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 [PV Mogami Kikue] Rencontre (en cours)

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MessageSujet: [PV Mogami Kikue] Rencontre (en cours)   Mar 29 Oct - 21:02


Après la pluie. Il s'agissait du moment favori d'Aoi. Les feuilles encore humides d'où tombaient encore sans prévenir quelques gouttes limpides. Les oiseaux qui reprenaient leurs chants mélodieux, créant ainsi une ambiance sereine et reposante. Le jeune homme avait ouvert les larges fenêtres de sa chambre peu avant la fin de l'averse puis était allé s'installer sur son lit au sol, une jambe repliée contre lui, son bras pendant nonchalamment dessus. Il n'avait pas bougé depuis, observant l'onde se déverser sur le jardin qu'il pouvait voir depuis son balcon.
Puis, lorsque la pluie avait cessé, il n'avait pas fait le moindre mouvement. Les minutes s'écoulaient, le soleil montait dans le ciel, l'aube allait bientôt laisser place à la matinée.

« Quel sérénité... » pensa le Ninja. « Haruko aurait aimé être là. »

Entonnement, il n'éprouvait jamais la moindre tristesse ou mélancolie en repensant à sa défunte sœur. C'était juste comme si...elle était morte et c'était tout. C'était arrivé. Tout comme la mort de ses deux parents. C'était arrivé, c'était tout. Aoi avait tourné la page, enterré Teru – son autre lui même, son lui passé – l'enfant de ces parents faibles, l'enfant de ce père imbécile et de cette mère malade d'amour. Il avait renié cet amour inutile. Il avait décidé d'être fort, de servir le clan Hayashi, bien qu'il ne soit pas né dans leurs rangs, lui, le fils d'un forgeron itinérant.

« Quel calme... » songea de nouveau Aoi.

« Aoi ! » appela un homme.

Reconnaissant la voix de son sensei – et officiellement son tuteur -, le jeune homme fit claquer sa langue contre son palais, signe d'agacement. Ne pouvait il pas tout simplement le laisser un peu seul  à cette heure ci...D'accord, Aoi n'avait aucune idée de l'heure qu'il pouvait être, ayant perdu le compte des minutes qu'il avait passé le regard perdu au dehors. Le soleil se dessinant sur le bois humide du balcon laissait supposer que la matinée avait déjà commencé.
La porte de son espace personnel coulissa avec un bruit de frottement et un homme adulte entra.

« Bon matin, Aoi. » déclara le nouveau venu.

« Bon matin, Kiyosuke-sensei. » répondit Aoi sans le regarder.

Un silence s'installa. Kiyosuke reprit.

« La pluie s'est arrêtée. »

« Sensei. » lâcha le shinobi et tournant la tête vers son aîné. « Mes yeux sont hétérochromes mais ils  sont encore parfaitement fonctionnels, vous savez... »

L'homme ne répliqua pas. Aoi retourna à sa contemplation de la nature sans un mot. Kiyosuke décida alors qu'il n'irait pas par quatre chemins.

« Je t'ai recommandé pour une mission. » Silence. « Dans la ville de Kazan. » Silence. « La mission consistera seulement à observer l'ambiance de la citée, repérer les tensions, voir où en est l'activité militaire. » Silence. « Vérifier que les dangôs au saumon et au wasabi n'ont pas pour ambition de détruire le monde. »

Cette fois, il réussit à arracher un soupir résigné à son apprenti qui leva les yeux au ciel. Il l'avait un peu chercher, certes, mais il avait ce principe fermement ancré qui consistait à ne pas parler quand il n'y avait rien à dire. Après tout, ce n'était pas ''Je te propose de partir en mission'' mais ''Tu pars en mission dans une ville à environ sept jours à cheval d'ici – sachant que, comme tu n'as aucune réputation, tu iras à pied et cela va te prendre le double de temps - et qui en plus est la ville d'un clan qui ne porte pas le clan Hayashi dans son cœur.'' Il n'y avait rien à dire. De plus, ce n'était pas comme si le jeune ninja n'avait pas envie de sortir un peu de sa ville d’accueil où il ne faisait que rester assis à regarder dehors, s’entraîner contre l'invisible, regarder les nuages passer, attendre.
Aoi se leva et se dirigeât vers ses kodachis posés non loin. Tout en les attachant dans son dos, il écouta son professeur.

« C'est ta première mission, Aoi. Prends garde à toi. Évite de passer par la ville d'Hariken. Évite de t'engager sans réfléchir dans des combats. Méfie toi toujours des gens que tu rencontreras. Ne te fais pas remarquer en mal, même dans les auberges du bord de la route et surtout pas dans la ville de Kazan. Tu ne dois surtout pas avoir l'air d'un espion là bas. Si tu te retrouves obligé de donner une raison de ta présence en ville, dis juste que tu étais curieux de voyager un peu. »

« Hum... » répondit simplement Aoi en passant à côté de Kiyosuke.

« Tu as quarante jours maximum sauf si tu as de quoi justifier, auquel cas, tu dois nous faire parvenir un message. »


« Compris. » conclu le ninja en sortant de la pièce.

Aoi n'avait rien dit d'autre. Il était juste parti. L'adulte soupira. Pas de remerciement pour les conseils. Pas de partage de crainte. Ni mots, ni étreintes communes aux départs. Ni au revoir, ni adieux. Seulement les même mots que ces dernières années, lorsqu'il s'en allait au village ou à l’entraînement. Rien que cette indifférence habituelle, ce respect mais cette distance. Kiyosuke commençait à sérieusement se demander si cela serait un avantage ou un inconvénient pour son élève.





Aoi avait déjà marché durant une douzaine de jours, s'arrêtant pour la nuit tantôt dans une auberge, tantôt dans la forêt. Bientôt, il passerait la frontière imaginaire séparant la région central de la région sud et la température semblait déjà s'être réchauffée. Peut être avait il déjà passé la frontière en fin de compte...Avant la fin de la journée, il serrait sans doute capable de voir la chaîne volcanique située près de la ville. C'était une bonne chose car cela signifiait qu'il allait pouvoir se reposer. Ce qui était moins réjouissant était qu'il s'approchait d'une ville dominée par un clan qui ne portait pas le sien dans son cœur. - oh, doux euphémisme pour désigner le mépris -. Aoi, pour sa part, n'avait aucune opinion concernant le clan Mogami.
Le soleil brillait dans le ciel et le shinobi marchait tranquillement sous les arbres verts d'une forêt.

