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 Le Village d'Hitaro [QUÊTE]

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* KAMI *
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MessageSujet: Le Village d'Hitaro [QUÊTE]   Mar 1 Aoû - 20:57

Le soleil brûlait à son zénith lorsque les trois hommes arrivèrent devant le petit village d'Hitaro. Un hameau dans la région Shôten de l'Empire. Quelques habitats les uns à côtés des autres, formant un cercle au fond d'un vallon. Au nord de ce bourg, une entrée laissait deviner la présence d'une mine récemment fermée. La modestie semblait définir ce lieu .. Mais l'air méfiant des habitants à l'encontre des arrivants amena ces derniers à penser le contraire. Le célèbre chef de guerre du clan Ryûzoji, un capitaine renommé du clan Hayashi, et un Samouraï prometteur du clan Uesugi .. Ils n'étaient pas là par hasard.

Ils passèrent la porte étrangement grande et renforcée, pour une si petite localité et ne purent que constater les dégâts. Les rares hommes étaient blessés, les femmes apeurées, et les enfants effrayés. Le village était entouré d'un mur de bois à hauteur d'hommes, dont quelques trous étaient inquiétants. Les brigands avaient surement dû exploiter les brèches de la barrière. Un homme plus vieux que la moyenne s'approcha des protagonistes. Un large sourire s'afficha au-dessus de son ventre bedonnant et de son kimono richement décoré.


- C'est vous ? Oui c'est vous ! Ce sont eux, ils sont là pour nous sauver ! Dit-il à ses villageois. Mes amis, mes Héros ! Je suis le maire d'Hitaro et je suis ravi de vous accueillir ! Il scruta les trois Samouraïs et reconnut celui qui était en tête. Sô .. Sô Sesshu-Sama ! L'Empereur vous a envoyé avec ces deux valeureux guerriers ! Nous comptons sur vous. Un groupe de brigands, de vauriens, de voleurs, nous attaquent depuis plusieurs semaines ! Ils veulent notre or mais nous n'avons rien .. Son regard se dirigea vers le bas et sa voix s'éteignit avant de reprendre de plus belle. Nous n'avons aucune récompense pour vous, mais nous prierons à votre gloire ! Il reprit son souffle. Ils vont attaquer avant l'aube. Tuez-les ! s'exclama-t-il le poing levé. Nous vous enverrons nos encouragements depuis cette maison ! Il pointa une maison mieux barricadé que les autres sur le flanc Ouest. Ne nous décevez pas .. Sinon l'Empereur, mon vieil ami de toujours, risque de ne pas etre content .. Et vous savez ce qui arrive quand le grand et puissant Tennô n'est pas content. Un rictus malin se dessina. Allez ! Faites votre travail et venez nous dire quand vous nous aurez débarrassé de ces malfrats ! Pourfendez-les avec vos katanas ! C'est pour ça que l'Empire vous paye, non ? Alors c'est le moment de défendre l'Honneur des opprimés ! Bonne Chance ! Lança-t-il avant de marcher à grand pas vers la forteresse improvisée.

Ce vieux chef cachait quelques choses. Une jeune femme observait la scène. Autour de son cou, un collier avec une pierre rare en pendentif d'une valeur inestimable balançait de gauche à droite. Tout s'éclaircit. Si Tennô Akamatsu avait décidé d'envoyer des hommes d'une telle notoriété dans cet endroit à l'allure malfamé, c'est parce-que ces paysans creuser cette colline à la recherche de minerais précieux. Et ils les avaient trouvé .. Défendre les intérêts de l'Empire, telle serait la mission du commando fraichement formé.

L'astre de Feu commençait à s'incliner dans les cieux. Les heures étaient comptées. Les ennemis n'allaient pas tarder. Le temps aux Katanas allait sonner !
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Norishimo Takiyo
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| Capitaine |



Jisei no Ôyashima
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Clan: Hayashi


MessageSujet: Re: Le Village d'Hitaro [QUÊTE]   Mer 2 Aoû - 18:19

L'étendard Hayashi claque légèrement au vent. Norishimo Takiyo s'est porté volontaire pour représenter le clan qu'il s'est engagé à servir jusqu'à son dernier souffle. D'une main, il tient fermement la bannière qu'il a juré de défendre au péril de sa vie. De l'autre, il serre doucement les rênes de sa monture. Le cheval et son cavalier se sont arrêtés en haut d'une colline. La vue est saisissante, imprenable. Elle permet au capitaine de préparer d'éventuelles stratégies, d'identifier les possibles failles et menaces. L'homme est né pour être combattant et a appris à penser de cette manière. De longues années d'apprentissage, de sueur, de douleurs ont fait de lui un guerrier accompli.
Depuis sa position, la petite bourgade ressemble à une fourmilière. Une fourmilière exposée au danger, vulnérable sur tous les côtés. Des personnages minuscules, très certainement les habitants, s'agitent dans tous les sens. Ils ont sûrement dû le repérer et cherchent à identifier ses intentions. Les effluves de la peur viennent vicier un air frais et pur. Takiyo peut sentir leur inquiétude d'ici. Il remarque rapidement qu'il n'est pas le seul à s'intéresser au village. Deux autres silhouettes  s'approchent du hameau, mais il est impossible de les identifier depuis sa position reculée. Peut-être sont-elles à l'origine de la panique qui s'empare des locaux. Le colosse enfonce son talon dans le flanc de l'animal, qui repart au galop et dévale la pente à toute allure.

L'étendard Hayashi claque dans tous les sens. La course folle du cheval et de son maître ressemble à la charge suicidaire et furieuse d'un démon. Le cavalier est revêtu d'un kimono tissé dans une matière faite de ténèbres, engoncé dans une armure rouge sang, le visage protégé par un casque orné de deux imposantes cornes et dissimulé sous un masque représentant un oni courroucé. Il ressemble à s'y méprendre à un esprit tout droit sorti des Nuits sans Fin. Un esprit vengeur qui ronge le cœur des hommes et qui caractérise si bien la rancœur attribuée aux Hayashi. Il ne lui reste plus qu'à dégainer katana et wakizashi pour couper quelques têtes et compléter ce portrait déshumanisé.
Mais après tout, pourquoi se donner un air intimidant si ce n'est pas pour semer la terreur dans le cœur de ses ennemis ? Un guerrier ne devient-il pas un monstre lorsqu'il ôte une vie ? Ne devient-il pas un démon lorsqu'il laisse son esprit s'égarer dans la bataille, lorsqu'il abreuve sa lame dans le sang de combattants vaincus ? Il se dit dans les villages et les villes que les membres du clan Mogami sont d'ailleurs de véritables bêtes sanguinaires lors des combats et que seule la mort peut les libérer de leur folie meurtrière et destructrice. N'est-ce donc pas là un exemple parfait de ce qu'un homme devient lorsqu'il tue trop souvent ? La mort semble pervertir tout ce qu'elle touche. Norishimo Takiyo en a fait l'expérience. Il est ressorti de la Grande Guerre plus sinistre et maussade que jamais.

Le cheval trottine en arrivant à hauteur des autres silhouettes qui semblent être celles de samouraïs, à en juger les armes glissées dans les fourreaux. Le capitaine examine le temps d'un instant les visages des deux hommes. Si le premier individu ne lui dit rien, quelle n'est pas sa surprise quand il découvre qui est son comparse. Le Héron en personne ! Celui que l'on ne présente plus. Le vétéran incline la tête en le reconnaissant, en guise de respect.

- Sesshû-sama... Souffle le colosse sur le bout des lèvres.

Les autres Hayashi n'auraient pas pris la peine de le saluer. La rivalité éternelle entre le clan Hayashi et le clan Ryûzoji, respectivement représentés par un colosse et un aveugle, aurait suffit à installer un climat de tension. Mais le Héron est reconnu pour son tempérament calme et résolument pacifique. Et Takiyo est de son côté un guerrier préférant la sagesse de la parole et de la plume à la violence des armes. Deux caractères compatibles pour une harmonie parfaite. Un atout non négligeable lorsque l'on sait qu'ils ont été dépêchés ici pour mettre fin à d'odieuses actions. Une animosité entre les deux hommes aurait tôt fait de compromettre la mission et leurs chances de réussite.

Le capitaine décide de continuer à trotter jusqu'au village en silence. Il n'a de toute façon rien à dire et n'a jamais été d'un naturel très bavard. L'endroit pourrait à première vue être pris pour un petit bourg des plus banals. Les lieux sont loin d'être gais, et peuvent être à l'image de ce qu'on l'on trouve sur les côtes, là où Takiyo a grandi. En outre, le samouraï se complaît dans cet environnement assombri par la méfiance, la peur et le chagrin. Toutefois, il ne peut s'empêcher de noter la présence d'un mur en bois. Cette fortification de fortune, aussi risible soit-elle, prouve que les habitants de ce village miteux se sont préparés au pire. Peut-être même qu'en dépit des apparences, ils ont des choses à cacher.
Et l'attitude du dirigeant des lieux est en effet plus que suspecte. L'énergumène se permet de parler de l'Empereur comme s'il s'agissait de son ami de longue date, et ose donner des ordres à des individus qui sont de loin ses supérieurs. Il n'en faut pas plus pour sortir notre cher capitaine de ses gonds. Il aurait probablement pu lui couper la tête d'un seul mouvement, mais ils ne sont pas ici pour répandre le sang des opprimés, aussi vulgaires et odieux soient-ils. Si Takiyo est d'abord et avant tout un être de paix, il a prouvé à maintes reprises qu'il était capable de devenir un homme bien moins sympathique et calme. C'est toutefois avec les mots qu'il compte répliquer, et non pas avec son sabre.

- Ne provoquez point la fureur de forces qui vous échappent et que vous n'êtes point en mesure de contrôler petit homme. Nous ne sommes point des mercenaires, appâtés par le gain et la gloire. Nous sommes ici parce que l'honneur et le devoir nous le dicte. Nous avons un devoir envers notre Empereur, et envers nos Seigneurs respectifs. Là est notre véritable motivation. Et le sentiment du devoir accompli est notre unique récompense. Rétorque froidement le colosse en armure en mettant pied à terre, sa voix étouffée sous le masque. Occupez-vous de vos gens, nous nous chargerons des bandits.

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Fujiwara Taiki
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Jisei no Ôyashima
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Clan: Uesugi


MessageSujet: Re: Le Village d'Hitaro [QUÊTE]   Mer 2 Aoû - 21:42

L'air est lourd, la chaleur émise par un soleil à son zénith est insoutenable dans cette armure bleue aux couleur des Uesugi et, malgré le fait que le village où ce trouve Fujiwara soit dans un vallon, pas le moindre petit vent rafraîchissant.

La présence de Taiki, en armure complète, à cheval et portant l’étendard de son clan, dans un endroit aussi mystérieux, sous couvert d'austérité n'est pas dû à un quelconque hasard, Dame Miyu, la sage, grande et gracieuse dirigeante du clan auquel il fait parti, a reçu de l'empereur, Tennô Akamatsu, l'insigne honneur de désigner l'un de ses subordonnés afin de mener à bien une mission de la plus haute importance. Et, dans toute sa sagesse, c'est lui, Fujiwara Taiki, qui fut désigné pour accomplir cette tâche. La quête en question se résume à la protection d'un village minier.

Arrivé sur place, Taiki observe minutieusement le-dît village, porte protectrice anormalement grande et renforcée à la va-vite, murs en bois à hauteur d'homme aussi trouées qu'une passoire, hommes en effectif réduit et blessés de surcroît, femmes et enfants effrayés, sous alimenté et maladif, habituel des pauvres villages sujets aux brigandages et mine récemment obstruée. Un village désuet et pourtant, qui doit posséder un intérêt stratégique, économique ou toute autre raison valable si l'empereur en personne fait dépêcher des combattants aguerrit pour le protéger.

