand ses iris trouvèrent un détail dans le regard de son élève.

De la vérité pure.

Elle lui posait la question, appliquée, à l'écoute, prête à s'élancer dans la tâche qu'elle allait lui demander d'accomplir. Un parfait petit soldat en tout cas en apparence. Elle n'oubliait pas la fourberie dont elle pouvait faire preuve mais si la jeune fille était en train de lui monter un bateau, il fallait saluer ses talents d'actrice.

- " Rassures moi ... Tu sais ce que je comptes vous enseigner ?"

Penchée vers sa cadette, le visage reflétant parfaitement son incrédulité, Makoto était statique, rigide telle une statue. Au fond peut être était ce l'origine de sa volonté extrême ? Peut être l'ignorance de leur "don divin" était elle à la source de son travail acharné sur les poisons, les techniques de combats  ainsi que le camouflage ?

Tout Osakien - encore plus ceux qui vouaient leur vie à défendre et étendre le clan - connaissaient avec exactitude le chemin de croix qui menait à la maîtrise de cette peur létale. Aucune question aussi innocente et naïve ne serait sorti de la bouche face à la stratège qui venait de leur faire subir un échantillon de ce qui terrassait leurs ennemis.



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Kakuei Hasuki
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| Ninja |



Jisei no Ôyashima
Eveils: Seikai
Surnom:
Clan: Ôsaki


MessageSujet: Re: Prise de contact    Dim 12 Avr - 11:55

Il y a une demi-heure, Hasuki n’aurait pas parié cher sur son avenir après sa première rencontre avec Usui dans la salle à côté. Son moignon avait failli lui coûter cher mais elle avait commencé à entrevoir une lueur d’espoir quand elle ses actions avaient saisi l’attention de la stratège. Si elle devenait prometteuse aux yeux de la Senkai, sa vie au sein de la caste ninja du clan en serait facilitée. Malheureusement il semblait qu’Usui avait une idée la concernant que l’orpheline ne parvenait absolument pas à saisir.

Tout d’abord, il y avait le moment où la stratège lui avait brusquement demandé d’où elle venait. Une telle question avait ébranler Hasuki qui ne voyait pas le rapport avec la situation présente, mais qui était consciente qu’elle avait intérêt à le trouver sous peu. Toutefois, ne voyant pas où Usui voulait en venir avec cette question, elle avait du mal à trouver comment formuler sa réponse. Elle n’en eu pas le temps, de par ailleurs, car la Senkai lui posa ensuite une autre question dont le sens cryptique échappait à Hasuki. Elle savait maintenant qu’elle avait répondu à côté lors de sa précédente réponse fournie à la stratège. Enfin elle était persuadée que ladite réponse concernait la peur. C’était logique compte tenu du fait de l’environnement dans lequel avait été posé la question. Donc si elle avait tapé dans le bon registre, quel est l’élément qui lui avait manqué ?

C’est là qu’elle sentit comme un déclic, une révélation ou plutôt une semi-révélation. Son inconscient avait trouvé la réponse mais rechignait à la donner tout de suite, ne lui laissait que le sentiment confus d’avoir trouvé. Lentement, elle se concentra, remonta plus lentement le fil de ses pensées et comprit. Là où son visage avait auparavant présenté les traits caractéristiques de l’incompréhension mêlé à une angoisse de ne pas savoir, elle sentait que la compréhension croissante dont son esprit faisait l’objet lui détendait le visage, même si son corps restait tendu.

Elle avait toujours cru que ce genre de capacité était l’apanage des mauvais esprits et autres fantômes qui existaient pour et par les cauchemars qu’ils infligeaient aux vivants. D’une manière qui était aussi facile pour eux d’exécuter que pour Hasuki le fait de respirer. Que la stratège lui fasse subir ce même genre de sort ne l’avait pas étonné sur le coup car elle avait eu d’autres chats à fouetter pour l’occasion. Ensuite elle avait été trop concentré sur ce que lui avait demandé la stratège pour revenir sur cette expérience même si au fond d’elle même, son subconscient trouvait logique qu’une personne ayant les accointances envers les esprits que la rumeur populaire prêtait à Makoto Usui pouvait leur emprunter leurs techniques. Pour Hasuki, la Senkai pouvait bien se transformer en brume et disparaître dans le vent qu’elle n’en serait pas plus étonnée que ça.

Avec une élocution lente née de l’incertitude car elle avait peur de se tromper au vu de l’énormité de sa réponse, elle répondit :

« Je ne… je ne savais pas que ce genre de technique pouvait se… se transmettre. » Puis, comme si elle venait de se rappeler la première question d’Usui, elle continua sur une lancée plus rapide : « Je viens d’un petit village à l’ouest de Shitsugen, sur la côte. Il est très isolé et je n’ai jamais entendu parler de ce type d’enseignement. Personne là bas ne connaît les détails du docte du culte de Susanoo donc c’est encore pire en ce qui concerne les secrets occultes du clan… dit-elle sans terminer sa phrase. La comparaison était facile à comprendre et elle avait le sentiment vague qu’elle se ridiculiserais encore plus si elle terminait sa phrase en mettant des points sur les i de son ignorance crasse. Comme si le fait de laisser suggérer plutôt que le dire clairement conjurait en partie son inculture. Anxieuse, elle attendait la réaction de sa supérieure quand à ses révélations.

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