« Vous savez, Yume, Genjitsu, je ne connais pas le clan Mogami. » Il s'adressa à ses kodaichis. C'était une habitude qu'il avait pris depuis le début de son voyage, pour combler le silence. « Tout ce que je sais, c'est qu'ils sont spécialisés dans les chevaux de guerre et qu'il ne faut soit disant jamais les défier. Il y avait aussi une histoire avec un volcan, mais je ne m'en souviens plus. » Son ton se faisait désinvolte, comme s'il racontait les derniers commérages entendus à la taverne, alors qu'il arrivait dans une zone de la forêt un peu plus dégagée. « Je me demande s'ils aiment faire la fête...qu'en dites vous, Genjitsu, Yume ? »

Seul le vent le répondit...ainsi qu'un bruit qui l'interpella car il en ignorait l'origine. Le ninja s'immobilisa.

« Dites, vous n'avez pas acquis des jambes, récemment ? » Question purement rhétorique. « Ah, mais s'il a vraiment quelqu'un, je dois avoir l'air pour ainsi dire stupide... »

Il resta silencieux quelques secondes, observant les végétaux alentours. Le terrain ne serrait pas un obstacle s'il avait à engager le combat...enfin...en théorie...Dans le cas contraire, les arbres pourraient même être un avantage s'il venait à se retrouver en fuite.

« C'est dans ces moments, je crois, qu'il faut ainsi dire demander ; ''qui est là ?'' ! » clama-t-il.


Dernière édition par Shiroyume Teru Aoi le Dim 20 Avr - 17:55, édité 1 fois
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MessageSujet: Re: [PV Mogami Kikue] Rencontre (en cours)   Ven 1 Nov - 22:04


Depuis qu'elle s'était faite prendre la main dans le sac entrain de l'espionner, Kikue ne pouvait plus faire un pas sans que son oncle ne soit au courant. Le moins que l'on puisse dire, c'est que ce dernier n'avait pas du tout apprécié qu'elle le suive jusqu'à son entretient secret et privé avec la Dame des morts. Fidèle à elle-même, la nièce avait maintes fois tenter de déjouer la surveillance de sa garde personnelle organisée par son oncle lui-même, sans succès. Et elle avait beau aller se plaindre et râler, rien n'y faisait. C'était sa punition pour la piètre nièce héritière qu'elle faisait.
Un soir, réfléchissant à une énième manière de fausser compagnie à ceux qu'elle appelait ces geôliers elle eut une idée, pour le moins cruelle, mais elle était prête à tout pour montrer à son oncle que rien ni personne ne pouvait l'empêcher de faire ce qu'elle entendait, à sa façon.
Tout le monde craignait l'étalon de son oncle, et il ne laissait personne l'approcher, excepté son cavalier, Jinpachi, et Kikue, cette dernière lui rendant souvent visite aux écuries. Hada-Haku allait jouer son rôle malgré lui.

Le lendemain matin, Kikue se leva presque aux aurores, s'habilla d'un pantalon caché sous son kimono couleur feu, et sorti de sa chambre. Sans bruit mais suivie par l'un des gardes qui se tenait devant sa porte, elle poursuivit son chemin, râlant en murmure pour ne pas éveiller les soupçons de son suiveur.

Arrivée aux écuries, la jeune femme se dirigea comme à son habitude vers le box de l'étalon de son oncle, avisant les chevaux voisins. Ce n'allait pas être une mince affaire. A cause de son caractère fougueux, les parois du box d'Hada étaient plus renforcées que celles de n'importe quel autre box, et malgré son audace, la jeune femme refusait de fuir avec la monture de son oncle. C'était un risque d'être reniée qu'elle ne pouvait prendre. Elle aimait jouer des tours, mais pas à un tel risque. De plus, elle était loin d'être à court d'idée. Son imagination était une source d'embrouille, de coups tordus, et autres histoires assez impressionnante.

Le box voisin de celui de l'étalon de feu était celui de la jument qu'elle avait déjà emprunté lors de sa filature-fiasco. Hirano ka.. Kanai ? Nan ça ne voulait rien dire. Tanpis, ça sera juste Hirano. Sortant du box, le garde la fixa :



« Sauf votre respect, ce n'est pas une heure pour son Altesse de rôder dans les écuries.

-Sauf ton respect garde, ton avis m'importe peu, je viens encore ici quand j'en ai envie. Si l'odeur matinale du crottin t'indispose, libre à toi de rentrer au palais.
-Je ne puis, votre oncle me ferai jeter dans le cratère après être passé au fer rouge. 
-Alors tais-toi, et cesse de m'importuner, ou c'est moi-même qui te passerait le fer »


Non mais et puis quoi encore ? Il voulait pas non plus que je lui brode un uniforme, pensa la jeune noble.


Allant chercher une poignée d'orge dans un sac de toile à l'opposé de l'écurie, Kikue profita que le garde ait le dos tourné pour s'emparer d'une arme au hasard parmis celles qui était accrochée sur le mur du fond qu'elle dissimila sous son kimono, dans la ceinture de son pantalon. Elle se faufila dans le box d'Hirano, déposa la poignée de céréales dans la mangeoire. Par chance, son dernier cavalier avait laissé la bride dans le box. Kikue la passa à la jument et appuyant ses deux mains sur son dos, elle sauta à califourchon sur sa monture qui s'affola soudainement. La maniant avec une certaine adresse, Kikue la tint parallèle à la porte du box dont elle fit sauter le loquet d'un coup de pied. Serrant les jambes, la jument s'élança hors du box. Le garde n'eut que le temps de bondir sur le coté pour ne pas se faire écraser.
La jeune noble lui cria un « Désolée ! », à peine audible au milieu du martèlement des sabots galopant sur les pavés.

Elle sortit de la ville en trombe, filant vers la forêt.


En milieu de matinée, elle fit une pause et mit pied à terre. Flattant l'encolure de sa monture, cette dernière frotta sa tête contre l'épaule de sa cavalière, manquant de la faire tomber à la renverse. Le poil gris fer d'Hirano était couvert d'écume et de feuilles. Kikue la débarassa des dernières et entrepris quelques arrangements vestimentaires, après avoir déchiré le bas de son kimono à l'aide de la lame de son kusarigama, elle se noua la chute de tissu autour de la taille et glissa son arme dans sa nouvelle ceinture improvisée. Sa tunique allait s'effilocher mais baste. Elle règlerait ce détail plus tard. La jeune femme commença à marcher à pied, tenant la jument par la bride. Au fur et à mesure qu'elle avançait elle réfléchissait.
A la cité, le garde avait du donner l'alerte, son oncle devait être dans tous ses états, ayant certainement un peu de mal à se contrôler. Mais elle avait beaucoup d'avance. Et les recherches avanceraient lentement. Enfin, une fois rentrée, son oncle la réprimanderait une fois de plus, mais elle voulait par dessus tout lui prouver qu'elle pouvait se suffire à sa propre sécurité, et aussi apte à un poste militaire, puisque c'était un véritable projet pour elle.