Les deux autres guerriers présent avec Taiki sont manifestement, au vu de leur armure respective, bien plus haut gradé que lui. Un chef de guerre et un capitaine, au jugé. L'un ,aveugle, n'est autre que celui que l'on surnomme "Le Héron" du clan Ryûzoji , d'après les dires du capitaine et l'aspect de son étendard. Quand le capitaine fit la révérence, Taiki l'imite derechef, il ne souhaite pas faire mauvaise impression ou entacher son honneur ou celui de son clan en faisant preuve d'irrespect envers ces supérieur. Suivant cette pensée, il réitère une nouvelle révérence en direction du capitaine.
Cela dit, pour l'autre Taiki ne peut en tirer que deux informations, l'une: il fait partie du clan Hayashi, sauf si sa connaissance des symboles clanique ne l'abuse, deux: Il l'égal en taille et en stature.

- Je me nomme Fujiwara Taiki, samouraï du clan Uesugi! Je suis très honoré d'ainsi me trouver en votre présence et de faire équipe avec d'aussi grands guerriers dans cette quête!

Un homme grassouillet et étrangement bien vêtu pour un endroit aussi vétuste, se présentant comme étant le maire, nous assailles et fait preuve d'un peu trop de véhémence à notre égard, ce que ne manque pas de faire remarquer le colosse en armure vert foncé, mais le dodu personnage ne l'écoute déjà plus et s'enferme avec les autres dans la bâtisse la plus fortifiée du bourg.

Du coin de l’œil, Taiki perçoit furtivement l'éclat d'une pierre précieuse au cou d'une des villageoises, du genre que seul les puissant peuvent s'offrir et monnayer avec. C'est donc pour des intérêts économiques que nous sommes là. Celui qui contrôle les gisements d'un tel minerai et, potentiellement, capable d'élever une armée et, si il en possède suffisamment, renverser le pouvoir en place. Brisant par la même, le fragile équilibre du pays ainsi que la trêve entre les chefs de clan. Voilà le poids du devoir qui pèse sur nos six épaules.

Taiki tourne son cheval, de sorte à être en face de ses deux frères d'armes, désigné pour l'occasion, et attend patiemment et en silence la suite des événements et les ordres qui peuvent en découler.
Bien qu'il s'est juré de ne plus jamais faire versé le sang inutilement, il doit se montrer à la hauteur et, surtout, en aucun cas, faire honte à sa Dame et à son clan.

Obéir!
Ne jamais faillir!
Et, s'il le faut, mourir!

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* KAMI *
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MessageSujet: Re: Le Village d'Hitaro [QUÊTE]   Lun 7 Aoû - 2:18

La nuit était maintenant tombée, le ciel nuageux, la pénombre dominante. Difficile de jauger combien de temps s'était écoulé. Un vent frais se leva subitement, s’engouffrant dans la cime des arbres. L'agitation des feuilles malmenées se fit entendre. La forteresse improvisée, quant à elle, semblait paisible. Aux fenêtres éclairées, des ombres petites et grandes vagabondaient à l’intérieur. Une odeur de fumée s'éleva dans les airs. Les rescapés, maintenant protégés, s'apprêtaient surement à savourer un riche repas en ce temps d'espoir recouvré. Pourtant la fumée ne provenait d'aucune cheminée. Et l'heure était tardive. Les ombres à l’intérieur s'agitèrent vivement. Une nouvelle bourrasque et des flammes nullement visible l'instant d'avant s'élevèrent de la façade de la bâtisse. Des cris stridents déchirèrent le silence de la nuit. La situation semblait bel et bien compliquée à l’intérieur. Sans doute, le brasier naissant et la fumée de plus en plus opaque les retenaient prisonniers. La porte d'entrée ne paraissait toujours pas touchée. Un espoir était encore permis, mais celui-ci, comme tout le reste, ne tarderait bientôt pas à être réduit en cendre.

Les quelques hommes chargées de faire le guet se hâtèrent de chercher les points d'eaux avoisinants.  L'un d'entre eux hurla atrocement. A genoux, l'abdomen ouvert de bas en haut, il observa désemparé ses tripes se déverser à terre. La mort serait lente et douloureuse.


"La défense n'est vraiment pas au point dans ce village... Vous n'apprendrez donc jamais."


Le hennissement d'un cheval de guerre attira l'attention de tous ceux encore présents, mais totalement pétrifiés d'horreur. Un saut puissant de sa monture et le cavalier, se retrouva au centre de la place, contemplant avec satisfaction l'incendie. Ce n'était d'ailleurs pas la lumière du feu qui rendait cet être si imposant. Car bien que recouvert d'une armure intégrale, couleur ébène et d'un heaume orné d'un masque au sourire démoniaque, on distinguait aisément sa carrure athlétique. Il le prouva l'instant suivant en faisant tournoyé avec force et vivacité son long nagatama dans les airs avant de le planter fougueusement au sol. La lame, courbe et acérée, défiant les cieux, était encore imprégné du sang frais de sa dernière victime.

"Je suis Akeno Takahashi, le Pourfendeur de l'Ombre. Un démon assoiffé d'or et de sang, mais qui, en cette belle nuit, ne se contentera que de l'un des deux. Choisissez..." Lâcha-t-il froidement sur son destrier aux chanfrein et poitrail protégés

Un enfant, armé d'une petite figurine de bois, se pencha à l'une des fenêtres embrasées et implora, de toutes les larmes de son corps, qu'on vienne l'aider. Une dernière prière, sans doute inaperçue, dans l'agonie collective d'un chaos bien plus grand...
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Sô Sesshû
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| Chef de Guerre |



Jisei no Ôyashima
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Clan: Ryûzoji


MessageSujet: Re: Le Village d'Hitaro [QUÊTE]   Jeu 10 Aoû - 0:42

Pour votre information:
 

Quelques évènements récents avait su perturber la paix régnant à Hariken, et depuis les vieux hérons avait été des plus occupés à tenter de remettre de l’ordre dans la cité. Cependant, alors que cette première tempête venait à peine de laisser place à un temps plus agréable, le vieux samouraï reçus une requête venant d’un village voisin. Le village d’Hitaro implorait les seigneurs des grandes cités avoisinantes de leur v porter appui face à la menace qui s’apprêtait à s’abattre sur eux. Les ténèbres étaient au-dessus du petit village et celui-ci ne possédait nullement les défenses nécessaires afin de résister à un envahisseur.

Souhaitant se concentrer sur les affaires locales d’abord et préférant demeurer à Hariken et envoyer l’un de ses meilleurs capitaines afin de porter main forte, le chef de guerre fut convaincu par son Daïmyo de se présenter lui-même à Hitaro. Nombreux membres du conseil avait tenté de rassurer le vieux héron, lui disant que la situation dans la cité était sous control, mais comme un père avec ses nombreux enfants, Sô ne pouvait s’empêcher de se faire du souci pour eux.

Obéissant, le vieux héron dû revêtir l’amure qu’il avait espéré ne jamais devoir remettre, quittant la cité afin de rejoindre les défenses d’Hitaro. Bien entendu, étant au courant de la situation et du peu de défense disponible au village, le chef de guerre pris la route accompagné d’une escorte plus grande qu’à son habitude. Voyageant habituellement très léger depuis le début de l’ère de paix, cette fois-ci Sô était non seulement accompagné de son entourage habituellement, mais aussi de nombreux soldat s’étant porté volontaires. Ayant d’abord demandé l’assistance d’un peu plus d’une centaine d’homme, l’influence que possédait le vieux samouraï avait su en attirer bien plus.

Ce fut donc après quelques jours à cheval que la petite armée arriva au village. Alors que le groupe approchait le village, Sô s’adressa à l’un de ses hommes.

‘’Sugihara… je souhaite avoir une maquette du village… chaque édifices, chaque rues et ruelle… soit mes yeux afin que je puisse connaître ce qui m’attends… ’’

‘’Hai Sô-sama’’ répliqua-t-il

Le vieux héron ne possédait plus le don de la vue depuis de nombreuses lunes, mais avec une maquette, une carte en trois dimensions, celui-ci allait être en mesure de connaitre un peu plus le village et le terrain qu’il devait défendre. Le clan Ryûzoji semblait être les premiers à avoir répondu à l’appel, du moins c’est ce que Sô compris en écoutant le bruit des rumeurs local. Toutefois, les renforts des autres clans ne furent pas loin derrière et notre protagoniste ne tarda point de faire leur connaissance. Il entendit son nom, invoquer d’une façon certes hors de l’ordinaire, utilisant le prénom du samouraï et non son nom de famille. Par son accent et le ton emprunté, bien qu’il ne connaissait point le nom de son interlocuteur le vieux héron en avait déduit qu’il s’agissait d’un homme de Furashu. Il s’agissait d’une première, le clan Hayashi et Ryûzoji sur le même champ de bataille, mais cette fois-ci du même côté… qui l’aurait cru ?

Puis il y avait le samouraï du clan Uesugi, un dénomé Fujiwara. Il ne s’agissait point ici d’une famille bien connu et Sô ne possédait aucun souvenir d’eux, mais si la dame avait choisi d’envoyer cet homme c’est qu’elle possédait foie en lui. Avec le ton emprunté par celui-ci, l’homme semblait presque enthousiaste à l’idée de combattre. Sô afficha un léger sourire, puis répliqua calmement.

‘’C’est un honneur de faire votre connaissance Fujiwara Taiki du clan Uesugi… ‘’ Puis se retournant vers l’autre homme il poursuivit ‘’et aussi d’être du même côté qu’un membre du clan Hayashi… mieux vaut discuter des préparatifs avant la tombée de la nuit’’

Certes, il était impossible pour Sô de savoir où se trouvait le soleil dans les cieux, mais s’il devait se fier à la chaleur, il leur restait quelques heures et chacune comptait. Il ne savait point quand l’ennemie allait se présenter, c’est donc pour cette raison qu’il ordonna à quelques hommes de patrouiller les environs tandis que d’autre devait préparer quelques barricades. Il demanda la création de quelques cheval de frise afin de bloquer une attaque rapide de cavalier, mais ne connaissant pas encore le village, il ne pouvait dire immédiatement où les placer.

Les heures passèrent, et les hommes discutaient. Entre les quelques rapports et maintenant avec l’aide d’une maquette Sô était en mesure de mieux déterminer la situation et celle-ci s’annonçait plus difficile qu’il l’aurait eu souhaité. D’un point de vue stratégique, Hitaro était un village difficile à défendre et une prise facile. Le héron avait quelques idées, mais celle-ci allait demander du temps et l’aide des autres être présent au conseil.

