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 Le Village d'Hitaro [QUÊTE]

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* KAMI *
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MessageSujet: Le Village d'Hitaro [QUÊTE]   Mar 1 Aoû - 20:57

Le soleil brûlait à son zénith lorsque les trois hommes arrivèrent devant le petit village d'Hitaro. Un hameau dans la région Shôten de l'Empire. Quelques habitats les uns à côtés des autres, formant un cercle au fond d'un vallon. Au nord de ce bourg, une entrée laissait deviner la présence d'une mine récemment fermée. La modestie semblait définir ce lieu .. Mais l'air méfiant des habitants à l'encontre des arrivants amena ces derniers à penser le contraire. Le célèbre chef de guerre du clan Ryûzoji, un capitaine renommé du clan Hayashi, et un Samouraï prometteur du clan Uesugi .. Ils n'étaient pas là par hasard.

Ils passèrent la porte étrangement grande et renforcée, pour une si petite localité et ne purent que constater les dégâts. Les rares hommes étaient blessés, les femmes apeurées, et les enfants effrayés. Le village était entouré d'un mur de bois à hauteur d'hommes, dont quelques trous étaient inquiétants. Les brigands avaient surement dû exploiter les brèches de la barrière. Un homme plus vieux que la moyenne s'approcha des protagonistes. Un large sourire s'afficha au-dessus de son ventre bedonnant et de son kimono richement décoré.


- C'est vous ? Oui c'est vous ! Ce sont eux, ils sont là pour nous sauver ! Dit-il à ses villageois. Mes amis, mes Héros ! Je suis le maire d'Hitaro et je suis ravi de vous accueillir ! Il scruta les trois Samouraïs et reconnut celui qui était en tête. Sô .. Sô Sesshu-Sama ! L'Empereur vous a envoyé avec ces deux valeureux guerriers ! Nous comptons sur vous. Un groupe de brigands, de vauriens, de voleurs, nous attaquent depuis plusieurs semaines ! Ils veulent notre or mais nous n'avons rien .. Son regard se dirigea vers le bas et sa voix s'éteignit avant de reprendre de plus belle. Nous n'avons aucune récompense pour vous, mais nous prierons à votre gloire ! Il reprit son souffle. Ils vont attaquer avant l'aube. Tuez-les ! s'exclama-t-il le poing levé. Nous vous enverrons nos encouragements depuis cette maison ! Il pointa une maison mieux barricadé que les autres sur le flanc Ouest. Ne nous décevez pas .. Sinon l'Empereur, mon vieil ami de toujours, risque de ne pas etre content .. Et vous savez ce qui arrive quand le grand et puissant Tennô n'est pas content. Un rictus malin se dessina. Allez ! Faites votre travail et venez nous dire quand vous nous aurez débarrassé de ces malfrats ! Pourfendez-les avec vos katanas ! C'est pour ça que l'Empire vous paye, non ? Alors c'est le moment de défendre l'Honneur des opprimés ! Bonne Chance ! Lança-t-il avant de marcher à grand pas vers la forteresse improvisée.

Ce vieux chef cachait quelques choses. Une jeune femme observait la scène. Autour de son cou, un collier avec une pierre rare en pendentif d'une valeur inestimable balançait de gauche à droite. Tout s'éclaircit. Si Tennô Akamatsu avait décidé d'envoyer des hommes d'une telle notoriété dans cet endroit à l'allure malfamé, c'est parce-que ces paysans creuser cette colline à la recherche de minerais précieux. Et ils les avaient trouvé .. Défendre les intérêts de l'Empire, telle serait la mission du commando fraichement formé.

L'astre de Feu commençait à s'incliner dans les cieux. Les heures étaient comptées. Les ennemis n'allaient pas tarder. Le temps aux Katanas allait sonner !
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Norishimo Takiyo
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| Capitaine |



Jisei no Ôyashima
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Clan: Hayashi


MessageSujet: Re: Le Village d'Hitaro [QUÊTE]   Mer 2 Aoû - 18:19

L'étendard Hayashi claque légèrement au vent. Norishimo Takiyo s'est porté volontaire pour représenter le clan qu'il s'est engagé à servir jusqu'à son dernier souffle. D'une main, il tient fermement la bannière qu'il a juré de défendre au péril de sa vie. De l'autre, il serre doucement les rênes de sa monture. Le cheval et son cavalier se sont arrêtés en haut d'une colline. La vue est saisissante, imprenable. Elle permet au capitaine de préparer d'éventuelles stratégies, d'identifier les possibles failles et menaces. L'homme est né pour être combattant et a appris à penser de cette manière. De longues années d'apprentissage, de sueur, de douleurs ont fait de lui un guerrier accompli.
Depuis sa position, la petite bourgade ressemble à une fourmilière. Une fourmilière exposée au danger, vulnérable sur tous les côtés. Des personnages minuscules, très certainement les habitants, s'agitent dans tous les sens. Ils ont sûrement dû le repérer et cherchent à identifier ses intentions. Les effluves de la peur viennent vicier un air frais et pur. Takiyo peut sentir leur inquiétude d'ici. Il remarque rapidement qu'il n'est pas le seul à s'intéresser au village. Deux autres silhouettes  s'approchent du hameau, mais il est impossible de les identifier depuis sa position reculée. Peut-être sont-elles à l'origine de la panique qui s'empare des locaux. Le colosse enfonce son talon dans le flanc de l'animal, qui repart au galop et dévale la pente à toute allure.