Slalomant entre les arbres de la forêt les yeux rivés au sol pour éviter de se prendre les pieds dans les ronces, un bruit de voix la stoppa soudainement. En vitesse, elle attacha Hirano par la bride derrière un fourré, et tenta de s'approcher discrètement. Malheureusement, elle était encore loin d'être une maîtresse en la matière.


« Et vous qui êtes vous ? S'avança-t-elle, le pas sûr et la voix ferme. Je ne crois pas vous avoir déjà vu dans les parages. »

C'était un jeune homme, vêtu assez simplement, mais qui n'avait pas les trais de quelqu'un de la région. Méfiante, la nièce du chef du clan le plus proche porta une main au manche de l'arme qu'elle avait glissé dans son dos. On ne lui avait jamais vraiment appris à se battre, mais elle avait plusieurs fois vu les soldats s'entrainer au maniement des armes, elle était presque sûre de pouvoir reproduire certains enchainements, avec plus ou moins adresse.
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MessageSujet: Re: [PV Mogami Kikue] Rencontre (en cours)   Dim 3 Nov - 12:43

En voyant une silhouette se dessiner, Aoi retint son souffle un instant tout en levant et pliant son bras gauche pour le poser sur la poignée de Genjitsu, son kodachi orné de tressages gris. La personne en face de lui s'approcha d'une manière qui semblait relever d'une tentative de discrétion. Le jeune homme nota qu'il y avait de l'essai bien qu'il faudrait à cette jeune personne encore de l’entraînement. Mais il y avait de l’effort.

« Et vous qui êtes vous ? S'avança-t-elle, le pas sûr et la voix ferme. Je ne crois pas vous avoir déjà vu dans les parages. »

Aoi, reprenant une respiration normale, pencha légèrement sa tête d'un côté, puis de l'autre, laissant glisser son regard hétérochrome sur la jeune femme qui lui faisait face. Elle ne lui parut pas bien âgé. Peut être devait elle avoir le même âge que lui ou peut être bien quelques années de plus. Sa silhouette était fine, enveloppée d'un kimono aux couleurs flamboyantes, déchiré vers le bas sûrement dans le but d'être raccourci, laissant apparaître un pantalon.

« Drôle d'accoutrement pour une jeune femme...Pensa le ninja. De plus, elle ne m'a pas l'air d'être une combattante... »

Le kimono ne fait pas le moine, disait on. Qu'elle ait l'air d'une combattante ou non, la présence d'une arme, qu'il ne pouvait identifier du fait qu'elle se trouvait dans son dos, ne lui échappa pas. Redressant la tête, il pencha très légèrement son visage en avant, gardant ses orbes grise et bleu fixées sur l'étrangère, réfléchissant sur le comportement à adopter. Il pouvait tenter de la distraire en lançant quelques shurikens dans sa direction et ensuite tenter de l'immobiliser. Cependant, Kiyosuke-sensei lui avait recommandé d'éviter de s'engager dans un combat si cela pouvait être évité Se montrer agressif dès son arrivée dans les terres de Minami serait une mauvaises choses tant pour lui que pour son clan en fonction de l'origine de la personne en face de lui.
Le clan Mogami – et seule Fujin-sama savait si la jeune femme en faisait partie. - était réputé pour n'aimer pas grand monde venant des autres clans. Il fallait jouer la carte de la neutralité tout en restant méfiant. Si elle venait à être originaire du clan Sakuma, il vaudrait peut être mieux pour le jeune homme de jouer la carte de la fuite pour deux raisons ; la première, ce clan avait une réputation effrayante, la seconde étant que, si le clan Mogami n’aimait soit disant pas grand monde, le clan Sakume méprisait un certain nombre de clan. En revanche, s'il s'agissait d'une jeune fille du clan Kamiizumi, il pouvait toujours se risquer à l’amabilité en premier lieu, ce jeune clan n'ayant pas de réputation sanguinaire.
En bref : Mogami, on se méfit, Sakuma, on reste pas là, Kamiizumi, on tente la sympathie.

« Et voilà que je me mets à faire des comptines... » grogna intérieurement Aoi. Son intérêt pour la poésie avait le don de ressortir au mauvais moment.

Le shinobi releva la tête, lâcha son arme, afficha un demi sourire qu'il voulait aimable et se présenta.

« Mon nom est Shiroyume Aoi. » déclara-t-il d'un ton neutre en s'inclinant comme le protocole l'exigeait.

Il se releva prudemment, toujours conscient de la menace potentielle. Il tenta un pas sur le côté, puis un autre tout en continuant.

« Si vous ne m'avez jamais vu par ici, c'est parce que je ne suis jamais venu. »

Autant ne pas trop mentir, il ne fallait pas qu'il se fasse piéger.

« Voyez vous, je suis... »

Il hésita un instant, s'arrêtant dans son déplacement circulaire, alors qu'il s’apprêtait à se faire passer pour un voyageur avant de se rappeler que l'insigne de son clan était brodé sur la droite de sa tunique de manière assez visible, en blanc sur le tissu noir. Il se gifla mentalement de ne pas avoir choisit autre chose en guise de vêtement.

« Je fais partie du clan Hayashi. Je viens de la cité Furrashu, au Nord de la ville d'Hariken du clan Riûzoji et à l'est de la cité impérial Tengoku, dans les terres de Shôten. »

Il laissa un temps s'écouler avant de reprendre ses pas ainsi que son discoure.

« J'ai répondu à vos interrogations, à vous de répondre aux miennes... » tenta-t-il.

Il essayait de ne paraître ni trop aimable, ni trop agressif. Montrer qu'il restait méfiant mais qu'il ne cherchait pas le combat à mort. Son clan avait peut être la rancune plus que tenace, mais ils avaient tout de même une préférence pour faire la fête avec des vivants que sur des morts.

« Me diriez-vous comment les personnes de cette région, qui vous semble familière, vous appellent ? Peut même me renseignerez vous sur le clan dont vous faite partie ? »

Le bruit de sabots piétinant le sol ainsi que ceux typiquement produit par un cheval se firent entendre derrière l'étrangère. Aoi leva un sourcil, arrêtant de marcher. Son ton se fit plus méfiant, voir même un peu provoquant.

