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 L'elixir

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Makoto Usui
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Jisei no Ôyashima
Eveils: Sankai
Surnom: Makoto
Clan: Ôsaki


MessageSujet: L'elixir   Sam 21 Mar - 17:53



Certes, elle avait bu plus que de raison. Certes, c'était un fait assez rare pour être noté mais cette ivresse ne servait qu'à repousser un maximum les yokaï courant avec elle sur les toits. Elle allait rejoindre sa plus fidèle espionne implantée dans le quartier des fleurs. Iwa Sagano. Elle était réputée pour son chant et sa maîtrise du koto en plus de sa grâce indéniable. Mais pour Makoto, elle était plus que ça. Un lien différent la rapprochait de la geisha. Quelque chose d'inexplicable, à part peut être pour IRIS s'ils le savaient. La musique nostalgique tirée d'un koto par des doigts experts parvint à ses oreilles avant qu'elle ne perçut la lueur de bougies allumées. La chambre de Iwa Sagano jouait ainsi tous les soirs, quand bien même nul ne pouvait lui reprocher une fausse note.

Parvenue à sa fenêtre, elle ne vit que sa nuque où le blanc de son maquillage dessinait deux crocs de chair sous ses cheveux noir de jais remontés en un chignon complexe et ouvragé.

Une seconde plus tard, elle se tenait accroupie derrière la jeune femme, sa tenue d'un noir profond contrastant avec l'environnement dans lequel elle se coulait. Une flaque d'ombre dans un écrin de lumière.

La musique cessa … le chant aussi et dans la douceur des chandelles, la stratège sembla reprendre ses esprits.

- « Chantes encore Iwa. »


C'était sa seule et unique requête qui émanait à titre personnel. Elle venait souvent lui ordonner de faire parler tel ou tel homme . Parfois parce qu'ils étaient d'une autre région, parfois parce qu'elle les soupçonnait d'être des traîtres ou simplement pour corroborer une série d'informations relevées par le reste de son équipe. Cette demande de chanson était  née douze ans plus tôt et se répétée chaque fois que la ninja s'immisçait dans cette chambre.

- « Sans le koto. Chantes cette berceuse que tu chantais enfant. »

C'était comme une requête venue de l'enfer lui même. Comme si la petite Makoto encore enfouie en cette femme effrayante et froide réclamait un peu de chaleur et de réconfort.


Dernière édition par Makoto Usui le Sam 21 Mar - 21:07, édité 1 fois
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MessageSujet: Re: L'elixir   Sam 21 Mar - 20:42

Ce soir là, elle était restée dans sa chambre à l’Okiya, parée de son kimono et de son maquillage au cas où une demande soudaine lui parviendrait. Ses doigts glissaient les chevalets sous les cordes qu’elle pinçait, sa voix perçant le calme des lieux où l’on pouvait pourtant entendre le bruit de la rue animée en contrebas.
Elle n’entendit ni ne vit la stratège se faufiler dans sa chambre, – qui, si elle avait été un homme, aurait jeté un déshonneur complet sur la jeune geisha – mais cela faisait trop longtemps que Makoto entrait comme bon lui semblait pour qu’elle soit surprise. Elle était en revanche toujours mal à l’aise en sa présence.
Ses mains se posèrent sur ses genoux repliés, et elle ferma la bouche, les laissant dans la faible luminosité des bougies et le silence, attendant un ordre, car la ninja ne venait jamais pour rien. La voix de la femme-démon s’éleva alors dans une demande devenue trop ordinaire maintenant.

« Chantes encore Iwa. »

Elle déplia à nouveau ses doigts et les cordes vibrèrent, mais Makoto l’arrêta  de suite, comme elle s’y attendait.

« Sans le koto. Chantes cette berceuse que tu chantais enfant. »


Sans se retourner, gardant les yeux rivés sur le fusuma sur lequel était projeté son ombre cachant celle de Makoto dans son dos, elle se mit à chanter sans moduler sa voix ... doucement ... d’une voix claire. A chaque fois son passé revenait au galop. Des bribes floues de sa mère, et celles plus nettes de cette chambre des années plus tôt. Ce n’était pas quelque chose de pénible. Dans ces moments là elle renouait avec elle-même, ne lui faisant pas perdre son objectif, insérant plus encore sa foi de servir le clan Ôsaki.
En espérant rendre Makoto plus humaine, elle diffusait cette chaleur dont sa tante, ses sœurs et ses clients la couvraient. Même si ça ne durait qu’un instant, elle tirait une certaine fierté de réussir l’inimaginable aux yeux des autres.
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MessageSujet: Re: L'elixir   Sam 21 Mar - 23:34

Quand Iwa chantait accompagnée d'un instrument, peu importe lequel, elle avait vingt-deux ans et son visage comme sa voix avaient perdus de l'innocence de son enfance. Lorsqu'elle chantait cette berceuse, elle lui semblait avoir huit ans, avec son visage maculé de blanc et son sourire triste. La Makoto Stratège et adulte contourna la geisha qu'elle avait vu devenir femme et s'assit au sol, les parcelles métalliques de ses armes produisant un bruit sourd et ténu sur le tatami de la chambre.

- " Il y a cet homme... "

Elle avait coupé le chant comme si Iwa était un simple objet obéissant à ses ordres au doigt et à l’œil et ne semblait porter aucune importance aux règles de bienséances élémentaires. Elle retira le masque noir qui couvrait sa bouche et jeta l'étoffe nonchalamment sur la petite table la séparant de son hôte.

- " Un marchand Oyashimayen fraîchement débarqué sur nos côtes. Il se dit qu'il est si riche et si imbu de sa petite personne, qu'il chercherait à acheter ta virginité."

Sa posture nonchalante et la désinvolture de ses propos étaient loin de l'image que les recrues ou ses équipes pouvaient avoir d'elle. Avec eux, elle était brutale, violente, parfois injuste. Avec Iwa elle était acerbe, exigeante, extrême, tant de ses colères que dans ses accès de protection envers la chanteuse.

- " Je suppose que tu sais de qui je parles ? "

Son regard de squale dévisagea celui si vif et intelligent de Iwa. Elle n'avait jamais eu l'emprise effrayante sur elle. Peut être parce qu'elle n'avait jamais eu à l'avoir. Peut être parce qu'elle n'en avait jamais eu l'envie. Peut être parce que leurs peurs étaient trop proches.