L'étendard Hayashi claque dans tous les sens. La course folle du cheval et de son maître ressemble à la charge suicidaire et furieuse d'un démon. Le cavalier est revêtu d'un kimono tissé dans une matière faite de ténèbres, engoncé dans une armure rouge sang, le visage protégé par un casque orné de deux imposantes cornes et dissimulé sous un masque représentant un oni courroucé. Il ressemble à s'y méprendre à un esprit tout droit sorti des Nuits sans Fin. Un esprit vengeur qui ronge le cœur des hommes et qui caractérise si bien la rancœur attribuée aux Hayashi. Il ne lui reste plus qu'à dégainer katana et wakizashi pour couper quelques têtes et compléter ce portrait déshumanisé.
Mais après tout, pourquoi se donner un air intimidant si ce n'est pas pour semer la terreur dans le cœur de ses ennemis ? Un guerrier ne devient-il pas un monstre lorsqu'il ôte une vie ? Ne devient-il pas un démon lorsqu'il laisse son esprit s'égarer dans la bataille, lorsqu'il abreuve sa lame dans le sang de combattants vaincus ? Il se dit dans les villages et les villes que les membres du clan Mogami sont d'ailleurs de véritables bêtes sanguinaires lors des combats et que seule la mort peut les libérer de leur folie meurtrière et destructrice. N'est-ce donc pas là un exemple parfait de ce qu'un homme devient lorsqu'il tue trop souvent ? La mort semble pervertir tout ce qu'elle touche. Norishimo Takiyo en a fait l'expérience. Il est ressorti de la Grande Guerre plus sinistre et maussade que jamais.

Le cheval trottine en arrivant à hauteur des autres silhouettes qui semblent être celles de samouraïs, à en juger les armes glissées dans les fourreaux. Le capitaine examine le temps d'un instant les visages des deux hommes. Si le premier individu ne lui dit rien, quelle n'est pas sa surprise quand il découvre qui est son comparse. Le Héron en personne ! Celui que l'on ne présente plus. Le vétéran incline la tête en le reconnaissant, en guise de respect.

- Sesshû-sama... Souffle le colosse sur le bout des lèvres.

Les autres Hayashi n'auraient pas pris la peine de le saluer. La rivalité éternelle entre le clan Hayashi et le clan Ryûzoji, respectivement représentés par un colosse et un aveugle, aurait suffit à installer un climat de tension. Mais le Héron est reconnu pour son tempérament calme et résolument pacifique. Et Takiyo est de son côté un guerrier préférant la sagesse de la parole et de la plume à la violence des armes. Deux caractères compatibles pour une harmonie parfaite. Un atout non négligeable lorsque l'on sait qu'ils ont été dépêchés ici pour mettre fin à d'odieuses actions. Une animosité entre les deux hommes aurait tôt fait de compromettre la mission et leurs chances de réussite.

Le capitaine décide de continuer à trotter jusqu'au village en silence. Il n'a de toute façon rien à dire et n'a jamais été d'un naturel très bavard. L'endroit pourrait à première vue être pris pour un petit bourg des plus banals. Les lieux sont loin d'être gais, et peuvent être à l'image de ce qu'on l'on trouve sur les côtes, là où Takiyo a grandi. En outre, le samouraï se complaît dans cet environnement assombri par la méfiance, la peur et le chagrin. Toutefois, il ne peut s'empêcher de noter la présence d'un mur en bois. Cette fortification de fortune, aussi risible soit-elle, prouve que les habitants de ce village miteux se sont préparés au pire. Peut-être même qu'en dépit des apparences, ils ont des choses à cacher.
Et l'attitude du dirigeant des lieux est en effet plus que suspecte. L'énergumène se permet de parler de l'Empereur comme s'il s'agissait de son ami de longue date, et ose donner des ordres à des individus qui sont de loin ses supérieurs. Il n'en faut pas plus pour sortir notre cher capitaine de ses gonds. Il aurait probablement pu lui couper la tête d'un seul mouvement, mais ils ne sont pas ici pour répandre le sang des opprimés, aussi vulgaires et odieux soient-ils. Si Takiyo est d'abord et avant tout un être de paix, il a prouvé à maintes reprises qu'il était capable de devenir un homme bien moins sympathique et calme. C'est toutefois avec les mots qu'il compte répliquer, et non pas avec son sabre.

- Ne provoquez point la fureur de forces qui vous échappent et que vous n'êtes point en mesure de contrôler petit homme. Nous ne sommes point des mercenaires, appâtés par le gain et la gloire. Nous sommes ici parce que l'honneur et le devoir nous le dicte. Nous avons un devoir envers notre Empereur, et envers nos Seigneurs respectifs. Là est notre véritable motivation. Et le sentiment du devoir accompli est notre unique récompense. Rétorque froidement le colosse en armure en mettant pied à terre, sa voix étouffée sous le masque. Occupez-vous de vos gens, nous nous chargerons des bandits.

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Fujiwara Taiki
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Jisei no Ôyashima
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Clan: Uesugi


MessageSujet: Re: Le Village d'Hitaro [QUÊTE]   Mer 2 Aoû - 21:42

L'air est lourd, la chaleur émise par un soleil à son zénith est insoutenable dans cette armure bleue aux couleur des Uesugi et, malgré le fait que le village où ce trouve Fujiwara soit dans un vallon, pas le moindre petit vent rafraîchissant.

La présence de Taiki, en armure complète, à cheval et portant l’étendard de son clan, dans un endroit aussi mystérieux, sous couvert d'austérité n'est pas dû à un quelconque hasard, Dame Miyu, la sage, grande et gracieuse dirigeante du clan auquel il fait parti, a reçu de l'empereur, Tennô Akamatsu, l'insigne honneur de désigner l'un de ses subordonnés afin de mener à bien une mission de la plus haute importance. Et, dans toute sa sagesse, c'est lui, Fujiwara Taiki, qui fut désigné pour accomplir cette tâche. La quête en question se résume à la protection d'un village minier.