« Je ne vois ni daisho, ni armure, ni même de katana donc j'en arrive à la conclusion que vous n'êtes pas un samourai. Vu votre apparente condition physique, si je puis me le permettre, vous ne m'avez pas non plus l'air d'une kunoichi expérimentée. Hors, seuls les samourais et shinobis qui ont une certaines réputations bénéficient de chevaux. Votre tenue...arrangée me laisse également supposer que le combat n'est pas votre activité principale. Alors, à moins que vous soyez une geisha égarée, ce qui me semble peu probable, je dois avouer que deviner votre statut exacte m'est difficile. »
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MessageSujet: Re: [PV Mogami Kikue] Rencontre (en cours)   Sam 16 Nov - 21:36

Le promeneur, entre gros guillemets, détailla longuement la jeune noble avant de lui répondre. Il semblait vouloir lui tourner autour comme un lion qui cherche la bagarre. Elle  ne s'étais jamais battue, et ne ferai sans doute pas long feu contre un combattant entraîné. Aussi, éviter le conflit tant que l'on n'a pas évalué l'adversaire lui parraissait être une alternative convenable, en comptant sur le fait que lui non plus ne semblait pas vouloir le conflit. Kikue étais entêtée et désobéissante, têtue, bornée et assez incontrôlable certes, mais pas suicidaire.
Il l'intrigait cependant. Des yeux pareils, ce n'était pas courant. Loin de là même.

Avec respect mais énormément de méfiance, continuant à lui tourner autour comme un fauve autour d'une proie blessée mais encore dangereuse, il se présenta, marquant des pauses régulières. Il sembla cependant hésiter avant de décliner son clan. La poigne de la guerrière d'opérette se serra sur le manche de son arme toujours dans son dos. Ses battement de cœur s'accélérèrent.


*Hayashi... Mais qu'est ce qu'il fabrique ici ? Il a de la chance que ce ne soit pas mon seigneur Mon Oncle qui l'ait trouvé... Ou même un des hommes du corps militaire. Enfin, il a toujours plus de chance que les partisans d'Osaki par exemple. Ou même d'Akamatsu... Ou encore Uesugi... Dieu qu'ils étaient nombreux les camps hostiles, pensa la jeune femme. Passons*

Quand un membre d'un clan ennemi s'amenait, ce n'était que trop rarement pour de bonnes nouvelles. Malgré cela, agissant pour une fois comme son titre le lui imposait, elle accueilla le visiteur, d'une froideur qui ne lui était pas commune :
« Bien... Soit le bienvenue en ces terres. Néanmoins tu dois savoir que si le clan Mogami et le clan Hayashi ne sont pas en guerre, l'un comme l'autre ne se portent pas dans leur cœur.»


Ainsi, le ton et la saveur étaient clairs nets et précis pour tout le monde. Au moment de décliner son identité, Kikue eut une micro seconde de blanc. Devait-elle jouer la carte de la sincérité ? Mentir ? Ce serait injuste, Shiroyume avait vraiment l'air d'avoir été sincère. Pourquoi mentir en se prétendant d'un camp ennemi ? C'était complètement crétin.
De plus mentir ne faisait pas partie de sa famille. Aussi, joua-t-elle à mi chemin :


« On m'a appelée Honoo (la flamme) durant longtemps. Mais depuis la mort de mes parents, je suis Kikue (la chrisantème)... J'appartiens au clan du Feu. Et comme tu le devines si bien, je suis n'appartiens à aucun corps de l'armée, ni une geisha. C'est tout ce que tu as à savoir. »

A chaque fois qu'elle prononçait ou entendait ce nom, Honoo cela lui fendait presque le cœur. C'était elle qui avait choisit de changer de prénom, celui-là l'empêchait de se détacher de ses parents, et de faire son deuil. Kikue lui avait semblé des plus approprié. Elle portait le deuil, sans pour autant le souffrir, même s'il lui arrivait encore souvent de penser à son père.
La jeune femme avait joué aussi franc jeu que les règles de prudence le lui permettait. S'il venait à lu demander son nom, elle n'aurait qu'à mentir, même si cela la répugnait quelque peu.

Hirano bougea derrière son fourré, faisant bruisser les feuilles et craquer les branches.

* Pour la discrétion on repassera... pensa  nouveau la jeune femme. *

Certes, le clan Mogami était réputé pour ses montures de guerre, mais en dehors du corps guerrier, et de quelques nobles, le fait de monter à cheval n'était pas très démocratisé. Kikue serra les dents, contrariée, mais garda toujours une mine fermée, très rigide et froide, même si son ton s'était adouci depuis sa réplique de bienvenue, laquelle relevait d'ailleurs, plus de la formalité et de la convenance que d'une réelle invitation.
Intérieurement les questions fusaient. Qu'était-il venu faire ici ? De passage ? Un espion ?

La jument ne cessait de bouger. Agacée, Kikue se déplaça prudemment, avec une lenteur méthodique, pour voir ce qui lui arrivait, sans oser quitter le visiteur des yeux. Elle tenta de cerner le problèmme de l'animal, le regard toujours posé sur le jeune homme.
Se plaçant de l'autre côté de la jument, de sorte que cette dernière soit entre les jeunes gens, Kikue lui leva un antérieur, et le repassa dans les rênes, chuchotta une suite de mots à voix basse, censés la rassurer :

« Là... Au calme... espèce de boulette de riz pas cuit... »

Toujours avec calme, elle rattacha la jument, avec un nœud plus court et plus serré, mais qui restait suffisamment facile et rapide à défaire en cas de pépin.
S'adressant de nouveau à son interlocuteur, la jeune noble se fit plus curieuse, défaut qu'elle entretenait presque avec fierté :

« Et... Que nous vaut votre présence en ces lieux ? »
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MessageSujet: Re: [PV Mogami Kikue] Rencontre (en cours)   Dim 24 Nov - 7:18

« Bien... Soit le bienvenue en ces terres. Néanmoins tu dois savoir que si le clan Mogami et le clan Hayashi ne sont pas en guerre, l'un comme l'autre ne se portent pas dans leur cœur.»

A présent immobile, Aoi analysa la réponse de son vis-à-vis, recherchant un sens caché dans la phrase. Le ton avait été froid, il était donc clair et net qu'il n'était pas exactement le bienvenue. Le jeune homme pencha la tête sur le côté et tourna les yeux vers les branches des arbres, l'air pensif. Oh, il en avait entendu des choses sur les clans alentours, surtout au cours des nombreuses fêtes que donnait son clan et durant lesquelles, aidés par le sake, certains en racontaient des vertes et des pas mûres. Mais comment démêler le vrai du faux dans ces cas là ? Mais était-ce vraiment une question de qui est bon qui est mauvais ?