Dernière édition par Makoto Usui le Dim 22 Mar - 15:33, édité 1 fois
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MessageSujet: Re: L'elixir   Dim 22 Mar - 9:54

Makoto se plaça devant elle, la coupant dans son chant comme si elle n’en avait plus rien à faire. Elle aurait pu s’en offusqué, après tout une geisha est une personne très respectée et on ne saccage pas une prestation. Mais elle ne faisait pas une prestation, d’ailleurs la stratège n’était pas un client comme les autres, si on pouvait la considérée comme tel.

« Un marchand Oyashimayen fraîchement débarqué sur nos côtes. Il se dit qu’il est si riche et si imbu de sa petite personne, qu’il chercherait à acheter ta virginité. »

Le visage aux traits fins marqué par la cruauté laissait toujours Iwa perplexe, elle redoutait ses changements d’humeurs qui soufflaient comme une tempête déchainée. Avec Makoto il n’y a de juste milieu. Elle nota par la posture désinvolte de la ninja que la discussion sera plus ou moins longue. Elle prépara donc du thé, un thé fumé aux épices avec un arrière goût amer, ça correspondait bien au tempérament de l’intrus dans sa chambre.

« Je suppose que tu sais de qui je parles ? »

Revenant à la table en y déposant des petits gâteaux de riz en attendant le thé, elle hocha de la tête. Ce marchand Oyashimayen n’était pas passé inaperçu à crier sur tout les toits son désir de l’acheter, se croyant tout permis du fait de sa richesse. Elle se souvenait parfaitement de cet homme à la peau hâlée, au sourire sournois qui ne cachait pas cette pensée d’être au-dessus de tout le monde. Elle avait eu horreur de lui dès le premier regard qu’elle avait posé sur sa personne. Le servir n’avait été que calvaire, car il n’avait pas compris qu’elle n’était pas une courtisane, mais une personne de grande valeur qu’un homme tel que lui ne pourrait jamais avoir. Si la stratège en parlait c’est quelle avait quelque chose derrière la tête. Iwa savait que la réponse n’allait pas lui plaire, mais refuser une sollicitation était un danger, plus grand que de se frotter à un goujat.  Car du malotru elle en était protégée, mais d’une femme-démon seul la chance hasardeuse accordée par les dieux pouvait conjurer un sort funeste.

« Puis-je vous demandez en quoi ce marchand vous intéresse-t-il, Makoto-san ? »

Demanda-t-elle en relevant les yeux, rencontrant ceux prédateurs.


Dernière édition par Sagano Iwa le Dim 22 Mar - 15:59, édité 1 fois
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MessageSujet: Re: L'elixir   Dim 22 Mar - 11:18

De part son appartenance à une vie plus militaire que frivole, elle ne voyait plus en la grâce particulière des ninjas et samouraï, une beauté subjuguante. En revanche le ballet des gestes millimétrés de la geisha attirait son regard et son attention comme un chat prisonnier de la danse d'une plume dans le vent. Cela ne servait à rien de la regarder, fascinée, mais sans en être véritablement consciente Iwa était toujours au centre de la scène, qu'importe qu'elle fut sa chambre, un salon de thé ou une représentation au sein du palais Ôsaki.

Elle cligna des yeux en entendant sa voix, pour finalement trouver son regard quelque peu inquiet même si elle excellait dans l'art de la comédie.

- " Tous les marchands m’intéressent du fait de leurs voyages, de leurs bagages et de leur propension à promener avec eux tout un arsenal de marchandise que le Seigneur ÔSaki Heiichirô ne verrait pas d'un oeil clément. "

Sa main encore partiellement gantée délesta le plateau d'un gâteau de riz qu'elle ne porta pourtant pas à sa bouche.

- " Et celui ci ne déroge pas à la règles. Certains de ses produits - un en l’occurrence - me serait du plus utile et c'est là que tu interviens joli rossignol. "

Se visage se fendit d'une mimique qui se voulait un sourire mais ressemblait à la grimace porteuse d'une promesse de bien des douleurs si la requête se voyait éconduite.

- " Ton obi ... peut être serait il temps de le nouer ... sur le devant ? "

Son regard malsain se porta sur la pâleur du cou d'Iwa, descendant le long de son col à présent du blanc des confirmées, pour finir par détailler l'endroit du kimono qui cachait sa poitrine.
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MessageSujet: Re: L'elixir   Dim 22 Mar - 13:52

Sous le regard insistant de Makoto, elle sentait en elle un malaise grandissant. Et quand elle entendit la réponse, ses années de pratique lui permirent de ne pas froncer ses fins sourcils rendus plus noir par le maquillage. Elle suivit des yeux la main prenant un gâteau de riz, puis accrocha son regard sur la table juste à côté du plateau en bois. Elle se prépara mentalement au coup final de sa requête, un ordre caché sous une question, non jeté de manière sèche comme elle le fait avec ses subordonnés. Elle ne vit pas le sourire, mais elle pouvait clairement le deviner. Makoto dégageait à présent une aura plus sadique que d’habitude et il y avait comme une certaine joie à la tourmenter. Et il aurait été difficile de croire que quelques instants plus tôt elle avait peut être pu la sentir moins torturée.

« Ton obi… peut être serait-il temps de le nouer… sur le devant ? »

Iwa avait relevé la tête sèchement, piquée à vif par cette remarque. Elle observa le visage fixement, profitant que le démon regarde une autre partie de son corps qui sous le kimono ne se voyait pas, ne pouvant même pas être un minimum deviné. Makoto ne voyait donc pas sa mâchoire serrée, mais Iwa savait que la stratège était au courant de ce qu’elle ressentait en cette instant précis, sachant pertinemment que la vile femme n’avait dit cette phrase que pour la provoquer, ou bien était-elle vraiment sérieuse ? Iwa était comme les autres, elle ne comprenait pas cette femme dénuée de sentiment,  hormis ceux qui apportent le désespoir.

« Makoto-san, avec le respect que je vous dois, n’oubliez pas qu’ici vous me le devez aussi. J’accepte de vous aider, mais si vous le permettez je le ferai à ma manière. Mon obi ne s’attachera aucunement par le devant. »

Makoto releva les yeux, croisant le regard avec Iwa qui ne le soutint qu’un instant, autant parce qu’elle était quelque peu intimidée, mais aussi par la théière emplissant la pièce d’un bruit ténu. Elle se leva avec aisance et rapidité, se retrouvant une fois encore de dos, mais cette fois-ci elle n’aimait pas du tout être dans cette position qui permettait à l’espionne de lui faire du mal trop facilement.
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MessageSujet: Re: L'elixir   Dim 22 Mar - 16:00

Tout se déroula comme si Makoto avait été un félin en embuscade guettant une gazelle. Tendue ... Rapide ... et plus cruelle que l'animal, lorsque la proie lui tourna le dos elle lui bondit dessus, la plaquant au mur le plus proche. Un Kunai sur la jugulaire d'Iwa, l'autre main libre empoignant le kimono précieux, Makoto laissait son poids clouer la chanteuse au mur.