Arrivé sur place, Taiki observe minutieusement le-dît village, porte protectrice anormalement grande et renforcée à la va-vite, murs en bois à hauteur d'homme aussi trouées qu'une passoire, hommes en effectif réduit et blessés de surcroît, femmes et enfants effrayés, sous alimenté et maladif, habituel des pauvres villages sujets aux brigandages et mine récemment obstruée. Un village désuet et pourtant, qui doit posséder un intérêt stratégique, économique ou toute autre raison valable si l'empereur en personne fait dépêcher des combattants aguerrit pour le protéger.

Les deux autres guerriers présent avec Taiki sont manifestement, au vu de leur armure respective, bien plus haut gradé que lui. Un chef de guerre et un capitaine, au jugé. L'un ,aveugle, n'est autre que celui que l'on surnomme "Le Héron" du clan Ryûzoji , d'après les dires du capitaine et l'aspect de son étendard. Quand le capitaine fit la révérence, Taiki l'imite derechef, il ne souhaite pas faire mauvaise impression ou entacher son honneur ou celui de son clan en faisant preuve d'irrespect envers ces supérieur. Suivant cette pensée, il réitère une nouvelle révérence en direction du capitaine.
Cela dit, pour l'autre Taiki ne peut en tirer que deux informations, l'une: il fait partie du clan Hayashi, sauf si sa connaissance des symboles clanique ne l'abuse, deux: Il l'égal en taille et en stature.

- Je me nomme Fujiwara Taiki, samouraï du clan Uesugi! Je suis très honoré d'ainsi me trouver en votre présence et de faire équipe avec d'aussi grands guerriers dans cette quête!

Un homme grassouillet et étrangement bien vêtu pour un endroit aussi vétuste, se présentant comme étant le maire, nous assailles et fait preuve d'un peu trop de véhémence à notre égard, ce que ne manque pas de faire remarquer le colosse en armure vert foncé, mais le dodu personnage ne l'écoute déjà plus et s'enferme avec les autres dans la bâtisse la plus fortifiée du bourg.

Du coin de l’œil, Taiki perçoit furtivement l'éclat d'une pierre précieuse au cou d'une des villageoises, du genre que seul les puissant peuvent s'offrir et monnayer avec. C'est donc pour des intérêts économiques que nous sommes là. Celui qui contrôle les gisements d'un tel minerai et, potentiellement, capable d'élever une armée et, si il en possède suffisamment, renverser le pouvoir en place. Brisant par la même, le fragile équilibre du pays ainsi que la trêve entre les chefs de clan. Voilà le poids du devoir qui pèse sur nos six épaules.

Taiki tourne son cheval, de sorte à être en face de ses deux frères d'armes, désigné pour l'occasion, et attend patiemment et en silence la suite des événements et les ordres qui peuvent en découler.
Bien qu'il s'est juré de ne plus jamais faire versé le sang inutilement, il doit se montrer à la hauteur et, surtout, en aucun cas, faire honte à sa Dame et à son clan.

Obéir!
Ne jamais faillir!
Et, s'il le faut, mourir!

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* KAMI *
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MessageSujet: Re: Le Village d'Hitaro [QUÊTE]   Lun 7 Aoû - 2:18

La nuit était maintenant tombée, le ciel nuageux, la pénombre dominante. Difficile de jauger combien de temps s'était écoulé. Un vent frais se leva subitement, s’engouffrant dans la cime des arbres. L'agitation des feuilles malmenées se fit entendre. La forteresse improvisée, quant à elle, semblait paisible. Aux fenêtres éclairées, des ombres petites et grandes vagabondaient à l’intérieur. Une odeur de fumée s'éleva dans les airs. Les rescapés, maintenant protégés, s'apprêtaient surement à savourer un riche repas en ce temps d'espoir recouvré. Pourtant la fumée ne provenait d'aucune cheminée. Et l'heure était tardive. Les ombres à l’intérieur s'agitèrent vivement. Une nouvelle bourrasque et des flammes nullement visible l'instant d'avant s'élevèrent de la façade de la bâtisse. Des cris stridents déchirèrent le silence de la nuit. La situation semblait bel et bien compliquée à l’intérieur. Sans doute, le brasier naissant et la fumée de plus en plus opaque les retenaient prisonniers. La porte d'entrée ne paraissait toujours pas touchée. Un espoir était encore permis, mais celui-ci, comme tout le reste, ne tarderait bientôt pas à être réduit en cendre.

Les quelques hommes chargées de faire le guet se hâtèrent de chercher les points d'eaux avoisinants.  L'un d'entre eux hurla atrocement. A genoux, l'abdomen ouvert de bas en haut, il observa désemparé ses tripes se déverser à terre. La mort serait lente et douloureuse.


"La défense n'est vraiment pas au point dans ce village... Vous n'apprendrez donc jamais."


Le hennissement d'un cheval de guerre attira l'attention de tous ceux encore présents, mais totalement pétrifiés d'horreur. Un saut puissant de sa monture et le cavalier, se retrouva au centre de la place, contemplant avec satisfaction l'incendie. Ce n'était d'ailleurs pas la lumière du feu qui rendait cet être si imposant. Car bien que recouvert d'une armure intégrale, couleur ébène et d'un heaume orné d'un masque au sourire démoniaque, on distinguait aisément sa carrure athlétique. Il le prouva l'instant suivant en faisant tournoyé avec force et vivacité son long nagatama dans les airs avant de le planter fougueusement au sol. La lame, courbe et acérée, défiant les cieux, était encore imprégné du sang frais de sa dernière victime.

