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 When seagulls cry (pv) Takanori Shigeru.

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MessageSujet: When seagulls cry (pv) Takanori Shigeru.   Dim 8 Déc - 15:49



When seagulls cry
(pv) Takanori Shigeru.


~

Inga. Cause et conséquence. In est le commencement des choses, et ga est leur fin. Il y a besoin des deux pour faire une histoire. Et les deux ne forment qu’un chez la jeune samurai qui guide d’une main experte un petit étalon gris entre les arbres. Ainsi commence donc son histoire, le passé pour cause, le futur comme conséquence. Suivons ensemble son présent, pour mieux comprendre ce qu’il y a eu avant, et ce qu’il y aura après.
Le vent souleva ses longs cheveux, s’insinuant dans son kimono, alors que la chaleur de sa monture pénétrait son hakama. Le contraste des deux réveilla un frisson qui s’entortilla autour de son ventre avant de remonter le long de son dos. Sa prise se fit plus ferme sur Mort-Dragon, qu’elle tenait en main, non à la ceinture, et la pression de ses jambes indiqua à l’étalon d’allonger son allure. La souplesse du petit gris, tandis qu’il slalomait entre les arbres, fit gonfler une pointe de fierté au fond de sa poitrine. Elle avait fait naître Senshi et l’avait entraîné elle-même, l’étalon n’appréciant guère la compagnie des autres, se découvrant assez tôt un amour certain pour Inga ainsi qu’un sale caractère. Sen’, de nature violente, agressive et sournoise, se montrait particulièrement obéissant quand il s’agissait de la samurai, et bien qu’il essaye parfois de lui jouer des tours, Inga savait quand et comment remettre en place son étalon. Jamais l’un n’avait fait volontairement de mal à l’autre, et ce serait ainsi jusqu’à ce qu’un l’un meure avant ou avec l’autre.
Inga arrêta sa monture, ses yeux fixant l’horizon qui s’étendait au-dessus de l’eau. Senshi remua son encolure, ses crins noirs fouettant doucement son poil gris, comme une approbation. La samurai sauta donc à terre, laissant le petit étalon diriger ses pas vers le sable. Inga avait vécu entre les montagnes et l’océan, appréciant le ronflement des vagues tout comme le bruissement des arbres. Qu’était devenue la demeure de ses parents ? Elle n’en savait rien, et n’avait pas envie de le savoir. Elle avait quitté le feu depuis dix ans, et elle ne voulait nullement voir les ruines qu’il avait laissées derrière lui. Peut-être ne serait-elle que plus choquée d’apprendre qu’un autre avait profité de l’abandon des terres pour s’y installer. Pour toutes ces raisons-là, Inga ne souhaitait guère retourner où elle était née.
Sa place était près de sa Dame désormais.
Le museau de Sen’ vint pousser l’épaule de la samurai, cette dernière s’accordant un fin sourire tout en coinçant son katana à sa ceinture, pour pouvoir tapoter l’encolure de l’étalon. C’est alors qu’elle crût entendre quelqu’un approcher. La brune se retourna, une main sur Mort-Dragon, ses yeux froids suivant l’envol de quelque oiseau, avant de chercher signe de vie à la lisière de la forêt. Elle n’avait certainement pas rêvé, et les cris des mouettes ne lui semblaient pas une bonne excuse. Il devait y avoir quelque chose derrière les arbres, et si ça ne voulait pas se montrer, alors la samurai passerait son chemin.

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MessageSujet: Re: When seagulls cry (pv) Takanori Shigeru.   Ven 13 Déc - 16:19

一期一会

La nuit. Sombre manteau d'ébène. Repos du corps. Songe de l'esprit. Rêve du cœur.

Un tas de feuille pour oreiller, le souffle d'un vent chaud pour couverture, il avait les paupières clauses, la respiration lente. Il ne dormait pas encore, mais appréciait la douce sensation de la fatigue s'échappant de son corps, ses membres endoloris par plusieurs heures de marche se reposant, se réchauffant près d'un feu en passe de s'éteindre. Il avait voyagé depuis Hariken, suivant ce que sa mission d'éclaireur du clan lui dictait comme route. Il suivit son instinct, laissant un vol d'oiseau, une odeur, une fumée s'échappant au loin pour guider ses choix.

Il s'était arrêté dans un petit bois, non loin d'une route que trop fréquentée pour y trouver un quelconque repos. Se nourrissant de ce que la nature lui prodiguait, il voulait profiter de quelques heures de sommeil pour reprendre le peu de force qu'il avait dépensé, avant de poursuivre sa route. Il finit par s'endormir, le sabre de son père dans son dos, seule présence rassurante...

Quelques heures plus tard, se furent des bruits lointains de sabot qui le réveillèrent. Il sortit de sa torpeur, les yeux encore embrumés de quelques larmes de fatigue matinale. Il s'étira, jetant avec son pied un peu de terre fraîche sur les rares braises encore rougeoyantes. Avant de se lever, il serra brièvement le katana de son père contre lui, fermant les yeux, marmonnant quelques paroles que lui seul comprenait, qu'il était le seul à pouvoir leur donner un sens.

Le son se rapprochait, inexorablement. Il se leva, et quitta son sanctuaire d'une nuit, se dissimulant un peu plus parmi les arbres et les feuillages. Les minutes s'écoulèrent, et il attendait, patiemment, sa maint tapotant le manche de son sabre, prêt à dégainer si la situation l'imposait.  Un cheval apparut alors dans son champ de vision, ses rênes tenues par une personne qu'il ne voyait que de dos. Sa silhouette était fine et élancée, bien qu'elle ne semblait pas très grande. Et, autant qu'il pouvait en juger, elle semblait savoir se battre, en témoigné le fourreau du sabre qu'il pouvait voir, et l'assurance nonchalante avec laquelle elle marchait dans cette forêt.

Il voulut faire un pas pour s'éloigner, et reprendre ainsi le cours de son chemin, mais dans une démonstration indigne d'un éclaireur, il fit suffisamment de bruit pour se faire repérer. Et c'est à ce moment qu'il vit la silhouette se retournait.

Un visage fin, des yeux magnifiques. De longs cheveux noirs. Une femme. Il resta quelques secondes interdits devant la beauté naturelle qui s'échappait d'elle, alors qu'elle portait la main à son sabre. S'il ne s'était pas fait prendre à vouloir ainsi se retirer, il aurait sans doute continué sa route, mais il n'était pas du genre à prendre la fuite quand il était prit sur le faîte. Alors, il s'avança dans la lumière, gardant toujours une main à porter de son sabre. Il garda une certaine distance entre la jeune femme et lui, suffisante pour lui témoigner son respect, suffisante pour parer à temps n'importe quelle attaque qu'elle lui porterait.

Il s'inclina légèrement, et devant le regard méfiant de l'inconnue, il s'adressa à elle avant de relever la tête.

Veuillez me pardonner. Je ne voulais pas vous surprendre.

Il se releva lentement, gardant ses yeux bleus dans ceux de la jeune femme.

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MessageSujet: Re: When seagulls cry (pv) Takanori Shigeru.   Sam 14 Déc - 15:55



When seagulls cry
(pv) Takanori Shigeru.


~

Qu’on aurait osé lui dire qu’elle s’était trompée, qu’un animal avait dû faire le bruit qu’elle avait entendu, elle n’y aurait tout de même pas cru. Elle ne se sentait que trop habituée aux bruits de la forêt pour confondre ceux que produisaient les hommes. Certainement n’était-ce que son instinct qui la mettait en garde, plutôt que son expérience, mais le message restait le même : il y avait quelqu’un. Et ce quelqu’un devait être un homme, non un animal, un quelconque rongeur ou un oiseau que le vent aurait poussé plus loin encore. Son instinct lui avait évité de nombreuses blessures, et ce depuis le début de ses entrainements autrement dit presque vingt ans auparavant, elle ne pouvait donc simplement l’ignorer, sauter sur sa monture et s’éloigner au galop. Surtout que Senshi, bien loin d’être le plus idiot des animaux, ne bougeait plus, une oreille orientée en direction de la forêt. La folie n’avait donc pas encore atteint le cerveau de la brune : il y avait bien eu un bruit sous les feuilles.
Elle n’était plus dupe désormais, l’on ne pourrait lui dire que personne n’était là, à la regarder sous le couvert des arbres. Elle sentait une présence, un regard sur elle. C’est alors qu’il apparut dans la lumière, se dévoilant enfin aux yeux de la samurai. Par précaution, son pouce fit glisser sa lame de quelques centimètres hors de son fourreau, sa main gauche prête à dégainer s’il fallait combattre. Le temps n’était pas à l’affrontement, néanmoins, puisqu’alors qu’il aurait pu profiter des arbres pour surprendre Inga et l’attaquer de front, il s’avançait calmement. Elle prit donc le soin de l’observer, détaillant chacun de ses mouvements, s’attardant un instant sur l’éclat azuré de ses iris, non sans remarquer les armes qu’il portait. La distance qu’il laissa entre eux lui plut particulièrement, bien que son visage ne démontre aucunement ce qui pouvait agiter son esprit ou son cœur. On lui avait appris à tout cacher, à savoir mentir plus que dissimuler, il aurait donc été vain de lui demander d’exprimer ce qu’elle pensait en cet instant : ce qui se résumait en un très léger haussement de sourcil approbateur.
Inga, toujours un pouce contre sa lame, le regarda s’incliner sans réagir. Elle était tentée de ne pas répondre, on lui avait appris à mépriser son adversaire pour mieux l’observer et le forcer à l’erreur en guidant sa lame par les émotions. Ce n’est tout de même pas ce qu’elle fit, acquiesçant légèrement du chef en réponse. Les paroles de l’homme qui se tenait en face d’elle plissèrent ses paupières. Il ne semblait pas mentir aussi laissa-t-elle sa lame glisser entièrement dans son fourreau, et croisa les bras sous sa poitrine, sa main gauche ainsi bien plus prête à dégainer qu’on ne pourrait l’imaginer. « Qui êtes-vous ? Ses pupilles glissèrent sur la poignée de ses lames. Si loin de chez vous. » Un sifflement glacé entre ses dents alors que son visage immobile ne connaissait que de très légères variations. On lui avait dit : si tu veux être respectée, ne sois pas un homme, sois un roc. Un roc qui provoque et qui fait face sans être perturbé, ainsi Inga suivit-elle des yeux le vol d’une mouette, comme pour laisser le bon plaisir à son adversaire d’attaquer la belle brune, bien qu’elle ne compte aucunement laisser sa lame mordre sa peau. Il lui fallait simplement comprendre ses intentions maintenant qu’il s’était montré à elle.