‘’La colline se trouvant à l’Est n’est certainement pas la direction qui sera prise par notre ennemie’’ dit-il en caressant la maquette avec ses doigts ‘’ Au pied de celle-ci se trouve une rivière… une excellente défense naturelle, malheureusement notre seule… c’est l’Ouest et le Nord qui m’inquiète le plus… le terrain semble être plus élever du moins selon ce que j’ai pu comprendre ‘’ Il se tourna vers Fujiwara ‘’ Le clan Uesugi est réputer pour ses archers… et mais ici le terrain n’est pas à notre avantage à moins qu’on apporte l’ennemie plus près de nos portes ‘’ Prenant entre ses mains une pierre et la déplaçant vers le Sud de la maquette ‘’nous avons quelques cheval de frise au Sud et d’autre au Nord… mais le peu de temps entre nos mains je doute que nous allons avoir le temps d’en construire plus et de poursuivre le trancher… ‘’ Se retournant vers le capitaine Norishimo ‘’ Norishimo-sama, croyez-vous être en mesure d’encercler en partie l’ennemie en prenant distance avec quelques un de vos hommes vers le Sud ? Je peux envoyer certains des miens vers le Nord… nous allons déplacer les civils majoritairement vers l’Ouest du village, le plus loin possible de l’ennemie… malgré la rivière je tiens tout de même à placer quelques sentinelle et si Fujiwara-sama est d’accord… quelques archers…’’

La discussion se poursuivait et Sô était attentif aux suggestions des autres membres de ce conseil de guerre. Chacun possédait une certaine expérience et malgré les rivalités le tout se déroulait dans l’harmonie, laissant les plans s’exécuter le mieux possible dans les pires délais. Certes, il y existait quelques tension, particulièrement entre les hommes du clan Hayashi et Ryûzoji, mais s’étant déjà entretenu avec le Daïmyo du clan Hayashi il y a de cela quelques saisons, Sô avait démontré qu’il ne possédait aucune animosité envers eux.

Alors que la nuit était déjà avancée, un lourd silence régnait autour du village. Les quelques sentinelles étaient vigilante, mais sans savoir quand ou même si l’ennemi allait frapper ce soir, la tension se faisait sentir. La lune haute dans les cieux aurait dû éclairer les champs, mais celle-ci était masquée par les nuages… un mauvais présage. Sô assis face à une fenêtre dans ce QG improvisé était attentif au bruit de la nuit. Bien qu’il était incapable de voir ce qui se trouvait devant lui, ses autres sens était aux aguets. Son vieux katana à ses côté, le héron faisait preuve de patience. Il fut cependant alerté par le premier assaut surprise. Les premières provocations de l’ennemie se faisaient entendre…

‘’Akeno Takahashi’’ se dit-il tout bas alors qu’il eut l’écho du nom de l’ennemi.

Il était aux portes du village, tentant d’effrayer les habitants tel un Ibaraki dōji. Suivant les provocations Sô se leva alors que l’un des membres de son escorte tenta de l’empêche.

‘’Sô-sama… laissez nous répondre à l’appel…’’

Le vieux héron se retourna vers le jeune être

‘’Nous devons garder le regard de l’Ibaraki dōji occupé afin de le prendre par surprise… quoi de mieux qu’ Aosaginohi’’ termina-t-il avec un léger sourire à ses lèvre avant de se laisser guider vers l’homme portant le nom d’Akeno Takahashi afin de répondre à l’appel. Traversant les quelques rues les séparant, il fut dirigé jusqu’à une plateforme sur élevé avant d’interpeler l’assaillant.

‘’Akeno Takahashi’’ dit-il de vive voix.

Le vieux héron écoutait attentivement et attendait la réplique… et cela peu importe la forme sous laquelle celle-ci allait se présenter.







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Fujiwara Taiki
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MessageSujet: Re: Le Village d'Hitaro [QUÊTE]   Ven 11 Aoû - 21:06

La nuit: fraîche, synonyme de repos et d'attaque surprise dans notre cas présent. Un parfait subterfuge avantageux pour l'adversaire principal du village et, par adéquation, celui de tout les guerriers présent affilié à la protection des habitants de ce même village.
Pour Taiki, bien que la nuit soit utile pour récupérer des affres de la journée, elle est surtout la seule entité qui l'oblige à faire face à ses plus grandes peurs. Et malgré tous ses efforts, il n'est jamais parvenu à être insomniaque.

Pour revenir au village: le chef de guerre Ryûzoji lui a permis de disposer d'un petit nombre de ses archers. Taiki n'est pas vraiment à l'aise avec les armes à distance, préférant un bon vieux corps à corps, c'est plus simple et au moins, on peut s'assurer que son adversaire et bien mort ou, dans son cas, suffisamment blessé pour ne plus pouvoir répliquer à cause de la douleur.
Cela, bien évidemment ne lui a pas empêché de poster les archers aux endroits favorables pour la manipulation d'arc et de flèches.

Cependant, pourquoi ces cris n'ont rien à voir avec ceux de personnes festoyant autour d'une table bien garnie?

Horreur, la maison renforcée ou c'est terré tous les villageois et devenue la proie des flammes et, au lieu de leur servir de refuge, se transforme en tombeau ardent.

Mon dieu! comment avons nous pu être aussi négligeant!

Taiki abandonne le poste de surveillance et se rue à la rescousse des villageois, aidé par d'autres soldats, réceptionnant ceux qui tombe des fenêtres surélevées pour échapper au brasier. D'autres soldats forment hâtivement une chaîne dans le but d'atteindre les points d'eau entourant la bourgade.
Soudain, le sang de Taiki se glace, un hurlement terrible se fait entendre et, par la même, rompt et disperse la chaîne de volontaire.

"Akeno Takahashi", voilà le nom du monstre qui tourmente ce village et qui tue sans ménagement.
Mais quelque chose ne tourne pas rond. Taiki fait de grands efforts pour rester maître de lui-même et garder ce nouvel adversaire dans son champs de vision, adversaire trop lourdement protégé pour un brigand normal, il semble que l'intérêt économique de cet endroit soit plus important que ce quoi Taiki c'est attendu et cela ne va pas aller en s'améliorant.

Maintenant que le ton est donné, tout le monde retiens son souffle dans l'attente de la suite des événements: le Héron, calculateur, patiente en prévision de son prochain ordre et Taiki, en garde et prêt au combat, n'attend qu'une ouverture pour frapper!

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MessageSujet: Re: Le Village d'Hitaro [QUÊTE]   Lun 14 Aoû - 2:40

Le chaos avait enlacé le village. En son centre, crépitements et cris s'intensifiaient. Une chaine humaine se relayait pour tenter d'endiguer les flammes. Peine perdue semblait-il. La porte de l'édifice se brisa enfin et plusieurs hommes entassés et noircies tombèrent à la renverse. L'un d'eux n'était autre que le régent du village, présomptueux envers nos trois héros. Son kimono calciné, la peur logée dans ses yeux et les traits de panique ancrés sur son visage témoignaient de l'horreur qui sévissait à l’intérieur. Il se releva péniblement, s'appuyant sur le visage d'un autre et détala tel le lièvre poursuivi par l'aigle.

Aux abords du village, notamment à l'Ouest et au Nord, la cohue de nombreuses harangues militaires résonna dans l'obscurité. S'en suivirent le bruit silencieux des flèches pourfendant l'air et des lames d'aciers s'entrechoquant . L'armée commune, déployée par l'alliance étonnante des trois clans réunis, était désormais en prise avec l'ennemi, arrivé en masse par les collines avoisinantes. Ce dernier était bel et bien déterminé à prendre d’assaut la cité. Si la défense cédait, la zone serait littéralement submergée par les pillards, bien trop nombreux pour une simple razzia.

Le cavalier qui se targuait du nom de Pourfendeur de l'Ombre parut confiant. Il fut bientôt rejoint par quatre guerriers pédestres ayant réussis à s'infiltrer par les remparts ébréchés. Leur allure était en tout point différente. S'il émanait d'Akeno Takahashi, un certain charisme, les nouveaux arrivants, quant à eux, armés de katanas peu reluisant et protégés par de simples jambières, paraissaient plus rustiques et moins assurés. Ils attendirent à ses cotés, la hiérarchie établie ne faisant aucun doute. Deux flèches enflammées, accompagnées par un sifflement sourd, volèrent dans le ciel vers les trois héros. Deux archers, au moins, se dissimulaient donc, tout proche, révélant par ailleurs l'origine de l'incendie. Ce fut le signal attendu. La monture partit subitement au triple galop, son propriétaire saisissant dans la foulée son naginata, dont la pointe menaçante était maintenant dressée droit vers le buste de Sô Sesshu. Hasard ou action minutieusement calculée, il se pourrait bien que l'ennemi ait reconnu l'être de légende qui lui faisait face et la nécessité d'en finir promptement.

Les quatre autres se scindèrent en deux groupes de deux et se précipitèrent respectivement vers Fujiwara Taiki et Norishimo Takiyo, dans des hurlements bestiaux, prêts à abattre leurs armes sur les deux samurais. L'objectif était de diviser les plus forts potentiels de guerre apparents et de les vaincre séparément par le nombre. Il n'y avait là rien d'honorable dans la méthode, mais le Bushido n'était apparemment pas leur crédo.

Les flèches et les lames étaient bientôt proches de l'inévitable...
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Norishimo Takiyo
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MessageSujet: Re: Le Village d'Hitaro [QUÊTE]   Mar 15 Aoû - 1:59

Suivant les instructions du Héron, le capitaine du clan Hayashi a installé son campement provisoire au sud du village. Le colosse a trouvé une position idéale pour ses troupes. Il s'est servi de la rivière comme protection naturelle à l'Est et a établi ses quartiers au centre d'un ensemble de collines. D'ici, il peut faire un feu sans craindre d'être repéré de trop loin. Après s'être assuré d'avoir posté quelques sentinelles en haut des collines afin de les protéger des mouvements ennemis, Takiyo se décide enfin à rejoindre les hommes du clan Ryûzoji réunis autour d'un feu. Les soldats sont fébriles. La plupart sont de jeunes et robustes gaillards, tenus par le devoir de servir et probablement attirés ici par quelques récits glorieux sortis des bouches de vétérans de guerre. Le capitaine peut comprendre l'état de nervosité des combattants. Se retrouver plantés là, sous les ordres de l'ennemi héréditaire, à attendre une attaque qui tarde à venir... Il y a de quoi devenir fou. Qui plus est, le moment de l'attente est toujours le plus stressant. On se demande quand va arriver le moment décisif de monter à l'assaut, combien seront les ennemis et d'autres détails insignifiants du genre... Tant de questions qui perturbent la concentration et rendent l'esprit plus instable. Des choses qui ne semblent néanmoins pas tourmenter le vétéran qu'est Takiyo. Il a appris à refouler ses émotions, à chasser toute pensée négative de sa tête, afin de rester opérationnel et au sommet de ses capacités en toute circonstance.

Un samouraï jette quelques branches supplémentaires dans le feu afin de se réchauffer. Il tire sur les pans de son kimono pour tenter de couvrir au maximum les membres engourdis de son corps. Mais le vétéran n'a pas l'intention de laisser le feu devenir un élément de repère pour les ennemis. Avec le bout de son saya, il retire quelques morceaux léchés par les flammes. Les Ryûzoji jettent des regards noirs au capitaine, comme si cet acte de défiance n'est pas le bienvenu. Pour Takiyo, il ne s'agit pas de défiance, mais plutôt de bon sens. Quelque chose qu'il ne tarde d'ailleurs pas à rappeler.

- Mettre trop de bois dans le feu risquerait de nous faire remarquer à l'autre bout des collines. Et ce n'est pas ce que votre commandant souhaite. Lâche pour tout commentaire le vétéran, la main sur la poignée de son sabre.

Le jeune samouraï, bien loin de lui faire remarquer qu'il a tort, décide de se contenter d'un simple hochement de tête en guise de compréhension. Il ne tient pas à finir découpé en rondelles de si bonne heure. Un autre soldat, plus discret et paisible que ses partenaires, semble bien curieux et cherche à en savoir plus sur le colosse.