« Hum...dit Aoi. Il redressa la tête. Je dois avouer, il reposa les yeux sur la jeune femme, que j'en ai entendu parler, du clan Mogami et des relations que ses membres entretiennent avec notre clan. Cependant, il fit un pas en avant, je déteste me baser sur des ''on dit ''. Les conflits passés ne me sont pas inconnus, loin de là, mais je préfère me décider moi même quand à la réponse à la question ''Qui a raison, qui a tord''. »

« On m'a appelée Honoo (la flamme) durant longtemps. Mais depuis la mort de mes parents, je suis Kikue (la chrisantème)... J'appartiens au clan du Feu. Et comme tu le devines si bien, je suis n'appartiens à aucun corps de l'armée, ni une geisha. C'est tout ce que tu as à savoir. »

« Hum, en clair, t'as rien à faire ici, je dis ce que je veux, va voir au temple si j'y suis. » pensa le ninja en levant un sourcil.

Ses idées de fuites et de sympathie mis de côté en raison du clan auquel appartenant l'étrangère, Aoi ne pu s'empêcher de pencher à nouveau la tête de côté en réfléchissant au changement de prénom de Kikue. Prendre le nom de la fleure des morts, cela ne signifiait pas rien. Lorsque le shinobi avait laissé de côté son prénom de naissance, Teru, il s'était contenté de choisir quelque chose qui lui correspondait directement, sans chercher bien loin.

Il l'observa reculer lentement, sans le quitter des yeux, toujours méfiante à son égard. Elle passa derrière sa monture qui semblait bien agitée. Aoi s'approcha lentement, restant à une distance raisonnable et la regarda avec curiosité murmurer des paroles qu'elle voulait sûrement apaisantes à l'animal. Il supposa qu'elle essayait de le calmer, le ninja n'ayant aucune, mais alors là aucune expérience avec les chevaux. Il savait reconnaître les différentes races d'oiseaux, avait déjà vu des chats ainsi que les multiples bestioles volantes et rampantes qui peuplaient la forêt, mais les chevaux ne semblaient pas être la première préoccupation au sein du clan Hayashi. En même temps, le clan étaient composés majoritairement de ninjas espions et les grosses bêtes hennissante du genre de celle qui se tenait devant lui, niveau discrétion, cela ne rentrait pas vraiment dans les critères. C'est pour cette raison que Aoi n'en avait pratiquement jamais vu. Il détailla la jument, résistant à l'envie de s'approcher et tendre la main pour la toucher, sa méfiance oubliée laissant place à la curiosité.

« Mais qu'est ce que je fais ?! » Se réprimanda mentalement Aoi. Le clan Hayashi était peut être réputé pour ses espions mais lui même était loin de faire partie des meilleurs. Peut être parce qu'il n'était pas né au sein du clan, il devait lui manquer quelques gênes.

« Et... Que nous vaut votre présence en ces lieux ? »

Urg, déjà les questions compliqués. Aoi avait un défaut ; il n'aimait pas particulièrement mentir. Il pouvait tenter une demi-vérité. De toutes façons, il était déjà évident que la jeune personne derrière la monture lui cachait des choses alors il avait bien le droit de garder quelque chose pour lui. Et puis, il n'avait qu'à répéter ce que lui avait dit de dire Kiyosuke.

«  Je viens vérifier que les dangôs au saumon et au wasabi n'ont pas pour ambition de détruire le monde. »

Il réalisa soudainement qu'il venait de repenser à voix haute à ce que lui avait sorti son sensei avant son départ, mais pas la bonne phrase visiblement. Il lui manquait vraiment quelques gênes pour faire un bon espion. Il se racla la gorge pour dissiper le malaise. Nan mais bon sang, c'était lui qui était censé être en position de force et il se retrouvait d'abord déconcentré par un simple cheval puis par une question bateau à laquelle il répondait juste ce qu'il ne fallait pas.

« Ok, pour la crédibilité, je repasserais... » pensa-t-il.

« Je...voyage vers le Sud. »

Trouver quelque chose...

« Comme je vous l'ai dit précédemment, j'aime me faire mon propre avis sur les choses. »

Détourner la conversation...

« Je n'ai pas pu m'empêcher de m'attarder sur votre changement de prénom. Kikue, la fleure des morts, c'est là une dénomination bien...sombre, surtout quand on s’appelait Honoo, la flamme. Mais comme vous ne semblez pas vraiment aimer parler de vous même, je ne chercherais pas à vous pousser à m'évoquer une période sûrement bien sombre de votre vie. »

Il avait reprit de l'assurance.

« J'ai moi même changé de nom après la mort de mes parents, avant d'être recueillit par le clan Hayashi. Teru, m'avaient ils appelé. Cependant, entre mon père qui s'est ôté la vie par Seppuku pour une stupide question d'honneur et ma mère qui en est morte d'amour, j'ai préféré me renommer plutôt que de garder le nom que m'avait donné ces gens faibles. Mais leur mort m'a aidé à arriver à des conclusions »

Il balança nonchalamment la main sur le côté.

« L'honneur est si inutile. L'amour aussi. Ma sœur elle même est morte d'avoir fait confiance à de soit disant amis. J'en ai conclu que l'amitié aussi était inutile. Ça n'apporte que des ennuis. On se fait du mal en s’inquiétant pour ses amis, vos amis se font du mal en s'inquiétant pour vous, on souffre de leur mort et on peut même finir par se faire trahir. Vraiment, je ne vois pas l’intérêt en fin de compte. C'est comme la famille, quel intérêt... »
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MessageSujet: Re: [PV Mogami Kikue] Rencontre (en cours)   Jeu 12 Déc - 20:02

La mine brièvement intriguée du jeune homme ne passa pas inaperçu à Kikue, qui, bien qu'elle tena le pied de la jument, gardait un œil discret sur son interlocuteur. Celui-ci n'avait pour le moment jamais eut l'air de tenter quoi que ce soit, même si le petit jeu de jambes de tout à l'heure avait alerté notre petite noble.
Lorsqu'il lui donna une première raison sur ce qui l'amenait en ce pays, Kikue haussa un sourcil. Elle n'était peut -être pas formée mais elle n'était pas non plus née du dernier typhon. Kazan offrait de bons produits culinaires, mais delà à bâtir une réputation sur ses dangos... C'était un peu fort. Il semblait légèrement déstabilisé par la question, qui n'était pourtant pas très personnelle. Si ?