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MessageSujet: Re: When seagulls cry (pv) Takanori Shigeru.   Mer 18 Déc - 16:20

視線

Le souffle chaud d'un vent d'est se glissant entre les arbres. Un battement de paupière. Une respiration. La quiétude et l'apaisement qui régnaient dans ce lieu lui fit fermer les yeux quelques fugaces secondes, alors qu'il laissait le courant d'air faire voleter doucement ses cheveux. Il regarda de nouveau la jeune femme qui se tenait en face de lui, pour l'instant silencieuse. Elle ne semblait pas le considérer comme un ennemi, ayant laissé sa lame retombait dans son fourreau. Mais elle n'en restait pas moins sur ses gardes.

Ils se dévisagèrent quelques fragments de secondes avant qu'il ne finisse par entendre sa voix. Douce et claire, puissante et assurée. Il put lire dans les intonations de ses paroles qu'elle n'hésiterait pas une seconde à l'attaquer s'il ne daignait pas lui répondre, le sifflement glacé de sa voix pour preuve. Il fronça imperceptiblement les sourcils quand il la vit détourner le regard et suivre des yeux un vol de mouettes que l'on pouvait apercevoir au loin. Et dans sa candeur innocente, dans sa fascination naturelle pour les enfants de Mère Nature, Shigeru suivit son regard.

Elle laissa une ouverture dans sa garde, lui rendant la politesse en faisant de même, alors qu'il glissait ses mains à l'intérieur de son kimono, appréciant le calme éphémère qui s'était installé entre eux. Puis se tournant de nouveau vers elle, il s'inclina légèrement.

Je me nomme Takanori Shigeru, samurai du Clan Ryûzoji.

Que cela soit une force ou une faiblesse, il ne saurait le dire, mais il n'était pas genre à mentir sur sa provenance. Il n'était pas chez lui, et elle serait en droit de l'attaquer si elle le jugeait nécessaire, bien qu'il ne savait pas réellement où il se trouvait. Il voyageait au gré de ses envies et de son instinct, se laissant guider par une route tortueuse bordée d'arbres centenaires, par l'odeur d'un champ de blé ou de l'écume des océans, par le vol d'un oiseau, par le souffle du vent...

Ma présence ici n'ai en aucune façon une volonté de mon clan. Je ne suis en l'état qu'un simple voyageur à la découverte de nouveaux paysages.

Il ne savait pourquoi, mais sa voix était plus assurée qu'à son habitude. Peut-être était-ce dû à ce lieu, ou à la jeune femme en face de lui, il n'en savait rien. Mais ce n'était là que le cadet de ses soucis. Il pencha légèrement la tête sur la gauche, alors que son regard plongeait sous les sombres frondaisons du bois qui les entouraient. Un bruit, un murmure, il lui avait semblé percevoir quelque chose, un son, une présence qui n'avait pas sa place ici.

Préférant garder cela pour lui pour l'instant, il se concentra de nouveau sur la demoiselle aux cheveux bruns.

Qu'en est-il de vous ? Êtes-vous originaire de cette région ?

Il garda ses mains à l'intérieur de son kimono, mais il ne parvenait pas à se détacher de ce qu'il avait cru percevoir. Quelque chose ou quelqu'un approchait, et plus les secondes passaient, et plus ce sentiment se renforçait dans son esprit. Il se demandait si la jeune femme l'avait perçu elle aussi, mais à voir la force qu'il lisait dans ses yeux, il en était sûr.

Une étrange sensation. Un zeste de peur. Un tressaillement d'excitation. Son sang commençait à bouillonner dans ses veines. Il lui sembla presque que Nanashi tremblait à sa ceinture, comme-ci son sabre anticipait le combat à venir. Un doux frisson lui parcourut l'échine alors que son esprit appréhendait l'idée de mettre sa vie en jeu.

Les battements de son cœur s'accélérèrent.

Patiemment, il attendait.


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MessageSujet: Re: When seagulls cry (pv) Takanori Shigeru.   Mar 24 Déc - 0:25



When seagulls cry
(pv) Takanori Shigeru.


~

Le vent siffla à son oreille, amenant à ses narines l'odeur salée des vagues qui roulaient sur la plage plus loin derrière. Le silence qui s'installait entre eux arracha un imperceptible sourire aux lèvres de la samurai. Il aurait été dangereux de bousculer la brune et essayer de lui retirer son mutisme passager. Inga profitait du cri des mouettes pour analyser son potentiel ennemi, tout aussi physiquement que mentalement. Lui laisser le temps de répondre n'était pas naturel pour tout homme, nombreux étaient ceux qui s'énervaient bien vite devant son regard insistant et la barrière immobile de ses lèvres. Ces dernières s'étaient d'ailleurs ouvertes pour prononcer quelques mots, rares mais suffisants, allant à l'essentiel. La brune n'aurait pas été étonnée qu'il ne veuille pas lui répondre. Déçue certes, mais pas étonnée.
De nouveau elle le vit s'incliner, alors qu'il déclinait son identité. Comme elle avait pu le constater à l'emblème sur ses armes, il disait appartenir au clan Ryûzoji. Inga fronça légèrement les sourcils. S'il était ici au nom de son clan, elle n'hésiterait pas à dégainer Mort-Dragon ou, en tout cas, lui demander de retourner d'où il venait. Mais aussitôt il enchaîna, décrétant n'être ici que pour les paysages du pays du Sud. La brune haussa un sourcil à cette remarque. Bien qu'il ne donne pas l'impression de mentir, elle ne se savait pas encore le droit de le croire totalement. Comme ce sifflement bref qu'elle crut percevoir entre les arbres. La samurai ramena donc ses bras le long du corps, une main sur son katana, son regard noisette ne lâchant pas le visage de l'étranger. « Inga. De là où les vagues caressent la montagne. » Elle s'inclina rapidement, ne souhaitant guère dévoiler plus d'informations sur sa personne alors qu'elle soupçonnait quelque présence inconnue sous le couvert des arbres.

Le petit étalon gris frappa le sol de son sabot, ses naseaux ronflant dans la brise qui lui apportait les odeurs de la forêt. A le voir trépigner ainsi, les oreilles plaquées contre sa nuque, Inga ne doutait plus de ce qu'elle avait entendu sous les arbres. La brune empoigna le fourreau de son katana de sa main droite, le décoinçant lentement de sa ceinture. Sa main gauche vint d'abord se poser sur l'encolure de Senshi pour calmer l'excitation croissante du petit étalon face au danger, avant d'attraper la poignée de Mort-Dragon. Son propre calme la surprenait presque face à la situation, mais avant de se laisser emporter par la folie du combat, elle se devait de mettre les choses au clair. Ainsi donc elle fit quelques pas en avant, prenant le temps de glisser sa lame hors de son fourreau, ses yeux fixés dans ceux du dénommé Shigeru le touriste. A sa droite, quelques feuilles échappèrent aux branches des arbres, indiquant clairement la présence malveillante qui s'était approchée. « Des amis à toi ? » Le sifflement qui s'échappa cette fois de ses lèvres était lourd de menace, tandis que la samurai pointait sa lame dans sa direction. Elle n'hésiterait pas à s'en prendre à lui en premier s'il avait osé amener ici quelques mauvaises personnes, tout en feignant l'innocence et en prétendant n'être venu que pour la vue.
C'est alors qu'une flèche vint se planter aux pieds du samurai, certainement visé et raté par les idiots toujours camouflés dans la forêt. Il n'était visiblement pas de leur côté, dans quel cas le trait n'aurait pas visé l'homme mais la brune, qui tourna son regard vers le couvert des arbres. Elle n'en attendit pas plus pour pivoter sur elle-même, faisant passer Mort-Dragon dans son autre main. Ses doigts se replièrent sur son poignet pour y décrocher un petit couteau qu'elle lança entre les arbres. Le bruit qui suivit lui indiqua que la chance était de son côté pour cette fois, et que sa lame avait trouvé sa cible. Son cœur fit quelques bonds dans sa poitrine et un fin sourire étira ses lèvres quand les premiers hommes firent leur apparition. Le dragon sur sa lame accrocha la lumière du soleil alors qu'elle la repassait à sa main gauche, prête à combattre ces visiteurs, gardant toujours un œil sur le touriste.

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MessageSujet: Re: When seagulls cry (pv) Takanori Shigeru.   Mar 7 Jan - 18:26

釁る

La brume. L'espace d'un instant, elle frappa son esprit. Fugace et vive, éphémère et fragile. Une sensation oubliée, un souvenir perdu. Une pensée nouvelle, un sentiment réel. Un courant d'air chaud souffla sous les sombres frondaisons, réchauffant son corps, enserrant son cœur. Une voix parvint à ses oreilles, une voix de femme. A nouveau, elle s'adressait à lui, une pointe de méfiance, un soupçon de vigilance, une assurance mesurée.