Fini le jeu des regards.

Terminé la délicate discussion autour d'un thé qui n'avait pas même eu le temps d'être servi.

La réalité était ainsi. Makoto finissait toujours par user de la force.

- " Si tu peux chanter tout ton saoul petit rossignol, c'est que je n'ai pas encore décidé de te faire taire alors écoutes moi bien. Tu as six jours, pas un de plus, pour extirper à ce libidineux petit homme la fiole que je dois acquérir. Six jours et je ne saurais que trop te conseiller, si le temps passe et que rien ne vient, d'ôter un peu d'étoffe et de dévoiler ta gorge."

La parole aurait suffit mais dans son élan de sadisme, sa main libre relâche le kimono pour mieux en écarter les pans de tissus qui dévoilèrent le sous vêtement blanc sans toute fois aller jusqu'à libérer la chair.

- " Il me la faut. Cette fiole."

La stratège parlait avec plus de calme, comme perdue dans ses pensées, à présent qu'elle pouvait voir cette peau fine et diaphane partant du maquillage jusqu'à la clavicule à demi nue. Sa peau à elle était hâlée et couverte de cicatrices dont la plupart avaient une origine qui lui était inconnue. Son index et son majeur se posèrent sur la peau délicate sans vraiment comprendre pourquoi l'image d'Iwa la fasciné tant.

- " Avec cet elixir ... Il me parlerait ... J'aurais sa confiance ... enfin."

Il n'était nul besoin de s'enquérir de la personne dont elle parlait, les yeux légèrement écarquillés et la voix basse, presque inarticulée. Makoto avait une obsession depuis toujours, depuis son premier souffle semblait il. Ôsaki Heiichirô. Si elle avait été sûre que tuer la totalité du clan lui donnerait accès à son plus grand besoin, elle se serait employée à anéantir ce clan. Elle ne pouvait s'en défaire ne serait ce qu'une seconde de sa misérable vie. Il était partout. Dans l'air qu'elle respirait. Dans l'eau et la nourriture qu'elle avalait. Dans ses rêves, ses cauchemars, ses espoirs et ses zones les plus noires.

- " Iwa ... Il me faut ..."

La geisha s'attendait à entendre "la fiole" mais elle murmura sans bouger les lèvres.

- " Heiichirô."
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MessageSujet: Re: L'elixir   Dim 22 Mar - 22:14

Iwa n’eu même pas le temps de prendre la théière en main, qu’elle se retrouva contre le mur, Makoto sur elle, l’empêchant de faire tout mouvement. Son cœur battait fort dans sa poitrine. Lui revint alors en mémoire les rares fois où elle s’était retrouvée dans une telle position, et réalisa que ça faisait bien un ou deux ans que la ninja ne l’avait pas attaqué tel un animal enragé. Elle s’en voulu de lui avoir tourné le dos, en sachant pertinemment que Makoto après sa réponse avait vu rouge, attendant le bon moment pour lui montrer qui était la plus forte, qui commandait.

« Si tu peux chanter tout ton saoul petit rossignol, c'est que je n'ai pas encore décidé de te faire taire alors écoutes moi bien. Tu as six jours, pas un de plus, pour extirper à ce libidineux petit homme la fiole que je dois acquérir. Six jours et je ne saurais que trop te conseiller, si le temps passe et que rien ne vient, d'ôter un peu d'étoffe et de dévoiler ta gorge »

Un frisson glacée la parcourue en s’imaginant un futur où elle ne pourrait plus chanter, son corps souillé par une cicatrice. Six jours, ce n’était même pas une semaine. Six jours, presque l’impossible. Et si ce marchand n’avait pas ce que convoitait Makoto ? Non, il l’avait sinon elle ne serait pas venu la voir.
Quand les doigts de la stratège sur posèrent sur sa peau, un deuxième frisson la parcourue. Elle n’avait pas l’habitude d’avoir un contact avec un autre corps, de sentir l’épiderme de quelqu’un d’autre contre sa peau pâle. Cela était d’autant plus étrange que c’était Makoto. Mais cette dernière n’était presque plus là, rattraper par son obsession. Iwa savait bien de qui elle parlait, pourtant elle ne s’attendit pas à entendre le prénom de leur seigneur à la suite de la phrase : « Iwa il me faut ». Encore manquer le « dono » après Ôsaki en désignant leur seigneur, était quelque chose où elle aurait pu s’y attendre, Makoto employait peu souvent des marques de ce genre. Mais se permettre d’articuler le prénom, elle en resta muette et statufié. Devant elle, les yeux verts avaient pris une teinte profonde où dansait une lueur de folie, pas de cette folie qui l’habitait d’habitude. Celle d’une folie obsessionnelle, qui prouvait qu’elle ferait tout pour arriver à ses fins. Iwa répondit alors avec détermination.

« Je le ferai. Vous aurez votre fiole, Makoto-san. »
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MessageSujet: Re: L'elixir   Sam 28 Mar - 18:36

La noirceur reflua en elle comme le soleil perce les nuages.

Avec calme et habitude elle retira la lame de la gorge de l'artiste pour finalement s'éloigner d'Iwa, l'air tout aussi menaçant mais dorénavant sous contrôle. Ses pupilles avaient repris une couleur que n'importe qui aurait été tenté d'appeler "apaisée" puisque une poignée de secondes plus tôt et quelques grammes de colères en plus, la luminosité de ses iris mettait quiconque mal à l'aise. Cependant, le sourire torve qui étirait ses lèvres n'avait rien de neutre ni positif.

- "Tu l'auras ? Bien sûr que tu l'auras ... sans quoi... Shitsugen perdra son plus bel oiseau."

Makoto tendit la main vers Iwa pour remonter le tissu qu'elle avait osé abaisser, sans même une once de remord ou la moindre preuve d'une certaine délicatesse dans le geste. On aurait simplement dit qu'elle remettait en place la bâche sur le chariot d'un convoi attelé.