"Je suis Akeno Takahashi, le Pourfendeur de l'Ombre. Un démon assoiffé d'or et de sang, mais qui, en cette belle nuit, ne se contentera que de l'un des deux. Choisissez..." Lâcha-t-il froidement sur son destrier aux chanfrein et poitrail protégés

Un enfant, armé d'une petite figurine de bois, se pencha à l'une des fenêtres embrasées et implora, de toutes les larmes de son corps, qu'on vienne l'aider. Une dernière prière, sans doute inaperçue, dans l'agonie collective d'un chaos bien plus grand...
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Sô Sesshû
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| Chef de Guerre |



Jisei no Ôyashima
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Clan: Ryûzoji


MessageSujet: Re: Le Village d'Hitaro [QUÊTE]   Jeu 10 Aoû - 0:42

Pour votre information:
 

Quelques évènements récents avait su perturber la paix régnant à Hariken, et depuis les vieux hérons avait été des plus occupés à tenter de remettre de l’ordre dans la cité. Cependant, alors que cette première tempête venait à peine de laisser place à un temps plus agréable, le vieux samouraï reçus une requête venant d’un village voisin. Le village d’Hitaro implorait les seigneurs des grandes cités avoisinantes de leur v porter appui face à la menace qui s’apprêtait à s’abattre sur eux. Les ténèbres étaient au-dessus du petit village et celui-ci ne possédait nullement les défenses nécessaires afin de résister à un envahisseur.

Souhaitant se concentrer sur les affaires locales d’abord et préférant demeurer à Hariken et envoyer l’un de ses meilleurs capitaines afin de porter main forte, le chef de guerre fut convaincu par son Daïmyo de se présenter lui-même à Hitaro. Nombreux membres du conseil avait tenté de rassurer le vieux héron, lui disant que la situation dans la cité était sous control, mais comme un père avec ses nombreux enfants, Sô ne pouvait s’empêcher de se faire du souci pour eux.

Obéissant, le vieux héron dû revêtir l’amure qu’il avait espéré ne jamais devoir remettre, quittant la cité afin de rejoindre les défenses d’Hitaro. Bien entendu, étant au courant de la situation et du peu de défense disponible au village, le chef de guerre pris la route accompagné d’une escorte plus grande qu’à son habitude. Voyageant habituellement très léger depuis le début de l’ère de paix, cette fois-ci Sô était non seulement accompagné de son entourage habituellement, mais aussi de nombreux soldat s’étant porté volontaires. Ayant d’abord demandé l’assistance d’un peu plus d’une centaine d’homme, l’influence que possédait le vieux samouraï avait su en attirer bien plus.

Ce fut donc après quelques jours à cheval que la petite armée arriva au village. Alors que le groupe approchait le village, Sô s’adressa à l’un de ses hommes.

‘’Sugihara… je souhaite avoir une maquette du village… chaque édifices, chaque rues et ruelle… soit mes yeux afin que je puisse connaître ce qui m’attends… ’’

‘’Hai Sô-sama’’ répliqua-t-il

Le vieux héron ne possédait plus le don de la vue depuis de nombreuses lunes, mais avec une maquette, une carte en trois dimensions, celui-ci allait être en mesure de connaitre un peu plus le village et le terrain qu’il devait défendre. Le clan Ryûzoji semblait être les premiers à avoir répondu à l’appel, du moins c’est ce que Sô compris en écoutant le bruit des rumeurs local. Toutefois, les renforts des autres clans ne furent pas loin derrière et notre protagoniste ne tarda point de faire leur connaissance. Il entendit son nom, invoquer d’une façon certes hors de l’ordinaire, utilisant le prénom du samouraï et non son nom de famille. Par son accent et le ton emprunté, bien qu’il ne connaissait point le nom de son interlocuteur le vieux héron en avait déduit qu’il s’agissait d’un homme de Furashu. Il s’agissait d’une première, le clan Hayashi et Ryûzoji sur le même champ de bataille, mais cette fois-ci du même côté… qui l’aurait cru ?

Puis il y avait le samouraï du clan Uesugi, un dénomé Fujiwara. Il ne s’agissait point ici d’une famille bien connu et Sô ne possédait aucun souvenir d’eux, mais si la dame avait choisi d’envoyer cet homme c’est qu’elle possédait foie en lui. Avec le ton emprunté par celui-ci, l’homme semblait presque enthousiaste à l’idée de combattre. Sô afficha un léger sourire, puis répliqua calmement.

‘’C’est un honneur de faire votre connaissance Fujiwara Taiki du clan Uesugi… ‘’ Puis se retournant vers l’autre homme il poursuivit ‘’et aussi d’être du même côté qu’un membre du clan Hayashi… mieux vaut discuter des préparatifs avant la tombée de la nuit’’

Certes, il était impossible pour Sô de savoir où se trouvait le soleil dans les cieux, mais s’il devait se fier à la chaleur, il leur restait quelques heures et chacune comptait. Il ne savait point quand l’ennemie allait se présenter, c’est donc pour cette raison qu’il ordonna à quelques hommes de patrouiller les environs tandis que d’autre devait préparer quelques barricades. Il demanda la création de quelques cheval de frise afin de bloquer une attaque rapide de cavalier, mais ne connaissant pas encore le village, il ne pouvait dire immédiatement où les placer.

Les heures passèrent, et les hommes discutaient. Entre les quelques rapports et maintenant avec l’aide d’une maquette Sô était en mesure de mieux déterminer la situation et celle-ci s’annonçait plus difficile qu’il l’aurait eu souhaité. D’un point de vue stratégique, Hitaro était un village difficile à défendre et une prise facile. Le héron avait quelques idées, mais celle-ci allait demander du temps et l’aide des autres être présent au conseil.