Elle se présenta, ne dévoilant que son nom, désignant par une métaphore, par un brin de poésie, énigmatique et romantique, le lieu d'où elle venait. Elle sustenta sa curiosité, dévoilant un fragment de sa personne, dissimulant dans l'ombre ce qu'elle n'était pas encore disposée à lui dire, la nimbant d'un peu plus de mystère à ses yeux, attisant sa soif de découverte, attisant son envie de la connaître.

Et quand il entendit les mots qu'elle avait choisis pour désigner son pays, il ne douta pas une seconde qu'il devait être magnifique.

Mais le calme respectueux qui régnait entre eux finit par être troublé. Ce qu'il avait ressenti plus tôt se manifesta de nouveau, lui arrachant un sourire imperceptible. Une excitation aussi nouvelle que vivifiante germa en lui, accélérant les battements de son cœur. Mais il ne décrocha pas son regard des pupilles brunes de celle que le sort ou la fatalité avait mis sur sa route. Mais son regard à elle avait changé. Elle calma l'étalon gris qui lui servait de monture, avant de se tourner vers lui, dégainant son sabre. Il ne réagit pas, admirant de quelle façon la froideur dans ses yeux avait succédé à la méfiance respectueuse qu'elle avait montré jusqu'alors.

Tout était de sa faute. Il s'était laissé prendre. Laissé prendre par la sérénité du lieu, par la caresse du vent dans ses cheveux, par la beauté naturelle de la jeune femme qui lui faisait face. Mais son regard changea lui aussi. Il devint plus froid, plus dur, prenant inconsciemment les mêmes mimiques que son père. Il garda néanmoins ses mains volontairement éloignées de son sabre, voulant prouver que ses paroles et sa venue en ce lieu n'étant en rien une tromperie.

Une agitation palpable gagnait les fourrées à leurs côtés, alors qu'ils se rapprochaient. De ses lèvres, s'échappèrent des paroles lourdes de menaces. Il savait que, quel que soit les mots qu'il emploierait, ils ne seraient suffisants pour prouver à Inga la véracité de ses dires. Il ne lui restait qu'à prouver par les actes ce qu'il ne pouvait prouver par les mots.

Le sort ou la fatalité. Il ne croyait ni à l'un, ni à l'autre. Il menait sa vie, suivait son chemin, comme il l'entendait. Mais la flèche qui se planta à ses pieds fut peut-être me signe qu'il n'espérait plus. Comprenant qu'il n'était pas avec les hommes qui s'approchaient, elle se détourna de lui, et avec une certaine élégance et un talent indéniable, elle se saisit d'un couteau de lancer à sa ceinture, l'envoyant dans l'ombre. Le son d'une chute qui suivit peu après indiqua qu'elle avait atteint sa cible. Elle se positionna alors face aux fourrées, attendant que l'assaut soit donné.

Elle gardait toujours un œil sur lui.

Pardonnez-moi de vous mêler à tout ceci. Si je ne vous avais pas arrêtée, si n'auriez pas eu à risquer votre vie.

Il lui adressa un dernier sourire, fugace et un peu gêné, alors que les premiers hommes se lançaient à l'attaque. Il tourna lentement la tête vers eux, plongeant son regard dans celui de ses assaillants le plus proche de lui. Et il attendit.

Tout autour de lui sembla se ralentir. L'espace, le temps...Plus rien n'avait d'importance. La chaleur qui se répandait dans son corps, la puissance qui gagnait son cœur. Son esprit se vidait de l'inutile, se concentrait sur l'essentiel. Toujours, l'homme se rapprochait.

Ils jouaient tous leurs vies. Le destin déciderait du vainqueur.

L'homme portât sa première attaque. Shigeru se pencha en avant, esquiva le coup. Il porta la main à Nanashi, et d'un geste vif et précis, dégaina. Le contact chaud du sang de son ennemi sur son visage signa sa première victoire. Et cette fois, se fut lui qui s'élança. D'autres venaient, criant, hurlant, se voulant intimidant. Tout comme le premier, il les tua sans hésiter. Il frappait pour tuer, ne portant aucune attaque inutile. Sans la voir, il sentait la présence d'Inga dans son dos. Il ne la regardait pas, il n'en avait pas besoin. Si son intuition avait vu juste, aucun des hommes qui les attaquaient n'étaient en mesure de la vaincre. Ils n'étaient que de pauvres bougres, de simples paysans à la recherche d'argent.

Mais qu'importe l'ennemi, qu'importe la nature de cet ennemi. Une fois le premier sang versé, seul le combat comptait. Plus rien d'autre n'avait sa place.

Il en tua trois autres, avant que les survivants ne prennent finalement la suite. Il retira son sabre du torse encore tremblant de sa dernière victime, et son esprit put enfin prendre connaissance de son état. De multiples entailles perçaient sa peau là où ses vêtements avaient été déchirés, mais aucune blessure n'était digne d'intérêt. S'assurant une dernière fois du repli définitif des bandits, il ferma alors les yeux. Sa respiration se calmait à mesure que s'apaisaient les battements de son cœur. Il était en sueur, et aurait donné tout ce qu'il possédait pour un peu de pluie.

Il resta ainsi quelques secondes, avant de finalement se tourner vers Inga. Mais il n'eut pas le temps de lui dire quoi que se soit.

Incompréhension. Une vive douleur le frappa au niveau de l'épaule gauche, alors qu'il tombait au sol. Il se rattrapa juste avant de s'écraser, s'appuyant sur ses mains. Il jeta un bref coup d'oeil derrière lui, et comprit qu'il venait de commettre sa première erreur.

Ils les avaient sous-estimé. L'un d'entre eux s'était montré bien plus patient que les autres.

Il réussit néanmoins à se lever, et se jeta sur Inga, alors qu'une seconde flèche le manquait de peu. Ils se mirent à couvert derrière un tronc d'arbres.

J'ai manqué de vigilance. Je ne pensais pas qu'ils seraient suffisamment malins pour garder ce genre de surprises en réserve.

Colère et frustration. Il n'avait plus connu ses sentiments depuis longtemps. Et il faisait tout pour les cacher.

Il faut réussir à le faire sortir de sa cachette.

Il plongea ses pupilles dans les siennes. Il allait devoir s'en remettre à elle.


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MessageSujet: Re: When seagulls cry (pv) Takanori Shigeru.   Dim 12 Jan - 23:56



When seagulls cry
(pv) Takanori Shigeru.


~

Inga repoussa les fières montagnes de son esprit, oubliant le ronflement des vagues de son enfance pour ne plus se concentrer que sur les inconnus et leurs mauvaises intentions. Elle ne comptait pas leur laisser sa vie, aussi prit-elle soin de ne louper aucun bruit venant de sous les arbres.
Elle apprécia le regard, plus dur, qu'il afficha en la voyant s'approcher, sabre en main. Elle comprit également qu'il n'était pas des leurs alors que ses propres mains n'empoignaient pas son arme. Ou du moins était-ce ce qu'il voulait faire comprendre à la brune. Ainsi la jeune samurai siffla quelque menace sous-entendue derrière ses mots. Elle le pensait assez intelligent pour feindre de ne pas être avec les gêneurs, aussi n'attendait-elle aucun mot mais bel et bien des actes, qui prouveraient mieux que n'importe quel mensonge ce qu'il en était réellement. C'est comme ceci qu'elle en vint à poser son regard sur la flèche avec un léger soulagement. Il aurait été risqué de s'en prendre au samurai et de devoir abattre par la suite ces dizaines d'hommes dans les fourrées. Inga le devina gêné, mais son sourire s'était effacé pour laisser place à l'habituel masque d'indifférence. « Il n'est d'homme qui ne saurait m'empêcher de combattre, samurai. Concentrez-vous plutôt, je ne voudrais pas vous ramasser en morceaux. » Toujours et encore la provocation que le père a appris à la fille. A vous de vous demander pourquoi donc sa terre était si reculée et a été sournoisement assassiné.

Son regard se fit plus dur, lâchant le Ryûzoji pour se concentrer sur l'ennemi qui hésita un instant. Inga inclina légèrement sa lame, comprenant à leurs pas qu'ils étaient loin d'être les plus forts de ce monde. De simples paysans, en réalité.
Elle attaqua la première, esquivant une deuxième arme dans le même mouvement. Elle se défit de ses deux adversaires rapidement, tournoyant de l'un à l'autre avant de se retourner vers un troisième. Elle eut tout juste le temps de lever le bras pour éviter le coup, le sabre coupant la manche de son kimono jusqu'à son coude. Ses sourcils se froncèrent de colère refoulée à la vue de la cicatrice de son passé laissée sur son avant-bras. Elle fit alors glisser Mort-Dragon sur la gorge de son ennemi, qui tomba à terre en hoquetant. Quatre autres l'attaquèrent, leurs coups hésitants ne rivalisant pas avec la précision de la samurai. Elle se défit de trois d'entre eux avec quelques blessures superficiels aux mains essentiellement. Le dernier des quatre prit la fuite après avoir éraflé la joue de la brune, certainement effrayé par la colère dans ses yeux. Essuyant sa lame sur un des corps, elle remarqua la lâcheté des autres qui disparaissaient déjà derrière les arbres.
Un regard à son étalon lui permit de comprendre qu'ils n'avait osé s'en prendre à lui, alors que Senshi soufflait nerveusement, ses sabots labourant le sol d'excitation. Ce bref moment d'inattention lui fit louper un détail des plus importants.