Très vite, le visiteur détourna la conversation sur le changement de prénoms, évoquant lui même le sien accompagné d'une partie de son histoire :

« L'honneur est si inutile. L'amour aussi. Ma sœur elle même est morte d'avoir fait confiance à de soit disant amis. J'en ai conclu que l'amitié aussi était inutile. Ça n'apporte que des ennuis. On se fait du mal en s’inquiétant pour ses amis, vos amis se font du mal en s'inquiétant pour vous, on souffre de leur mort et on peut même finir par se faire trahir. Vraiment, je ne vois pas l’intérêt en fin de compte. C'est comme la famille, quel intérêt... »

Ces paroles atteignirent la jeune Mogami plus profondément qu'elle ne l'aurait souhaité. Ses entrailles se nouèrent soudainement. Le traumatisme de l'orphelinat était pourtant loin... mais elle se souvenait de cette journée comme si elle venait d'avoir lieu.
Elle se revoyait petite... si jeune, du moins, trop jeune pour perdre un parent aussi proche. Au fond, son père avait été son seul véritable contact charnel, avant que son oncle ne prenne la suite. Même si elle s'était attachée à certaines servantes, aucunes d'elle ne pouvait remplacer une mère, même si elle ne l'avait jamais connue.

Secouée brusquement en son fort intérieur, Kikue revint sur ses pas. Elle s'adossa contre un arbre, retirant de sa ceinture de tissu son kusarigama qu'elle garda tout de même en mains. Même si elle ne comptait pas spécialement prendre la tête du clan à la mort de son oncle, elle ne pouvait néanmoins se permettre de relâcher complètement sa méfiance.

« Honoo était le nom que mes parents me donnaient. Ils ne sont plus de ce monde, c'est ma façon de porter le deuil. L'honneur... c'est une notion bien personnelle... Mais cesse de blâmer ta mère et ta sœur ! Tu devrais déjà être heureux de les avoir connues ! D'avoir été entouré de proches !»

Elle lui cirait dessus malgré elle. Prenant conscience du ton presque colérique qu'elle avait adopté, la jeune noble prit une grande inspiration pour se calmer. Elle n'avait pas l'habitude de partir après une autre personne de la sorte, aussi, elle se tut quelques secondes.

Les servantes ne pouvaient non plus remplacer des amis pas plus que sa mère. Son rang ne lui avait pas permis de côtoyer les enfants de son âge de la ville, et même s'il lui était arrivé de jouer et rire avec les domestiques, ce lien hiérarchique empêchait tout débordement. Il y avait toujours ce rapport de supériorité, ce respect forcé. Kikue aurait voulu avoir à se disputer et qu'on lui réponde. Un peu comme lorsqu'elle se disputait avec son oncle. Au fond, si elle lui désobéissait, n'était-ce pas un peu pour satisfaire ce besoin, certes primaire, de joutes ?
Malgré cela, là encore un lien hiérarchique subsistait. Ce qu'aurait aimé Kikue, c'était un ami. Quelqu'un qui se serait, et qu'elle aurait, considéré comme son égal, sur qui elle pouvait crier, et qui pouvait lui répondre avec la même virulence. Quelqu'un qui pourrait lui crier dessus, et à qui elle aurait pu répondre sans crainte de punition. Au fond, c'était assez simple comme concept.

Calmée, mais toujours aussi touchée dans ses sentiments et ses souvenirs douloureux, la voix de Kikue se fit de nouveau entendre, froide

« Ma mère est morte en couche, mon père sur un champs de bataille, sans mon oncle, j'aurais sans doute terminée dans une ruelle, entre les ordures et les rats. Alors je ne te permettrais pas de dire que les proches ne servent à rien. »

Corde sensible. Hargne facile. Kikue tripotait machinalement la chaine de son arme dans une main, tout en tenant le manche dans l'autre. Nervosité ? Agacement plutôt. La rancoeur plus certainement.
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MessageSujet: Re: [PV Mogami Kikue] Rencontre (en cours)   Lun 23 Déc - 19:01

« Tiens donc, touchée... » Pensa Aoi en fixant avec intérêt le visage de la jeune femme.

Il semblait qu'il avait touché une corde sensible. Lâchant la patte du cheval, elle revint sur ses pas et passa son bras dans son dos pour saisir quelque chose. Immédiatement, le ninja recula d'un pas avant de placer sa jambe droite légèrement en arrière et de se mettre en souplesse sur ses deux appuis. Dans le même mouvement, il plia son coude, levant le bras pour passer sa main par dessus son épaule et la poser sur la poignée de Genjitsu. Il plissa les yeux, se concentrant, prêt à parer la moindre attaque venant de l'inconnue. Même si elle prétendait ne pas avoir été élevée en samouraï ou kunoïchi, Aoi ne pouvait pas se permettre de prendre de risque. Il l'observa attentivement lorsqu'elle s’adossa avec grâce contre un arbre, un kusarigama en main mais sans attitude agressive. Il relâcha sa position.
Le shinobi analysa la lame, scintillante sous la lumière que laissait filtrer les arbres. L'arme n'était pas en mauvais état ; il n'y avait aucune trace d'usure notoire ou de rouille, que ce soit sur le tranchant ou la chaîne. Aoi avait déjà vu plusieurs membres du clan Hayashi manier des kusarigamas et il savait par conséquence que ce genre d'arme, si en état correct et maniée correctement, avait la capacité de faire très mal. Il lui fallait rester méfiant s'il voulait ne serait-ce qu'arriver à Kazan en un seul morceau.

« Honoo était le nom que mes parents me donnaient. Ils ne sont plus de ce monde, c'est ma façon de porter le deuil. L'honneur... c'est une notion bien personnelle... Mais cesse de blâmer ta mère et ta sœur ! Tu devrais déjà être heureux de les avoir connues ! D'avoir été entouré de proches !»

La jeune femme avait perdu son calme brusquement et lui avait crié dessus. A partir de la seconde où elle avait haussé le ton, il avait repris sa position défensive et dégainé Genjistu. Ce genre d'accès de colère – bien que son ton ne soit pas tout à fait colérique, pouvait très bien signaler qu'elle allait lui sauter dessus pour lui faire regretter ses paroles, qu'il ne jugeait par ailleurs pas comme offensantes.

« Qu'est ce qu'elle a à crier comme ça... » Pensa Aoi.