- Vous avez vécu la Grande Guerre Norishimo-dôno n'est-ce pas ? Demande t-il au capitaine avec un léger sourire aux lèvres. Pourriez-vous nous raconter vos exploits ? Vous avez sûrement beaucoup à nous apprendre.

- Mes récits de guerre sont probablement les mêmes que ceux des vétérans Ryûzoji. Répond doucement Takiyo. Et je doute toutefois que vous vouliez en savoir plus à propos de mes sombres exploits. Je ne tiens pas réellement à vous parler des nombreux pères, frères, oncles et amis que j'ai pu arracher aux vôtres.

Des cris viennent déchirer le silence avant même que l'autre n'ait le temps de répondre. Les troupes sortent de leur torpeur et s'emparent de leurs armes dans la précipitation. On piétine à la hâte le feu pour l'éteindre. Les hommes grimpent les collines avec une énergie renouvelée et assistent de loin à l'attaque sur le village. Le capitaine lâche un juron étouffé par sa barbe et ordonne qu'on lui apporte son cheval. Il remet en place masque et casque puis porte fièrement l'étendard du clan Hayashi.

- Ryûzoji ! Suivez moi ! Frappez avec force et courage, et nul ne saura vous résister ! Repoussez l'ennemi dans les collines ! Hurle t-il à l'attention des combattants placés sous ses ordres avec une voix d'outre-tombe, étouffée par le masque.

De mémoire d'homme, c'est bien la première fois sur le continent qu'un Hayashi rallie sous sa bannière des Ryûzoji. A son signal, les hommes, galvanisés par un discours bref mais efficace, dévalent la pente et poussent des hurlements démentiels. La peur de la mort a laissé place à la fureur des combats à venir. Le massacre commence. Les premiers assaillants qui se portent à l'assaut des murs sont taillés en pièces, pris à revers par les défenseurs et les troupes menées par le capitaine. Le vétéran tranche d'un seul coup de sabre un gaillard qui s'écroule sans vie contre la muraille en bois. Les bandits survivants se replient momentanément, conscients de ne pouvoir gagner du terrain de ce côté là.

Malgré ce petit succès, la bataille ne tourne pas pour autant à leur avantage, et pour cause. L'ennemi arrive par vagues successives, toujours plus nombreux, et certains se ruent déjà dans le village pour trouver où la mort, où la victoire. Norishimo Takiyo aurait dû le savoir. En éparpillant leurs forces, ils avaient rendu la défense de la petite bourgade moins efficace. Et les soldats Ryûzoji sont désorganisés. Certains tentent de leur mieux de défendre au péril de leurs vies des villageois pris au piège, quand d'autres se relaient pour éteindre les nombreux incendies qui menacent de raser entièrement les lieux de leurs flammes dévorantes. Les plus courageux vont de l'avant et tentent de résister à un ennemi bénéficiant de l'effet de surprise.

Râles, plaintes, sanglots et gémissements sont autant de mots pour désigner ce qui sort de la bouche des protagonistes. Le fracas des armes devient le doux chant des combattants. Au corps-à-corps, tout semble permis. On s'étripe en poussant des cris de guerre, on patauge dans les boyaux de quelques cadavres, on bute sur les corps de frères d'armes ou d'ennemis... Le capitaine doit prendre une décision rapidement. Il faut couper la tête du serpent pour que le corps meurt. Et à en juger le nom acclamé par certains pillards, le général ennemi est déjà sur le champ de bataille, à mener l'assaut à la tête de ses hommes. Il n'en faut pas plus pour motiver le colosse. Il repousse d'un coup de pied un assaillant qui vient finir écrasé sous les coups de sabot de son cheval. L'ennemi vient à nouveau de ce côté-ci. Malheureusement, les Ryûzoji devront tenir seuls cette position, car la priorité de Takiyo est désormais de retrouver ses deux comparses. Sur le dos de sa monture, il galope à toute vitesse jusqu'au centre du village où le Héron et le jeune samouraï du clan Uesugi font déjà face à celui qui doit être le dirigeant de la troupe adverse.

Il n'a le temps de presser l'allure jusqu'à atteindre ses camarades. Une flèche vient se loger dans la tête de son cheval. L'homme tombe lourdement au sol, à quelques pas de son fidèle compagnon de mésaventure. Le vétéran se redresse péniblement, récupère la bannière de son clan et la plante dans le sol d'un mouvement sec. C'est visiblement ici qu'il combattrait l'ennemi. A l'aide de son katana, il décrit un cercle dans le sol rendu boueux par le sang des vaincus. Le voilà prêt à affronter son destin, à défier la mort... Et à la donner si nécessaire.
Plusieurs assaillants se portent déjà à sa rencontre. Son imposante carrure et son allure terrifiante (après tout, il ressemble fort à un démon sorti tout droit d'un cauchemar) forcent les deux bandits à prendre quelques secondes de réflexion. Mais l'hésitation passe vite et certains d'avoir la victoire, les malandrins se ruent sur leur cible. Takiyo sort de son fourreau le wakizashi qui pend à sa ceinture, afin de mettre toutes les chances de son côté. Deux lames pour deux ennemis. Conscient de ne pas avoir l'avantage, il force dans un premier temps ses agresseurs à venir l'attaquer, à se mettre en danger, en leur opposant une défense impeccable. Puis lorsqu'il sent que ses adversaires commencent à fatiguer et à exposer leur flanc, il n'hésite pas à prendre l'ascendant. Précision et économie des mouvements sont ses maîtres mots. Lorsque l'on veut être efficace, il faut savoir être rapide et précis. Le contraire aurait tôt fait de fatiguer et de se rendre vulnérable. Le capitaine se sert alors de son wakizashi pour parer les coups et utilise son katana pour menacer ses opposants.

L'un des deux vauriens fait une erreur capitale et baisse sa garde, sûr et certain d'être protégé par son comparse. Mais Takiyo a bien repéré la faille et compte l'exploiter avant que l'occasion ne se dérobe. La lame fend l'air, comme guidée par le dieu du vent, et vient se loger dans le poitrail du gaillard. Il s'écroule avant même de s'être rendu compte de quoi que ce soit. La vie le quitte rapidement, coulant en un flot rouge depuis la fente béante. L'autre recule instinctivement, peut-être en proie à la peur, ou tout simplement conscient de son manque de talent face à un guerrier rompu à l'art de la guerre depuis sa tendre enfance.
Il aurait peut-être dû y réfléchir à deux fois avant de se mesurer à un colosse en armure complète. Les assauts reprennent, toujours plus violents. La défense offerte par le brigand est sur le point de céder... Le coup de grâce arrive finalement, issue fatidique du combat. Une tête est délestée d'un tronc et roule jusqu'aux pieds d'un archer. Le visage du mort est figé en une expression d'horreur.

Un frémissement dans l'air... Un son strident... Et une flèche qui transperce le cuir rouge d'une armure pour se loger dans une épaule. Le vétéran grogne et retire la flèche d'un geste vif et adroit. Le voilà désormais souillé de son propre sang, qui vient se mêler à celui d'ennemis vaincus. Son regard se dirige vers la provenance du tir. Foutus archers ! Incapables de combattre avec honneur, préférant l'arme des faibles et des lâches.

Norishimo Takiyo n'a pas dit son dernier mot. Et ce n'est pas une blessure qu'il juge superficielle qui le fera changer d'avis. Le démon représenté sur son masque semble rire aux éclats. Un rire des plus sinistres. Son regard noir est parcouru d'une lueur des plus glaciales...

Laissez-le montrer sa fureur. Une fureur implacable, silencieuse et brûlante.

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MessageSujet: Re: Le Village d'Hitaro [QUÊTE]   Jeu 17 Aoû - 21:09

Chance ou déveine?

Akeno Takahashi, est rejoins par quatre autres cavaliers, bien moins protégé et, surtout, bien moins confiant que ce dernier. Ils semblent plus faire confiance en leur monture pour charger dans leurs adversaires, mauvaise stratégie. Selon Taiki, l'armée de fortune ne songea pas un seul instant avoir affaire avec des guerriers expérimenté.

Taiki, par obligation et par priorité, détourne son regard du chef présumé de l'armée rebelle pour ce concentrer sur les deux cavaliers qui le prennent pour cible. Mais, ils ont fait deux graves erreurs: premièrement, leur chevaux ne porte pas de protection contre les traits de flèches, deuxièmement, ils ne montent pas de chevaux de guerre, ces derniers ont donc une peur bleue des flammes et leur course sans trouve considérablement ralentie et ils désarçonneront leur cavalier à la première occasion pour prendre la fuite. Fort de cette pensée, Taiki ramasse un bout de bois au sol et l'embrase à l'aide d'une flèche enflammée perdue et le jette en direction des malandrins. La réaction ne se fait pas attendre.

Déjà nerveux de par leur proximité au foyer de l'incendie, les chevaux devinrent totalement fou à la vue d'un feu lancé à leur encontre et se cabrèrent de manièrent quasi ordonnée, éjectant leur propriétaire.

L'un deux tomba à la renverse est meurt piétiné par sa monture, quant à l'autre et éjecté en direction de Taiki qui l'esquive. ce derniers se relève péniblement, Taiki lui laisse le temps de se mettre en garde afin de juger de son style de combat mais il n'est pas stable sur ses jambes, soit il est réellement mort de peur, soit il c'est foulé une cheville ou cassé une jambe dans la chute.

Taiki le regarde avec pitié mais il doit accomplir son devoir et s'excuse mentalement envers son adversaire.
Il se rue droit sur le brigand et, au dernier moment, effectue une pirouette pour surprendre son adversaire et lui assène un violent coup dans la tempe avec son sakabatô, lui faisant perdre conscience.

- Bien, voilà une bonne chose de faites...

Taiki entend un sifflement à son oreille, un tir de flèches vient juste de le manquer mais qui, en contre partie atteint le capitaine du Clan Hayashi. Celui-ci pousse un grognement tout en retirant le projectile de son épaule.
Voyant cela, Taiki court dans sa direction et se poste dans son dos prêt à lui prêter mains forte, même si, de toute évidence, de par son expérience, se n'est pas une telle égratignure qui va faire flancher un homme de son envergure.

Taiki plante son étendard à côté de celui Norishimo-Donô, prend une profonde inspiration et expire longuement, non pas pour augmenter sa concentration mais plus pour refouler son envie de vomir, l'odeur du sang et de la chair brûlée lui rappelle de mauvais souvenirs.

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N'écoute pas ceux qui te disent que tu n'es bon à rien.
Réponds-leur qu'ainsi, tu ne peut que progresser!


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MessageSujet: Re: Le Village d'Hitaro [QUÊTE]   Mar 22 Aoû - 1:13

L’assaut surprise avait été lancé sur le village et le vieux héron ne pouvait qu’espérer que les préparatifs ne furent point en vain.  En cette soirée l’histoire s’écrivait, pour la première fois le clan Hayashi, Uesugi et Ryûzoji combattait du même côté contre un ennemi commun.  Sô avait fait ses suggestions et les membres des clans rivaux étaient d’accord concernant la tactique.  Le tout était risqué, il devait repousser l’envahisseur avec un effectif réduit afin de mener à terme leur plan de défense…. Pour vu que tout allait bien se dérouler.  Rapidement suivant la première vague l’horrible parfum de la mort remplissait l’air ambiant.  D’où il se trouvait notre guerrier entendait les cris de paniques, les hurlements de terreur et l’agonie… le chaos et la mort régnait déjà.  Le vieux héron était trop habitué à un tel monde… ayant connu la grande guerre.  Cela dit, ce dernier aurait préféré ne jamais avoir à replonger dans de telles ténèbres.