Le samurai se jetait sur elle, une flèche plantée dans l'épaule. Ses lèvres se pincèrent d'envie de l'esquiver, mais la blessure l'en dissuada, aussi rattrapa-t-elle Shigeru de justesse, une main sur son bras, avant de se mettre à couvert sous les arbres. Ses yeux s'inquiétèrent rapidement de l'état du touriste, avant de chercher à percevoir quelque chose sous les feuilles d'où était sortie la flèche. Son attention revint sur le samurai lequel elle gifla légèrement, fixant ses pupilles dans ses yeux bleus. « Nous avons manqué de vigilance, Shigeru. Elle siffla son étalon, qui slaloma entre les arbres jusqu'à eux. Je m'en occupe. » La brune se redressa, tirant de sous la selle de Senshi un morceau de tissu qu'elle laissa au samurai avant de sauter sur le dos du petit gris. Celui-ci fit ronfler ses naseaux, fier de ce qu'il sentait ne pas être une fuite, mais une traque. L'animal avait toujours aimé partir à la chasse, aussi prit-il la plus belle de ses allures pour glisser entre les troncs avec souplesse.
Inga avait coincé son katana à sa ceinture et empoigné un couteau fin, comme celui qu'elle avait lancé auparavant. Elle se savait épiée par le tireur embusqué, et ne sachant toujours pas où il était, elle força le petit étalon à modifier constamment son amplitude. Elle ne laisserait en aucun cas une flèche blesser l'animal ou elle-même. Ne voulant pas plus risquer la vie de Senshi, elle sauta de la selle à une branche, usant de la souplesse de son corps féminin pour se hisser en haut de l'arbre. La brune avait appris à chasser avec son père, dans les montagnes bordant sa ville natale. On ne revenait avec les plus belles prises quand sachant voir au-delà, et en se trouvant au-dessus. Elle savait manier l'arc, et bien qu'elle n'en ait aucun en sa possession, elle savait où se positionner pour avoir une meilleure vue sur le lieu des combats précédents. Le son de la corde qui se détend, et de la flèche qui pourfend l'air, ne lui laissèrent que tout juste le temps de se laisser tomber, le sol percutant son dos avec force. Le trait avait entaillé sa jambe sans arriver à s'y loger, bien heureusement pour elle. N'attendant pas plus qu'il ait le temps d'encocher une flèche et de viser, elle se remit debout et grimpa à un nouvel arbre, s'aidant plus sûrement de sa jambe valide que de l'autre. Le tir avait au moins eu l'utilité de lui laisser découvrir l'endroit où se cachait le tireur. Elle le vit paniquer plus que de raison, et tirer sans viser une flèche qui fendit le ruban dans les cheveux de la samurai, et les laissa libérés de toute entrave. Sa propre lame perfora son cœur en s'enfonçant dans sa poitrine, sous les yeux impassibles d'Inga qui s'empressa d'attraper l'arc et le carquois. De nouveau elle siffla l'étalon, qui ne mit pas longtemps à la rejoindre, avant de se laisser glisser en selle. Sa cuisse semblait plus ouverte qu'il n'y paraissait, au vu de la quantité de sang qui s'en écoulait. Elle prit donc soin de couper la manche gauche de son kimono, déjà fendue par un des paysans, et de la nouer autour de sa jambe rapidement.
La brune revint là où elle avait laissé le samurai, s'assurant de le retrouver au même endroit. Elle mit pied à terre, son visage restant stoïque face à la douleur. « Soyokaze Inga, samurai du clan Sakuma. Inga présenta alors sa main à Shigeru, pour l'aider à se relever, ses iris noisettes ne lâchant plus les siens. Nous devrions rejoindre l'océan, on ne peut pas laisser votre blessure dans cet état. » Elle repoussa les quelques mèches de cheveux qui lui tombaient sur le visage, attendant sa réponse, positive ou négative. Qu'il le veuille ou non. Elle serait prête à le jeter dans l'eau s'il n'était pas d'accord.

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MessageSujet: Re: When seagulls cry (pv) Takanori Shigeru.   Jeu 30 Jan - 23:16

岸辺

Qu'ai-je accompli jusqu'ici ?

Le souffle du vent. Le bruit de ses pas. Il n'entendait rien d'autre. Et rien d'autre n'avait d'importance. L'alysée qui soufflait sous les branches maintenait ses sens en éveil, alors qu'il fermait les yeux, veine et inutile tentative pour oublier un peu la douleur. Il ne bougeait pas, et n'osait le faire. Alors il restait là, à attendre. Attendre que l'on décide de son sort.

Si confus et si distinct à la fois. Les fils de son destin semblaient s'étendre et se détendre devant lui, au gré de ses envies, et fil de ses pensées. Il s'était toujours rêvé le sabre à la main, plongeant au cœur des combats, fureur et rage, passion et courage, vivre tous ses sentiments en une seule et unique fois. Aujourd'hui, la réalité lui avait rappelé la différence entre un rêve et une vérité.

La couleur du sang n'était pas la même, dans l'onirisme des rêves.

Chaud et glacial, le sien s'écoulait le long de son dos, et abreuvé déjà la Terre, comme s'il versait un tribut pour celle qui l'avait vu naître. Un impôt de sang, une dîme qu'il verserait pour l'éternité. Mais ses convictions s'étiolaient alors que sa vie lui échappait. Peut-être s'était-il trompé, peut-être son esprit n'avait-il pas encore comprit ce que ''réalité'' voulait dire ? Lui qui n'attendait que le combat qui lui offrirait une mort glorieuse, dont les échos se perdraient à travers le temps, ne désirait qu'une seule chose à présent.

Vivre. Vivre, et découvrir ce monde.

Mourir au combat était le plus grand des honneurs que pouvait recevoir un samurai. Mais mourir sans avoir vécu rendait insignifiante une mort aussi glorieuse soit-elle. Que son nom résonne dans les limbes de l'histoire, ou qu'il ne soit jamais connu, cela n'avait que peu d'importance. Il voulait, respirer, sentir, ressentir. Il voulait toucher, goûter, humer, entendre.

Il ne put faire de nouvelles tentatives pour se relever, que la samurai revenait vers lui. Il l'observa du coin de l’œil, son visage en partie caché par ses cheveux. Elle semblait blessé, mais elle n'en montrait aucune trace autre que le liquide carmin qui tâchait ses vêtements. Ses cheveux s'étaient retrouvés libre de toute entrave. Elle se présenta à lui, et un sourire fugace traversa les lèvres du Ryûzoji. Peut-être était-ce la preuve qu'il attendait, la preuve qu'elle ne se méfiait plus autant de lui qu'au début.

Il saisit la main qu'elle lui tendit pour l'aider à se relever. Elle lui proposait de se rendre au bord de la mer pour soigner sa plaie, et il n'eut pas assez de cœur pour contester cette proposition qu'elle lui faisait.

J'ai...Toujours voulu voir ce côté de l'océan...

Ses paroles, la Sakuma pourrait lui donner le sens qu'elle désirait. S'appuyant sur les arbres, Shigeru se dirigeait vers la côte, suivant le son encore distant des vagues pour se guider. Il ne se retournait pas pour voir si Inga le suivait, il n'en avait plus réellement la force. Il gardait continuellement une main sur son épaule, retenant comme il le pouvait le fluide qui s'échappait de sa plaie. Il ne commençait qu'à peine à entrevoir la douleur qu'il ressentirait quand on lui retirerait ce morceau de bois grossier, que sa négligence n'avait pu éviter.

Le temps s'écoulait différemment. Ni réellement conscient, à la limite de l'inconscience. Son esprit se perdait dans les méandres de ses pensées, sombres et désespérées, belles et illuminées. Comme dans un rêve éveillé, il s'avançait qu'il semblait connaître, tout en en ignorant le but et la destination. Mais ne disait-on pas que le voyage comptait plus que sa finalité ? Il sourit devant cette pensée. Et sous les ombres des sombres frondaisons de ce monde sans plus de raison, il les revoyait.

Son père. Sa mère. Sa terre. Ameagari. L'odeur des champs de blés. L'ombre d'un chêne. La chaleur de la neige. Le souffle du vent.

Il n'oubliait rien. Il se souvenait de tout. La couleur et la force du sang qui circulait dans ses veines, et qui faisait battre son cœur, les sensations et les sentiments...toutes ses choses lui étaient plus précieuses que n'importe quelle image qu'il pourrait garder de ce qu'il avait vu ou entendu jusqu'à ce jour.

Puis, comme à la fin d'un songe, il revint brusquement à lui. Une lumière vive et chaleureuse lui fit plisser les yeux. L'odeur de l'iode et du sel marin envahirent ses narines. Et, quand sa vue se fut habituée à cette nouvelle luminosité, son souffle fut coupé. Le paysage qui s'offrait à lui était magnifique. Il ne s'arrêta que pour reprendre sa respiration, et ses pas le portèrent jusqu'à la mer, laissant derrière lui des gouttes de son sang dont le sable s'abreuvait avidement.

Il tomba à genoux, arrivé au bout de ses forces, plongeant ses doigts sous la chaleur des grains de sable.

Ni réellement conscient, à la limite de conscience. Égaré dans un rêve.

Il n'était plus tout à fait lui-même.

Spoiler:
 


Dernière édition par Takanori Shigeru le Dim 4 Mai - 2:05, édité 1 fois
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MessageSujet: Re: When seagulls cry (pv) Takanori Shigeru.   Lun 10 Fév - 23:02



When seagulls cry
(pv) Takanori Shigeru.