- "Je reviendrais te voir ... peut être dans six jours comme convenu, peut être avant mais, n'aie crainte, ce ne sera qu'une visite de courtoisie pour enfin boire un thé en admirant ta grâce. Peut être même pourrons nous parler du bon vieux temps, celui où nous n'étions encore que des enfants. Surtout toi en fait, ma tendre Iwa. Peut être parlerons nous de cette fameuse nuit ... de cette masse sombre ... ou mieux encore, nous parlerons de cette forêt mangeuse d'homme qui t'a prit ta mère ce soir là."

Elle parlait d'un ton badin, comme si elle lui proposait d'aller faire une ballade dans le quartier des fleurs, sa silhouette se penchant pour récupérer son masque et le renouer devant sa bouche mais il n'en était rien, tout ceci n'était qu'une menace de plus, un avertissement. Makoto pouvait profaner le corps d'Iwa mais plus effrayant encore, elle pouvait dévaster son esprit et la stratège n'avait de cesse de le lui rappeler.
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MessageSujet: Re: L'elixir   Sam 28 Mar - 23:07

Après les menaces de Makoto, elle la regarda partir par la fenêtre, blême. Les manches se plissèrent sous ses doigts qui trituraient le tissu.

Elle n’avait pas eu besoin d’engager quoi que ce soit, le marchand était venu dès le lendemain dans la soirée. Comme d’habitude, il avait demandé à voir la petit Iwa et il la garda presque toute la nuit. Lors de sa prestation elle fut plus douce, enfouissant au profond d’elle ce sentiment de dégoût que lui inspirait cet homme, le laissant s’approcher plus que nécessaire quand elle lui servait du saké dans sa coupe qu’il tenait dans le creux de sa main. Iwa soutint la conversation, s’informant sans y toucher. Bien qu’il fût déjà sous son charme, elle entreprit de le séduire, coulant des sourires en biais, et des œillades amusées. Dans son métier, il fallait être à l’écoute, montrer de l’intérêt à son client… avec lui elle devait se forcer, ce que sa tante qualifiait d’erreur de débutante qu’elle aurait du éradiquer. Cependant depuis la mission que lui avait confiée Makoto, elle tendait l’oreille et enregistrait le moindre détail. Hors mission c’était son cœur qui dictait sa conduite. Quand un homme lui plaisait, elle ne les jugeait pas sur leur apparence mais sur leur caractère, leur manière. Elle était d’un naturel attentionné. Lorsqu’elle travaillait spécialement pour le clan, c’était sa tête qui fonctionnait en premier. Que l’homme soit bon ou mauvais, plus rien n’avait d’importance, seul l’information comptait. Et elle faisait en sorte de leur faire dépasser les limites de leur réserve, utilisant sa fonction de femme charmeuse sans pour autant retirer son kimono. Les plus chanceux avait pu seulement voir la peau de son poignet.

Elle réussit à le faire venir le lendemain sachant que le temps pressait, et puis ce n’était pas comme si elle avait de la peine envers cette bourse bien remplie qui se vidait à chaque visite. Lui qui disait qu’il voulait l’acheter, il était bien trop rat et jamais il ne pourrait couvrir toutes les dépense auxquelles le métier la soumettait.
Malheureusement elle apprit de mauvaises nouvelles. Il partait pour deux jours. Cela réduisait considérablement le temps imparti. Ce soir là, elle dormit très mal. Des sueurs froides la prenaient quand elle s’imaginait le visage de la stratège en colère, et ce pendant les deux jours où elle fut en proie à un stress croissant, épiant chaque coin, tremblant au moindre pas furtif. La poigne de cette nuit là et toutes ces années à se faire suivre des assiduités sadiques de la ninja étaient encore très claires dans son esprit.

Par chance Makoto ne revint pas en l’absence du marchand. Le soir du deuxième jour elle attendit, tendue, la venue de l’homme. La nuit était déjà bien entamée, quand il se présenta à la maison de thé. Elle l’accueillit joyeusement, tellement, qu’il en fut surpris. Il aurait été bien déçu de savoir qu'elle était seulement soulagée de ne pas perdre plus de temps. Elle joua du koto, l’entourant d’une musique apaisante, lui faisant oublier son long voyage. Puis elle entreprit de le saouler au saké, juste ce qu’il faut pour délier une langue. Elle revint alors à la charge, il ria, lui demandant pourquoi elle voulait un tel produit. Elle répondit, mystérieuse, qu’elle voudrait bien l’essayé, riant derrière sa large manche. Quand elle souriait, ses yeux largement bridés n’étaient plus que des yeux de chat au soleil, et ses iris illuminés d’amusement – simulé ou pas – hypnotisaient ceux qui la regardaient à cet instant. Il n’échappa donc pas au charme, et bafouilla une excuse lamentable. Elle aurait bien voulu le plaqué contre le sol, une main sous le menton, ses longs ongles s’enfonçant dans la chair de ses joues, et siffler entre ses dents qu’il devait simplement le lui donner. Pourtant elle n’en fit rien. Iwa rapprocha son corps, toujours souriante, et menti :

« A dire vrai, je veux le tester sur vous, savoir ce que vous penser réellement de moi, ne serais-ce pas amusant ? Vous pourriez même l’utiliser sur moi. ».

Il grommela que c’était un produit extrêmement cher et que le saké irait tout aussi bien. Heureusement qu’elle avait cerné le personnage, il aimait les jeunes filles fraîches et étonnamment un peu capricieuses. Elle fit mine alors d’être déçue, disant sur un ton boudeur que dans le saké il n’y avait pas de nouveauté. Elle parvint à allumer de l’intérêt en le tentant :

« Mais ne voulez pas savoir ce que je pense ? ».

S’en fut alors tout un jeu où il la questionna, mais Iwa se contenta de glousser derrière la main, ne répondant que :

« Vous ne saurez que si vous utilisez cet élixir ».



Six jours plus tard.

Le soir du sixième jour, elle attendait nerveuse le retour promis de Makoto. Elle avait déjà mit la théière sur le feu et placé tasses et mochi sur la table. Elle faisait des allées et retours entre le panier en osier et son miroir.  Ce soir elle avait dit à sa tante qu’elle ne pouvait pas travailler, elle n’était donc pas habillée, ni coiffée pour sortir, portant un simple kimono rose pâle, brodé de branche de cerisiers en fleurs avec un obi bleu clair, et coiffée d’une épingle en bois retenant ses longs cheveux noirs. Elle s’assit enfin en seiza, mais cette fois elle ne tournait pas le dos à la fenêtre.
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MessageSujet: Re: L'elixir   Dim 29 Mar - 0:46

- " Je vois que tu m'attendais."