Il devait se montrer prudent et ne pas se laisser distraire de l’objectif.  Après avoir entendu le nom de son adversaire, l’objectif était devenu plus claire.  Sô savait quel tête il devait trancher afin d’achever la bête.  Ce démon s’étant donné comme titre  Le pourfendeur de l’Ombre… il était celui qu’il devait réduire au silence s’il désirait sauver le village.   Écoutant les bruits ambiants, le héron aveugle portait une attention particulière aux bruits provenant de l’Ibaraki dōji.  Se concentrant, éveillant ses sens, utilisant sa connaissance du Senken, il sut prévoir la trajectoire et la venue de son adversaire.    Le voilà, ce dit le héron alors qu’il pouvait entendre le galop s’approcher dangereusement.   Le mouvement de l’air, il devait anticiper l’attaque, un faux mouvement il cela pouvait être sa fin.  Sans être en mesure de percevoir avec ses yeux son adversaire, Sô devait écouter le rythme, les vibrations dans l’air, abandonner son sens de l’odorat car le parfum de la mort était une distraction.    

Sous ses doigts se trouvait Ama-no-Murakumo-no-Tsurugi, elle n’avait pas goût le sang d’un ennemie depuis longtemps.  Sô n’était point réjoui par l’idée de prendre une vie, mais s’il n’avait aucun choix… qu’il en soit ainsi.  

Cinq, le héron pris le control de sa respiration.  Qutre, le héron pris ancre sur son terrain.  Trois, un léger mouvement des ailes préparant l’envol.  Deux, le héron observe à nouveau les mouvements de sa proie.  Un… la proie est en position le héron prend l’assaut.   Un seul mouvement à la fois rapide et fluide, utilisant son corps et anticipant la réaction de sa proie, le héron attaqua.  La lame d’Ama-no-Murakumo-no-Tsurugi surgit rapidement, le héron était l’un des maîtres du Raishin et il n’avait aucune hésitation dans ses mouvements.   Une mort de plus sur sa conscience… mais mieux valait échanger une vie pour celle de nombreux innocent.  En un bon rapide, il dégaina, utilisant certainement plus d’énergie que nécessaire, mais il devait s’assurer de mettre fin à ce carnage le plus rapidement possible.

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MessageSujet: Re: Le Village d'Hitaro [QUÊTE]   Mer 23 Aoû - 0:38

Le Pourfendeur de l'Ombre poursuivit sa course effrénée vers Le Vieux Héron. Le cavalier ennemi avait été gratifié de la charge de mettre fin à cette vie héroïque, mais il ne put s'empêcher de sourire de compassion pour sa prochaine victime. Malgré tous les récits, celle-ci était aveugle. Il n'aurait aucun mérite, mais Takeno fondit sur lui, sa lame prête à transpercer le cœur d'une Légende. Il n'était plus qu'à quelques centimètre maintenant. Le bruit de l'acier léchant la chair et du sang sur son arme fétiche, celle-là même qui lui avait toujours octroyé la victoire. C'était désormais terminée. Furtivement, il vit les quatre guerriers qui l'accompagnaient tomber aux pieds des deux autres samurais. Qu'importe, s'il exterminait le plus grand potentiel de guerre, le moral des troupes adverses seraient atteints. Il ressentit une chaleur intense émaner de son flanc droit. L'excitation du combat sans doute. Un combat déjà vain, il le savait. Il sourit une nouvelle fois, mais d'admiration pour son bourreau cette fois. Les Légendes ne semblaient pas disparaitre si facilement. Son corps inerte glissa de sa monture. Sa dernière vision fut les flammes grandissantes et les ombres furtives passaient aux travers. Il les reconnut. Les messagers de la Mort. Ils n'étaient pas là pour lui. Eux étaient bien réels et les voir si près ne pouvait signifier qu'une seule chose: La fin.

L'un des deux archers encore présents venait juste de décocher une flèche dans l'épaule de Takiyo par réflexe combatif ou instinct de survie, après avoir vu la tête d'un de ses compagnons d'armes roulée à ses pieds. Il avait atteint sa cible et cette dernière émit, non pas un dernier soupir comme attendu, mais un terrible grognement de hargne. Le frêle archer était désormais exposé à la vue de tous et particulièrement à celle du samurai à l'armure démoniaque, qu'il venait de courroucer. Dans une dernière pulsion courageuse ou désespérée, il banda son arc et décocha une nouvelle flèche droit vers le capitaine du clan Hayashi. Ce dernier venait d'être rejoint par Taiki, afin de former une défense dos à dos. Le samurai de Gekko ayant à peine pris position qu'un shuriken vola dans sa direction. Il put voir alors brièvement quatre ombres se déplacer rapidement à travers la zone de combat. Il n'était pas difficile de comprendre qu'il s'agissait de ninjas, dont les capacités de dissimulation allaient rendre la bataille de front plus ardue. A peine cette pensée l'eut-elle peut être traversé, qu'une petite explosion se fit entendre, accompagnée d'une fumée blanche, d'où deux autres shurikens métalliques jaillirent, bien décidés à se planter dans le visage de nos deux héros. Ces derniers, concentrés sur cet assaut surprise, ne purent prêter attention aux quatre yeux dissimulés dans l'obscurité, drapés de noirs, braqués en direction du Général Sô. Ils avaient assisté à son attaque foudroyante l'instant d'avant. Ils s'avançaient désormais lentement vers lui, profitant que le vacarme et la fumée avoisinante affaiblissent les sens surdéveloppés de leur cible, qu'ils ne sous estimaient en rien. L'un tenait fermement une chaine et l'autre un poignard aiguisé. L'oiseau rare ne déploierait plus jamais ses ailes. Tel deux félins, ils se rapprochèrent ainsi, à pas feutrés, de leur proie. Au dernier instant, la chaine se déroula vers Sô Sesshu et le deuxième bondit, le poignard à la main. Les ninjas n'étaient pas là pour combattre, mais pour assassiner...


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Norishimo Takiyo
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MessageSujet: Re: Le Village d'Hitaro [QUÊTE]   Dim 27 Aoû - 15:57

Le regard noir de Takiyo est rivé sur le misérable qui a osé s'en prendre à lui à distance. La lueur mauvaise de ses yeux est visible à travers le masque. Ces deux yeux sont semblables à deux flammèches prêtes à consumer entièrement le vétéran du clan Hayashi. Il ne lit sur le visage de son ennemi qu'une peur sans nom. La peur est un sentiment néfaste si l'on ne sait pas la contrôler. Toutefois, lorsqu'elle est domptée, elle devient un allié des plus précieux. Après tout, la bravoure naît de la peur que peuvent inspirer certains personnages ou certains évènements. C'est cette même peur qui force le bandit à prendre son courage à deux mains et à attaquer de nouveau le samouraï. Une flèche siffle dans les airs, s’apprêtant à accomplir son funeste dessein. Le capitaine se prépare mentalement à réceptionner un autre projectile qui lui sera peut-être fatal...

Mais le dieu du vent semble avoir d'autres projets pour notre cher vétéran. Un villageois, dont les habits sont léchés par des flammes particulièrement dévorantes, cherche à se précipiter vers la source d'eau la plus proche... Son instinct de survie, très mauvais admettons-le, le force à se ruer vers son salut sans prendre conscience des autres dangers. Bousculant Takiyo et Taiki afin de se frayer un chemin, il reçoit en pleine tête la flèche destinée de base au capitaine du clan Hayashi. Coup tragique du sort ou destin ? Nul ne le sait. La seule chose certaine est que ce pauvre local aura au moins eu la chance de se voir abréger ses souffrances.

Une malheureuse opportunité que le guerrier en armure rouge se doit de saisir rapidement. Sans réfléchir un seul instant, le colosse se rue sur l'archer en brandissant ses armes vers le ciel obscurci par des fumées ardentes et un voile de mort. Un hurlement bestial accompagne sa charge. L'adversaire prend la fuite, afin de s'offrir une chance de survie. Mais le vétéran, galvanisé par la douleur vive qui s'empare de son être, court bien plus vite que lui. Les deux lames plongent brutalement dans la chair. Le brigand s'écroule au sol après avoir lâché un râle de douleur. Il se tortille sur place l'espace d'un instant, frappé par une mort des plus horribles. Les poumons ont été transpercés, déchirés. L'homme gargouille quelques secondes. Le sang bouillonne dans sa gorge. Ses yeux roulent dans tous les sens, paniqués. Puis le corps s'affaisse dans la boue, les gargouillis cessent et un liquide rouge vient imbiber cette terre déjà souillée par le sang de multiples combattants et victimes.
Le capitaine tombe sur ses genoux, essoufflé. Il n'avait pas vécu d'évènement aussi intense depuis la fin de la Grande Guerre, où il s'était battu comme un lion lors de nombreuses batailles. Il est rouillé, ses réflexes sont moins bons... Et il a vieilli. Si son corps est encore robuste et jeune, son mental en a néanmoins pris un coup. Le voilà tourmenté par les démons du passé en plein combat. Les dieux se jouent de lui ! Il peste silencieusement contre lui même, se maudit d'être si faible lorsqu'on le sollicite, alors qu'une bataille est en cours et que des vies sont en jeu. Un sentiment de colère vient couler à grand flot dans ses veines. Non... Il ne doit pas laisser sa rage s'exprimer. Il doit reprendre le contrôle.

Le colosse se redresse péniblement et récupère son ensemble planté dans le dos de sa dernière victime. Il n'a pas le temps de souffler. D'autres pillards n'attendent que le bon moment pour mettre fin à ses jours. Takiyo jette un coup d'oeil à son épaule. Elle est meurtrie par une entaille qui le vide peu à peu de sa vitalité. Le katana devient trop lourd à porter dans cette main tremblante. Il se décide donc à glisser le wakizashi dans le saya approprié et change de main son arme principale. Le voilà soulagé pour un moment. Il embrasse de son regard le village, recouvert de cadavres et de blessés gémissants, au beau milieu desquels combattent encore de valeureux ou couards guerriers. Le vétéran s'était battu avec la rage de celui qui n'a rien à perdre et rien à prouver. Désormais, il devrait adopter un comportement plus prudent, et faire de sa fureur muette un outil des plus efficaces. Alors qu'il s'apprête à se jeter à nouveau dans la bataille, il est stoppé dans son élan par l'explosion d'un projectile, qui vient répandre une fumée blanche opaque. Un shuriken vient lui frôler le visage et se plante dans la muraille en bois. Des ninjas ! Cela dépasse l'entendement, d'où est-ce qu'ils peuvent venir ? Sont-ils à la solde de l'ennemi ? Ou bien sont-ils engagés par une entité extérieure ? Impossible à dire pour l'instant.

Et le temps de réflexion pour notre cher samouraï est fini. Il s'arrête aussi brutalement qu'il a commencé. Le capitaine Hayashi sent un liquide poisseux et chaud couler le long de sa joue. Le shuriken a entaillé suffisamment le masque pour venir couper la chair. Une blessure superficielle qui toutefois ne fait que renforcer la vigilance de notre homme. L'adversaire est partout et nul part à la fois, profitant de chaque élément de surprise et de distraction pour se glisser derrière un ennemi et lui trancher la jugulaire. Takiyo serre la garde de son katana à deux mains et ignore silencieusement la douleur qui vient le relancer au niveau de l'épaule.