~

Son dos la lança lorsque le samurai attrapa la main de la brune. Elle ferma un œil sous la douleur, ravalant la souffrance pour ne plus se concentrer que sur la blessure du Ryûzoji. Elle ne pouvait plus simplement l'abandonner et le laisser crever parmi les arbres, aussi proposa-t-elle de se diriger vers l'océan. Ils y verraient mieux que sous les arbres, et l'eau salée pourrait aider à nettoyer du moins. Et s'il devait mourir, peut-être la vue des vagues serait-elle plus agréable que le chant des oiseaux. Ils verraient bien ce qu'ils pourraient faire une fois sur place. Shigeru prenait déjà les devants, distançant de quelques pas la samurai qui s'affairait auprès de Senshi. Elle gardait tout de même un œil sur le touriste, s'empressant d'attacher à la selle l'arc et le carquois qu'elle avait ramassés. Elle grimpa ensuite sur le dos de l'étalon pour marcher sur les pas du blessé, qu'il aurait été facile de suivre à la trace.

Le soleil et le vent vinrent soulever la chevelure châtain de la samurai. Elle connaissait plus sûrement l'air iodé que l'air rural, et se délectait du parfum prononcé de l'eau salée. Elle pourrait se laisser bercer par le roulement des vagues qui l'avait parfois hantée dans ses premières nuits en ville. Elle aurait pu s'enfuir et retourner sur les ruines calcinées de sa maison, mais elle n'en a rien fait. Il lui fallait devenir une vraie samurai, se battre enfin pour le nom de quelqu'un. Il était inutile de retourner pleurer sur des ruines. Il ne fallait pas retourner le couteau dans la plaie mais le l'y retirer. Tout comme la flèche dans l'épaule de Shigeru, qui s'était laissé tomber devant l'océan. Inga mit pied à terre à ses côtés, et laissa un instant son regard dériver sur l'horizon marin qui se confondait presque au ciel bleu.

La brune sortit de ses rêveries pour se concentrer sur le touriste. Il restait immobile, à genoux dans le sable, et elle n'était plus certaine qu'il soit bel et bien vivant. Mais Inga ne pouvait pas le laisser crever par ici, s'il voulait le faire c'était chez lui. Il y avait déjà assez de corps dans la forêt pour devoir y ajouter le sien. Elle s'approcha donc, tirant Senshi par la bride, elle aurait besoin, bien malheureusement, de ce que sa selle transportait. D'un œil critique elle avisa le samurai toujours immobile, avant de se concentrer sur ce dont elle aurait besoin. Elle prenait toujours une bouteille de sake plus que d'eau, quand elle sortait avec l'étalon, aussi détacha-t-elle l'alcool de la selle et un bandage. Il ne fallait jamais sortir sans prendre de précautions, et se connaissant, Inga préférait emmener le nécessaire pour retarder sa mort. Elle avait un certain don pour s'attirer les combats.

Sa main agrippa l'épaule de Shigeru, qu'elle agita quelque peu pour le réveiller. « Réveillez-vous, je vous interdits de mourir ici, le touriste. Laissez votre cadavre chez vous et non chez moi, vous voulez bien ? » Elle tira lentement sur la manche pour dégager la plaie des vêtements. Qu'il vienne se plaindre tiens ! Elle prenait déjà le temps de le soigner, s'il osait ouvrir la bouche... elle le tuerait peut-être elle-même. Inga concentra son attention sur la plaie, bien qu'elle se connaisse une grande délicatesse cachée, elle n'était pas un grand médecin, et ne se savait pas capable de sauver sa vie. Elle saurait simplement retarder sa mort. C'était tout ce dont il avait besoin, et c'était déjà trop pour la samurai. Si on apprenait qu'elle avait été le Ryûzoji, qu'adviendrait-il d'elle ? Sa Dame ne serait certainement pas rayonnante de joie à cette nouvelle. Il lui faudrait le taire, ce qui n'était pas si difficile en soi. Le problème restait l'instant présent.

Elle prit une gorgée de sake, regrettant amèrement de devoir le gâcher pour un presque inconnu. Elle ne comprenait toujours pas ce qui la retenait de le laisser vivre ses derniers instants face à la mer, et de simplement repartir pour Shinai. La brune était encore tentée de sauter sur le dos de son étalon et partir à toute vitesse, mais elle ne pouvait s'y résoudre. Aussi commença-t-elle à verser l'alcool, bien consciente que s'il n'était pas réveillé, il allait bientôt l'être. Inga fit glisser dans sa main une petite dague qui lui permit de couper la tête de la flèche et de retirer celle-ci d'un coup sec. Le sang commença à s'en échapper à flot, glissant entre ses doigts alors qu'elle serrait très fort le bandage autour de l'épaule du samurai. La brune allait peut-être finir par le tuer en essayant de le sauver, finalement...

Lui laissant la bouteille de sake, Inga se releva pour jeter un coup d’œil aux alentours. Elle ne connaissait que trop bien les environs pour ne pas retrouver son chemin. Ce village dans lequel elle s'était presque jurée de ne pas revenir. Ryûgûjô. C'était pourtant le seul moyen pour que le Ryûzoji ne meurt pas bêtement ici, vidé de son sang, ou emporté par quelque fièvre. Elle se devait de l'emmener là-bas. Son propre dos commençait à la faire souffrir, et sa jambe devenait de plus en plus faible. Ils devaient rejoindre la petite ville. Elle revient donc auprès du blessé, attrapant la bride de Senshi au passage.

« Vous ne tiendrez pas longtemps comme ça. Il y a un petit village entre la montagne et l'océan, pas très loin. Ils pourront vous soigner là-bas. »
Elle décrocha un tissu de la selle à Senshi, et se cacha le visage avec, ne laissant que ses yeux noisettes à la vue de tous. Ca pouvait sembler ridicule, mais elle ne voulait nullement être reconnue. Qui sait ce qui l'attendrait là-bas ? Certainement pas des applaudissements et des cris de joie. Elle avait abandonné sa terre, elle ne méritait pas d'y revenir.
Elle tendit de nouveau sa main au samurai. Il leur fallait faire au plus vite, et elle l'aiderait à grimper sur le petit étalon s'il ne se sentait pas capable de marcher. Elle ne s'inquiétait pas pour sa propre blessure, qui tiendrait jusqu'au village. Tout reposait sur Shigeru. Et s'il ne tenait pas jusqu'au bout, elle n'aurait aucun remord à le laisser là. Elle n'avait que trop risqué sa vie et son grade pour aujourd'hui.

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MessageSujet: Re: When seagulls cry (pv) Takanori Shigeru.   Mer 19 Mar - 21:04


Sea sickness in the ocean of wickedness.


Une ombre. Une pensée. Un geste. Des paroles. Des mots. Une sensation. La douleur. Son sang. Quelque chose. Quelque qu'un. La chaleur. Le froid. La peur. Le flou. Le noir.

Rien que le noir.


My modus operandi is amalgam.


Doucement, il revenait à lui. Allongé dans un lieu qu'il ne connaissait pas, à peine les yeux ouverts, il ressentit une vive douleur venant de son épaule. Il grimaça, alors qu'il parvenait à se redresser. Il portât une main à sa blessure, tandis que son esprit le ramenait à la réalité, et aux images du passé qui l'avait conduit ici.

Une forêt. Une embuscade. Une femme.

Inga. La jeune samurai lui avait sauvé la vie. Il la chercha des yeux, espérant la trouver ici, mais il ne vit rien, aucun visage, aucune présence. Un nouveau pic de douleur traversa sa peau, mais cela ne l'empêcha pas de se lever. Il se rhabilla, attachant ses sabres à sa ceinture, avant de sortir de la petite habitation où il se trouvait.

Mais quelque chose, finalement, le retint. Il retourna à l'ombre des murs, et entreprit d'arracher les symboles de son clan apposés sur ses sabres. Inga avait peut-être été clémente avec lui, il n'en saurait sans doute pas de même avec le reste des habitants de ce village. Pendant un instant, il regarda l'emblème des Ryûzoji. Que représentait-il finalement pour lui ? Un héritage ? Une pensée ? Un but ? Il ne saurait le dire, mais tout cela n'avait guère plus d'importance en cet instant. Il fourra les morceaux de métal dans une poche, et sortit.

La luminosité au-dehors l'obligea à se protéger les yeux. L'air marin emplit ses narines, agressant ses sens, qui n'avaient ressenti que l'odeur et le goût du sang jusqu'à présent. Il prit un moment, le temps pour ses yeux de s'habituer au soleil, puis regarda autour de lui. Cela faisait bien longtemps qu'il ne s'était pas retrouvé dans un endroit aussi civilisé. Il faisait un bien piètre serviteur de son clan, mais l'étiquette n'avait de toute façon que peu de valeur à ses yeux, et cet irrespect dont il n'avait de cesse de faire preuve lui permettait de découvrir des endroits comme celui-ci.

Mourir pour une cause imposée commençait à perdre tout son sens pour lui.  


I have to find my path.


Il marcha, longtemps, déambulant ici et là, cherchant. Prenant soin de ne pas dévoiler d'où il venait, il demanda où il pouvait trouver celle qui l'avait sauvé. Personne ne semblait l'avoir vu ou aperçu, et lui se perdait de plus en plus, dans ce dédale de rues inconnues. La journée passait, le soleil déclinait, la nuit faisait son entrée. Un vent froid s'était levé, alors qu'il se disait qu'elle l'avait sans doute abandonné ici. Il ne pouvait décemment pas lui en vouloir, mais maintenant qu'il avait une dette de sang auprès d'elle, il lui fallait la retrouver, s'il voulait un jour pouvoir s'en acquitter.

Alors qu'il marchait, son esprit vagabondait. Il pensait, réfléchissait, à ce qu'il s'était passé dans cette forêt, au frisson, à l’excitation qu'il avait alors ressenti. Une sensation qu'il avait tenue et retenue que trop longtemps, que l'étiquette et le rang n'avaient fait que bridés depuis qu'il était en âge de manier un sabre. Il ne voulait plus de cette vie, il n'en avait jamais voulu. Il voulait vivre que selon ses règles, suivre le chemin que lui seul se tracerait. Mais il était encore trop tôt pour cela.