Telle une ombre furtive à peine perçue par le regard, Makoto s'engouffra par la fenêtre dans ce qui aurait dû être une chambre mais avait prit des allures de bureau.

- " Ne t'a-t-on jamais dis combien tu es plus belle encore sans tes artifices joli rossignol ?"

Comme souvent le ton était amical, badin, léger mais les postures et les œillades étaient froides et sèches.

- "Même si j'imagines que peu d'homme ont pu contempler ce spectacle... Peut être ce marchand ... tu te souviens de lui ?"

Par amusement, défi peut être ou simplement parce qu'elle en avait envie ce soir, Makoto prit place face à la geisha, défaisant sa cagoule et la pièce de tissu noir sur son visage pour mieux libérer cheveux et visage hâlé. Elle repoussa les mains d'Iwa se portant vers la théière et servit elle même les tasses, ne touchant pas à sa boisson tant que son hôte ne le faisait pas non plus.

- "On murmure dans le quartier des fleurs que le joli rossignol s'est donné bien du mal pour faire le bonheur d'un bien laid marchand. J'en conclus que tu as ce que je t'ai demandé ?"

La théière retrouva sa place dans un bruit un peu trop sec. La stratège poussa du bout des doigts le plateau de mochi vers Iwa, ses iris vertes et interrogatives décortiquant chaque battement de cil, chaque inspiration trop longue de la geisha. Ce soir, pour une minuscule fiole d'un produit chimérique, Makoto était plus tendue que jamais.

- " Chantes Iwa, mais que ce soit une victoire qui danse dans ta bouche."
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MessageSujet: Re: L'elixir   Dim 29 Mar - 10:59

L’ombre d’un corps féminin passa rapidement par la fenêtre, pour laisser voir quelques secondes plus tard le visage entièrement découvert de la stratège lui faisait face.
Et ses paroles ne la touchèrent guère en ses circonstances, Makoto ne faisait que l’embêter en parlant d’homme en sachant très bien que seul un en particulier aura le droit à des faveurs.

« On murmure dans le quartier des fleurs que le joli rossignol s'est donné bien du mal pour faire le bonheur d'un bien laid marchand. J'en conclus que tu as ce que je t'ai demandé ? »

Elle n’avait pas pensé aux commérages, ni à la vantardise de son client, mais peut lui importait, son travail était fait. Elle n’avait donc pas à subir une torture quelconque de la femme-démon. Sa nervosité s’accru cependant en sentant le regard fixe sur elle. Elle prit alors une gorgée de thé, tentant d’apaisé l’atmosphère tendu. Malgré l’expression neutre qu’affichait Makoto, Iwa pouvait ressentir qu’elle était elle aussi nerveuse. Et il y avait de quoi, si la stratège projetait d’en faire boire à Ôsaki Heiichiro, il valait mieux que ça ne rate pas.

« Chantes Iwa, mais que ce soit une victoire qui danse dans ta bouche. »

Elle sourit d’un sourire entendu, un peu fière aussi, car elle avait réussi à accomplir ce qu’on lui avait demandé et surtout en si peu de temps.

« J’ai bien sûr ce que vous m’avez demandé… »

Elle tendit le bras, soulevant le couvercle de la malle contenant tous ses poisons, et en sortit une fiole. A l’intérieur le liquide était translucide, comme de l’eau, il pouvait donc se mettre dans n’importe quoi. Elle le posa au milieu de la table, mais n’enleva cependant pas sa main du bouchon refermant la petite  bouteille en verre.

« Mais je dois vous dire que au vu du propriétaire… il vaut peut être mieux se méfier des dires… »

Elle baissa les yeux vers le thé, le même que celui qu’elle avait voulu faire la dernière fois. Replaçant ensuite sa main sur celle restée posée sur ses genoux. Elle se permit tout de même de souffler :

« Il vaudrait mieux essayer. »

Iwa était pleinement conscience des risques qu’elle prenait. Elle savait que Makoto allait certainement accepter, et qu’elle devra alors en boire une infime quantité. Enfin c’est ce qu’elle espérait car cet homme grossier ne lui en redonnerai pas ou bien plus difficilement encore que la première fois.
Elle se ressaisit soudain, relevant la tête.

« C’est que j’aurai bien voulu tester sur celui-même qui me la donné, mais je ne voulais pas prendre le risque de vous contrarier. J’ai donc laissé la fiole intacte. Êtes-vous satisfaite ?»
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Makoto Usui
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MessageSujet: Re: L'elixir   Dim 29 Mar - 19:11

Satisfaite ?

Makoto ne le serait que lorsqu'elle se serait assuré, au minimum, que ce qui ressemblait à de l'eau banale et sans intérêt était capable de faire délivrer quelques secrets à son maître et Seigneur. Cependant, il fallait bien avoué que Iwa avait remplie sa mission et ce dans un temps relativement court et puisqu'elle la connaissait depuis son enfance, elle savait parfaitement que l'usage de sa nudité n'avait pas été nécessaire.

- " Je n'ai jamais eu à être déçue de toi. Tiens... "

Comme sorti de nulle part, une bourse de tissus aussi noir que celui de sa tenue, vint s'écraser en sonnant gaiement sur la table basse.

- " Achètes toi un bel obi, onéreux et unique. Tu mérites de plus beaux atours. Je ne t'en ai pas vu d'exceptionnels dernièrement. "

La récompense pécuniaire ne tombait pas toujours, bien au contraire, et bien souvent, Iwa ne pouvait pour vivre, que comptait sur elle même et ses nombreux talents artistiques. Toutefois, il arrivait que pour une raison connue d'elle seul, Makoto lui offrait une bourse plus ou moins pleine en lui conseillant d'acheter étoffes et coiffures, parures et bijoux, comme si elle nourrissait une certaine fierté à contribuer secrètement à la grâce de son joli rossignol.

- " Quant à tester cette ... chose ... Crois bien que j'avais déjà choisi ma proie bien avant que tu n'aies la fiole en possession mais, rassures toi, ce n'est pas toi. Quel secret pourrait tu me dire que tu n'as pas déjà dévoilé ? "

Puisque Iwa avait bu et qu'elle ne feignait aucunement d'aller bien malgré un empoisonnement discret, Makoto avala une rasade de thé comme s'il s'agissait de saké le plus fort et le plus acide qui soit, se retenant tout juste de s'essuyer la bouche d'un revers de la main.