Kikue prit une profonde inspiration pour se calmer puis sembla pensive. Le shinobi continua de la scruter de son regard bleu-gris pour être certain qu'elle n'allait pas tenter une attaque. Cependant, elle n'en fit rien ce qui permit à Aoi de prendre le temps de réfléchir à ce qu'elle venait de lui jeter au visage.
Elle avait changé de nom pour porter le deuil. Cela lui amena à se demander pourquoi il avait lui même décidé de changer de nom...Pour couper définitivement les liens avec ses défunts parents ? Pour ne pas avoir honte d'eux ? Était-ce de la honte...ou de l’orgueil ?
Il quitta sa position de défense, revenant en position debout normale, les bras relâchés le long du corps, la pointe de son arme vers le sol. Il pencha la tête sur le côté, le regard vague.

« Ma mère est morte en couche, mon père sur un champs de bataille, sans mon oncle, j'aurais sans doute terminée dans une ruelle, entre les ordures et les rats. Alors je ne te permettrais pas de dire que les proches ne servent à rien. »

Sans pouvoir sans empêcher, Aoi ferma les yeux et lâcha un petit rire sarcastique.

« M'estimer heureux de les avoir connu...et vous ne me permettriez pas de dire que les proches ne servent à rien... »

Le ninja redressa la tête, ouvrant les yeux et posa un regard amère sur la jeune femme.

« Et bien alors, vous qui semblez savoir, Kikue-san...Dites-moi donc à quoi ont servit vos proches si ce n'est à vous faire supporter un deuil qu'il me semble, vous avez eut du mal à porter, au point de vous renommer comme la fleure que vous avez déposés sur la tombe de vos géniteurs ? A quoi sert un proche si ce n'est à vous amenez à lui porter une affection qui tôt ou tard se brisera aussi facilement qu'un brin de roseau asséché par le soleil ? Qu'est ce que cela m'a apporté d'avoir eus la ''chance'' de les avoir connu ?»

Il leva légèrement les bras des deux côté de son corps et avança d'un pas.

« Pourquoi aimons-nous si ce n'est pour souffrir derrière ? L'être humain est-il masochiste de nature ? Tssss...»

Il laissa tomber ses bras contre son corps.

« Je reconnais qu'un proche de votre entourage semble avoir montré un tant soit peu d'utilité étant donné qu'il vous a recueillit. Pour ma part, j'ai été laissé seul. Kiyosuke-sensei est devenu, avec ma sœur, ma sœur famille reconnu mais nous n'avions aucun lien de sang. Je ne suis même pas lié au clan Hayashi. Je ne suis que le ''fils du forgeron itinérant à demi-invalide''. Si Kiyosuke n'avait pas été là, qui s'en serait soucié ? Est-ce là la seule utilité des proches ? Vous donner le moyen de continuer à vivre ? Vivre ou mourir, qu'est ce que cela change au fond...Haruko n'a gagné qu'un sursis avant d'être trahie par ses amis... »

Il se surpris lui même avec ces paroles. Il n'était même pas sûre de comprendre lui même ce qu'il racontait. Essayait-il simplement de se donner raison ? Il inspira profondément et se passa une main sur le visage avant de faire de nouveau face à Kikue

« Qui sait, peut être qu'un jour, votre cher oncle vous trahira lui aussi Kikue-san. Pensez-vous qu'il vous a recueillit pas amour ? Par sens de l'honneur ou de la charité ? Ou par simple objectif de profit ? Kiyosuke m'aurait il gardé à ses côtés si je n'avais pu devenir ninja au service du clan dont il est membre ? Suis-je un membre de sa famille ou un simple pion qui n'a pour but que de lui être utile ? »

Il lâcha à nouveau un ricanement sarcastique.

« Bienvenue dans le monde réel, Kikue-san, ni geisha, ni samouraï, ni kunoïchi. Les gens de ce monde sont hypocrites, acceptez le. Par ailleurs, si votre cher oncle vous avait recueillis par amour, ne devrait il pas se soucier un minimum de vous ? Par conséquent, ne serait-ce pas étrange que vous vous retrouviez à vous promenez seule avec une tenue arrangée de la sorte et un simple kusarigama dont vous savez un peine vous servir ? »
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MessageSujet: Re: [PV Mogami Kikue] Rencontre (en cours)   Dim 16 Fév - 16:55

La conversation prenait une tournure personnelle qui rebutait la jeune femme. Elle avait horreur de se livrer, c’était ouvrir une porte sur un passé auquel elle ne voulait pas penser, mais que paradoxalement elle refusait d’oublier. Parce que ce sont les évènements que l’on a traversé qui nous ont forgés. Rien n’était plus vrai pour elle. Son père avait été en guerre, il s’était battu avec courage, bravoure et honneur. Et ça l’avait tué. Kikue se souvenait de ce jour comme s’il se déroulait encore sous ses yeux.
Les personnes présentes, les couleurs ternies par la poussière, la mine uniforme des soldats dépités  mais pourtant victorieux. Chacun savait qu’ils ramenaient le corps d’un père, plus que d’un simple commandant, capitaine ou peu importe le grade. La complicité de la dernière née des Mogami avec celle de son père était connue de tous, et ce drame aurait détruit la jeune femme si certaines personnes n’avaient pas été là au bon moment. La plus important ayant été son oncle bien évidemment.

Aoi se fit amer, et Kikue aurait presque pu le prendre pour un psychopathe si elle ne pouvait que reconnaitre une part de vérité dans les paroles du jeune homme. Elle le laissa calmement terminer avant de répondre.

«  Ils m’ont appris le bonheur. Comment pouvez-vous prétendre avoir souffert si les vôtres ont été aussi inutiles que le vous semblez le prétendre ? Les proches vous apprennent, malgré eux, malgré vous-même, à ressentir. Pensez vous que les sentiments, aussi positifs ou négatifs qu’ils puissent être, se manifestent en un battement d’ailes de colibri ? Rien n’est inné chez l’être humain. La peur vient de l’attachement à des personnes que l’on ne veut laisser partir, ou que l’on ne veut faire souffrir. Le bonheur de les retrouver après l’angoisse de ne pas avoir su ce qu’il pouvait advenir d’eux. Nous aimons parce que nous ne faisons rien par pur hasard. L’être humain est intéressé, c’est ce qui le différencie de l’animal sauvage. La tristesse de la perte parce que l’être ne pourra plus vous apporter ce dont tout être a besoin. Un besoin égoïste que la plupart se refuse d’admettre. C’est une belle hypocrisie vous ne trouvez pas ? »

L’adjectif était employé dans son premier sens.