The elements compose a magnum opus.
 

Les heures avaient fini de s'écouler, comme le sable fin dans un sablier. Il n'avait toujours pas retrouvé sa trace, alors que ses pas le menaient hors du village. La nuit était tombée depuis longtemps, quand il finit par voir au loin, les ruines d'une bâtisse dans le lointain. Intrigué, il décida de s'en approcher, peut-être y trouverait-il aussi un endroit où dormir.

Le chemin était abrupt et rocailleux, loin de ceux qu'il avait croisé depuis son arrivée en terre Sakuma. Une fine pluie froide ne tarda pas à faire son apparition, manifestation de la noirceur du ciel, qui cachait les étoiles à son regard. Il accéléra le pas, cherchant à atteindre sa destination le plus rapidement possible.

Les ruines ne tardèrent pas à se dévoiler devant ses yeux. Noircis par les flammes, les restes de cette maison gisait là comme le souvenir silencieux d'un passé à jamais révolu. Il ignorait ce qu'il avait pu se passer, étant aussi éloigné de ce pays par le cœur et l'esprit que n'importe quel étranger. Bien qu'il aurait toujours un chez lui, le monde était trop beau, trop grand, pour ne se fixer qu'à un seul endroit.

Alors qu'il s'approchait, il finit par remarquer une silhouette qui se détachait de l'obscurité. Fine, elle semblait être celle d'une femme. S'avançant vers elle, il finit par deviner la forme d'Inga dans le noir. Il ralentit le pas, heureux de l'avoir retrouvé, même si ce n'était que le hasard qui avait guidé ses pas.

Elle lui tournait le dos, semblant se recueillir. Il se demanda, l'espace d'un instant, s'il ne devait pas rebrousser chemin, et laisser la jeune femme seule à son possible chagrin. Mais sa tentation de lui parler était trop forte, et à défaut d'entretenir une conversation, il se devait au moins de la remercier, et surtout de s'excuser. Elle n'avait aucune raison de le sauver, surtout qu'il venait d'un clan rival.

Inga ?

Sa voix résonnait presque dans ce lieu si inhabituel. Il n'accordait que peu de place dans son esprit à la signification que pouvait avoir les ruines d'une maison, mais jamais il n'imposerait cet état d'esprit à quiconque. Son père n'avait eu de cesse de lui répéter, qu'il pensait comme lui seul était capable de penser.


The sons of a battlecry.


Une ombre. Une pensée. Un geste. Des paroles. Des mots. Une sensation. La douleur. Son sang. Quelque chose. Quelqu'un. La chaleur. Le froid. La peur. Le flou. Le noir.

Rien que le noir.


Dernière édition par Takanori Shigeru le Dim 4 Mai - 2:06, édité 1 fois
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MessageSujet: Re: When seagulls cry (pv) Takanori Shigeru.   Dim 23 Mar - 21:48



When seagulls cry
(pv) Takanori Shigeru.


~

Le crépitement des flammes t'attire inexplicablement vers l'orée de la forêt. Tu bondis d'arbre en arbre, arc en main, manquant de glisser sur la mousse verdâtre recouvrant les branches. L'odeur de matériaux et de chair brûlés agresse de plus en plus ton nez à mesure que tu dévales la montagne. Tu imagines déjà le feu qui lèche le papier de riz, les piliers qui s'affaissent dans un craquement sonore et les servants en panique qui fuient les futures ruines de la montagne. Dans un dernier saut, tu rejoins la terre ferme, appréciant le temps d'un instant l'herbe fraîche sous tes doigts, et t'étonnant de cette dextérité que tu ne te connaissais pas. Tu halètes, peinant à reprendre ton souffle, désireuse de regagner ta demeure sans prendre le temps de respirer. La cendre brûle tes poumons et assèche tes lèvres, alors que tu cesses de courir, fatiguée par ta course et le souffle coupé par le spectacle sous tes yeux.

Song of a dead bird.

Le vent s'insinua sous son kimono, qu'elle resserra d'une main distraite. Le tissu, toujours refermé sur son visage, intriguait grandement le guérisseur, occupé à panser sa cuisse. Elle ne l'autorisa à défaire qu'une partie de son cache-nez improvisé pour nettoyer la légère entaille à sa joue. Plus aucun murmure de protestation ne sembla passer ses lèvres quand la brune dû défaire son vêtement pour lui présenter son dos, recouvert d'un hématome d'un tsuka de long et un demi tsuka de large. Il ne posa plus non plus de questions sur l'origine de ses blessures, qu'il décréta « indignes d'une femme ». Mais Inga, avant d'être une femme, était un Samurai du clan Sakuma, elle ne prêtait que peu d'attention à la beauté de ses cicatrices. Il tiqua d'ailleurs à la vue de celle qui barrait son bras gauche, son esprit semblant refaire le lien entre les yeux noisettes de la brune, sa main combattante et le katana décoré d'un dragon. Elle s'empressa donc de faire sonner quelques pièces dans le creux de sa paume pour détourner l'attention du guérisseur. Jetant un dernier regard au Ryûzoji endormi, la Samurai tourna les talons et retrouva Senshi qui patientait à l'extérieur. Elle ne pouvait pas se permettre de rester ici plus longtemps, les villageois avaient une meilleure mémoire qu'elle ne l'aurait imaginé.

When seagulls cry.
Le rouge incandescent danse devant tes yeux, léchant avidement les corps inertes de tes sœurs, brûlant peu à peu leurs beaux kimonos. Un instant tu fermes les yeux et te pinces la joue, espérant que ce ne soit qu'un cauchemar de plus. Mais l'odeur est bel et bien là, plus présente alors que le vent te vient de face, t'apportant la chaleur des flammes et l'agressivité des cendres. La panique et la colère prennent ton cœur et ferment ton visage à tout expression. La fumée t'arrache une quinte de toux, et tu presses alors un chiffon sur ton nez et ta bouche, reprenant ainsi le souffle qui t'avait quitté quelques instant plus tôt. D'un calme monstrueux, tu contournes les corps qui partagent ton sang, et pénètres la bâtisse pour rejoindre la cour intérieure. Tes deux parents y sont allongés, leur corps baignant dans leur sang, devant un homme au sourire satisfait et au rire machiavélique. Mort-Dragon est là, toujours dans la main de ton père, abandonnée comme une vulgaire épée.

The birth of the Dragon.
Senshi secoua son encolure et ronfla des naseaux alors que la brune se laissa glisser à terre. Les ruines calcinées se dressaient là, effrayantes dans l'obscurité naissante, laissées à l'abandon comme par respect ou par crainte. Peut-être étaient-elles considérées porte-malheur par les habitants du village en contre-bas ou hantées par ses propriétaires. Mais quelle âme torturée souhaiterait rester ici-bas, à se perdre sans cesse dans les cendres de l'ancienne maison d'un petit seigneur ? Certainement aucun être doué d'intelligence. Inga laissa à l'étalon le plaisir de goûter l'herbe épargnée par l'incendie, alors qu'elle-même s'avança vers les fondations noircies. Elle s'était promis de ne jamais revenir, de ne plus jamais avoir à poser ses yeux sur sa terre natale. Et la voici ici, à regarder la mort qui stagne toujours au même endroit, cet endroit qui n'a pas changé depuis dix ans qu'elle l'a quitté. Elle ne serait même pas étonnée de découvrir sous les décombres, les restes carbonisés des corps de ce qui fut autrefois sa famille. Et le corps décapité du premier homme qu'elle a tué.

The flight of the Dragon.
Il te félicite pour ton indifférence et t'encourage à la vengeance. Tes doigts se referment sur le manche du katana. Si longtemps que tu attends d'empoigner l'arme de ton paternel, de pouvoir enfin admirer de plus près le dragon sculpté sur la lame. Ton attention revient sur le meurtrier de ton père, ton regard lâche le ventre ouvert de ta mère et se pose dans celui de l'homme. Mort-Dragon tournoie un instant dans l'air, comme muée d'une conscience propre, et tu attaques l'idiot, qui ne s'attend pas à une offensive de ta part. Les coups s'enchaînent rapidement, le katana se trouvant une place toute naturelle au creux de ta main gauche, émettant un sifflement agréable à tes oreilles. C'est alors que ton dernier coup se porte que la lame de ton adversaire s'enfonce dans ton bras et t'arrache un cri de douleur et de rage mêlées. L'homme tombe à terre en deux temps, et c'est le visage impassible et le bras ensanglanté que tu quittes ta demeure à tout jamais, Mort-Dragon bien en main, laissant derrière toi tout ce que tu étais, jusqu'à ton nom que tu tairas même après ta mort.

Inga ?

La brune se retourna, poussant sa lame hors du fourreau d'un léger coup de pouce. Un homme se tenait là, sur cette terre de malheur, appelant de son prénom la jeune femme. Mort-Dragon glissa de nouveau dans son fourreau alors qu'elle reconnaît Shigeru, celui-là même qu'elle s'était donné du mal à déplacer jusqu'ici. Cet ennemi auquel elle avait sauvé la vie. Peut-être aurait-elle espéré qu'il ne la cherche point, qu'il reparte pour sa terre et laisse la Sakuma en paix. Mais peut-être ressentait-elle également un certain soulagement à le voir ainsi tenir debout sans aide, et pouvoir articuler quelques mots. Elle n'avait jamais prêté attention aux autres, il lui était difficile de comprendre ce qu'elle pouvait bien penser en le voyant ici. Il était certain, en tout cas, qu'elle ne ressentait aucun affront à le voir ainsi piétiner, sans en avoir conscience, ce qui fut autrefois sa demeure. Inga y voyait même une certaine ironie, qui arracha un léger soubresaut à la commissure de ses lèvres.