- " J'ai une personne toute proche et toute trouvée pour ça. Une qui TE dissimule des choses dont j'ai connaissance depuis quelques années déjà. Et qui te connais assez pour vouloir te protéger de toi même et de ton passé ? "

Une lueur d'amusement et de triomphe passa dans son regard alors qu'elle souriait au dessus de sa tasse, les doigts liés sous son menton.

- " Je t'offre cette opportunité comme un cadeau de plus ... évidemment."
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MessageSujet: Re: L'elixir   Dim 5 Avr - 11:14

Quand la bourse  tomba sur la table produisant ce tintement reconnaissable entre mille, Iwa la regarda avec surprise. Elle ne s’y attendait pas.  Puis la voix de Makoto s’éleva :

« Achètes toi un bel obi, onéreux et unique. Tu mérites de plus beaux atours. Je ne t'en ai pas vu d'exceptionnels dernièrement. »

C’est vrai que ces derniers temps, elle n’avait rien de nouveau, un petit malus dans son travail, la bourse de la stratège était alors bienvenue. Iwa sourit tout en hochant la tête. Elle savait déjà quel obi acheter, un quel avait vu un jour lorsqu’elle avait accompagné sa tante chez leur marchand. Elle l’avait voulu dès que l’homme le leur montra, tenant le tissu dans ses mains en expliquant que c’était un des plus beaux travaux qu’il ait vu.
Son corps s’allégea quand Makoto lui annonça que ce n’était pas elle qui allait boire la fiole. De toute façon elle était toujours derrière elle, comme si jamais elle ne détournait le regard, épiant ses faits et gestes, alors quel secret pourrait-elle lui cacher ?

« J'ai une personne toute proche et toute trouvée pour ça. Une qui TE dissimule des choses dont j'ai connaissance depuis quelques années déjà. Et qui te connais assez pour vouloir te protéger de toi même et de ton passé ? »

Le visage d’Iwa perdit ses couleurs, sa peau pâle devint blafarde au fur et à mesure des paroles de la ninja. Il n’y avait qu’une seule personne sur cette terre qui lui était proche, qu’une seule qui voulait la protéger… Mais non ça ne pouvait être elle. N’est-ce pas ? Comment pouvait-il y avoir encore des secrets alors qu’elle avait lu les lettres, qu’elles avaient parlé de nombreuses fois, comme pour expulser le mal au lieu de l’enfermer au plus profond de soi. A cet instant présent, Iwa aurait voulu ne pas avoir seulement sa tante comme personne proche et chère, car elle était coincée, elle ne pouvait pas se mentir. Et elle craignait les révélations, surtout avec l’amusement palpable de Makoto.

« Je t'offre cette opportunité comme un cadeau de plus ... évidemment. »

Cette phrase tomba dans son estomac comme un rocher, elle retint de justesse son corps à ne pas céder à ce poids, ne le laissant pas s’affaisser. Elle répondit dont d’une voix blanche :

« Il faut bien l’essayer. »

Mais au fond d’elle, malgré l’angoisse, la curiosité avait été piquée.  

« Que dois-je donc faire, Makoto-san ? »

Elle avait posé la question en essayant d’avoir une voix posée. C’était évident que c’était à elle d’approcher sa tante. Cette dernière détestait autant qu’elle craignait la stratège, et s’inquiétait toujours du sort que cette femme pouvait réserver à sa nièce.
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MessageSujet: Re: L'elixir   Lun 6 Avr - 18:35

La marque d'une satisfaction intense se dessina à peine sur ses traits. Elle avançait ses pièces sur un échiquier taillé par ses soins.

Son jeu.

Ses règles.

Ses pions.

Quel but ? Encore fallait il en avoir un. Cette question ne se posait pas vraiment à la stratège qui ne voyait en ce jeu de manipulation de petite torture qu'une manière de rapprocher Iwa de son côté du voile. La vieille geisha qui lui servait de tante et de marraine dans l'organisation des geishas du pays était un fardeau haïssable ... une vieille poupée décatie et abjecte. Makoto la détestait cordialement et si Iwa ne lui avait pas tournait le dos pour lui avoir nuit, elle aurait volontiers mis fin aux jours de cette bonne femme.

Déjà enfant, elle ne voulait pas qu'Iwa suive la jeune ninja dans ses jeux jugés trop violents. Pire encore, elle la regardait avec cet air que certains anciens prennent depuis toujours lorsqu'ils s'aperçoivent qu'elle est Makoto Usui ... la damnée, la fille de l'enfer lui même. Une sorte de dégoût emprunt d'une haine née de la peur indicible qu'elle pouvait répandre autour d'elle. Une harpie qui ferait mieux de mourir sagement avant que Makoto ne se lasse.

Mais à présent, elle tenait un petit avantage. Une petite chose de rien du tout qu'elle avait réussi à semer dans le coeur et l'esprit de la jeune geisha. Un venin vicieux et lent mais dont l'antidote n'est toujours pas connu. Le doute.

Si Iwa commençait à s'éloigner de cette vieille femme, elle se rapprocherait de Makoto, et là, aussi sèchement qu'un crocodile, ses mâchoires se refermerait sur le doux rossignol, l'entraînant avec elle dans les profondeurs abyssales et sombres d'où l'esprit de Makoto ne pouvait s'échapper, condamné à errer seul.

- " Ta tante - puisque c'est ainsi qu'il convient de la nommer - bois chaque soir une décoction de plantes qui lui permet de trouver un sommeil plus fortifiant dit on. Un ajout léger de notre petit secret en bouteille devrait suffire à la laisser conciliante et bavarde. Pose lui tes questions et si tu n'en a pas ... "

Elle se pencha vers elle, son sourire dévoilant toutes ses dents semblables à des crocs dans son rictus psychopathe.

- " ... demande lui de raconter à sa chère nièce adorée, le secret que Makoto garde en silence. Demande lui de retracer la véritable histoire du rossignol qui a peur de la forêt et celle de sa mère, sa pauvre mère complètement folle, dévorée par un chagrin stupide et létal. Que s'est il passé ce soir là Iwa ? Qu'ignores tu que je saches sur ce qui a mangé ta mère ? "

Millimètre par millimètre elle écrasait de sa présence occulte et de son souffle rageur la jeune femme ne pouvant détacher ses yeux de l'incarnation du mal crachant son venin.