‘’La colline se trouvant à l’Est n’est certainement pas la direction qui sera prise par notre ennemie’’ dit-il en caressant la maquette avec ses doigts ‘’ Au pied de celle-ci se trouve une rivière… une excellente défense naturelle, malheureusement notre seule… c’est l’Ouest et le Nord qui m’inquiète le plus… le terrain semble être plus élever du moins selon ce que j’ai pu comprendre ‘’ Il se tourna vers Fujiwara ‘’ Le clan Uesugi est réputer pour ses archers… et mais ici le terrain n’est pas à notre avantage à moins qu’on apporte l’ennemie plus près de nos portes ‘’ Prenant entre ses mains une pierre et la déplaçant vers le Sud de la maquette ‘’nous avons quelques cheval de frise au Sud et d’autre au Nord… mais le peu de temps entre nos mains je doute que nous allons avoir le temps d’en construire plus et de poursuivre le trancher… ‘’ Se retournant vers le capitaine Norishimo ‘’ Norishimo-sama, croyez-vous être en mesure d’encercler en partie l’ennemie en prenant distance avec quelques un de vos hommes vers le Sud ? Je peux envoyer certains des miens vers le Nord… nous allons déplacer les civils majoritairement vers l’Ouest du village, le plus loin possible de l’ennemie… malgré la rivière je tiens tout de même à placer quelques sentinelle et si Fujiwara-sama est d’accord… quelques archers…’’

La discussion se poursuivait et Sô était attentif aux suggestions des autres membres de ce conseil de guerre. Chacun possédait une certaine expérience et malgré les rivalités le tout se déroulait dans l’harmonie, laissant les plans s’exécuter le mieux possible dans les pires délais. Certes, il y existait quelques tension, particulièrement entre les hommes du clan Hayashi et Ryûzoji, mais s’étant déjà entretenu avec le Daïmyo du clan Hayashi il y a de cela quelques saisons, Sô avait démontré qu’il ne possédait aucune animosité envers eux.

Alors que la nuit était déjà avancée, un lourd silence régnait autour du village. Les quelques sentinelles étaient vigilante, mais sans savoir quand ou même si l’ennemi allait frapper ce soir, la tension se faisait sentir. La lune haute dans les cieux aurait dû éclairer les champs, mais celle-ci était masquée par les nuages… un mauvais présage. Sô assis face à une fenêtre dans ce QG improvisé était attentif au bruit de la nuit. Bien qu’il était incapable de voir ce qui se trouvait devant lui, ses autres sens était aux aguets. Son vieux katana à ses côté, le héron faisait preuve de patience. Il fut cependant alerté par le premier assaut surprise. Les premières provocations de l’ennemie se faisaient entendre…

‘’Akeno Takahashi’’ se dit-il tout bas alors qu’il eut l’écho du nom de l’ennemi.

Il était aux portes du village, tentant d’effrayer les habitants tel un Ibaraki dōji. Suivant les provocations Sô se leva alors que l’un des membres de son escorte tenta de l’empêche.

‘’Sô-sama… laissez nous répondre à l’appel…’’

Le vieux héron se retourna vers le jeune être

‘’Nous devons garder le regard de l’Ibaraki dōji occupé afin de le prendre par surprise… quoi de mieux qu’ Aosaginohi’’ termina-t-il avec un léger sourire à ses lèvre avant de se laisser guider vers l’homme portant le nom d’Akeno Takahashi afin de répondre à l’appel. Traversant les quelques rues les séparant, il fut dirigé jusqu’à une plateforme sur élevé avant d’interpeler l’assaillant.

‘’Akeno Takahashi’’ dit-il de vive voix.

Le vieux héron écoutait attentivement et attendait la réplique… et cela peu importe la forme sous laquelle celle-ci allait se présenter.







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Fujiwara Taiki
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MessageSujet: Re: Le Village d'Hitaro [QUÊTE]   Ven 11 Aoû - 21:06

La nuit: fraîche, synonyme de repos et d'attaque surprise dans notre cas présent. Un parfait subterfuge avantageux pour l'adversaire principal du village et, par adéquation, celui de tout les guerriers présent affilié à la protection des habitants de ce même village.
Pour Taiki, bien que la nuit soit utile pour récupérer des affres de la journée, elle est surtout la seule entité qui l'oblige à faire face à ses plus grandes peurs. Et malgré tous ses efforts, il n'est jamais parvenu à être insomniaque.

Pour revenir au village: le chef de guerre Ryûzoji lui a permis de disposer d'un petit nombre de ses archers. Taiki n'est pas vraiment à l'aise avec les armes à distance, préférant un bon vieux corps à corps, c'est plus simple et au moins, on peut s'assurer que son adversaire et bien mort ou, dans son cas, suffisamment blessé pour ne plus pouvoir répliquer à cause de la douleur.
Cela, bien évidemment ne lui a pas empêché de poster les archers aux endroits favorables pour la manipulation d'arc et de flèches.

Cependant, pourquoi ces cris n'ont rien à voir avec ceux de personnes festoyant autour d'une table bien garnie?

Horreur, la maison renforcée ou c'est terré tous les villageois et devenue la proie des flammes et, au lieu de leur servir de refuge, se transforme en tombeau ardent.

Mon dieu! comment avons nous pu être aussi négligeant!

Taiki abandonne le poste de surveillance et se rue à la rescousse des villageois, aidé par d'autres soldats, réceptionnant ceux qui tombe des fenêtres surélevées pour échapper au brasier. D'autres soldats forment hâtivement une chaîne dans le but d'atteindre les points d'eau entourant la bourgade.
Soudain, le sang de Taiki se glace, un hurlement terrible se fait entendre et, par la même, rompt et disperse la chaîne de volontaire.