« Vous semblez aller mieux, ne devriez-vous pas rentrer chez vous, Shigeru ? La région ne semble pas sécurisée pour les touristes. »

Spoiler:
 

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MessageSujet: Re: When seagulls cry (pv) Takanori Shigeru.   Lun 28 Avr - 17:43


Where are you from ?

Les paroles de la jeune femme, teintées d'une légère ironie, arrivèrent jusqu'à lui malgré le vent qui soufflait de plus en plus. Une tempête s'annonçait au large, et elle étendait déjà son ombre sur ces terres. Quelques gouttes de pluie tombaient de lourds nuages noirs, masquant à leur vue les étoiles naissantes, recouvrant de son étreinte froide leurs corps encore meurtris par leur périple.

Un léger rire s'échappa de sa bouche, rire qui mourut dans le sourire fugace qui se dessina sur ses lèvres. Il se rapprocha un peu plus d'elle, s'arrêtant à sa hauteur. Le froid envahissant le fit légèrement frissonner. A moins que cela ne vienne des ruines qu'il s'étalait devant ses yeux.

Elles avaient quelque chose d'étrange, une chose qu'il ne parvenait pas à expliquer. Une aura particulière, un sentiment singulier. Il y était totalement étranger, mais la noirceur de ce lieu réveillait des choses qu'il pensait à jamais enfoui. Il força son regard à s'en détacher, et porta ses iris bleutés sur la samuraï qui se tenait à ses côtés. Il n'aurait su dire ce qu'elle pouvait ressentir en cet instant. Elle semblait absente.

Il semblerait en effet.


La  pluie tombait à présent, glaciale. Faiblement d'abord, elle s'intensifiait à mesure que les minutes passaient. Les bruits fugaces et distants du village en contre-bas parvenaient vaguement jusqu'à eux. Mais malgré le tumulte ambiant, le silence pesant qui régnait en ce lieu menaçait de les étouffer. Mais il ne savait que dire, que faire. Les mots lui manquaient, à un instant où il avait tant à lui dire.

Calmant  sa respiration, il essuya d'un revers de manche l'eau qui lui ruisselait sur le visage, chassant le rideau de gouttes qui submergeait ses yeux. Alors, il se tourna doucement vers elle, et inclinant légèrement la tête, il parvint enfin à trouver ses mots.

Vous m'avez sauvé la vie. Je ne sais comment vous remerciez.


Une  dualité s'était installée en lui. D'un côté, il avait honte. Honte de sa faiblesse, honte d'avoir dû s'en remettre à un autre pour survivre. Honte, car une vie ne suffirait pas à racheter la nouvelle chance qu'elle lui avait offerte. Et de l'autre...La gratitude qu'il ressentait pour la jeune samuraï était le seul mot qu'il avait trouvé pour exprimer ce sentiment. Nier qu'il était heureux d'être encore en vie aurait été se mentir autant à lui-même que mentir qu'à elle.

Même si nos clans sont ennemis, je vous serai à jamais reconnaissant pour ce que vous avez fait.


Il marqua une pause.

Alors que rien ne vous y obligez.


Il laissa le silence prendre de nouveau place entre eux, reportant son regard sur les ruines. Il n'avait que faire de la pluie qui s'intensifiait, cet élément si prosaïque n'était qu'une pièce de plus au décorum de la scène étrange qui se jouait entre eux. Il était intrigué par ces ruines finalement. Le fait qu'Inga n'avait pas voulu être reconnu, ainsi que le fait qu'elle se soit réfugiée ici aurait été le fruit d'un hasard un peu trop déterminé pour être réaliste.

Il voulait lui poser la question. Mais elle refusait de franchir ses lèvres. Il ne savait jusqu'où il pouvait laisser aller sa curiosité. Après tout, il était ''l'étranger'' ici, et si d'autres Sakuma tombaient sur lui, il serait sûrement considéré comme un espion. Inga avait d'ailleurs eu de multiples occasions d'en finir avec lui.

Mais finalement, oubliant toute forme de prudence, il laissa son cœur plutôt que sa raison prendre le dessus sur sa volonté.

Vous...Connaissez cet endroit ?


Il désigna les ruines d'un léger signe de la tête, tout en évitant de croiser le regard de la samuraï.

Je ne vous oblige pas à me répondre.


S'empressa-t-il d'ajouter, pour éviter de blesser la jeune femme de part sa curiosité déplacée. Il lui laissa quelques instants avant de continuer, changeant de sujet, laissant le choix à Inga de répondre ou pas à sa question. Une autre manière, détournée, et sûrement maladroite, de paraître détaché, vaguement curieux, des ruines qui s’étalaient devant lui.

Une véritable tempête se formait à l'horizon. Le vent soufflait de plus en plus fort, alors que la pluie tombait avec de plus en plus de force. Ils ne pouvaient rester plus longtemps sans abris. Cherchant des yeux quelque chose qui pourrait les protéger, seul les ruines leur offriraient un minimum de protection.

On devrait s'abriter.


Sans attendre de réponse, il prit sa main et l'entraîna à sa suite, s'enfonçant un peu dans les ruines, s'abritant contre un mur, et sous un reliquat de toit les protégeant tant bien que mal de la pluie et du vent. Il releva un pan de mur effondré, leur offrant un peu plus de protection. Se tournant vers elle, il entreprit d'essuyer un peu l'eau qui recouvrait son visage avant de fixer son regard dans celui d'Inga.

Vous allez bien ? Vous avez été blessé aussi dans la forêt.


Un voile blanc éphémère la cacha à son regard, avec qu'une série d'éclairs parsemèrent le ciel. Quelques battements de cœur plus tard, le craquement de l'orage résonna, faisant presque trembler les murs et le sol sous leurs pas. Il ne pensait pas que la tempête deviendrait aussi violente.

Et vu ce qu'il lut dans les yeux de la jeune femme, Inga ne le pensait pas également.
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MessageSujet: Re: When seagulls cry (pv) Takanori Shigeru.   Jeu 8 Mai - 23:37



When seagulls cry
(pv) Takanori Shigeru.


~

Alors que ses paroles prirent de la hauteur pour planer jusqu'aux oreilles du Ryûzoji, la brune eut tout loisir de se rendre compte de la noirceur du ciel et des pleurs qu'il versait déjà par petites gouttes. Dans son idiotie infinie, elle n'avait ni vu le ciel s'assombrir, ni senti l'air se rafraîchir considérablement. La nuit s'était installée et une tempête s'annonçait à l'horizon, ce qui ne plut guère à la Sakuma.

Le rire du samouraï ramena l'attention de la brune sur lui. Cet éclat de gaieté mourut rapidement, laissant place à un sourire qui la perturba plus que de raison. Elle se sentait un élan de sympathie incompréhensible qu'il lui fallait à tout prix éradiquer de sa personne. Elle sursauta discrètement en le voyant s'approcher, la méfiance ayant quitté son cœur, elle se préparait tout de même à reculer, quelque peu déstabilisée par ce que l'on ne lui avait appris à contrôler.

Perdue dans ses pensées étranges qu'elle cherchait à comprendre, à déchiffrer, elle sursauta quelque peu alors qu'il reprenait la parole. Son regard revint sur son visage, et glissa alors sur les armes qu'il portait. Elle aurait juré y avoir aperçu les insignes de son clan, là où désormais il n'y avait plus aucun signe distinctif. L'on aurait facilement pu le prendre pour un simple rônin en quête d'un Seigneur à servir. Inga pensa simplement qu'il avait dû les retirer pour passer inaperçu dans le village en contrebas, et ne pas se faire lyncher pour ne pas appartenir à Shinai. Sa main glissa alors sur la poignée de Mort-Dragon et un léger sourire étira ses lèvres. Elle n'avait jamais vu d'insigne salir la beauté de son katana, et n'accepterait pas qu'un jour ce soit le cas. Il y avait d'autres moyens de prouver que l'on appartenait à tel ou tel clan.

La pluie s'intensifia, s'infiltrant à travers leurs vêtements et glissant sur leur corps, les gouttes s'accrochant désespérément à ses mèches noires avant de s'écraser au sol. Elle vit Senshi ronfler de désapprobation et trouver refuge dans les ruines de sa maison, amusée de voir qu'il n'hésitait pas à fouler une terre qui lui était inconnue et menaçait de s'effondrer. Quelle bâtisse pourrait venir à bout du petit étalon ? C'était le genre de pensées qui devaient passer à l'intérieur de son crâne équin, elle n'en doutait pas.

De nouveau il prit la parole, exprimant sa gratitude. Le sourire qui naquit sur son visage déstabilisa un peu plus la Sakuma, qui fronça les sourcils. Comment pouvait-elle se sentir touchée par la reconnaissance du Ryûzoji ? Elle ne comprenait pas. Et elle se força donc à ne pas répondre, gardant son idiotie bien cachée dans son silence.

Mais lui ne s'arrêta pas là, et ce qu'il fut amené à dire lui arracha son sourire. Il venait de dire tout le problème qui agitait sa personne jusque là. Pourquoi avoir sauvé la vie d'un ennemi ? Pourquoi l'avoir amené jusqu'au village ? Pourquoi lui donner cette chance de vivre ? Elle pourrait se faire tuer pour un tel affront envers sa Dame. Alors pourquoi avoir fait ça ? Rien ne l'y obligeait pourtant. Il lui aurait suffit de faire demi-tour et de rejoindre Shinai. Le Ryûzoji serait mort dans la forêt, sans pouvoir dire ce qu'il s'y était passé. Et s'il l'avait pu, qui aurait été choqué ? Un Sakuma donne la mort, pas la vie.