Une question.

Un murmure.

Et l'instant d'après elle avait disparu.
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MessageSujet: Re: L'elixir   Dim 12 Avr - 12:23

Au lendemain de la conversation avec la stratège, Iwa décida d’aller voir sa tante. La nuit était déjà tombée et la soirée avait vite filée. Pour Iwa cela était passé à la fois d’une rapidité fulgurante et  d’une lenteur extrême. L’anxiété en était la cause. Elle voulait savoir au plus vite pour ne plus être torturée par ce souffle de doute qui s’était insinué par  les paroles de Makoto. Elle redoutait ce qu’elle allait apprendre, ça devait être une chose grave pour que sa tante ne le lui ait encore jamais révélé jusqu’à présent.
Elle jeta des coups d’œil dans le couloir tout en s’y faufilant. Arrivé devant la chambre de sa tante, elle toqua au chambranle du fusuma peint de grue et de pins, preuve de sa notoriété. La voix de la parente se fit alors entendre. Elle y entra, aucune surprise se lisait sur le visage de la geisha d’âge mûr, car il n’était pas rare qu’Iwa viennent dans sa chambre pour bavarder un moment. Mais ce soir avait été rude, les clients avait afflué pour voir les danseuses et les musiciennes dans un des plus grands salons de thé de la ville. Elle était fatiguée. Iwa insista un peu, trouvant le prétexte de se sentir un peu mal.  Sa tante avait déjà sorti son futon, elle s’y assit alors. Comme une petite fille, elle se blotti contre la femme qui d’un geste machinal lui caressa les cheveux assemblés par un ruban. Tout en ayant la tête posée sur son épaule, ses yeux cherchaient le bol pouvant contenir le remède. Mais elle ne le trouva nulle part. Son ventre se tordit par une vague de stress. Après une bonne quinzaine de minutes, la tante invita gentiment Iwa à aller se coucher.

« Ma tante, pourquoi ne buvons-nous pas un bol de thé avant d’aller se coucher ? Cela calme les nerfs et permet de passer une bonne nuit. »

La femme plissa les yeux, comme si elle avait flairé anguille sous roche.  Tout s’emmêlait dans la tête d’Iwa, attaquer quelqu’un de sa famille était une première, et sa morale en était bouleversée.  Certainement que son trouble fut visible au regard d’aigle, car la tante céda à la demande de sa nièce.
Elle prépara alors théière et bol. Les feuilles avaient été préalablement moulu, il n’y avait donc qu’à les mettre au fond du récipient et verser l’eau chaude. Iwa prit l’initiative de servir, mais sa  main tremblante mis de l’eau à côté, inondant la petite table en bois. La tante se leva aussitôt et alla chercher du tissu pour absorber l’eau, Iwa s’excusa mainte fois, et profita que sa parente est le dos tourné pour débouchonner en toute hâte la fiole et y verser quelques gouttes.
Par précaution, Iwa craignant que l’élixir ne fasse aucun effet, ne se lança pas tout de suite. Elle raconta une histoire sordide et divers potins, tandis que  toutes deux sirotaient le thé. Puis le bavardage cessa. Soudain Iwa inspira, puis coupa le silence. Cette question lui paru briser l’atmosphère calme de la pièce.

« J’ai entendu dire que vous me cachiez quelque chose. Qu’est-ce donc? »

Le visage de la tante se figea, devint plus pâle et elle serra les dents, en faisant de même avec les poings placés sur ses genoux.

« Je sais que cela à avoir avec mon passé, notre passé… Cela doit être terrible pour ne pas être révélé. Qu’était réellement cette chose qui...qui »

Un souffle brisé, un silence glacial. Les deux femmes avaient le corps tendu et le visage blême. Iwa était pressante, déversant sa peur et sa colère. Car oui, elle était en colère. Ce passé qui faisait d’elle ce qu’elle était, lui était important. Elle chérissait le souvenir de sa mère à ses côtés, mais cette image était tâché de la vision d’horreur des ténèbres résultant de la nuit et des arbres,  ainsi que du sang. A ses yeux, tout ce qui l’a concernait ne devait être endormit dans aucune autre mémoire que la sienne. La tante se murant dans le silence, ne laissa pas d’autre choix à Iwa d’engager un combat plus  frontal encore.

« Etes-vous responsable de quelque chose ? »

La question avait été posée d’une voix presque douce, mais blanche. Face à elle, le visage toujours beau malgré l’âge luttait. Les lèvres étaient pincées à leur extrême, et les jointures des doigts était blanches, les ongles devaient s’être largement enfoncée dans la peau de la paume. Mais à bout, elle ne tint plus.

« Oui ! Hooo pardonne-moi Iwa ! »

Elle se jeta sur la table, son visage sur ses avant-bras, les larmes dévalant des ses yeux tout aussi noirs que ceux de sa nièce. Iwa fit un petit bon en arrière, effarée. La bouche sèche, elle ne pouvait plus prononcer aucun mot, cependant elle n’en avait pas besoin. La tante tenta de s’expliquer, entre coupée par les sanglots portant une douleur immense que personne ne pouvait ignorer.

« Si je n’avait pas donné cette idée stupide, rien de cela serait arrivé ! Mais ta mère… Elle était si désespérée. Le chagrin l’a consumait et je ne pouvais supporter de la voir s’enliser dans cette souffrance atroce. Je voulais… Je voulais qu’elle puisse lui dire au revoir correctement. Mais rien ne c’est bien passé. Je n’ai fait que fermer les yeux sur ce que le bruit de la ville racontait à son propos. Je ne voulais pas croire les rumeurs des  villageois qui me paraissaient se réjouir de voir une femme noble tomber dans la folie. Elle n’était pourtant plus la sœur que j’avais connue. Son cœur ne se vouait plus à l’amour mais à la haine, il criait vengeance en oubliant la source profonde de sa cause. Se trompant même de destinataire. Ton père était un samouraï, un soldat, un guerrier, faire la guerre était son métier, et le katana qu’il portait était sa raison de vivre. Le champ de bataille était un lieu autant approprié que dans son futon en une nuit d’automne. Elle aurait du le savoir en l’épousant. Toute femme de samouraï se doit de s’y préparer ! Son cœur n’était en rien préparer, et il fut troubler, désemparer, jusqu’à en perdre la raison. C’est de ma faute. Si j’avais voulu voir la réalité en face, si je lui avais fait retrouver la raison d’une manière plus seine, alors… alors, rien de tout ceci serait arrivé. »

Elle se tenait droite, la tête baissé, trop honteuse et se sentant trop coupable pour regarder le visage de sa nièce.