Se décollant de l’arbre, Kikue fit quelques pas au hasard parmi les herbes et la mousse qui tapissaient le sol. Cette conversation lui remuait profondément les tripes, et fut-ce une personne alliée, qu’elle connaissait, elle lui aurait volontiers écrasé son poing entre les deux yeux en la sommant de se taire plutôt que de débiter des inepties pareilles.
Mais cet homme était d’un clan étranger. Et par étranger, la jeune femme entendait ennemi. Rares étaient les familles que le clan Mogami considérait. En l’occurrence le clan Hayashi n’en faisait pas partie. En cause, leur entêtement, même dans l’erreur. Et avec la politique du Seigneur Tennô, il ne valait mieux pas déclencher d’hostilité sans preuve concrète qui justifierai l’action, surtout pas de la part d’une femme, qui n’aurait pas dû se trouver en pleine forêt à cette heure-ci mais plutôt dans une des pièces de son château à causer peintures et soieries.
Si Kikue n’était très douée en matière diplomatique et militaire, elle n’était pas non plus complètement ignorante.
Sa voix se fit légère, le ton complètement détaché. Son humeur était totalement différente du comportement qu’elle avait adopté quelques instants plus tôt. De quoi la faire passer pour une légère instable comportementale.

« Vivre ou mourir, à quoi bon ? Je pense que la question est justement posée. Quant à la réponse, bien prétentieux est celui qui se croit capable d’y répondre en toute franchise et honnêteté. Que sommes nous face à la volonté d’un dieu, quel qu’il soit ? Mais si vous vous sentez aussi désabusé face au fait de vivre, libre à vous de choisir l’Autre Monde. »

La question de la trahison la fit tiquer, étirant un coin de ses lèvres dans un rictus de contrariété. La corde sensible était de nouveau touchée de trop près. Son humeur légère retomba, et sa voix était aussi grave que possible pour une jeune fille comme elle.

«  Vous ne pouvez mettre tous les hommes dans la même nasse à poisson. Rappelez-vous du masochisme dont vous parliez il y a quelques instants. Ne croyez-vous pas qu’il a souffert de la perte de son frère ? Pour qui aurait-il passé s’il avait laissé sa propre nièce dans un fossé ? L’image de soi face aux regards des autres est une préoccupation dont très peu de gens font abstraction. Le commun des mortels a un inexplicable besoin de passer pour la bonne personne, de marquer les esprits par sa bonté, de passer pour le gentil. J’avoue que moi-même il me plait d’être flattée. Votre sensei a agi par pur égocentrisme, l’espoir de faire naitre en vous un pion mémorable, qui ferait traverser les âges au nom de son maître. Cela me fait aussi penser que mon oncle a peut être agit de la sorte, mais je me refuse d’y croire. Le plus effrayant de cette histoire est que bien souvent nous n’en avons aucune conscience. »

Son oncle se soucier d’elle ? A l’heure qu’il était des équipes de recherches devait quadriller le territoire et l’une d’elle leur tomberait dessus à un moment donné. Et la peau d’Aoi ne vaudrait plus très cher.
Reprenant son ton léger, et même légèrement rieur cette fois-ci, Kikue ne put se retenir de pouffer de rire. Avec tous ses changements d’humeurs il y avait de quoi devenir cinglé.

« Et que faites-vous donc de mon libre arbitre très cher ? S’il est réellement tel que je le connais, il doit être à ma recherche à l’heure où nous parlons. Quant à ma tenue, j’ai mes raisons, lesquelles ne vous regardent pas. Je vous demande moi à quoi servent les deux kodachis d’un simple voyageur ? »

Si Kikue n’était pas une experte en arts martiaux, elle savait différencier un simple katana d’un kodachi.
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MessageSujet: Re: [PV Mogami Kikue] Rencontre (en cours)   Jeu 8 Mai - 14:03

Le ninja se devait bien de l'avouer, cette jeune fille en avait dans le crâne. Il s'était peut être même bien fait battre à son propre petit jeu. Il semblait en réalité que Kikue avait déjà longuement réfléchis à la question.

« L'égoïsme, l'hypocrisie, des comportements tout à fait humain en soit mais pas moins reprochables. L'être humain passe donc son temps à se reprocher ce qu'il est... » Constata le ninja à voix haute.

Kikue vint ensuite à évoquer le volonté de vivre ou de mourir. Il laissa échapper un bref rire sarcastique.

« Je ne crois pas qu'il est de notre rôle de choisir la vie ou la mort. De plus, je préfère vivre ainsi et être utile à quelqu'un plutôt que de mourir avec autant d'utilité qu'un insecte dans la forêt. »

La jeune femme aborda ensuite la question de son oncle, puis de Kiyosuke. Elle parla d'égocentrisme, d'être un pion. Aoi se contenta d'afficher un mince sourire.

« Sans doute ne suis-je qu'un pion. Mais je crains de devoir avouer que cela me convient parfaitement. Vous dites vous même que vous refusez de croire que votre oncle ait agit par égocentrisme. Pour ma part, je me fiche des motivations de Kiyosuke-sensei. J'ai autre chose à penser, je préfère la simplicité de prendre les choses telle qu'elles viennent à moi, fussent elles un tissu de mensonges. »

Puis son interlocutrice pouffa de rire et ne manqua pas de lui faire remarquer ses kodachis, armes peu communes aux voyageurs.

« Touché. » Pensa Aoi.

Son visage se fendit d'un sourire. Il se demanda même un instant si Kikue n'était pas enceinte au vue de ses changements d'humeur répétitif et pour le moins imprévisibles.

« Peut être qu'ils me servent justement à éviter de finir en nourriture pour insectes lorsque certains oncles sont à la recherche de jeunes filles ni kunoïchi, ni samouraï, ni geisha qui se prennent à l'envie de tenter une escapade en forêt. »

Il commença à reculer, fixant la jeune femme.

« Cependant, il soupira, je n'ai plus vraiment le temps de bavarder. Je vais vous laisser aux soins de votre cher parent qui semble avoir toute votre affection et votre confiance. Pour ma part, je préfère retourner à mon rôle de pion dont la fonction n'est pas de réfléchir aux grandes questions que vous venez de soulever. »

Mettant à profit ses habilités de ninja, il se dissimula dans la verdure environnante.

« Vous êtes intelligente, Kikue-san. Je vous souhaite de vivre assez longtemps pour enseigner ce savoir à quelqu'un que vous aurez envie de protéger...même si cela n'est que par égoïsme. »

Sur ses paroles, il quitta la zone en course rapide. Si les proches de Kikue devait la retrouver ici, autant qu'il soit le plus loin possible.


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