Vivez. Et vous aurez payé ce que vous me devez, Ryûzoji.
Son regard fuit le sien, honteuse de ses propres paroles. Ce n'était pas ce qu'elle voulait dire, ce pourquoi elle avait pris l'initiative d'ouvrir la bouche et d'articuler des mots. C'était pourtant clair dans son esprit : quand le jour viendra, elle le tuera et alors il reviendra d'entre les morts pour se battre à ses côtés. Jusque là, certes, il lui faut vivre. Mais ce n'était pas ce qu'elle voulait lui dire, il devait se douter qu'elle ne l'avait pas sauvé pour le tuer elle-même au milieu des ruines de son passé. Trop d'hommes ont déjà été tués ici.

L'étonnement vint écarquiller ses yeux et soulever ses sourcils. Son regard se fixa dans celui du Ryûzoji, et elle resta un instant silencieuse, bien trop choquée pour répondre. Elle ne s'attendait pas vraiment à ce genre de question, il fallait l'avouer. Puis après l'étonnement vint alors l'amusement face à l'ironie de la situation. C'était un peu comme une punition pour ne pas avoir tenu sa promesse : celle de ne plus jamais revenir.

Elle ne répondit pas, par principe, préférant garder sous silence le passé qu'elle avait tu jusqu'à aujourd'hui. Si elle n'avait parlé à personne de ses origines, de la chute des Yamashita, pourquoi devrait-elle les évoquer en ce jour, les expliquer à un samouraï d'un clan adversaire ? Elle ne pouvait décemment pas s'y résoudre. Il était mieux pour tout le monde que le passé reste silencieux et oublié. Ou peut-être pas.

La tempête arrivait sur eux avec rapidité, engourdissant peu à peu les jambes de la samouraï. Même le vent ne saurait la faire avancer alors que la peur enserrait petit à petit son cœur. Il est idiot de craindre la colère des nuages quand on habite un pays soumis aux saisons des pluies, mais l'on ne choisit guère ses peurs. Croyez bien sinon que la brune se serait gentiment passée de celle qui l'immobilise en ce moment-même.

C'est alors qu'une main se referma sur la sienne, faisant sursauter son esprit égaré. Elle se recentra sur Shigeru, essayant de se remémorer ses paroles précédentes. Il semblait, en tout cas, les emmener tous deux à l'abri sous les décombres de l'ancienne demeure seigneuriale. Et ce même après avoir juré dix ans auparavant qu'elle ne reposerait plus ses yeux sur les ruines de son enfance, la voilà maintenant qui pénètre ce qui fut un jour sa résidence. Quelle punition lui réservera-t-on pour cet affront et ses mensonges ?

Sa vue devient blanche, comme si son âme quittait enfin ce monde, et son corps trembla au rythme du tonnerre qui vint gronder à la suite des éclairs. Elle ne supporterait pas d'entendre la foudre se poser dans les parages, certainement attirée par la grandeur de la montagne. Et si il était un temps où entre ces mêmes murs, une main caressait ses cheveux tout en fredonnant de lentes berceuses pour l'aider à s'endormir, elle était aujourd'hui face à son ennemi. Elle ne pouvait se permettre de prouver sa phobie maladive de la foudre à un adorateur des éclairs.

« Ces terres appartenaient à mon père. »
Son regard se voulut dur alors que ses sourcils frémissaient d'impatience face à la durée d'attente avant la prochaine slave lumineuse. Même face à un adversaire, l'on ne peut cacher indéfiniment ce qui nous laisse dans une peur profonde. Ainsi son corps sursauta aux éclairs suivants, plus proches et plus violents que les précédents, et un gémissement plaintif sortit de sa bouche à sa grande honte. Elle essuya la sueur qui commençait déjà à rouler sur son front et commença à frotter ses mains l'une contre l'autre pour en occulter les tremblements. Les lèvres pincées, elle tenta de retrouver son calme entre deux attaques célestes.

Ce n'était rien de grave, Shigeru. Et préférable à la colère céleste.

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MessageSujet: Re: When seagulls cry (pv) Takanori Shigeru.   Mar 13 Mai - 22:43

後書

Where do you go ?

L'orage redoublait de violences. Il s'abattait sur eux, semblable à l'ire destructrices des Dieux des anciennes mythologies. Les éclairs déchiraient un ciel d'un noir de jais, et la pluie glaciale qui tombait accentuait encore un peu le caractère dramatique de la scène qui se jouait. Il avait vite compris qu'Inga n'était pas du tout à l'aise sous ces nuages, et le petit gémissement qu'elle poussa le lui confirma. Elle finit par mettre des mots sur la crainte qu'elle ressentait, à mille lieux de la guerrière sombre et ardente qu'il avait vu dans la forêt.

Il ne savait que faire pour la rassurer. Il aurait été inconvenant de lui faire remarquer qu'elle avait peur de l'orage, il n'était pas encore prêt à s'abaisser à ce genre d'impolitesse. Tout ce qu'il pouvait faire, c'était tenter de la distraire d'une quelconque manière, attendant que la colère des nuages cesse, et que les cieux se calment. Après tout, les Ryûzoji vénéraient Raijin, le Dieu de la Foudre. Il était dans son élément ici.

Nous autres Ryûzoji, avons appris dès notre naissance à vénérer l'orage. Il représente notre force, notre combativité. Plus un orage sera violent, plus les augures seront en notre faveur.


Il ne savait même pas si ce qu'il lui racontait était vrai. L'important, c'était de parler, que la jeune femme se concentre plus sur sa voix que sur celle de l'orage. C'était la moindre des choses qu'il pouvait faire pour elle. Un nouvel éclair déchira le ciel, les aveuglant presque pendant quelques secondes éphémères. Le tonnerre retentit peu après, mais l'espace entre les deux commençaient à s'allonger, signe que la tempête s'éloignait.

Il existe un rite de passage dans notre clan. Il n'a aucun rapport avec ceux que nous pratiquons pour notre passage à l'âge adulte, il détermine notre destin au sein du clan. Il teste notre volonté à dédier notre vie aux Ryûzoji. Il se leva, se positionnant face à la jeune femme, sous la pluie battante, avant de s'agenouiller. Il sortit son katana, et le posa sur ses mains, en signe de révérence. Nous devons rester ainsi toute une nuit durant, quand les plus violentes des tempêtes frappent nos côtes en été. Si la foudre nous frappe et que nous survivons, nous y voyons une bénédiction de Raijin. Il s'arrêta un instant, se levant et venant s'abriter de nouveau aux côtés de la samurai. Peu d'entre nous survivent à ce rite...


La pluie se dissipait, tombant avec moins de violence. Quelques étoiles parvenaient à percer le rideau de nuages noires, même si l'orage était lui toujours présent. Dans peu de temps, la tempête aurait disparu, et il disparaîtrait avec elle. Et même si son cœur lui dictait le contraire, sa raison le poussait à quitter cet endroit, quitter ces terres, et a continué à explorer le monde selon son envie. Il reviendrait peut-être un jour ici, tout ce qu'il espérait, c'est que la guerre n'aura rien à voir avec ça.

Il se rappela les paroles que la jeune femme avait prononcé avec que l'orage n'éclate. Il ne savait toujours pas pour quelles raisons elle l'avait sauvé, mais elle lui avait demandé de vivre pour payer sa dette de sang. Il ne considérait pas que cela était suffisant. Une vie pour une vie. Il serait mort pour elle pour lui donner ce qu'elle lui avait offert en lui sauvant la vie. Mais il obéirait à son souhait. Il vivrait, jusqu'à ce que sa dette soit payée. C'était au moins l'un des traits de caractères de son clan qu'il était sûr de posséder. Il était têtu.

Une heure passa, sans qu'ils ne prononcent de mots. Ils restèrent assis l'un à côté de l'autre, se réchauffant indirectement pour lutter contre le froid qui régnait. Puis les râles d'agonie de la tempête finirent par s'évanouirent, prenant la direction de l'est, vers chez lui. Ils se levèrent quelques minutes après et quittèrent les ruines. Le soleil pointait à l'horizon. Il ne pensait pas qu'une nuit entière s'était écoulée. Cela semblait s'être passé si vite et si lentement à la fois, qu'il regrettait presque que se soit déjà fini. Il se souviendrait de cette nuit, aussi longtemps qu'il lui resterait un souffle de vie.

Il se tourna vers Inga, réajustant son katana et son wakizashi à sa ceinture. Elle faisait de même, avant d'aller chercher son cheval qui revenait doucement vers elle. Il n'osa pas lui demander ce qu'elle comptait faire à présent, se contentant de l'observer alors qu'elle se préparait à quitter ce village.

C'est ici que nous nous séparons, Soyokaze Inga.


Il ne savait quoi ajouter de plus. L'agitation du village en contrebas commençait à leur parvenir, alors que les villageois s'empressaient de constater les dégâts de la tempête de cette nuit. Même si elle n'était pas équivalente à celles qui frappaient les côtes d'Hariken, il dût bien se résoudre à l'avouer, ce qui leur était tombé dessus cette nuit était assez impressionnant, même pour un Ryûzoji.

Se tournant de nouveau vers elle, il la fixa droit dans les yeux, sans ciller, gravant dans sa mémoire le visage de la jeune femme. Gravant dans sa voix dans son esprit, ses actes dans son cœur. Il ne l'oublierait pas, il ne l'oublierait jamais. Il s'inclina alors devant elle, en signe de la reconnaissance éternelle qu'il avait à son encontre.

Ce fut un honneur que de combattre à vos côtés.
 

Sans ajouter de mots, il se releva, et après un dernier regard, il s'en alla. Les minutes passaient alors qu'il s'éloignait de plus en plus, résistant à la tentation de se retourner, à celle de retourner sur ses pas. Le hasard les avait réunis une fois. Il espérait qu'un jour, il frappe pour une fois au même endroit.
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When seagulls cry (pv) Takanori Shigeru.

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