"Akeno Takahashi", voilà le nom du monstre qui tourmente ce village et qui tue sans ménagement.
Mais quelque chose ne tourne pas rond. Taiki fait de grands efforts pour rester maître de lui-même et garder ce nouvel adversaire dans son champs de vision, adversaire trop lourdement protégé pour un brigand normal, il semble que l'intérêt économique de cet endroit soit plus important que ce quoi Taiki c'est attendu et cela ne va pas aller en s'améliorant.

Maintenant que le ton est donné, tout le monde retiens son souffle dans l'attente de la suite des événements: le Héron, calculateur, patiente en prévision de son prochain ordre et Taiki, en garde et prêt au combat, n'attend qu'une ouverture pour frapper!

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MessageSujet: Re: Le Village d'Hitaro [QUÊTE]   Lun 14 Aoû - 2:40

Le chaos avait enlacé le village. En son centre, crépitements et cris s'intensifiaient. Une chaine humaine se relayait pour tenter d'endiguer les flammes. Peine perdue semblait-il. La porte de l'édifice se brisa enfin et plusieurs hommes entassés et noircies tombèrent à la renverse. L'un d'eux n'était autre que le régent du village, présomptueux envers nos trois héros. Son kimono calciné, la peur logée dans ses yeux et les traits de panique ancrés sur son visage témoignaient de l'horreur qui sévissait à l’intérieur. Il se releva péniblement, s'appuyant sur le visage d'un autre et détala tel le lièvre poursuivi par l'aigle.

Aux abords du village, notamment à l'Ouest et au Nord, la cohue de nombreuses harangues militaires résonna dans l'obscurité. S'en suivirent le bruit silencieux des flèches pourfendant l'air et des lames d'aciers s'entrechoquant . L'armée commune, déployée par l'alliance étonnante des trois clans réunis, était désormais en prise avec l'ennemi, arrivé en masse par les collines avoisinantes. Ce dernier était bel et bien déterminé à prendre d’assaut la cité. Si la défense cédait, la zone serait littéralement submergée par les pillards, bien trop nombreux pour une simple razzia.

Le cavalier qui se targuait du nom de Pourfendeur de l'Ombre parut confiant. Il fut bientôt rejoint par quatre guerriers pédestres ayant réussis à s'infiltrer par les remparts ébréchés. Leur allure était en tout point différente. S'il émanait d'Akeno Takahashi, un certain charisme, les nouveaux arrivants, quant à eux, armés de katanas peu reluisant et protégés par de simples jambières, paraissaient plus rustiques et moins assurés. Ils attendirent à ses cotés, la hiérarchie établie ne faisant aucun doute. Deux flèches enflammées, accompagnées par un sifflement sourd, volèrent dans le ciel vers les trois héros. Deux archers, au moins, se dissimulaient donc, tout proche, révélant par ailleurs l'origine de l'incendie. Ce fut le signal attendu. La monture partit subitement au triple galop, son propriétaire saisissant dans la foulée son naginata, dont la pointe menaçante était maintenant dressée droit vers le buste de Sô Sesshu. Hasard ou action minutieusement calculée, il se pourrait bien que l'ennemi ait reconnu l'être de légende qui lui faisait face et la nécessité d'en finir promptement.

Les quatre autres se scindèrent en deux groupes de deux et se précipitèrent respectivement vers Fujiwara Taiki et Norishimo Takiyo, dans des hurlements bestiaux, prêts à abattre leurs armes sur les deux samurais. L'objectif était de diviser les plus forts potentiels de guerre apparents et de les vaincre séparément par le nombre. Il n'y avait là rien d'honorable dans la méthode, mais le Bushido n'était apparemment pas leur crédo.

Les flèches et les lames étaient bientôt proches de l'inévitable...
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Norishimo Takiyo
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MessageSujet: Re: Le Village d'Hitaro [QUÊTE]   Mar 15 Aoû - 1:59

Suivant les instructions du Héron, le capitaine du clan Hayashi a installé son campement provisoire au sud du village. Le colosse a trouvé une position idéale pour ses troupes. Il s'est servi de la rivière comme protection naturelle à l'Est et a établi ses quartiers au centre d'un ensemble de collines. D'ici, il peut faire un feu sans craindre d'être repéré de trop loin. Après s'être assuré d'avoir posté quelques sentinelles en haut des collines afin de les protéger des mouvements ennemis, Takiyo se décide enfin à rejoindre les hommes du clan Ryûzoji réunis autour d'un feu. Les soldats sont fébriles. La plupart sont de jeunes et robustes gaillards, tenus par le devoir de servir et probablement attirés ici par quelques récits glorieux sortis des bouches de vétérans de guerre. Le capitaine peut comprendre l'état de nervosité des combattants. Se retrouver plantés là, sous les ordres de l'ennemi héréditaire, à attendre une attaque qui tarde à venir... Il y a de quoi devenir fou. Qui plus est, le moment de l'attente est toujours le plus stressant. On se demande quand va arriver le moment décisif de monter à l'assaut, combien seront les ennemis et d'autres détails insignifiants du genre... Tant de questions qui perturbent la concentration et rendent l'esprit plus instable. Des choses qui ne semblent néanmoins pas tourmenter le vétéran qu'est Takiyo. Il a appris à refouler ses émotions, à chasser toute pensée négative de sa tête, afin de rester opérationnel et au sommet de ses capacités en toute circonstance.

Un samouraï jette quelques branches supplémentaires dans le feu afin de se réchauffer. Il tire sur les pans de son kimono pour tenter de couvrir au maximum les membres engourdis de son corps. Mais le vétéran n'a pas l'intention de laisser le feu devenir un élément de repère pour les ennemis. Avec le bout de son saya, il retire quelques morceaux léchés par les flammes. Les Ryûzoji jettent des regards noirs au capitaine, comme si cet acte de défiance n'est pas le bienvenu. Pour Takiyo, il ne s'agit pas de défiance, mais plutôt de bon sens. Quelque chose qu'il ne tarde d'ailleurs pas à rappeler.