Des ombres déformées combattent désormais dans la brume artificielle. Il est impossible de discerner un allié d'un ennemi. Une silhouette noire traverse le brouillard improvisé, hurlant à la mort comme pour se donner du courage ou tenter vainement d'effrayer le samouraï à l'armure démoniaque. Le capitaine resserre son emprise sur son arme, prêt à recevoir ce nouvel ennemi. La lame de son katana s'abat lorsque la silhouette agressive se révèle être assez proche de sa position. La fumée blanche se disperse lorsque le sabre passe au travers. Un cri strident parvient aux oreilles du vétéran. L'assaillant, un archer qui a quitté son arc pour un tantō, plus adapté au corps-à-corps, s'écroule plus rapidement qu'une feuille quittant un arbre. Il est ouvert en deux du front au ventre, victime de la brutale précision du colosse.

Ses respirations se font plus saccadées. Les nombreuses passes d'armes échangées avec les diverses adversaires l'ont fatigué quelque peu. Le géant attend patiemment que le prochain ennemi pointe le bout de son nez, ou qu'il présente sa lame... Il profite des quelques secondes de répit pour reprendre son souffle et reposer ses muscles endoloris.  Quelque chose semble lui indiquer que la menace ne viendra pas de face, mais plutôt de dos. Il se prépare donc mentalement à cette éventualité...

- HRP -:
 

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MessageSujet: Re: Le Village d'Hitaro [QUÊTE]   Mer 6 Sep - 4:23

L’éveil de l’esprit pouvait s’avérer des plus épuisant pour le corps d’un guerrier. Un seul mouvement vif, et avant même que le vent puisse siffler, le duel était déjà fini. L’attaque du vieux héron fut d’une grande rapidité, mais lui avait demandé certainement plus d’énergie que nécessaire. Certes, il aurait pu tenter de prolonger la confrontation en évitant les coups et contre attaquant à l’occasion, mais plus ce combat durait, plus il offrait l’opportunité au Pourfendeur d’y mettre fin. Il avait donc pris la décision d’en terminer rapidement, et avec un peu de chance décourager le reste de ses adversaires.

Toutefois, la fatigue chez le héron offrait une opportunité en or pour d’autres ennemies. Il aurait dû s’en douter… de prendre la tête cette homme ne signifierait pas la fin pour des êtres sans honneurs. Alors qu’il tentait de retrouver son souffle, il ne sut que ressentir un instant trop tard la présence malicieuse se dirigeant vers lui. Se retournant vers son nouvelle adversaire, il eut à peine le temps de faire un pas afin d’éviter ce qui aurait été un coup fatale. Un mouvement vif, mais un peu trop lent, la lame su trouver une ouverture dans l’armure du guerrier. Le fer froid déchira la peau de bras droit. Sô grinça des dents avant de tenter de repousser l’assaillant, mais alors qu’il tenta de répliquer à l’attaque une chaine tomba sur l’oiseau afin de l’emprisonner. Les ailes du héron étaient prisonnières des chaines, il avait beau tenter de se déplacer et débattre, son ennemie avait gagné un avantage sur lui. Était-ce donc la fin pour le héron ?

Bien qu’il ne possède aucun hérité, il avait vécu une longue vie pour un guerrier et cela était suffisant. Il avait survécu la grande guerre et fut en mesure de vivre suffisamment longtemps afin de voir une nouvelle ère se dessiner. Le héron aveugle avait eu l’occasion d’élever son esprit, de connaitre la paix intérieur, il était spirituellement prêt à s’élever au-delà de la mortalité… du moins c’est ce qu’il croyait. Une partie de son cœur voulait toujours combattre, vivre un jour de plus et retrouver une dernière fois ceux qui lui sont précieux.

Laissant son corps se reposer, il suivait les mouvements de la chaine. Le fer était devenu presque fluide. Utilisant sa main gauche afin de prendre sa wakizashi entre ses doigts, il utilisant le mouvement naturel de la chaine et s’enroula dans celle-ci afin de s’approcher de l’être à l’autre bout. Un tour, deux tours… et puis trois, il avait une idée où était l’étranger. Au quatrième tour le samurai fit glisser l’arme entre ses doigts, l’utilisant comme un projectile. Son adversaire, trop occuper à maintenir un contrôle sur le héron n’eut point le temps de se déplacer avant d’être transpercer par la lame… la chaine perdu une partie de sa vigueur. Toutefois, cela n’était pas la fin… il avait l’autre et le bras droit du héron était affaibli. Ses mouvements étaient un peu plus réduit, il pouvait sentir celui-ci s’approcher rapidement, mais sa mains droit n’obéissait pas complètement, son bras était pris dans la chaine. Alors qu’il s’apprêtait à connaitre sa fin un miracle survenu, une lance était venu empaler l’assassin.

Sugihara, non loin d’eux, avait remarqué le combat et avait parvenu à lancer avec suffisamment de précision une lance afin de neutraliser l’ennemie.

‘’Sô-Sama… vous êtes blessé’’ cria Sugihara en tentant d’aider le vieux héron.
‘’Ce n’est rien… arigato Sugihara… il faut vite éteindre les flammes et s’assurer que les civils sont en sécurités… où son nos aliés?’’
‘’Je n’en sais rien… je les ai perdu de vu… peut-être sont-il…’’
‘’Ils ne sont pas loin… je le sens…’’ termina-t-il en levant le mentons, cherchant les membres des autres clans.

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MessageSujet: Re: Le Village d'Hitaro [QUÊTE]   Sam 9 Sep - 11:19

L'instant d'avant le cri des hommes dans la bataille et le choc de l'acier retentissaient à l’extérieur des murs de la cité, mais maintenant un silence pesant s'était installé. Comme si l'un des deux camps semblait avoir gagné. S'en suivirent des hurlements et le vacarme d'une course effrénée se rapprochant des grandes portes. L'impact fut violent. Les battants tremblèrent à plusieurs reprises, avant de s'interrompre. Puis de nouveau le silence. Les hommes en poste sur les remparts furent tétanisés par ce qu'ils voyaient. L'un cria à sa tour et se retourna pour alerter, lorsque soudainement il fut transpercé par une pointe noire acérée. La fumée encore présente rendait la visibilité difficile. Un martellement sourd sur les remparts de bois indiquait qu'on escaladait ces dernières. Puis l'horreur fut contemplée par tous.

Spoiler:
 

Une araignée gigantesque, dont les huit pattes énormes se terminaient par des pointes acérées. Son corps et ses membres étaient recouverts  de sang frais, laissant deviner qui était responsable du chaos précédent, ne semblant faire aucune distinction entre les deux camps.  Un regard noir presque humain contempla le village et ses habitants. On eut l'impression qu'elle cherchait quelque chose dans la cohue . Elle écarta subitement ses crochets, laissant apparaitre des rangées de crocs acérés. Elle souleva sa patte, où l'homme était encore empalé et elle le dévora vivant ne prêtant nullement attention à la plainte stridente de sa proie. Brusquement elle bascula son abdomen vers l'avant. A l’extrémité de celui-ci un dard, d'où jaillit une substance blanchâtre, immobilisa les hommes les plus proches. Ils constituaient désormais sa réserve de nourriture. Mais elle les délaissa pour le moment.

Elle bondit alors avec une agilité et une célérité incroyable et se précipita en direction du lieu où se trouvaient nos trois protagonistes auparavant. Arrivée à distance des ninjas restant, elle transperça ces derniers, dont les techniques et l'habileté ne furent d'aucun secours. Cette fois, le doute n'était plus permis, nos héros étaient bien l'objet de sa convoitise et personne ne s'interposerait dans sa chasse personnelle. Elle avait d'ailleurs repéré le premier. Le règne naturel serait enfin inversé, car L'arachnide avait bien l'intention de dévorer un Vieux Héron. Face à lui, elle prit appuie sur six de ses membres et éleva  de nouveau deux de ses pattes meurtrières, les abattant avec force sur lui, qui n'était plus seul, mais accompagné de sa plus fidèle servante, Sugihara. Il était difficile de savoir où se trouvait à cet instant ses compagnons d'armes Takiyo Norishimo et Taiki Fujiwara,

L'aura ténébreuse, que seul un homme dont la vue terrestre avait disparu pour laisser place à celle de l'esprit, qui émanait en masse de cet être surnaturel, ne laissait aucun doute sur sa véritable nature: Un Yokai, créature de l'Autre Monde, Fléau rare en ce monde, vestige des Nuits Sans Fin.  Au cœur de l'obscurité, était-ce l'odeur du carnage des Hommes ou celle des âmes héroiques qui l'avaient attiré ?
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Fujiwara Taiki
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MessageSujet: Re: Le Village d'Hitaro [QUÊTE]   Sam 9 Sep - 21:12

Fujiwara Taiki ne sait plus où donner de la tête, Norishimo Takyo qui vient de se lancer à l'assaut d'un archer se fait lâchement attaquer par un ninja, profitant du chaos régnant et des ténèbres environnantes et le sort de la  mort vient d'échapper, de justesse, à Sô Sesshû. Quand à Taiki, il gît au sol auprès du corps inerte et calciné du pauvre villageois qui l'avait renversé lui et Takyo-dono, abattu par une flèche qui ne lui était pas destinée.

Quelle espèce d'intrigue politique et militaire peut bien concerner ce village à la fin, pour que l'on déploie autant d'hommes?

Ne pouvant se retenir plus longtemps devant l'horreur et les effluves de chair brûlée, Taiki se tourne et vomi son repas frugale, la bile lui enflamment affreusement la gorge.

Mais le pire reste à venir...

Un énorme bruit de fracas et des cris se font entendre en direction de la porte principale du village. Taiki se relève prestement, tentant de contredire l'instant de faiblesse qu'il vient d'avoir précédemment.

*Surement  des unités lourdes armées d'armes imposantes* pensa-t-il.

La porte vol en éclat dans un bruit assourdissant, dévoilant, non pas de quelconques renforts, mais un monstrueux Tsuchigumo.

À ce moment précis, Taiki ressent un sentiment auquel il ne peut donner un nom. Ces jambes, dont la consistance égale à ce moment précis celle du coton, ne se dérobe pas sous lui mais plus aucun muscles ne répondent. Son souffle devient saccadé, sa sueur perle à grosse gouttes de chaques ports de son être, ses bras sont aussi lourd que du plomb et sa vue se trouble affreusement, ne laissant plus que la vision, plus qu'effrayante de l’araignée d'une netteté sans pareil.

- Shi... Shi... Shiniga...

Sans même finir sa phrase ou le temps de réfléchir, son corps, lui, prend les devants et court d'une manière démente dans la direction opposée à celle du monstre, il lui faut également un moment avant de se rendre compte qu'il hurle à s'en rompre les cordes vocales.

En tournant la tête, il voit que la créature se jette délibérément sur Sesshû-dono.

Le Héron est aveugle et il vient de dépenser énormément d'énergie dans son combat contre le chef présumé de la faction adverse. Il n'est certes pas sans défenses mais il ne tiendra pas longtemps face à cette chose.

Courant toujours, Taiki se dirige à présent en direction de la colline surplombant le village, il sait les risques qu'il est sur le point de prendre, mais il refuse de passer pour un couard et de couvrir de honte et de ridicule lui et son clan. Son but est de faire croire que l'épisode de folie, dont il a été victime, n'est qu'une manœuvre de diversion.

Arrivé haut sommet de la plus haute colline, Taiki contemple le village, repairant sa cible à abattre et fait le vide en lui, il inspire et expire longuement plusieurs fois, augmentant son calme et arrive à amoindrir les bruits autour de lui.
Il lève la tête en direction de la lune, priant Tsuki-Yomi-sama de l'accompagner dans sa dangereuse entreprise, dégaine son sabre et focalise son regard et son esprit sur la proie de son attaque... plus rien n’existe autour de lui à part le bruit de sa respiration et la lueur grandissante de la lune.