« Mais, qu’avez-vous fait ? »

Elle avait du déglutir, quand bien même ses lèvres eurent du mal à prononcer les mots tellement elles étaient sèches.

« Iwa, je voulais vraiment aidé ta maman. C’était ma petite sœur adorée. Je ne pouvais pas la laissé dépérir, alors… »

Un court silence où la tante inspira. Ce qu’elle s’apprêtait à annoncer lui faisait  comme une boule de canon s’écrasant sur le sol.

« Je lui ai donné les indications sur comment invoquer un yokaï. Elle aurait pu par ce biais faire venir ton père de l’autre monde pour lui dire adieu. Ce n’était pas un mauvais yokaï que je lui avais demandé d’invoquer, c’est ce que m’avait dit le chaman-vagabond que j’avais consulté. Je lui faisais confiance, car c’est lui qui avait donné les remèdes pour guérir ma grand-mère d’une maladie qui l’alitait. Ce n’est que trop tard que je me suis rendu à l’évidence, ta mère était devenue avide, elle voulait un yokaï plus fort. Elle entreprit de faire des recherches. Iwa, sache que je ne l’ai jamais aidé par la suite. Même si je me suis voilée la face, les lettres sortant de l’ordinaire, celles qui me demandaient de l’aider dans sa quête, je les ai ignorés. Il n’en reste plus rien, je les ai brûlées, cela aurai pu nuire à ma réputation que je ne devais pas entacher. Car j’avais une mission… toi, Iwa. Dans ses jours de lucidité, elle me pria de te prendre sous mon aile s’il lui arrivait malheur. Elle était donc consciente du danger sous lequel elle s’exposait. »

« Pourquoi n’a-t-elle pas arrêté ? Pourquoi ne m’a-t-elle pas vu comme son trésor ? »

« Tu es toujours la petite fille que j’ai connu… cette question te tourmente-t-elle toujours ? Comme la culpabilité me ronge, et me rongera jusqu’à mon dernier souffle ?  La folie, Iwa, change l’être humain. Et la magie noire l’entourait depuis longtemps, elle ne pouvait plus s’en soustraire. Mais tu étais son trésor,  n’en doute pas là-dessus. Elle t’a protégé de la convoitise de  ces yokaï pervers et sanglants. D’où que tu sois là maintenant. »

L’atmosphère avait délaissé la froideur pour la chaleur étouffante des profondes émotions. Les lèvres d’Iwa tremblaient, et ses yeux étaient brouillés par les larmes collées aux bords des yeux. Une distance, plus grande que celle de la table entre elles s’était crée. Car leurs sentiments étaient placardés sur leur visage, et n’osant se regarder de face, elles se regardaient avec pudeur. Iwa tentait de mettre de l’ordre dans ses pensées. Sa tante se sentait coupable d’un geste plein d’amour et de bonté, il est certain que ce n’était pas le meilleur, cependant on ne pouvait plus rien changer. Et pour Iwa il ne restait que sa tante comme famille. Elle était fortement attachée au souvenir, depuis qu’elle était arrivée ici, elle s’en était fait des milliers. Elle s’était épanouie grâce à sa tante qui avait bien voulu d’elle. Comment pourrait-elle l’oublier ?  Encore perdue, son cœur néanmoins lui criait toute la reconnaissance qu’il avait pour cette femme faisant preuve d’altruisme.

« Ne vous sentez pas coupable, ma tante. Ce n’est pas vous qui l’avez poussée vers un destin funeste. Ne l’avez-vous pas dit vous-même, que dans ses jours lucides, elle savait sur qu’elle chemin elle se tenait ? »

Elle offrit un pâle sourire réconfortant à sa tante, qui avait toujours le visage sans couleur, le mal dont elle était sujette déformant ses traits.


Deux jours plus tard.

Iwa s’était acheté l’obi avec la bourse de Makoto. Un bel obi rouge, brodé d’oiseaux dorés aux larges ailes. Il se mariait merveilleusement bien avec un kimono noir, laissant apparaître le col et les pants rouges de l’habit qu’elle mettait en-dessous.
Elle ne faisait que de caresser la boîte qui le renfermait, un sourire un peu rêveur sur les lèvres. Elle s’empêchait de penser à la conversation avec sa tante, car ils ne deviendront que plus vifs dès que la ninja se sera faufilée dans sa chambre.
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MessageSujet: Re: L'elixir   Sam 18 Avr - 12:55

- " si j'affichais une satisfaction presque langoureuse en flattant une boite, il y aurait certainement un empilement de coeurs dedans mais ... je doute que tu saches apprécier la beauté d'une telle composition."

L'ombre se glissa dans la chambre comme à son habitude à ceci près qu'elle s'assit en zazen face à Iwa et ce à une distance des plus inconfortable, autrement dit presque nez à nez. Sa main se posa sur la boite de bois, stoppant le balais incessant des doigts fins et longs la caressant avec une certaine affection.

- " Te serais tu ouverte aux voies de la vengeance et de la colère charmant petit moineau inoffensif ? Le coeur de cette vieille poupée décrépie est il conservé ici ou as tu un nouvel objet à chérir ?"

Il était évident que la geisha n'aurait en rien commis de tels actes mais les énoncer suffisait au plaisir de Makoto d'une humeur sombre et lugubre ces derniers jours. Si la suite des événements n'allaient pas dans son sens, il lui serait difficile de ne pas égorger la jeune femme bien qu'une ombre de regret la submergerait après son forfait. Sa voix basse et atone trahit la caractère brumeux et froid qui l'enserrait depuis que l'attente des résultats de cette fiole la rendait folle.

Si cela fonctionnait, elle pourrait jeter sa solde sur la table de la geisha, et en tant que stratège, elle possédait assez de biens pour que cela tienne la jeune femme loin d'un besoin financier durant un moment. Cependant, si s'avérait que ce liquide soit inefficace, sa lame et sa haine elles sauraient l'être.

- " Dis moi que tu as de bonnes nouvelles concernant cette élixir. Que tout ce stratagème n'a pas était vain. Parle sans détour. c'est un conseil que je te donne si tu veux apaiser mes nerfs en feu."


Ses ongles de la main reposant sur le coffret de bois se plantèrent dans le matériau, y dessinant des marques de griffures nettes et profondes.
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