- Mettre trop de bois dans le feu risquerait de nous faire remarquer à l'autre bout des collines. Et ce n'est pas ce que votre commandant souhaite. Lâche pour tout commentaire le vétéran, la main sur la poignée de son sabre.

Le jeune samouraï, bien loin de lui faire remarquer qu'il a tort, décide de se contenter d'un simple hochement de tête en guise de compréhension. Il ne tient pas à finir découpé en rondelles de si bonne heure. Un autre soldat, plus discret et paisible que ses partenaires, semble bien curieux et cherche à en savoir plus sur le colosse.

- Vous avez vécu la Grande Guerre Norishimo-dôno n'est-ce pas ? Demande t-il au capitaine avec un léger sourire aux lèvres. Pourriez-vous nous raconter vos exploits ? Vous avez sûrement beaucoup à nous apprendre.

- Mes récits de guerre sont probablement les mêmes que ceux des vétérans Ryûzoji. Répond doucement Takiyo. Et je doute toutefois que vous vouliez en savoir plus à propos de mes sombres exploits. Je ne tiens pas réellement à vous parler des nombreux pères, frères, oncles et amis que j'ai pu arracher aux vôtres.

Des cris viennent déchirer le silence avant même que l'autre n'ait le temps de répondre. Les troupes sortent de leur torpeur et s'emparent de leurs armes dans la précipitation. On piétine à la hâte le feu pour l'éteindre. Les hommes grimpent les collines avec une énergie renouvelée et assistent de loin à l'attaque sur le village. Le capitaine lâche un juron étouffé par sa barbe et ordonne qu'on lui apporte son cheval. Il remet en place masque et casque puis porte fièrement l'étendard du clan Hayashi.

- Ryûzoji ! Avec moi ! Repoussez l'ennemi dans les collines ! Suivez moi ! Frappez avec force et courage, et nul ne saura vous résister ! Hurle t-il à l'attention des combattants placés sous ses ordres avec une voix d'outre-tombe, étouffée par le masque.

De mémoire d'homme, c'est bien la première fois sur le continent qu'un Hayashi rallie sous sa bannière des Ryûzoji. A son signal, les hommes, galvanisés par un discours bref mais efficace, dévalent la pente et poussent des hurlements démentiels. La peur de la mort a laissé place à la fureur des combats à venir. Le massacre commence. Les premiers assaillants qui se portent à l'assaut des murs sont taillés en pièces, pris à revers par les défenseurs et les troupes menées par le capitaine. Le vétéran tranche d'un seul coup de sabre un gaillard qui s'écroule sans vie contre la muraille en bois. Les bandits survivants se replient momentanément, conscients de ne pouvoir gagner du terrain de ce côté là.

Malgré ce petit succès, la bataille ne tourne pas pour autant à leur avantage, et pour cause. L'ennemi arrive par vagues successives, toujours plus nombreux, et certains se ruent déjà dans le village pour trouver où la mort, où la victoire. Norishimo Takiyo aurait dû le savoir. En éparpillant leurs forces, ils avaient rendu la défense de la petite bourgade moins efficace. Et les soldats Ryûzoji sont désorganisés. Certains tentent de leur mieux de défendre au péril de leurs vies des villageois pris au piège, quand d'autres se relaient pour éteindre les nombreux incendies qui menacent de raser entièrement les lieux de leurs flammes dévorantes. Les plus courageux vont de l'avant et tentent de résister à un ennemi bénéficiant de l'effet de surprise.

Râles, plaintes, sanglots et gémissements sont autant de mots pour désigner ce qui sort de la bouche des protagonistes. Le fracas des armes devient le doux chant des combattants. Au corps-à-corps, tout semble permis. On s'étripe en poussant des cris de guerre, on patauge dans les boyaux de quelques cadavres, on bute sur les corps de frères d'armes ou d'ennemis... Le capitaine doit prendre une décision rapidement. Il faut couper la tête du serpent pour que le corps meurt. Et à en juger le nom acclamé par certains pillards, le général ennemi est déjà sur le champ de bataille, à mener l'assaut à la tête de ses hommes. Il n'en faut pas plus pour motiver le colosse. Il repousse d'un coup de pied un assaillant qui vient finir écrasé sous les coups de sabot de son cheval. L'ennemi vient à nouveau de ce côté-ci. Malheureusement, les Ryûzoji devront tenir seuls cette position, car la priorité de Takiyo est désormais de retrouver ses deux comparses. Sur le dos de sa monture, il galope à toute vitesse jusqu'au centre du village où le Héron et le jeune samouraï du clan Uesugi font déjà face à celui qui doit être le dirigeant de la troupe adverse.

Il n'a le temps de presser l'allure jusqu'à atteindre ses camarades. Une flèche vient se loger dans la tête de son cheval. L'homme tombe lourdement au sol, à quelques pas de son fidèle compagnon de mésaventure. Le vétéran se redresse péniblement, récupère la bannière de son clan et la plante dans le sol d'un mouvement sec. C'est visiblement ici qu'il combattrait l'ennemi. A l'aide de son katana, il décrit un cercle dans le sol rendu boueux par le sang des vaincus. Le voilà prêt à affronter son destin, à défier la mort... Et à la donner si nécessaire.
Plusieurs assaillants se portent déjà à sa rencontre. Son imposante carrure et son allure terrifiante (après tout, il ressemble fort à un démon sorti tout droit d'un cauchemar) forcent les deux bandits à prendre quelques secondes de réflexion. Mais l'hésitation passe vite et certains d'avoir la victoire, les malandrins se ruent sur leur cible. Takiyo sort de son fourreau le wakizashi qui pend à sa ceinture, afin de mettre toutes les chances de son côté. Deux lames pour deux ennemis. Conscient de ne pas avoir l'avantage, il force dans un premier temps ses agresseurs à venir l'attaquer, à se mettre en danger, en leur opposant une défense impeccable. Puis lorsqu'il sent que ses adversaires commencent à fatiguer et à exposer leur flanc, il n'hésite pas à prendre l'ascendant. Précision et économie des mouvements sont ses maîtres mots. Lorsque l'on veut être efficace, il faut savoir être rapide et précis. Le contraire aurait tôt fait de fatiguer et de se rendre vulnérable. Le capitaine se sert alors de son wakizashi pour parer les coups et utilise son katana pour menacer ses opposants.