L'air et le sol vibre tout autour de lui et, dans un impulsion, s’élance dans les cieux, calibrant son sabre et sa position sur l'abdomen de l'araignée de terre, il sait où se situe le cœur des arachnides.

Spoiler:
 


- SHOUTEN!!!

La dernière chose que Taiki ressenti fut l'impact quand il percuta l'immonde créature, la suite des événements, il le laisse à ses frères d'armes.

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N'écoute pas ceux qui te disent que tu n'es bon à rien.
Réponds-leur qu'ainsi, tu ne peut que progresser!


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MessageSujet: Re: Le Village d'Hitaro [QUÊTE]   Dim 17 Sep - 0:37

Don't Die With A Clean Sword. [Thème]

A travers l'ombre
Jusqu'à la fin de la nuit
Jusqu'à la dernière étoile qui luit
Brumes et mirages
Noyés dans l'obscurité
Tout va se mêler...


Le chuintement d'une lame qui quitte son étui. Le bruissement dans l'air d'une ombre. Quelque chose approche. Quelque chose est déjà sur lui. Le vétéran plonge en avant instinctivement. Il roule dans la la boue et évite l'acier froid d'une arme lui étant destinée. Le capitaine du clan Hayashi ignore la douleur qui vient de nouveau le relancer au niveau de l'épaule, se redresse rapidement et prépare sa garde. Son adversaire est un ninja implacable et silencieux. Il est entièrement vêtu de noir, et un masque vient dissimuler son visage. Il est plus facile de tuer lorsque l'on est physiquement déshumanisé. Car la Mort n'a pas de visage, ou bien seulement celui que certains s'accordent à lui prêter. On oublie souvent que des hommes se cachent derrière les monstres qu'ils sont sur le champ de bataille. Et inversement.
Les deux protagonistes masqués se toisent du regard. Ils cherchent à trouver les failles, les faiblesses qui leur permettront d'avoir le dessus sur l'autre. Le samouraï est blessé et exténué. Le ninja a un avantage net. Mais un vrai soldat n'abandonne pas. Un vrai soldat ne s'offre pas à la Mort sans avoir opposé une résistance honorable. Une lueur de défi est visible à travers le masque démoniaque de Norishimo Takiyo. Il ne salirait pas l'honneur de son clan, ni celui de sa famille, en fuyant son destin. S'il les dieux veulent réellement le voir mourir en ce funeste soir, ils ne seront pas déçus.

Mais il semble, une fois de plus, que les divinités cruelles cherchent à s'amuser avec leurs pantins. Une masse gigantesque vient se précipiter sur la frêle muraille en bois et déchaîne sa fureur. Plusieurs hommes sont déchiquetés sur son passage en poussant des hurlements à faire froid dans le dos. Les deux combattants que sont le ninja et le vétéran sont surpris par cette soudaine arrivée. Non contents de voir leurs jouets s'entretuer, il faut que les dieux en viennent à jeter dans la bataille un monstre des temps anciens. Le premier n'a pas le temps d'éviter le dard mortel qui vient le transpercer. Il est plaqué au sol et le son étouffé de sa voix disparaît aussi rapidement que l'éclat de vie présent dans son regard.
L'araignée géante fait claquer ses mandibules, comme prête à semer mort et destruction.  Elle se lance à l'assaut. Le samouraï se jette sur le côté pour éviter de finir démembré ou même simplement piétiné. Mais il se rend vite compte qu'il n'est pas sa cible. Le Yokai se dirige vers...

Le Héron !

La créature cauchemardesque prépare ses pattes, comme pour rajouter une énième victime à son garde-manger. C'est sans compter sur le courage insensé du jeune Taiki qui se lance à son tour dans la bataille. Son aîné le voit se jeter corps-et-âme sur l'immense araignée. Le sabre s'enfonce dans l'abdomen de la bête qui s'affole dans tous les sens. Le représentant du clan Uesugi tombe à la renverse et son corps est bientôt malmené par quelques soldats rescapés qui fuient dans tous les sens à la vue de cette horreur.
Norishimo Takiyo n'entend plus que les battements affolés de son propre cœur. Tout ceci dépasse l'entendement ! On l'avait préparé toute sa vie à combattre, mais jamais il n'aurait cru devoir affronter le vestige d'une période sombre et lointaine. L'ignoble bête s'est ressaisi et fait claquer à nouveau ses mâchoires. La nuit marche avec elle, et la mort crie par sa bouche furieuse dont les mandibules s'agitent. Il contemple, l'air absent, le massacre orchestrée par le Yokai... Et la débâcle des Ryûzoji. Tout défile sous ses yeux à une vitesse effarante. Il est de son devoir de protéger les habitants de cette bourgade et d'éliminer les menaces pouvant se présenter en ces lieux. Et actuellement, il assiste silencieusement à l'échec de cette tâche... Son honneur lui dicte d'aller de l'avant, d'affronter cette bête... D'assister Sô Sesshû... Et de mourir s'il le faut.

- Soldats ! Ralliez-vous à moi ! Votre commandant est en danger ! Hurle de sa voix étouffée le samouraï. Allez-vous faire honte à votre clan, à vos familles, en le laissant combattre seul cette créature ?

Le capitaine du clan Hayashi lève son sabre et se dirige à petites foulées vers le fléau mortel qui ravage cet endroit. Les yeux rougis par les fumées, l'armure couverte de boue et de sang, le colosse ressemble plus à un mort-vivant qu'à un redoutable guerrier. Mais la lame de son katana reflète les lumières dansantes des incendies. Un éclat qui vient illuminer ce ciel obscurci par le chaos et la mort. Une lueur d'espoir surgissant des ombres pour raviver le courage mourant dans le cœur des hommes. Et dès lors, ceux qui ont la force de suivre le vétéran viennent grossir les rangs des braves. Une petite poignée d'individus suit le samouraï, qui ne tarde pas à donner une nouvelle série d'ordres.

- Vous deux ! Allez me chercher des cordages ! Et vous là !  Trouvez-moi des arcs ! Vocifère t-il d'abord, puis désignant la bête à l'aide son sabre. Il nous faut retenir l'attention de la créature ! Frappez dans les pattes, nous pourrons peut-être la déstabiliser et la priver de sa mobilité !

Les quelques soldats qui n'ont pas reçu de directives hochent doucement la tête. Ils ont bien compris le message. Retenir l'attention d'un démon des temps anciens est un acte de bravoure insensé...  Ils poussent des cris de guerre pour se donner du courage et attirer vers eux cette chose qui peut les transpercer en un battement de cœur. Une patte vient par ailleurs se planter le corps de l'un d'entre eux. Mais les autres profitent de cet instant pour attaquer la bête sur les flancs. Il ne s'agit que d'une grosse araignée après tout ! Elle a donc logiquement les mêmes faiblesses que ces petites bestioles que l'on écrase sous sa botte. Plusieurs yari s'enfoncent dans l'abdomen du monstre, quand des lames tentent désespérément de trancher les articulations. Ces agressions ne font que renforcer la fureur qui anime le vestige des Nuits sans Fin. L'horreur s'en prend à un autre brave. Ses puissantes mandibules viennent broyer la tête du soldat Ryûzoji et un sang chaud gicle sur ses camarades à proximité.

Takiyo traîne de son seul bras valide le corps inerte du jeune Taiki, jusqu'à le mettre hors de portée de tout danger... Chose relative quand on est en plein milieu d'une bataille. Il se précipite ensuite vers ses compagnons d'armes qui cherchent un moyen de tenir à distance la créature. Bien heureusement pour nos héros, les cordes tant attendues arrivent enfin. Et avec elles s'ajoute le renfort de plusieurs hommes. Une aide inestimable.

- Utilisez-les pour maintenir au sol la bête ! On se charge de la distraire ! Commande le vétéran au masque souillé par le sang de nombreuses victimes.

Le colosse reprend son souffle bruyamment. Une intense chaleur vient s'emparer de son corps meurtri. Il souffre sous son armure, et il n'a pas le temps de s'enquérir des nombreux maux qui cherchent à le torturer physiquement. Un soldat titille le Yokai en cognant sa yari contre les mâchoires claquantes. C'est l'opportunité idéale. Quelques uns en profitent pour glisser des cordes entre les pattes de l'immense araignée. Mais celui qui pense pouvoir maîtriser un être aussi puissant est bien sot !
Il faut à nos valeureux combattants beaucoup de force dans les bras pour espérer retenir la colère de cette furie entre quelques cordages. Et, prenant conscience du danger, le vétéran Hayashi vient contribuer modestement en s'emparant d'un morceau de corde avec son seul bras valide. Nul ne sait réellement qui cédera le premier. La seule chose dont Takiyo est réellement certain, c'est qu'il encouragera du mieux qu'il le peut les Ryûzoji ayant décidé de se tenir à ses côtés. Les mots mêlés aux actes peuvent inspirer le courage et fournir un second souffle à ceux qui savent y prêter attention. C'est l'apanage des grands héros et des officiers que de donner l'exemple...


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MessageSujet: Re: Le Village d'Hitaro [QUÊTE]   Mer 20 Sep - 1:43

Les pattes meurtrières de l'arachnide s'élèvent dans les airs, s'apprêtant à faucher le Héron, sans doute éreinté de ses précédents combats. Ses compagnons d'armes ne lui sauraient d'aucun secours, l'un étant disparu dans la cohue, l'autre ayant délibérément fui, son courage terrassé par une peur véritable, laissant derrière lui un hurlement lointain. La fin semblait inévitable et les extrémités acérées du Yokaï s'agitèrent frénétiquement, témoignant presque d'une certaine excitation, trop humaine peut être. Elles fendirent l'air, mais non pas dans la direction attendue. En effet, elles s'élevèrent en arc de cercle au dessus de l'abdomen. Une douleur vive arracha néanmoins un cri à la créature. Une partie des membres tranchés et une lame planté en surface seulement dans l'abdomen l'avaient bel et bien meurtrie.

Taiki Fujiwara, loin de fuir, avait en réalité dompté sa peur, s'éloignant pour revenir dans un assaut puissant et inattendu, accompagné par les rayons de son astre protecteur, dissipant les Ténèbres. Son hurlement n'avait été que la libération d'un pouvoir, dont il s'aventura au péril de sa vie, jusqu'aux extrêmes limites. Si la créature n'avait pas eu ce réflexe, non moins surprenant même pour un tel être, la samouraï aurait pu atteindre cet organe noble qu'est le cœur. Il n'eut guère le temps de comprendre comment son assaut avait pu échoué, qu'il retomba lourdement sur le sol, épuisé par l'énergie demandée.

La créature s'agita non plus de douleur mais de fureur cette fois, à la recherche de l'insecte qui avait commis un tel acte de mépris. Les soldats effrayés s'agitèrent en une cohue désorganisée, manquant d'écraser le corps du soldat Uesugi, mais qui eut au moins le mérite de dissimuler sa présence aux yeux du monstre. Ce dernier, comme impatient plantait et arrachait la chair des soldats, qui lui faisait obstacle. Elle ne voulait qu'une seule proie et elle finit par la retrouver, son corps extirpé par un autre, à l'apparence d'un Démon rougeoyant. Elle chargea de nouveau. Mais de nouveau les soldats s'amassèrent devant elle. Une différence pourtant, ils n'étaient plus une masse désorganisée et effrayée, mais une armée animée d'un nouveau feu, nourri par un puissant vent violent.

Ils mirent en difficulté l'ennemi Les pertes étaient grandes, mais la stratégie fonctionnait. Plusieurs blessures lui furent assenées et profitant de leur nombre et des ouvertures créées, les cordes vinrent bientôt immobiliser certaines de ses articulations. Elle émit un cri strident, ressemblant à une longue plainte déchirante. Une lutte acharnée s'engageait, car maintenir une telle créature agitée au sol était une rude épreuve pour de simples hommes. Et pourtant chacun d'eux y mettait l’acharnement de leur corps et de leur âme nécessaire à leur grandiose mission, leurs visages défigurés et leurs muscles contractés en témoignaient.

Le Yokai résistait, pourtant son regard semblait s'attarder sur un être en particulier. Celui qui tenait fermement la corde juste en face de lui, à quelques mètres à peine. Ses yeux plongèrent dans les siens un court instant, avant que son corps ne s'agitent de nouveau avec frénésie. Elle transperça d'une patte et immobilisa de son fluide deux soldats, qui la retenait à l'arrière. Les cordages virevoltèrent. Elle s'avança dangereusement, gagnant de la distance face à Takiyo Norishimo. Ses yeux encore rivés sur lui, claquant ses mandibules en continue. A quelques centimètre du samouraï à présent, elle s'immobilisa encore; les soldats restants s'étant jetés sur les cordes ballantes pour la retenir. Le Yokaï et le Démon était maintenant face à face. Si un seul des hommes lâchait prise, s'en était fini de lui...
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MessageSujet: Re: Le Village d'Hitaro [QUÊTE]   Mar 26 Sep - 2:42

Le chaos régnait au cœur du village d’Hitaro. Les rapports de situation étant devenus presque inexistant depuis le début de l’assaut, le vieux héron n’étant point en mesure d’obtenir une idée global de la situation éprouvait de la difficulté à bien évaluer l’état des lieux. Il pouvait sentir l’horrible parfum ambient de la mort, éveillant en lui de nombreux souvenir de jours sombres. Il n’avait nullement besoin de ses yeux afin de voir la scène qui devait être en train de se dessiner autour de lui… il l’avait déjà connu.

Ayant retrouvé Sugihara à ses côtés, l’homme pouvait être les yeux dont il avait besoin. Ses autres sens le trahissait, la cacophonie ambiante fit en sorte qu’il était presque impossible pour lui de se fier à son ouïe, et le parfum de la mort et la fumé affectait son odorat… de l’aide était requise. Certes le héron était habituellement en mesure de bien s’organiser seul, mais il n’était aucunement trop fier pour savoir quand un peu de soutient était requis… et il ne savait pas à quel point il en avait de besoin en ce moment.

S’élevant des ombres, parmi la confusion et les flammes s’élevait une terrible bête. Il ne l’avait aucunement entendu s’approcher et si ce n’était pas de Sugihara il ne l’aurait pas su avant qu’il soit trop tard.

-Yokaï! Cria le samurai tout en tirant le héron.

Surpris et confus par la situation, le héron tenta de trouver la dite créature… le dit Yokaï mentionné par Sugihara. Il savait à quel point l’homme se trouvant à ses côtés était brave, et il pouvait le sentir dans sa voix, un brin de surprise… un brin de frayeur face à l’horreur se trouvant devant ses yeux. Certes, la discipline triompha au-dessus de la peur, lui permis d’assister le vétéran.

Il n’était pas le seul à lui porter main forte, il avait pu entendre la voix du brave Fujiwara s’élevé. Il était jeune et n’avait certainement pas eu l’occasion de connaitre de tel situation, mais il semblait bien se débrouillé… ou du moins ceci est l’impression qu’avait eu le héron lors de sa première rencontre… et son retour dans cette situation ne faisait que démontrer à quel point l’homme possédait un grand potentiel. Il ne pouvait point le voir, mais se doutait par ce qu’il pouvait entendre qu’il avait pris la créature d’assaut… un acte certes brave, mais risqué.

Heureusement car dans son état il n’aurait point su se défendre correctement. Il avait déjà utilisé une grande partie de son énergie, l’utilisant ses techniques unique à son clan avait su demander un peu plus d’effort que dans ses souvenir… il devait surement se faire un peu vieux… ou peut-être était-ce ici la perte de l’habitude. Il ne combattait plus autant qu’avant, il est possible que Sô soit qu’un peu rouillé, non ?

Suivant la première attaque de Fujiwara, il put entendre de nombreux hommes s’approcher, puis la voix lointaine de Norishimo. Il était de retour avec les hommes du clan Ryûzoji. Sô était heureux de voir que ses hommes avait su mettre de côté leur rivalité avec le clan Hayashi et était en mesure de travailler avec Norishimo.

Incertain de ce qui se passait, Sugihara expliqua de façon très brève la situation au vieux héron et appris rapidement le danger qui sombrait au-dessus de Norishimo. Les hommes de clans adverses avait porté main forte au vieux héron, il se devait d’en faire de même.

-Membre du clan Ryûzojii ! Hurla-t-il d’un ton impératif avant de donner l’ordre de prendre d’assaut le Yokaï.

Il était hors de question qu’il laisse la créature s’échapper. Ses deux mains tenant fermement son Katana, la lame de légende pointait en direction de la créature.

-Maintenant !

Tous hommes du clan Ryûzoji prirent d’assaut la créature, tranchant les pattes, perçant la créature à l’aide de flèche enflammées… Ama-no-Murakumo-no-Tsurugi allait guider le héron vers son objectif, il devait faire qu’un avec son arme… laisser son esprit s’éveiller à nouveau…

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MessageSujet: Re: Le Village d'Hitaro [QUÊTE]   Jeu 28 Sep - 20:40

La silhouette imposante du démon rouge fait pâle figure à côté de la masse compacte du Yokai. Le monstre fait claquer ses mâchoires dans le vide et tente de se défaire de l'étau qui se referme inlassablement sur lui. Un éclair malsain vient illuminer son regard noir. C'est comme si la bête est consciente de son état de mort imminente... Son instinct lui dicte de tuer toujours plus de personnes avant de partir, de disparaître pour toujours. Et la première cible sur sa liste semble être le capitaine du clan Hayashi. S'il a l'apparence d'une créature issue des Nuits sans Fin, il n'a toutefois pas la puissance colossale que peut avoir le monstre qui lui fait face.

Un bref échange de regards semble convaincre le Yokai dans son choix. L'insolent en armure rouge serait le premier à rendre l'âme ! La créature remue frénétiquement et gagne peu à peu du temps. Les mandibules ne sont plus qu'à quelques centimètres du samouraï. Ce dernier est suffisamment proche de la bête pour sentir son haleine fétide et chargée de mort. Pourtant, il tient bon sa position, prêt à y passer si tel est son destin. Le vétéran aurait aimé pouvoir s'emparer de son katana afin de défier son redoutable adversaire comme il se doit, mais ne pouvant se servir de son bras ensanglanté par une vilaine plaie à l'épaule, il se contente d'observer avec un silence particulièrement évocateur le monstre qui s'acharne à vouloir le déchiqueter.

Norishimo Takiyo ravale un éclat de rire qui ne demande qu'à sortir. Bien loin d'être en proie à une quelconque folie, il a pourtant l'impression qu'un démon intérieur cherche à s'exprimer. Le colosse n'a peut être pas pris l’apparence d'un oni courroucé au hasard finalement... Les nombreux conflits qu'il a pu disputé au cours de sa misérable existence ont fait de lui un être qu'il ne reconnaît pas. Il a cette étrange sensation qu'une partie de lui-même est perdue à tout jamais, effacée par quelques actes amers. Et alors qu'il épuise ses dernières forces à tirer sur cette corde, notre capitaine en vient à se rappeler des raisonnements absurdes qu'il rumine sans cesse dans sa profonde solitude. À trop fixer les ténèbres, il y a un moment où l'on finit par y sombrer entièrement. Il en est persuadé à présent, à chaque fois qu'il prend une vie, une partie de ce qu'il est disparaît.
Et en ce moment même, c’est bien cette obscurité qui s’empare de son cœur, lorsqu’il plonge son regard dans les nombreuses paires de yeux du monstre lui faisant face. Et cette corde, sur laquelle il tire sans jamais relâcher ses efforts est ce qu’est sa vie. Un fil suspendu dans le vide, prêt à être tranché par la Mort au moindre moment. Le vétéran ne pense qu’à ce morceau de corde et à cette gigantesque araignée maléfique qui cherche à s’extirper de sa prison improvisée.

L’esprit du capitaine s'égare dans les profondeurs obscures, des ténèbres sans fin, que sont les yeux de la bête. Certains sages pensent qu’il est possible de voir la nature véritable d’un homme rien qu’en observant ses yeux. Ces gens là prétendent que le regard d’un homme est le reflet de son âme. Et les billes sombres qui servent de globes oculaires ne reflètent qu’une lueur froide et malveillante… Takiyo sent son cœur se pincer étrangement. Il a l’impression désormais de connaître la créature. Elle n’est qu’un être alimenté par la rancœur, la haine et la violence, à l’instar de nombreux individus, qu’ils soient divins, immortels ou même simples mortels. D’une certaine façon, le regard sinistre du Yokai reflète quelque chose de bien plus noir encore que sa propre nature… La silhouette démoniaque du samuraï lui-même !
Finalement, une voix autoritaire traverse des clameurs qui semblent lointaines et sort le colosse de ses sombres pensées. Le Héron vient de donner un ordre. Les hommes partent à l’assaut une nouvelle fois. Le règne de terreur de la bête cauchemardesque touche à sa fin. Flèches et lames viennent s’enfoncer dans la masse noire du Yokai. Les puissants cris d’agonie se mêlent aux claquements incessants des mandibules et de légères secousses  font trembler le sol au moment de la chute du monstre.
Les oreilles sifflantes, il assiste à la mort d’un être légendaire. Bien loin de le pleurer, il ne peut que se contenter d’observer sa carcasse trouée silencieusement. Le vétéran en vient à se demander la raison de la venue de cette créature ici. Il se peut que ce soit l’oeuvre des dieux, tout comme il se peut qu’elle ait été attirée ici par les bruits de lutte et les hurlements. Dans les deux cas, tout ceci a eu des conséquences désastreuses pour le village. Les cadavres jonchent le sol par dizaines. Certains sont méconnaissables, dévisagés par une lame ou déchiquetés par la fureur du Yokai. La terre est gorgée de sang, et déjà des sillons se forment dans lesquels le liquide pourpre se mélange au sol pour ne former qu’une boue visqueuse. Les maisons incendiées se réduisent désormais à des morceaux de bois calcinés léchés par quelques flammes.

Mais les Ryûzoji, galvanisés par la destruction du vestige des temps anciens, ne le voient pas de cet oeil là. Quelques uns se mettent à chanter, quand d’autres se mettent à crier ou à rire. Ils ont l’impression de sortir victorieux d’un combat héroïque. Mais Norishimo Takiyo l’avait appris à ses dépends. On ne retire aucune gloire de la mort d’un individu.

- Soldats ! Souvenez de ce jour où un Hayashi, un Uesugi et des Ryûzoji ont combattu ensemble ! Commence de sa voix tonitruante le samuraï. Nous avons remporté aujourd'hui une bataille mais nous n'avons pas pour autant acquis une victoire ! Combien de frères d'armes avons-nous perdu ? Combien d'hommes, de femmes et d'enfants sont morts ? L'heure n'est pas aux chants et à la beuverie ! Il nous faut d'abord et avant tout panser nos blessures, prendre soin de nos morts et veiller à la reconstruction de ce village ! C'est ce que notre honneur et le devoir nous dictent !

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