L'un des deux vauriens fait une erreur capitale et baisse sa garde, sûr et certain d'être protégé par son comparse. Mais Takiyo a bien repéré la faille et compte l'exploiter avant que l'occasion ne se dérobe. La lame fend l'air, comme guidée par le dieu du vent, et vient se loger dans le poitrail du gaillard. Il s'écroule avant même de s'être rendu compte de quoi que ce soit. La vie le quitte rapidement, coulant en un flot rouge depuis la fente béante. L'autre recule instinctivement, peut-être en proie à la peur, ou tout simplement conscient de son manque de talent face à un guerrier rompu à l'art de la guerre depuis sa tendre enfance.
Il aurait peut-être dû y réfléchir à deux fois avant de se mesurer à un colosse en armure complète. Les assauts reprennent, toujours plus violents. La défense offerte par le brigand est sur le point de céder... Le coup de grâce arrive finalement, issue fatidique du combat. Une tête est délestée d'un tronc et roule jusqu'aux pieds d'un archer. Le visage du mort est figé en une expression d'horreur.

Un frémissement dans l'air... Un son strident... Et une flèche qui transperce le cuir rouge d'une armure pour se loger dans une épaule. Le vétéran grogne et retire la flèche d'un geste vif et adroit. Le voilà désormais souillé de son propre sang, qui vient se mêler à celui d'ennemis vaincus. Son regard se dirige vers la provenance du tir. Foutus archers ! Incapables de combattre avec honneur, préférant l'arme des faibles et des lâches.

Norishimo Takiyo n'a pas dit son dernier mot. Et ce n'est pas une blessure qu'il juge superficielle qui le fera changer d'avis. Le démon représenté sur son masque semble rire aux éclats. Un rire des plus sinistres. Son regard noir est parcouru d'une lueur des plus glaciales...

Laissez-le montrer sa fureur. Une fureur implacable, silencieuse et brûlante.

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Fujiwara Taiki
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MessageSujet: Re: Le Village d'Hitaro [QUÊTE]   Jeu 17 Aoû - 21:09

Chance ou déveine?

Akeno Takahashi, est rejoins par quatre autres cavaliers, bien moins protégé et, surtout, bien moins confiant que ce dernier. Ils semblent plus faire confiance en leur monture pour charger dans leurs adversaires, mauvaise stratégie. Selon Taiki, l'armée de fortune ne songea pas un seul instant avoir affaire avec des guerriers expérimenté.

Taiki, par obligation et par priorité, détourne son regard du chef présumé de l'armée rebelle pour ce concentrer sur les deux cavaliers qui le prennent pour cible. Mais, ils ont fait deux graves erreurs: premièrement, leur chevaux ne porte pas de protection contre les traits de flèches, deuxièmement, ils ne montent pas de chevaux de guerre, ces derniers ont donc une peur bleue des flammes et leur course sans trouve considérablement ralentie et ils désarçonneront leur cavalier à la première occasion pour prendre la fuite. Fort de cette pensée, Taiki ramasse un bout de bois au sol et l'embrase à l'aide d'une flèche enflammée perdue et le jette en direction des malandrins. La réaction ne se fait pas attendre.

Déjà nerveux de par leur proximité au foyer de l'incendie, les chevaux devinrent totalement fou à la vue d'un feu lancé à leur encontre et se cabrèrent de manièrent quasi ordonnée, éjectant leur propriétaire.

L'un deux tomba à la renverse est meurt piétiné par sa monture, quant à l'autre et éjecté en direction de Taiki qui l'esquive. ce derniers se relève péniblement, Taiki lui laisse le temps de se mettre en garde afin de juger de son style de combat mais il n'est pas stable sur ses jambes, soit il est réellement mort de peur, soit il c'est foulé une cheville ou cassé une jambe dans la chute.

Taiki le regarde avec pitié mais il doit accomplir son devoir et s'excuse mentalement envers son adversaire.
Il se rue droit sur le brigand et, au dernier moment, effectue une pirouette pour surprendre son adversaire et lui assène un violent coup dans la tempe avec son sakabatô, lui faisant perdre conscience.

- Bien, voilà une bonne chose de faites...

Taiki entend un sifflement à son oreille, un tir de flèches vient juste de le manquer mais qui, en contre partie atteint le capitaine du Clan Hayashi. Celui-ci pousse un grognement tout en retirant le projectile de son épaule.
Voyant cela, Taiki court dans sa direction et se poste dans son dos prêt à lui prêter mains forte, même si, de toute évidence, de par son expérience, se n'est pas une telle égratignure qui va faire flancher un homme de son envergure.

Taiki plante son étendard à côté de celui Norishimo-Donô, prend une profonde inspiration et expire longuement, non pas pour augmenter sa concentration mais plus pour refouler son envie de vomir, l'odeur du sang et de la chair brûlée lui rappelle de mauvais souvenirs.

_______________________________

N'écoute pas ceux qui te disent que tu n'es bon à rien.
Réponds-leur qu'ainsi, tu ne peut que progresser!


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